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Blog sur la campagne Sea Shepherd 2005 de défense des baleines

 

Rapport du Capitaine Paul Watson et de son équipage à bord du navire Farley Mowat alors que l’équipage sillonne les mers pendant les deux mois qu’ont duré la campagne de défense des baleines de l’Antarctique 2005-2006. Leur mission est de localiser et d’intercepter les baleiniers japonais qui prévoient de prendre en chasse et de tuer des baleines menacées d’extinction dans le Sanctuaire de l’Océan Austral en Antarctique.
Sea Shepherd – au secours des « sans défenses » depuis 1977.

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10 Janvier 2006

Rapport depuis le navire Farley Mowat de Sea Shepherd Conservation Society.

Joel Capolongo (Pont), USA, membre d’équipage du Farley Mowat.

Le Dimanche 8 Janvier, date à retenir, s’est déroulée l’action la plus intense de la campagne. Nous avons lancé notre hélicoptère tôt dans la matinée afin d’effectuer un vol de reconnaissance à la recherche de la flotte baleinière japonaise. A 8 h 15 du matin, il était de retour. Les japonais étaient 35 milles marins devant (environ 65 km). Deux heures plus tard, la flotte est apparue sur notre radar, confirmant les bonnes nouvelles du pilote. Vers 11 h, le baleinier Nisshin Maru était visible à l’horizon. 45 minutes plus tard, notre première action d’équipe a été lancée en zodiaque, zodiaque sur lequel j’ai eu le privilège d’embarquer. Quelques minutes plus tard, les deux autres zodiaques se sont élancés du Farley Mowat et nous ont suivi de près.

Les zodiaques avaient un objectif : occuper le Nisshin Maru et l’empêcher de s’échapper comme il l’avait fait lors de notre dernière rencontre le jour de Noël. Nous avions besoin de gagner du temps pour le Farley Mowat, pour qu’il ait une chance de le rattraper et de l’intercepter. Quelques minutes après avoir quitté le Farley Mowat, nous étions en tête du Nisshin Maru. Nous avons encerclé leur navire avec notre petit zodiac plusieurs fois, collant notre ennemi et attendant le signal. Après avoir eu un proche aperçu du Maru, il était très facile de voir de petits morceaux de blanc de baleine et de tendons qui pendaient des grilles basses le long de la coque de leur bateau, autant que du sang dans l’eau qui était pompé hors du pont. Le Nisshin Maru diffusait un message en anglais enregistré sur cassette sur leurs haut-parleurs nous mettant en garde de ne pas attaquer leur bateau. Plusieurs minutes se sont écoulées. Notre autre zodiaque s’est aussi engagé pour retenir l’arrivée du Maru. Peut-être en raison d’un pressentiment qu’il allait avoir des problèmes de la part des deux plus petits mais plus rapides et plus agiles embarcations de Sea Shepherd, le Maru commença à filer. Il était maintenant temps de s’élancer dans notre action directe non violente.

Deux de nos trois zodiaques étaient équipés avec du matériel pour encrasser leur hélice ; brièvement deux balises connectées par un câble d’acier et une corde que nous placerions devant leur navire dans l’espoir que le Maru passerait dessus, cela passerait en dessous de leur coque et dans leur hélice à la poupe de leur bateau, causant ainsi un ralentissement dramatique ou un arrêt complet. Le Maru filait à toute allure loin du Farley. Les deux zodiaques déployaient leurs équipements à répétition. Aucun ne semblait fonctionner contre le Goliath Nisshin Maru. Un de nos zodiaques connut des problèmes mécaniques et dut retourner au navire. Le zodiaque dans lequel je me trouvais opérait toujours à pleine capacité. Malgré cela, aucun de nos efforts n’avait abouti à ce stade, nous devions continuer nos essais. Le Maru mettait de la distance entre lui-même et le Farley, chose que nous voulions éviter.

Ayant épuisé toutes les options et ayant perdu nos deux équipements d’encrassage d’hélice, tout espoir paraissait perdu de ralentir le Maru. Nous sommes repartis et avons ramassé une des balises que nous avions déployées plus tôt mais qui s’était détachée du câble d’acier. La ligne était coupée, une partie manquait et nous pouvions juste espérer que c’était enchevêtré autour du support. Nous avons emprunté du matériel de fortune au zodiaque et avons décidé d’utiliser l’ancre du zodiaque et de la corde pour fabriquer un matériel improvisé afin d’essayer une dernière fois. Nous l’avons déployé et redéployé près d’une dizaine de fois et à notre consternation, aucun ne s’est coincé dans l’hélice. Nous étions en train d’essayer depuis près d’une heure d’amener le gigentesque tueur de baleine à s’arrêter. L’hélicoptère nous a finalement fait signe de retourner au Farley, ce que nous avons fait.

cependant, bien que nous ayons échoué à endommager leur navire et à les ralentir, nous les avions chassés de l’aire dans laquelle ils étaient stationnés pour collecter les carcasses de baleines que les navires tueurs leur apporteraient. Nous leur avons envoyé un message très clair : vos activités illégales ne passeront pas inaperçues et ne resteront certainement pas incontestées. Nous avons mis des bâtons dans les roues de l’opération japonaise consistant à tuer des baleines. Les affaires ne se sont pas déroulées comme d’habitude pour les Japonais ce dimanche, et les baleines que nous essayons de protéger en ont été les bénéficiaires.

De voir ainsi les vaisseaux japonais au-dessus de moi, proches et ceci en personne, a vraiment clarifié l’importance des événements pour moi. Les Japonais sont là, à tuer des baleines pendant que tous les gouvernements qui sont en position d’arrêter le massacre ferment les yeux. Il est triste de voir qu’il revient à un équipage de volontaires divers au nombre de 44 et venant des quatre coins du monde de faire appliquer une loi internationale. Le fait d’avoir été traités de pirates et de terroristes n’est pas seulement risible mais insultant. Nous sommes les seuls ici à essayer d’empêcher la piraterie et la terreur qui sont infligées à cet écosystème délicat et aux créatures qui y habitent. Il ne s’agit plus de quelque chose que j’ai lu simplement dans un magazine ou juste vu en vidéo : c’est une réalité. Les baleines meurent en masse pour le palais et le profit d’une nation.

L’exaltation du jour était presque dépassée le jour suivant au cours duquel nous avons en fait attrapé et giflé sur le côté un de leur bateau de livraison, un événement que je laisse à un autre membre d’équipage le soin de relater.

Joel Capolongo

(image à gauche à bord du zodiac)



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09 Janvier 2006

Rapport depuis le navire Farley Mowat de Sea Shepherd Conservation Society.

Le Farley Mowat gifle de côté le baleinier japonais Oriental Bluebird – 2/2.

A gauche, vous pouvez voir l’équipage du Farley Mowat à la proue de leur bâteau. Ils continuent leur poursuite de la flotte baleinière Japonaise hors-la-loi en dehors du Sanctuaire de l’océan austral en Antarctique après avoir frappé sur le côté le bâteau de remorquage des baleines japonais, l’Oriental Bluebird .



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09 Janvier 2006

Rapport depuis le navire Farley Mowat de Sea Shepherd Conservation Society.

Le Farley Mowat gifle de côté le baleinier japonais Oriental Bluebird – 1/2.

Le Capitaine Paul Watson a ordonné au navire Oriental Bluebird battant pavillon panaméen de quitter le sanctuaire de baleines Antarctique. Le bateau de livraison attendait pour son rendez-vous avec le Nisshin Maru afin de continuer le déchargement de la viande de baleine et de la ramener au Japon.

“J’ai informé l’Oriental Bluebird que j’agissais sous l’autorité de la Charte Mondiale pour la Nature des Nations Unies afin de soutenir les réglements de protection internationaux interdisant le massacre des baleines dans le sanctuaire de baleines Antarctique. Quand ils ont refusé, nous avons réitéré notre message en faisant claquer notre coque à tribord contre la leur,” dit le Capitaine Watson.

Pour plus d’informations sur cette histoire, merci de lire notre communiqué.



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08 Janvier 2006

Rapport depuis le navire Farley Mowat de Sea Shepherd Conservation Society.

Le Farley Mowat attrape le baleinier Japonais – 4/4.

L’équipe du zodiac coupe devant la proue du Nisshin Maru. Equipe sur ce zodiac : Joel Capolongo (face à l’appareil photo), Wessel Jacobsz en sweatshirt, et Steve Sikes au fond.

Quand le Farley Mowat est arrivé à la moitié d’un mille marin (environ 920 m) du Nisshin Maru, le bateau-usine a commencé à filer vers le Nord. Ils ont passé leur journée à fuir et n’ont pas pêché de baleine. Les baleiniers sont maintenant à 17 milles marins (environ 31 km) en dehors du Territoire Antarctique de l’Australie.

La dernière fois que le Farley Mowat a intercepté la flotte baleinière Japonaise (le jour de Noël, à l’heure australienne), les baleiniers se sont enfuis vers l’ouest durant 11 jours et sur 3,000 milles marins (environ 5500 km). Ils sont partis de la zone située à l’extrême limite Est de l’aire des baleines jusqu’à la zone située à l’extrême limite Ouest de la même aire. Pendant 11 jours, aucune baleine n’a été tuée.

L’ultime ligne pour aujourd’hui – pas de chasse à la baleine et les baleiniers sont encore une fois en fuite.



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08 Janvier 2006

Rapport depuis le navire Farley Mowat de Sea Shepherd Conservation Society.

Le Farley Mowat attrape le baleinier Japonais – 3/4.

Les membres de l’équipage du zodiac jettent une ligne d’encrassement sur la route de l’hélice du Nisshin Maru pour tenter de ralentir le baleinier.


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08 Janvier 2006

Rapport depuis le navire Farley Mowat de Sea Shepherd Conservation Society.

Le Farley Mowat attrape le baleinier Japonais – 2/4.

L’hélicoptère de Sea Shepherd prend des images aériennes du pétrolier et  transporteur de viande de baleine, l’Oriental Bluebird.



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08 Janvier 2006

Rapport depuis le navire Farley Mowat de Sea Shepherd Conservation Society.

Le Farley Mowat attrape le baleinier Japonais – 1/4.

Le 8 janvier (Heure de l’Ouest Australien) quand le navire “Farley Mowat” de Sea Shepherd Conservation Society a intercepté le bateau de transformation de viande baleinière japonais “Nisshin Maru”, les baleiniers se trouvaient à 36 milles marins (environ 66 km) à l’intérieur du Territoire Antarctique Australien.

La première équipe de zodiac Sea Shepherd démarre vers le Nisshin Maru. Deux zodiacs supplémentaires et un hélicoptère suivent.



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06 Janvier 2006

Rapport depuis le navire Farley Mowat de Sea Shepherd Conservation Society.

Emily Hunter, membre d’équipage du Farley Mowat (Maître de manoeuvre), Canada – 2/2.

Image à gauche, sur un iceberg en Antarctique, Emily Hunter répand les cendres de son père Robert (Bob) Lorne Hunter. Pour plus de détails, voir le récit du blog ci-dessous.


 
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06 Janvier 2006

Rapport depuis le navire Farley Mowat de Sea Shepherd Conservation Society.

Emily Hunter, membre d’équipage du Farley Mowat (Maître de manoeuvre), Canada – 1/2.

Aujourd’hui je suis partie en tête sur l’hélicoptère avec le Capitaine Paul Watson et nous avons d’abord survolé un groupe de baleines qui mesuraient chacune 50 pieds de long (environ 15 m) puis nous avons continué plus loin jusqu’à un iceberg que nous avons plus tard nommé l’iceberg Bob Hunter. Feu Robert (Bob) Lorne Hunter était mon père. Et cela fait maintenant tout juste 8 mois qu’il est décédé le 2 mai 2005. Un de ses souhaits était de voir ses cendres répandues en différents endroits du globe. Jusqu’alors, une très bonne amie à lui a répandu une partie de ses cendres dans le Nord du Canada près de l’Arctique lors d’un voyage en canoë – un périple qu’il avait toujours l’habitude de faire. En septembre, ma mère et moi-même avons rejoint le Farley Mowat dans les îles Galapagos, sur l’équateur et avons répandu les cendres de mon père lors d’une cérémonie privée dans la baie de Tortuga. Ce voyage vers les îles Galapagos était un de ceux que j’avais promis de faire avec mon père, comme lui et moi étions des globe-trotters, nous allions assez souvent dans de nouveaux endroits ensemble et quelques fois nous faisions découvrir à quelqu’un d’autre un lieu que nous avions visité ensemble et que l’autre ne connaissait pas. Dans ce cas, mon père n’avait jamais visité les îles Galapagos bien qu’il l’ait tant désiré, et j’y étais déjà allée en 2004 quand je m’étais portée volontaire pour deux mois et demi à bord du Farley Mowat.

Et voilà qu’aujourd’hui, j’ai eu l’opportunité de répandre les cendres de mon père en Antarctique durant cette campagne de défense des baleines contre la flotte japonaise. Mon père voulait aussi faire partie de la campagne Antarctique Sea Shepherd (il avait fait celle de 2002) mais pour des raisons qui lui sont propres, il n’a pas pu et je me rappelle les regrets qu’il avait exprimés de ne pas l’avoir fait. Ainsi, il a non seulement pu rejoindre le Farley Mowat et SSCS à nouveau pour une dernière campagne, campagne qui était importante à ses yeux, mais il a aussi en ce jour été capable d’aider à protéger et sauver les baleines une fois de plus.

De plus, quand j’ai répandu mon père sur un iceberg en Antarctique, je ne pouvais que ressentir une véritable joie. A ce que je sais, mon père aurait été si enthousiasmé d’être ici et de prendre part à cette campagne, de même que de pouvoir être dispersé sur la planète depuis le Nord, l’Equateur, et maintenant le Sud dans une manifestation à la fois physique et spirituelle. Je pouvais sentir mon père sourire et glousser au-dessus de nous en ce jour car il ne fait véritablement qu’un avec ce monde et dans nos coeurs, se battant pour une juste cause, pour cette planète spectaculaire qu’est la nôtre. Par ailleurs, alors que nous partions, nous avons baptisé, le Capitaine Paul Watson et moi, l’iceberg : l’iceberg de Bob Hunter, en y imprimant avec nos empreintes de pieds son nom et en le laissant ainsi. Il a sûrement du être empli de joie et de rires à ce propos !


Et j’ai quitté les icebergs avec ces mots : "Celle-là est pour toi Papa," tout en regardant en direction du Farley Mowat et vers notre mission de rechercher et arrêter les Japonais ainsi que leur massacre des baleines ici en Antarctique.

Par Emily Hunter



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03 Janvier 2006

Rapport depuis le navire Farley Mowat de Sea Shepherd Conservation Society.

Joel Capolongo (Deck), USA, membre d’équipage du Farley Mowat - 2/2.

Ici, Joel est photographié avec sa coéquipière Allison Lance Watson le jour de la confrontation à Noël avec le baleinier Japonais Nisshin Maru. Ils sont sur le point de déployer ligne d’amarrage sur les ordres du Capitaine Watson.



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03 Janvier 2006

Rapport depuis le navire Farley Mowat de Sea Shepherd Conservation Society.

Joel Capolongo (Deck), USA, membre d’équipage du Farley Mowat - 2/2.

J’ai quitté New York le jour de Thanksgiving, le 24 novembre 2005. Près de 6 semaines ont passé depuis ce jour. Jusqu’à présent, l’expérience a complètement dépassé mes attentes. Les Australiens se sont révélés être des hôtes forts charmants et nous ont apporté leur soutien des manières les plus utiles possibles. Alors que j’aurais aimé pouvoir intervenir plus dans la campagne Japonaise destinée à tuer des baleines, nous les avons affrontés une fois jusqu’ici (à 4 h du matin le jour de Noël, quel cadeau !) et nous espérons les rencontrer à nouveau pour faire ce que nous sommes prêts à faire ; harceler, empêcher et intervenir dans le massacre des baleines dans les océans australs.

En dehors de cela, l’expérience de se trouver en Antarctique et dans les océans australs est stupéfiante. Les vues que nous en recueillons quotidiennement défient la description. Voir des baleines, dauphins, pingouins et des phoques dans leur environnement naturel et pas derrière la vitre d’un zoo ou un aquarium s’est révélé une expérience magnanime. Naviguer devant des icebergs qui font plusieurs dizaines de milles (1 mille=1852 mètres sur mer) et vieux de plusieurs centaines de milliers d’années vous oblige à reconsidérer votre existence puis vous fait réaliser que l’espèce humaine n’est qu’un petit maillon dans la très grande chaîne qui constitue les environnements fragiles de la Terre. Le fait d’être dans un cadre si virginal m’a définitivement donné une nouvelle perspective et une nouvelle ferveur avec laquelle me battre pour défendre la Terre et les créatures majestueuses qui l’habite.

Nous voilà donc près des côtes Antarctiques en cette nouvelle année. La bataille est loin d’être terminée. Les Japonais ont fui pendant des semaines et ont tué très peu de baleines ; bien moins que leur quota. Les esprits sont remontés et l’humeur est à l’espoir ; espoir pour la Terre, espoir pour la préservation des gentils géants aquatiques qui habitent ces eaux, et espoir d’avoir une chance supplémentaire pour agir vigoureusement afin de défendre les choses que les Japonais sans cœur cherchent à détruire.


 
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31 Décembre 2005

Rapport depuis le navire Farley Mowat de Sea Shepherd Conservation Society.

Nouvelle année dans l’Océan austral

A défaut de couler toute la flotte baleinière Japonaise, la prochaine meilleure chose à faire est de continuer à faire fuir les tueurs.

Et ils fuient. Ils n’ont pas arrêté depuis Noël quand le Farley Mowat les a interceptés pour la première fois. Ils sont maintenant à plus d’un millier de mille à l’Ouest de ce point d’interception et courent toujours. Et nous les poursuivons toujours quoique des centaines de milles derrière. Le navire Esperanza suit toujours opiniâtrement le bateau-usine et un bateau harponneur, et le Arctic Sunrise, plus lent, traîne à l’arrière vers nous.

La flotte baleinière Japonaise toute entière fuit à la fois éparpillée et poursuivie par trois vaisseaux de protection actifs. Trois bateaux harponneurs et le navire de repérage ont disparu mais ce n’est pas comme s’ils tuaient des baleines car ils ont besoin de transférer les carcasses de baleines mortes sur le Nisshin Maru pour continuer et ceci n’est pas arrivé en huit jours.

Nous avons également agacé les politiciens au Japon et en Australie. Les Japonais crient à la piraterie et à l’éco-terrorisme tandis qu’ils continuent à terroriser les baleines et les dauphins. Le ministre de l’environnement Ian Campbell passe pour un idiot en faisant des déclarations contradictoires à propos des enquêtes qu’il mènera sur le Farley Mowat et en traitant le Capitaine Paul Watson de « dérangé » parce qu’il essaie de sauver les baleines.

Campbell a déclaré que les actions de Sea Shepherd « avaient ramené la cause de défense des baleines en arrière ». Sa solution bien sûr, a été de ne rien faire d’autre que de parler et d’agir comme un apologiste des baleiniers Japonais. Le Capitaine Watson sauve les baleines depuis trente ans et en a sauvées des milliers, tandis que M. Campbell n’en a pas encore sauvé un. Sea Shepherd n’est pas vraiment impressionné par l’opinion de M. Campbell à ce sujet.

"Voyons," dit le Capitaine Watson. "Je suis apparemment dérangé car j’essaie d’empêcher la tuerie illégale des baleines selon Ian Campbell. Mais il ne fait rien pour s’opposer à ce massacre illégal et de masse des baleines dans le territoire Antarctique austral par le Japon. Personnellement, je vois le fait d’être appelé de tous les noms par un politicien comme un compliment. L’homme refuse de répondre à mes récentes lettres et e-mails, refuse de discuter du sujet avec nous, et n’a rien d’autre de plus constructif à ajouter à ce sujet que d’insignifiantes et dérisoires remarques. Il a demandé comment il pourrait ne pas répondre à la menace que Sea Shepherd représente pour les Japonais ? Jusqu’à présent, il ne répond pas à la menace et à l’assaut fatal que les Japonais infligent à des centaines de baleines ».

Ian Campbell fait du vent, toutefois, et prend position pour les Japonais. Il n’a absolument aucune autorité sur un Capitaine Canadien d’un navire battant pavillon Canadien avec un équipage international. « Je suis sûr qu’il nous harcèlerait si nous retournions en Australie », a déclaré le Capitaine Watson. « Mais nous avons autant d’expérience du harcèlement par des politiciens et des bureaucrates que d’expérience avec les baleiniers alors nous n’allons pas perdre le sommeil à cause de cela. »

L’équipage du Farley Mowat a envoyé ses voeux de nouvelle année aux équipages de l’Esperanza et du Arctic Sunrise.

Pendant que le reste du monde passe la nouvelle année avec du champagne et des fêtes,  les équipages de ces trois navires de protection poursuivent les baleiniers à travers le lointain océan austral à l’autre bout du monde.

L’équipage du Farley Mowat a une nouvelle résolution pour le nouvel an : nous devons faire tout ce que nous pouvons pour débarrasser le monde de l’obscénité, du blasphème, de la cruauté, et du crime de chasse à la baleine.



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29 Décembre 2005

Rapport depuis le navire Farley Mowat de Sea Shepherd Conservation Society.

Trevor Gulik (Ingénieur en chef), membre d’équipage du Farley Mowat -  Canada

Depuis la salle des machines du M/Y Farley Mowat.

Les actions désintéressées des personnes qui défendent les droits d’une vie innocente seront peut-être vénérées dans les temps futurs, et les gens regarderont ceux qui combattent pour promouvoir ici leurs propres idéaux de vie comme un acte hautement égoïste socialement. Et ce sont justement des actes égoïstes qui metteront l’humanité et les vies qui cohabitent avec elle à genoux et ceci, bien avant la nature qui est dotée d’un pouvoir implacable et d’une énergie illimitée.

A travers le brouillard, seul le radar peut voir les deux bateaux se trouvant à distance. Sans être sûrs de nous, nous anticipons et allons dans leur direction. Je tire les machines pour permettre aux bateaux d’aller à une vitesse maximale et à onze nœuds l’Esperanza apparaît à travers la brume. Comme dans un rêve, nous passons le navire de protestation et établissons un contact visuel avec l’ennemi. Nous savons dorénavant que nous avons trouvé la flotte baleinière et nous préparons à accomplir ce pour quoi nous avons tous tant travaillé. Avec quelques changements de leurs courses dans une mer volatile, les baleiniers essaient lâchement de nous agresser mais notre Capitaine sait qu’il s’agit juste d’un jeu de poules mouillées et maintient sa position résolument. Les Japonais se détournent lorsqu’ils nous voient nous défendre en déployant une ligne de support d’encrassement et avec la queue entre les jambes, ils s’enfuient tels des assassins lâches qu’ils sont !


Trevor Gulik

Ingénieur en chef / Farley Mowat


 
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28 Décembre 2005

Rapport depuis le navire Farley Mowat de Sea Shepherd Conservation Society.

Darren Collis (maître de manoeuvre) membre d’équipage du Farley Mowat, Grande Bretagne.

Pirate

Je suis un pirate

Et je vis sur la mer

Je n’ai pas de temps pour la vilIe

Pour  moi, la vie est en mer

Alors passez votre chemin, habitants de la terre

Ceci ne sera jamais un hôtel

Pas de temps pour vos accès de colère

Pas de temps pour « Oh pauvre moi »

Il y a des attaches à ficeler

De la nourriture pour 43 autres et moi

Les icebergs à éviter

Et les ponts à astiquer

Il n’y a pas de place pour les poules mouillées et les geignards

Pas de temps pour les couards

Montrons au monde le métal dont nous sommes faits

Et voguons vers la victoire



     - Par Darren Collis


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27 Décembre 2005

Rapport depuis le navire Farley Mowat de Sea Shepherd Conservation Society.

Mathieu Mauvernay (Documentaliste) membre d’équipage du Farley Mowat de Paris, France

Quand je songe à cette confrontation, plusieurs sentiments viennent à mon esprit.

Premièrement, je n’arrive toujours pas à croire que c’est arrivé. C’est comme un rêve. Je savais depuis la première campagne Antarctique trois ans auparavant, que ce serait assez difficile de trouver ces baleiniers à qui il importe peu d’être la cause de l’extinction d’une espèce. Alors, de voir le Nisshin Maru de plus en plus près était incroyable. Tous ceux qui croient en l’action de Sea Shepherd et moi-même peuvent remercier Paul Watson pour sa persévérance et son courage.

Deuxièmement, je ne mentirai pas, pendant 15-20 minutes, j’ai eu peur. J’ai vu sur le pont que ce gigantesque bateau usine, avec « Recherche » écrit dessus (comment osent-ils ?), était prêt à nous enfoncer, directement au milieu à bâbord. Des gens auraient pu mourir dans cet orage Antarctique glacé de Force 8.

J’aurais pu être l’un d’eux,  mais il semble que pour ces baleiniers, une vie humaine n’ait guère plus de valeur que celle d’une baleine. Tout ce qui compte c’est l’argent et la cupidité. Quoiqu’il en soit, ces minutes, le jour de Noël, resteront dans ma mémoire pour toujours et à jamais. Je dirais que l’on doit prendre quelques risques parfois si l’on veut que le monde change et que les générations futures puissent voir des créatures magnifiques. Sinon, restez à la maison et regardez la fin du monde à la télévision.

Finalement, je me sens fier car nous avons fait de notre mieux en ce 25 décembre pour offrir le plus parfait des cadeaux aux baleines. Nous étions à 200 m du succès et nous ne sommes pas fautifs. La ligne destinée à briser leur hélice a été lâchée et le Nisshin Maru a changé de direction.

Après cet affrontement,  je voudrais juste conclure que l’action est la seule voie pour sauver cette planète.

BRAVO Farley Mowat !!!



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26 Décembre 2005

Rapport depuis le navire Farley Mowat de Sea Shepherd Conservation Society.

Jon Batchelor "GeDDeN" - membre d’équipage (maître de manoeuvre) du Farley Mowat.

Photographie : GeDDen en pleine reparation de la grue du navire.



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26 Décembre 2005

Rapport depuis le navire Farley Mowat de Sea Shepherd Conservation Society.

Jon Batchelor "GeDDeN" - membre d’équipage (maître de manoeuvre) du Farley Mowat.

En montant sur mon pont à mon poste de travail et en voyant quelques parois à travers les fenêtres, j’ai très vite compris qu’elles avaient un lien avec les deux bips sur le radar. La discussion comme quoi il s’agissait soit d’icebergs soit de navires avait été réglée avant que j’arrive à la conclusion qu’il s’agissait en fait de navires.

Mais cela laisse seulement une question plus grande. S’agit-il des navires ?!? En fait, nous ne pouvons pas aller à une confrontation sans que nos couleurs soient hissées ! J’ai attrapé le pavillon Jolly Roger de Sea Shepherd et couru à la proue en une course effrénée à essayer de jongler avec le drapeau alors que le vent soufflait très fort et en essayant de continuer ma course malgré le tangage et le roulis. Le pavillon hissé, le navire est prêt. Un rapide échange de mots bien qu’il ne soit que 4 h du matin. De plus en plus de monde, des membres d’équipages curieux ainsi que des medias, ont envahi le pont quand les premières images des bateaux ont commencé à apparaître à travers le brouillard.

« C’est un des rainbow, tout va bien » la confirmation arriva que nous avions bien en face de nous le navire de Greenpeace l’Esperanza. Ce qui ne laissa plus qu’une seule possibilité pour le plus gros « bip » à distance. Le Nisshin Maru. Tout ce que nous avions prévu, les zodiac, les skooters des mers, le zodiac volant, tout tombait à l’eau à cause de la mer démontée qui empêchait tout déploiement de matériel.

Le Nisshin  Maru commenca à ne former plus qu’une mince arête au loin et la déception s’empara de nous quand leur capitaine décida de jouer à nous faire peur. Ils tournèrent à tribord, ce qui les mit sur une route de collision avec nous. Nous avions non seulement le droit de passage mais le simple fait qu’il ait pu penser que nous rebrousserions chemin démontre sa totale méconnaissance de notre histoire. Paul resta calme malgré la montée d’une petite excitation comme pour le reste d’entre nous. Finalement, c’est le capitaine du Nisshin  Maru qui s’est détourné et a fui.

Ahh, juste un autre jour à bord du Farley Mowat.

Jonathan aka GeDDeN



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25 Décembre 2005

Rapport depuis le navire Farley Mowat de Sea Shepherd Conservation Society.

Joyeux Noël à l’équipage de Greenpeace de la part de l’équipage du Sea Shepherd.

Le capitaine et l’équipage du Farley Mowat  ont envoyé leurs meilleurs voeux le jour de Noël aux Capitaines et aux équipages des navires de Greepeace Esperanza et Arctic Sunrise. Les équipes du Farley Mowat et des deux  bateaux de Greenpeace partage l’expérience commune de passer Noël dans les eaux au large des côtes Antarctiques.

Il n’y a probablement pas d’endroit aussi magnifique sur Terre pour passer Noël que ces eaux parsemées d’icebergs énormes et ces eaux où les baleines, les phoques et les pingouins nagent.

En ce matin de Noël notre équipage a pu voir les membres d’équipage sur l’Esperanza pour la première fois alors que le Farley Mowat approchait la flotte baleinière japonaise.

Qu’y a-t-il de plus proche de l’esprit de Noël que de consacrer ce moment à servir les baleines, les océans et la Terre ?

Pour lire les vœux individuels de l’équipage du Farley Mowat à celui de Greenpeace, cliquer ici.



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24 Décembre 2005

Rapport du Capitaine depuis le navire Farley Mowat  de Sea Shepherd Conservation Society.

Sea Shepherd intercepte la flotte baleinière dans l’océan austral - #6 de 6.

Les deux navires se trouvaient sur une trajectoire de collision et la proue du Nisshin Maru tangait haut au-dessus des eaux alors qu’elle venait à pleine vitesse en direction du Farley Mowat.

Le Capitaine Watson donna l’ordre de déployer une ligne d’amarrage derrière le Farley Mowat.  Dès que le Nisshin Maru  vit la ligne, ils tournèrent et n’insistèrent pas afin que leur hélice ne soit pas endommagée.

A 6 h 00, le Nisshin Maru  se dirigeait vers l’Ouest dans une grosse mer avec le Farley Mowat à sa poursuite.

Le Capitaine Watson notifia au Nisshin Maru qu’ils violaient la loi internationale et que, agissant sous l’autorité de la Charte mondiale des Nations Unies pour la Nature, il leur ordonnait de quitter les oceans Australs et de retourner au Japon.

Le Farley Mowat continue sa poursuite effrénée.

Aucune baleine ne sera tuée le jour de Noël.



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24 Décembre 2005

Rapport du Capitaine depuis le navire Farley Mowat  de Sea Shepherd Conservation Society.

Sea Shepherd intercepte la flotte baleinière dans l’océan austral - #5 de 6.

Quelques moments plus tard, le bateau usine tourne et vient vers le Farley Mowat en dépit du fait que le Farley Mowat, qui se trouvait sur le tribord du Nisshin Maru, avait le droit de passage.



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24 Décembre 2005

Rapport du Capitaine depuis le navire Farley Mowat  de Sea Shepherd Conservation Society.

Sea Shepherd intercepte la flotte baleinière dans l’océan austral - #4 de 6.

Le Nisshin Maru accélére tandis que le Farley Mowat vient à ses côtés.



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24 Décembre 2005

Rapport du Capitaine depuis le navire Farley Mowat  de Sea Shepherd Conservation Society.

Sea Shepherd intercepte la flotte baleinière dans l’océan austral - #3 de 6.

Le Farley Mowat a dépassé l’Esperanza et s’est dirigé vers le bateau usine japonais le Nisshin Maru, se trouvant à ses côtés.



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24 Décembre 2005

Rapport du Capitaine depuis le navire Farley Mowat  de Sea Shepherd Conservation Society.

Sea Shepherd intercepte la flotte baleinière dans l’océan austral - #2 de 6.

Le Capitaine Paul Watson calcula une interception possible de la course par l’abandon de la poursuite aux bateaux Esperanza et Artic Sunrise. Il se dirigea droit vers l’Ouest et attrapa la flotte alors qu’ils tentaient de se diriger au Sud vers la baie Porpoise Bay. A 2 h 00, ils étaient localisés au radar.



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24 Décembre 2005

Rapport du Capitaine depuis le navire Farley Mowat  de Sea Shepherd Conservation Society.

Sea Shepherd intercepte la flotte baleinière dans l’océan austral - #1 de 6.

Le navire Farley Mowat, de la société de Protection Sea Shepherd intercepte la flotte baleinière japonaise à 4 h 00 le jour de Noël  [EST Australien (Heure d’été de l’Est)].



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24 Décembre 2005

Rapport depuis le navire Farley Mowat de Sea Shepherd Conservation Society.

Les Australiens veulent, de manière écrasante, que leur gouvernement arrête  la chasse à la baleine des Japonais.

Le journal Melbourne Age a sondé ses lecteurs sur le manque d’action du gouvernement Australien. http://theage.com.au/polls/national/results.html

Le gouvernement Australien devrait-il faire plus pour stopper la chasse à la baleine des Japonais ? Oui – 93 % Non – 7 %. Il est évident que les Australiens veulent défendre les baleines mais que leur gouvernement non.



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23 Décembre 2005

Rapport depuis le navire Farley Mowat de Sea Shepherd Conservation Society.

Récit de blog par le membre d’équipage Alex Cornelissen.

Pourquoi les Japonais se sont-ils enfuis ?

Peut-être cela a-t-il à voir avec le fait que le bateau de Sea Shepherd Conservation Society, le Farley Mowat, s’est approché dans les 30 milles (environ 55 km) de la position Japonaise, c’est alors qu’ils ont se sont envolés à pleine vitesse vers le Nord et ils courent toujours.

Ils savent que Greenpeace peut aboyer mais ils savent aussi que Sea Shepherd mord. Ils sont également au courant que Sea Shepherd n’est pas intéressé par le fait d’être témoin du massacre des baleines. Notre objectif est d’arrêter la tuerie.

- 1er Officier Alex Cornellisen – Pays Bas.

En novembre 2003, Alex a plongé dans la rade à Taiji au Japon, côte à côte avec Allison Lance Watson pour couper les filets afin de libérer 15 dauphins. Il a été en prison pour 3 semaines et n’a aucun regret. « 3 semaines en prison pour sauver la vie à 15 dauphins, cela me semble un bon deal », a déclaré Alex.

Photo : Alex, Paul Watson, et des amis de la Green Party (devant le Farley Mowat).



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23 Décembre 2005

Rapport du Capitaine depuis le navire Farley Mowat  de Sea Shepherd Conservation Society.

Les Pirates baleiniers fuient lâchement la zone des baleines – Le navire Farley Mowat de Sea Shepherd se lance dans une poursuite mouvementée.

La flotte baleinière japonaise est en fuite. Toute la flotte de dirige vers le Nord-Est, en-dehors de la zone des baleines, à la vitesse de 14 nœuds.

Le bateau Farley Mowat de Sea Shepherd est à sa poursuite, et se dirigeait vers la zone où les baleiniers opéraient quand ils ont tourné et fui en direction du Nord.

Les deux navires de Greenpeace, l’Esperanza et le Artic Sunrise sont aussi à sa poursuite. L’Esperanza est capable de se maintenir avec la flotte tandis que le Artic Sunrise suit derrière. La position de la flotte Japonaise, à 2 h le 23 décembre était de 62 degrés 35 minutes Sud et 143 degrés 34 minutes Est. Ceci positionne l’escadre à plus de 200 milles au Nord de l’endroit où ils ont été découverts en pleine chasse le 21 décembre.

Les Japonais n’ont pas chassé aujourd’hui. Ils fuient.

Avec l’autorisation du gouvernement Australien, un des bateaux japonais a approché le port de Hobart, Tasmanie, pour laisser à terre un chasseur souffrant d’appendicite et pour se ravitailler. Cependant, le malade a été extrait du navire par un hélicoptère de secours. Le gouvernement Australien a ainsi évité l’embarras d’avoir un baleinier japonais dans un port Australien  pendant que leur flotte chasse illégalement la baleine dans la zone Australienne du territoire Antarctique.

Le Capitaine Paul Watson croit que le gouvernement Australien a décidé d’accorder son soutien à la chasse à la baleine japonaise illégale indirectement en ne s’opposant en rien à leurs activités hors-la-loi. « Par leur volonté d’ouvrir un port Australien à un baleinier japonais pour qu’il se ravitaille, ils ont envoyé un signal d’acceptation de l’exploitation des baleines par les Japonais dans le territoire Antarctique Austral », a déclaré le Capitaine Watson. « Imaginez que le port de Hobart ait été utilisé par un sous-marin japonais pendant la seconde guerre mondiale pour se réapprovisionner. Le Japon ne reconnaît pas la revendication Australienne sur le territoire Antarctique mais là encore, le Japon ne reconnaissait pas la souveraineté Australienne du tout 60 ans auparavant. »

« Maintenant le gouvernement Australien déclare que l’opposition de Greenpeace est contreproductive », continua le Capitaine Watson. « Le fait est que c’était le navire japonais qui s’est approché du bateau de Greenpeace, toutefois, le Ministre de l’environnement Ian Campbell a réprimandé Greenpeace pour ne pas avoir respecté les lois de la navigation. Il apparaît les Japonais ne peuvent commettre aucune faute aux yeux du gouvernement Australien. Peut-être faudrait-il poser la question : «  Que se passe-t-il vraiment ici M. Campbell ? Représentez-vous le peuple d’Australie ou plutôt les sociétés commerciales japonaises ?

Il est peut-être temps une fois de plus de rappeler au gouvernement Australien les crimes que le Japon a commis :

1.         Les Japonais chassent la baleine en violation du moratoire global sur la pêche à la baleine commerciale de la Commission Internationale Baleinière. Le comité scientifique IWC ne reconnaît pas la recherche fictive que les Japonais utilisent comme excuse.

2.         Les Japonais tuent des baleines dans le Sanctuaire baleinier de l’océan Austral.

3.         Les Japonais tuent illégalement les baleines dans le territoire Australien Antarctique.

4.         Les Japonais visent les rorquals communs cette année et les baleines à bosses l’an prochain. Ces espèces sont en danger, et ainsi, ceci est une violation de CITES, la Convention sur le Commerce International d’Espèces menacées de la faune et la flore sauvages.

5.         Les Japonais violent la réglementation IWC 19(a). Les réglementations IWC dans l’annexe de la Convention interdisent l’utilisation de bateaux de transformation pour procéder à tout stock : 19(a) Il est interdit d’utiliser un bateau de transformation ou une station terrestre dans le but de manipuler, toute baleine qui soit classée, en tant que stocks de protection dans le paragraphe 10.

Le paragraphe 10(c) fournit une définition des stocks de protection et fait l’état que les stocks de protection sont listés dans les tables de l’annexe. La table 1 liste toutes les baleines, petits rorquals, rorquals communs et baleines à bosse inclus et constate que tous sont des stocks de protection.

6.         De plus, les réglementations IWC condamnent expressément l’é les petits rorquals : paragraphe 10(d) dit « (d) En dépit des autres dispositions du paragraphe 10, il devrait y avoir un moratoire sur la capture, l’abattage et la transformation des baleines, excepté les petits rorquals, par les navires de transformation ou les baleiniers de chasse liés à ces navires de transformation. Ce moratoire s’applique aux cachalots, orques et baleines à fanons, excepté les petits rorquals. »  à bosse sont tous les deux des baleines à fanons et sont sujets à ce moratoire.

Six violations flagrantes de la loi de Conservation Internationale et tout ce que le gouvernement Australien peut faire c’est réprimander Greenpeace d’être des victimes d’attaques agressives par les baleiniers japonais.

« L’Australie n’est peut-être pas le Danemark mais quelque chose est clairement corrompu à Canberra sur cette question. Que se passe-t-il vraiment ici M. Howard ? » demande le Capitaine Paul Watson.


21 Décembre 2005

Rapport du Capitaine depuis le navire Farley Mowat de Sea Shepherd Conservation Society.

Greenpeace fait obstruction aux efforts de Sea Shepherd en Antarctique.

Le 21 Décembre, le deux navires de Greenpeace, l’Esperanza et l’Arctique Sunrise ont localisé la flotte baleinière japonaise à environ 240 milles (441 km) de la position du navire de Sea Shepherd le Farley Mowat. Ils ont procédé de manière habituelle : prendre des photos et suspendre des bannières. Une des images du baleinier japonais le Nisshin Maru montre les Japonais en train d’accrocher leur propre bannière qui dénonce que Greenpeace nous trompe.

C’est en fait une chose sur laquelle Sea Shepherd et les baleiniers japonais sont d’accord. Greenpeace nous a délibérément trompé et trahi.

Shane Rattenbury, la dirigeante de l’expédition sur l’Arctic Sunrise a d’abord refusé de transmettre la position de l’escadre japonaise pour éviter que cette information n’arrive à Sea Shepherd. Il était certain que Sea Shepherd ne trouverait pas les japonais. La position a finalement été délivrée par Greenpeace après que Sea Shepherd était informée de la position par une source indépendante.

Pendant sept mois, le Capitaine Watson avait négocié avec Greenpeace pour qu’ils coopèrent afin de trouver ensemble la flotte baleinière japonaise.

« Maintenant nous découvrons qu’au lieu de coopérer, Greenpeace fait de l’obstruction et agit délibérément pour nous maintenir à l’écart de la flotte japonaise. La raison pour laquelle ils feraient cela demeure un mystère dès lors qu’ils savent que nous sommes capables d’arrêter les opérations de chasse à la baleine par les japonais. »

Greenpeace a du bagage et leur aptitude à localiser l’escadre japonaise est supérieure en raison des ressources dont ils disposent.

« Le problème est que Greenpeace s’est révélé incapable d’arrêter les Japonais après une décennie de campagnes où ils ont poursuivi les navires japonais en déployant leurs bannières de protestation », a déclaré le Capitaine Watson. « On peut penser qu’après dix ans de campagne ruineuses, Greenpeace a réalisé que la flotte japonaise ne prête aucune attention à ces protestations. Sea Shepherd n’est pas là pour protester, nous sommes ici pour faire respecter la loi de conservation internationale et stopper la chasse à la baleine illégale du Japon. »

Le navire de Sea Shepherd, le Farley Mowat, est supposé atteindre l’aire où Greenpeace a vu l’escadre japonaise dans approximativement 24 heures.

Le Capitaine Watson, (un cofondateur de la fondation Greenpeace), et Emily Hunter (la fille de feu Robert Hunter, le premier Président de la fondation Greenpeace) sont tous deux à bord du Farley Mowat. Ils sont tous deux très déçus que Greenpeace ait décidé d’adopter une position hostile pour faire barrage aux efforts de Sea Shepherd dans le sanctuaire des baleines dans l’océan Austral en Antarctique.

Emily Hunter a déclaré, « Je suis née et j’ai grandi avec Greenpeace en tant que fille de ses cofondateurs Bob et Bobbi Hunter. Ceci ne ressemble pas au Greenpeace de mes parents. Les gens de Greenpeace qui essaient maintenant de nous empêcher d’aller à la confrontation avec la flotte japonaise n’étaient pas là jadis lors des premiers voyages avec Paul Watson et mes parents quand ils ont été confrontés aux baleiniers pour la première fois. »

La campagne de Sea Shepherd pour trouver les baleiniers continue.


18 Décembre 2005

Rapport du Capitaine depuis le navire Farley Mowat  de Sea Shepherd Conservation Society.

Le voyage du navire Farley Mowat de Sea Shepherd – à la recherche des tueurs hors-la-loi dans un sanctuaire de baleines.

Le Farley Mowat a rencontré son premier iceberg de la saison ce soir. De manière fantomatique, il a émergé de l’épais brouillard. Nous l’avions repéré des heures auparavant sur notre radar et nous savions donc qu’il était gros mais nous avons tout de même été totalement surpris par l’immensité de la structure qui a surgi au-dessus de nous.

Il était plat sur le dessus. Deux cents pieds de haut (61 m) et plus d’un demi mile de long (environ 900 m). C’était comme passer un porte-avions en canoë. Toute l’équipe est restée bouche bée devant ce navire fantôme en cristal avec des bords aussi lisses, abruptes et aussi laiteux que de la porcelaine. Nous éprouvions tous un sentiment de crainte mêlée de respect, même ceux qui étaient déjà allé dans ces eaux Australes avant.

Magnifique.

Notre patrouille dans le sanctuaire baleinier de l’océan antarctique Austral est sur le départ et aujourd’hui nous commençons à chercher les pirates baleiniers du Japon.

Il y a six navires par ici sur ces eaux, six navires dont l’objectif est horriblement meurtrier et ces opérations sont une violation flagrante de la loi de conservation internationale.

La fondation Greenpeace est aussi présente sur ces eaux à la recherche des mêmes meurtriers. C’est leurs deux navires et le nôtre contre les six navires de la flotte japonaise.

J’ai lu aujourd’hui comment un groupe de plongeurs courageux et pleins de compassion, ont libéré une baleine à bosse juste en dehors de San Francisco. Ils ont déplacé plus de douze pièges à crabes pesants 90 livres chacun (45 kg) avec des cordes qui étaient emmêlées autour de la queue et des nageoires.

« Quand j’ai coupé la ligne passant en travers de sa bouche, son œil était là à me faire des clignements d’yeux », a dit le plongeur James Moskito. « Quand la baleine a réalisé qu’elle était libre, elle a commencé à nager autour en cercles », dit Moskito. « Elle nageait vers chaque plongeur, lui donnait un coup de nez et passait au suivant. Elle semblait affectueuse, comme un chien qui est heureux de te voir. Je n’ai jamais eu peur. C’était stupéfiant, une expérience incroyable. »

Tant d’effort et de courage pour sauver une baleine. En même temps que la flotte japonaise lance des harpons explosifs horribles dans le dos de baleines en fuite. Puis les baleiniers les électrocutent tandis qu’elles se débattent, luttent et saignent abondamment dans la mer glacée pendant presque vingt minutes et que leurs cris gargouillent dans l’eau en bulles de sang et explosent dans l’air en bouffées d’une douleur inimaginable, à la manière des humains.

Je ne peux vous exprimer à vous, mes amis, combien cela m’emplit de douleur de savoir que ces bouchers criminels sont en ce moment même en train de pourchasser des baleines sans défense tandis que nous les recherchons.  En ce moment, le sang chaud d’une baleine est probablement en train de couler dans ces eaux glacées. Chaque jour qui passe signifie que les océans sont pillés un peu plus de la vie de ces gentils géants.

Quels êtres peuvent bien être ces baleiniers ? Ils massacrent les baleines sans pensée, sans pitié ou remord. Quelle sorte de culture peut soutenir une telle industrie si barbare et cruelle ? Comment les nations du monde peuvent-elles rester en dehors et permettre au Japon de continuer de manière méprisante à tuer les baleines et faire comme si de rien était juste parce qu’ils sont les réserves économiques de l’Asie ?

En ce moment même, une créature intelligente, sociable, incroyablement unique, est tirée par l’orifice d’un navire usine fait d’acier et crachant de la fumée, où des hommes se précipitent tels des cafards sur le corps chaud, le découpant sa chair en tranches à l’aide de couteaux aiguisés, déversant les entrailles sur le pont, et arrachant les fœtus du ventre de leurs mères qui ne connaîtront jamais la joie de mettre au monde et d’allaiter leur progéniture.

Ce que font ces hommes ici, dans ces eaux solitaires, éloignées et hostiles est impardonnable. Ils font commerce d’un massacre acharné de créatures dont la taille du cerveau à elle seule devrait les préserver de notre sauvagerie.

Ils transforment ces magnifiques et beaux léviathans dans des boîtes de viande congelées qui sera consommée par des gens se mettant à distance de la souffrance et de la destruction et qui n’ont pas même une pensée pour le meurtre qu’ils endossent et promeuvent.

« Meurtre ! » Est-ce là un mot trop sévère ? Je ne le pense pas. Il s’agit de mammifères dont les cerveaux sont plus complexes et plus gros que ceux de notre espèce, dont les capacités de communication nous mettent la honte et dont les relations sociales sont bien plus solides que les nôtres. Leur nombre a énormément diminué en raison de siècles de prédation humaine sans pitié, et nous les tuons au nom de la science pour rechercher pourquoi leur population diminue, bien que la motivation réelle soit de transformer leurs carcasses en centaines de millions de dollars afin d’alimenter les profits de sociétés et de graisser la patte des politiciens qui permettent à ce carnage sanglant et illégal de continuer.

Ce que nous avons ici dans les océans Australs est un Sanctuaire International pour les Baleines où des baleines antarctiques sélectionnées sont systématiquement massacrées, aux côtés des rorquals communs en voie d’extinction et l’année prochaine de la bien-aimée baleine à bosse également en voie d’extinction. Il y a aussi les Japonais qui tuent des baleines dans le Territoire Antarctique Australien sans rencontrer un murmure de protestation de la part de l’Australie en raison des menaces économiques du Japon. Nous voyons de plus la violation flagrante du moratoire global sur le commerce des baleines qui est censé être appliqué depuis 1986.

Tuer des baleines dans ces eaux est clairement illégal, vicieusement cruel et immoral.

Dans un monde de six milliards et demi de gens, quelques volontaires de douze pays différents sont là sans le support d’aucun gouvernement, faisant le travail que les gouvernements mondiaux devraient faire. Avec des moyens limités, nous luttons contre une industrie pesant des centaines de millions de dollars dans le but de sauver les vies de milliers de baleines menacées.

Pourquoi ? Car quelqu’un doit s’en préoccuper et quelqu’un doit agir et quelqu’un doit faire respecter la loi face à une nation arrogante qui pille impitoyablement les mers et extermine la vie intelligente sans pitié.

Le Soleil Levant n’a pas de place dans un monde où le Soleil ne se lève pas. Les Japonais doivent emmener leurs harpons cruels et leurs couteaux équarisseurs, leur bateau usine et leur cupidité insatiable loin de ce Sanctuaire et laisser les baleines vivre en paix.


14 Décembre 2005

Rapport du Capitaine depuis le navire Farley Mowat  de Sea Shepherd Conservation Society.

Position : 51 Degrés Sud et142 Degrés Est

Le navire de Sea Shepherd le Farley Mowat se dirige maintenant vers le sud-ouest à la recherche de la flotte baleinière japonaise. Avec deux navires de Greenpeace venant de l’Ouest et un de nos bateaux allant à l’Ouest, l’escadre japonaise devrait se trouver entre nous.


09 Décembre 2005

Rapport du Capitaine depuis le navire Farley Mowat  de Sea Shepherd Conservation Society.

Voyage pour sauver les baleines.

Le Farley Mowat, le navire de la société de protection Sea Shepherd partira du mouillage n°3 à Melbourne, Victoria, Australie à 8 h le 10 décembre 2005. Les bateaux de protection partent de Melbourne avec une équipe de 44 personnes venues du Canada, d’Australie, Nouvelle Zélande, Etats-Unis, Grande Bretagne, Allemagne, Suède, Bermudes, Afrique du Sud, et Brésil. Le navire s’arrêtera brièvement à Hobart en Tasmanie pour prendre un hélicoptère et son pilote, puis se dirigera vers le Sud en direction des eaux Antarctiques pour prendre en chasse les baleiniers japonais. Deux équipes partiront depuis Hobart et une nous rejoindra. Un total de 43 équipes fera route vers le Sud, de la Tasmanie à l’Antarctique.

Le but de la campagne est d’intervenir contre les opérations japonaises illégales de chasse à la baleine avec l’objectif de stopper complètement leurs actions hors-la-loi. La société de Conservation opère en accord avec la Charte Mondiale pour la Nature des Nations Unies qui autorise la mise en application non gouvernementale des lois de conservation, dans les eaux internationales au-delà des juridictions nationales.

Grâce à la générosité des citoyens de Melbourne, le Farley Mowat a reçu des dons généreux à la fois financiers et matériels pour permettre à l’équipe de volontaires internationale de se consacrer durant le prochain mois et demi, à la défense des baleines dans le sanctuaire de l’océan Austral contre le massacre impitoyable et illégal commis par la flotte baleinière japonaise.

« Nous avons les yeux braqués sur notre objectif de protéger les baleines de leurs tueurs. Ce voyage sera dangereux et inconfortable contre un adversaire cruel et hostile dans un environnement hostile et rude », a déclaré le Capitaine Paul Watson. « Nous entendons bien faire tout notre possible avec les ressources à notre disposition afin de sauver autant de baleines que possible, et nous avons l’intention d’être une épine dans le flanc des baleiniers japonais cette année et tous les ans où ils viseront les doux géants des profondeurs. Nous sommes au 21ème siècle et il est temps que ce barbarisme sanglant prenne fin. Le genre humain doit cesser sa guerre arrogante et ignorante avec l’espèce des baleines. Il est temps pour les Japonais de grandir et de rejoindre le 21ème siècle. »


22 Novembre 2005

Rapport du Capitaine depuis le navire Farley Mowat  de Sea Shepherd Conservation Society.

Le navire de protection active de Sea Shepherd, le Farley Mowat arrive en Australie.

Nous avons mis 31 jours pour effectuer la traversée trans-pacifique depuis l’île San Cristobal dans les Galapagos à Melbourne, Australie. Nous l’avons fait. La traversée faisait 7000 milles ( 12 800 km environ) avec une brève halte à l’île Pitcairn afin de charger des provisions et six sacs de courrier de l’île puis ensuite un bref arrêt à Wellington, Nouvelle Zélande, pour le carburant.

Nous disposons maintenant de 12 jours pour toutes les préparations nécessaires afin de se diriger au Sud vers le Sanctuaire des baleines en Antarctique.

La flotte baleinière japonaise se dirige en ce moment vers le Sud depuis le Japon.

Nous sommes dans les temps pour la campagne.

A Melbourne, nous avons besoin de prendre quelques engins de réparation, charger du carburant, de l’huile, du carburant pour l’hélicoptère, des provisions et d’accueillir l’équipage. Nous irons ensuite à Hobart, Tasmanie, pour charger l’hélicoptère que nous achetons pour cette campagne.

Le Farley Mowat sera amarré au dock Victoria à Melbourne pour les 10 prochains jours.



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28 Octobre 2005

Rapport du Capitaine depuis le navire Farley Mowat  de Sea Shepherd Conservation Society.

Les Périls et Plaisirs de l’île Pitcairn.

Il n’y a rien qui puisse plus faire apprécier le reste de la journée que d’avoir trompé la mort et échappé à la dislocation dans la matinée.

Aujourd’hui fut pareil jour. Il a commencé suffisamment tôt avec la vue du grand pic de l’île Pitcairn à 5 h 30. Nous avons jeté l’ancre à la baie Bounty à 7 h mais avons du jeter à nouveau l’ancre à 8 h quand nous nous sommes rendus compte que nous ne touchions pas le fond.

Le premier officier Alex Cornelissen a pris le bateau un mille (1840 m) au large pour dériver pendant que je prenais une partie du littoral en direction de l’île afin de préparer nos transferts.

Le petit ami de Bosun, Colin Miller du Canada a passé en revue le bateau et choisi Ryan Rittenhouse des Etats-Unis pour l’assister. Egalement dans le bateau, à mes côtés, se trouvaient le photographe et biologiste Gunter Schwabenland et le cuisinier en second Roberta Kleber, le maître de manoeuvre Lisa Moises d’Allemagne, l’ingénieur en second Willie Houtman de Nouvelle Zélande, ainsi que James Pacheco des Etats-Unis.

Tous les huit, nous sommes montés et j’ai pris le contrôle du Zodiac gonflable pour l’amener au petit dock sur l’île. Dire qu’il semblait menaçant c’est peu dire. Il y avait de grosses vagues assourdissantes qui se fracassaient à l’entrée du petit port. L’abattement de la vague sur la plage a propagé un craquement dans l’eau.

Je pouvais voir un insulaire au bout du dock qui pointait notre approche, j’ai donc orienté le Zodiac et je l’ai lancé en avant avec l’intention d’accélérer sur la crête de la vague et rapidement percer pendant le calme relatif derrière le mur de la vague.

C’était le plan, et il dépendait de la synchronisation et du sang-froid pour s’élancer derrière le rouleau et le suivre, pas trop près, mais suffisamment afin d’avoir un peu de répit pour rester devant une autre vague.

J’empoignai l’accélérateur et le gonflable s’élança mais un côté de la houle dévia de la vague et le Zodiac fut heurté et se dressa sur le sommet. Malheureusement, Ryan Rittenhouse qui était assis à la proue fut jeté par-dessus bord alors qu’il filmait la vague avec sa caméra. Il saisit la corde de secours d’une main et de l’autre monta sa caméra à James Pacheco pour qu’il l’attrape tandis qu’il s’accrochait et avait les épaules baignant dans l’eau écumeuse à l’avant du port.

Malheureusement, son poids fit tourner le Zodiac et nous ralentit. Je vis Ryan regarder derrière elle et crier, « Il en arrive une grosse. » Je regardai également et sus instantanément que nous étions en danger. La vague menaçante qui arrivait vers nous prit une hauteur terriblement haute. Je vis le rouleau se former et avec Ryan sur le côté, nous n’avions pas la vitesse pour empêcher l’inévitable.

Je sentis l’eau pulser au-dessus, à l’arrière ainsi que par-dessous tandis que nous fûmes rapidement poussés sur le devant de la vague à une vitesse à vous couper le souffle. Je ne pouvais pas nous lancer à fond dans la rade sans donner une bordée à la vague qui nous aurait assurément fait chavirer et jeter à l’eau. Au lieu de cela, je luttai pour maintenir le bateau droit tandis que nous surfions durement vers l’avant. Je vis que Ryan arrivait à remonter dans le bateau d’une façon ou d’une autre, alors que nous plongions plus bas et nagions dans l’écume, remplissant le bateau tout entier d’eau en même temps que le ressac nous précipitait sur les rochers devant nous.

Alors que nous heurtions les rochers, le bateau glissa obliquement et notre bâbord frappa la roche où Ryan se trouvait auparavant. S’il n’était pas remonté dans le bateau, cela aurait pu être fatal.

Pendant une fraction de seconde, nous étions haut mais certainement pas au sec sur les rochers. Je criai à l’équipage de sortir du bateau et ils s’exécutèrent rapidement, glissant par-dessus le côté juste avant qu’une autre vague nous frappe, remplissant une fois de plus le bateau d’eau.

Je restai seul à bord, me maintenant derrière le volant à essayer de redresser le hors-bord. Il était coincé dans les rochers. Colin poussait frénétiquement la proue et Ryan la poupe.

Tout à coup, une femme avec une chemise bleue, et j’appris plus tard qu’elle était le Chef de Police Meralda Warren,  se retrouva avec de l’eau jusqu’à la taille et poussa tandis qu’un groupe d’insulaires apportait une corde allant du port jusqu’au Zodiac.

Les insulaires et mon équipage prenaient de gros risques comme ils poussaient le bateau entre les brassées diaboliques et le littoral rocheux. Finalement, je parvins à redresser le hors-bord. La corde était attachée et ramena le bateau à nouveau dans le flot de vagues où une autre lame le submergea sans parvenir toutefois à le rejeter sur les rochers, pendant que d’autres insulaires me tiraient le long du quai où ils avaient abaissé le crochet d’une grue. Je l’attachai vite fait et le bateau fut sorti de la mer.

Je jetai un coup d’œil sur la mer et vis que mon équipage tout entier se tenait sur la rive.

Le Zodiac fut abaissé sur le quai où je vis que nous avions endommagé les ailettes et craqué la coque en plastique du Zodiac. Les dommages pouvaient être réparés.

Ryan avait perdu sa caméra mais pas de mal, même pas petit. Lisa avait perdu ses sandales. Le sac d’appareils photos et caméras de Gunter était entièrement sec et intact, et mon sac avec les passeports de l’équipage, en plus du courrier allant à terre, était détrempé cependant je les avais enroulés dans des sacs plastiques et tout était sec.

Je serrai la main du Major Jay Warren qui était arrivé sur le quai avec des caisses de bananes, papayes, noix de coco, aubergines, carottes et oignons verts pour nous. Nous le remerciâmes chaleureusement.

Meralda Warren, trempée et nu-pieds, se présenta à la fois comme officier de police et d’immigration. Je lui présentai les passeports et elle les tamponna au poste.

Elle nous informa rapidement que notre expérience n’était pas unique. L’accostage à Bounty Bay étant d’une triste notoriété. La propre fille du Major avait eu le bras presque sectionné dans un accident similaire à peine une année plus tôt et venait seulement de retourner sur l’île une semaine auparavant après avoir passé dix mois à l’hôpital aux soins intensifs en Nouvelle Zélande.

Nous montâmes alors les espaliers escarpés jusqu’à Adamstown, une route qui pendant deux cents ans et encore il y a tout juste deux semaines - date où elle fut renforcée sérieusement -, n’était qu’un sale chemin, la récente construction ayant été immortalisée par des inscriptions toutes fraîches des insulaires avant la mise en service officielle.

Nous visitâmes le bureau du Port. Nous avions donné notre accord pour prendre le courrier de l’île jusque Wellington, en Nouvelle Zélande. Nous postâmes nos propres lettres qui, ironiquement, nous seraient redistribuées pour être à nouveau redistribuées à Kiwiland.

Après avoir joué avec sa vie, il est toujours bien de faire une marche contemplative, et c’est ce que je fis, en compagnie du reste de l’équipage qui allait partager le même destin que moi. Un jeune homme appelé Andy Christian nous accompagna. Nous grimpâmes sur les coulées de lave vers un grand trou triangulaire dans la montagne appelée Christian’s Cave. De là, nous pouvions contempler trente milles sur la mer (55 km environ), l’immensité absolue du bleu berçant un si petit rocher en son sein. Il y avait une douzaine d’ombre de bleu entourant l’île, du turquoise au bleu d’encre indigo profond et deux milles plus loin (3600 m) une petite tâche noire – le Farley Mowat.

Nous sommes si petits face à la mer et au ciel.

S’asseoir là, à Christian’s Cave, où Fletcher Christian s’assit une fois et rumina ses pensées tout en guettant la mer changeante et néanmoins immuable, était éclairant. Deux cents ans plus tard, un de ses descendants se tenait à nos côtés, tandis que nous regardions Adamstown, en lien avec l’histoire de l’île et avec la réalité que notre destin est souvent déterminé par nos propres choix.

Fletcher Christian vint sur l’île pour échapper au courroux de l’Empire Britannique et mourut seulement trois ans plus tard, assassiné par la même femme qui lui avait promis le paradis sur Terre. Pitcairn est un paradis mais qui a un droit de passage de souffrance et de privation.

Je souris à l’idée que ce sort ne nous avait pas laissé comme des cadavres sur ce rivage éloigné de Polynésie. Peut-être sur un autre rivage lointain, à un autre moment, mais pas aujourd’hui.

Le Major Jay Warren et sa femme nous invitèrent tous les huit à déjeuner. C’était un délicieux repas de haricots, pain fait maison, de salade poussée chez eux, de thé, jus de fruit et un gâteau à la banane et noix de coco pour dessert.

Les insulaires sortirent bateau pour nous ramener Ryan Rittenhouse et moi-même à bord du Farley Mowat afin de permettre au reste de l’équipage de visiter l’île.

Nous revînmes dans un large bateau en aluminium. Ils chargèrent notre Zodiac endommagé dedans. L’équipage du bateau Pitcairn eut un bon « timing » alors que nous sortions du petit port et montions sur un rouleau rentrant : nous avons littéralement volé sur son sommet, l’embarcation fut aéroportée tout entière puis nous atterrîmes à plat en une fessée cacophonique.

Le reste de l’équipage put aller à terre et nous envoyâmes des cadeaux d’épices, de condiments, de cassettes vidéos et deux bonne cordes d’amarrage.

A 17 h 30, le long bateau fut de retour avec toute l’équipe et six énormes sacs de courrier à distribuer à Wellington.

Donc, pendant les deux prochaines semaines, nous sommes officiellement un bateau de courrier sur la route allant de Pitcairn à la Nouvelle Zélande. C’est en fait un honneur.

J’ai parcouru des îles à travers le monde et j’ai rencontré des insulaires, du cruel au gentil, du pilot baleinier des féroces îles Féroé aux gardes forestiers dévoués de Malpelo, Cocos, et des Galapagos, des tueurs de dauphin de l’île Iki au Japon et des tueurs sadiques des îles Magdalen aux adorables gens des Bermudes.

Mais je peux dire en toute honnêteté que je n’ai jamais rencontré un groupe d’insulaires plus brave, plus amical, plus intéressant nulle part ailleurs sur cette planète, qui soit aussi sympathique et aussi passionnant que celui de l’île de Pitcairn.

J’aime cet endroit et mon équipage partage mon opinion que nous avons été privilégiés d’avoir eu l’opportunité de visiter Pitcairn, même si cela nous a presque tués.


27 Octobre 2005

Rapport du Capitaine depuis le navire Farley Mowat  de Sea Shepherd Conservation Society.

Rapport du Captain Paul Watson depuis l’île Henderson.
 
Ile Henderson
24°22'Sud & 128°19'Ouest

Le navire de recherche nommé le Farley Mowat, de la Société de protection Sea Shepherd, s’est arrêté sur l’île Henderson aujourd’hui pour mener des observations sur la situation écologique de l’île et surveiller la vie sauvage. Cette île est considérée comme une des plus éloignées dans le monde.

En fait, depuis notre départ des Galapagos le 14 octobre, nous n’avons vu aucune autre terre et juste un autre bateau – un paquebot à quelques 750 milles (1380 km environ) au nord est de notre position.

L’île d’Henderson est en effet à l’autre bout du monde. Nous sommes à l’extrême sud-est de la Polynésie. Cette île de corail isolée fait 14 milles carrés (25 km carrés environ) et se situe à environ 100 milles au nord-est de Pitcairn, sa voisine la plus proche. L’île suivante la plus proche, Mangareva, se trouve à quelques 400 milles au loin (736 km).

Le nom de l’île tel qu’il est de nos jours, tire son origine de l’époque où l’île fut découverte par le Capitaine James Henderson du navire marchant de l’Inde Britannique de l’Est, le Hercules. Le Hercules fut appelé à Pitcairn le 18 janvier 1819 et vit Henderson le jour précédent. Le Hercules était chargé de relier commercialement l’Inde et l’Amérique du Sud, et contribua à démarrer l’association durable entre la Société pour la promotion du savoir chrétien (d’abord à travers leur comité de Calcutta) et les insulaires de Pitcairn.

Aujourd’hui, le Farley Mowat a navigué tout en faisant le tour de l’île en maintenant une distance d’un quart de mille (500 m environ). L’île mesure approximativement 5 milles de long (9 km) et 2 milles et demi de large (4 km). L’eau est assez profonde tout autour de l’île.

Ce n’est pas un îlot volcanique en dépit de son altitude relativement élevée de 31 m. En fait, il s’agit d’un corail qui fut jadis surélevé par un tremblement de terre.

Malgré les apparences (c’est-à-dire végétation et arbres), cet endroit est désolé et dépourvu d’eau douce en raison du calcaire poreux qui compose l’île. Il y a bien de l’eau douce qui jaillit mais elle bouillonne en dessous de la mer à quelques 20 pieds (6 m environ) du rivage et est uniquement accessible à marée basse. On trouve également un peu de terre, mais malgré tout, l’île est recouverte d’une broussaille dense parsemée d’arbres chétifs. Il est donc difficile d’y marcher à cause d’arêtes affûtées comme des rasoirs et de crevasses.

Pour les gens qui y vivent ce n’est pas confortable, bien que quelques personnes y aient vécu, mais aucune de manière permanente depuis 500 ans. Ce qu’il advint des Polynésiens de Henderson, des gens subsistants coincés ici loin de Mangareva, demeure un mystère.

Nous ne pouvions pas passer cette île sans y observer l’état de la vie marine sauvage.

L’île est sensée posséder en abondance des homards, crabes, poulpes, et des variétés de poissons de récif ainsi que de coquillages en nombre limité.

L’île est aussi l’unique site polynésien du Sud-Est pour la nidification des tortues. C’est la tortue verte qui se hisse ici pour continuer sa lignée. Malheureusement, nous l’avons manquée. Les œufs sont pondus entre Janvier et Mars chaque année, nous sommes arrivés un peu plus de deux mois trop tôt pour être les témoins de leur visite.

Jadis, l’île abritait 17 espèces d’oiseaux des mers se reproduisant ici et 9 espèces d’oiseaux de terre autochtones, 5 d’entre elles étaient des oiseaux coureurs dont 3 sortes de pigeons. Le Dodo de Mauritius est le plus célèbre d’entre eux à avoir disparu. Nous avons oublié les autres espèces que nous avons exterminées, trois d’entre elles vivaient ici autrefois sur Henderson, victimes des habitants de Polynésie.

Un grand amoncellement d’ordures brûlées et entassées le long de la côte Nord laisse un témoignage sinistre de la présence humaine. A l’évidence, à l’époque de l’installation des Polynésiens sur les îles, des dizaines de milliers d’oiseaux et de poissons ont été massacrés seulement par une petite population, il y a un peu plus de 500 ans.

Les Polynésiens ont aussi essayé d’introduire l’agriculture à en voir les bananes, les taros des marécages, les noix de coco, les cordylines et bancouliers.  Il apparaît clair que des cochons ont également été apportés sur île mais heureusement, il n’y a plus aucun signe de leur présence.

La présence d’outils faits en pierre basaltique suggère qu’un commerce avec Pitcairn et Mangareva existait. En échange, Henderson exportait des tortues de mer et les précieuses et très recherchées plumes rouges des perroquets de Henderson, des ptilopes, et des oiseaux tropicaux à queue rouge.

L’île est à nouveau la maison des colonies d’oiseaux survivants. Malencontreusement, un des legs des humains est le rat, et il continue à veiller sur les oiseaux de mers et leurs œufs encore aujourd’hui.

Les gens de Henderson moururent quand le contact avec Mangareva et Pitcairn fut coupé vers 1500. Il n’y eut pas assez d’arbres assez grands pour leur permettre de fabriquer des canoés et ils furent effectivement coincés.

La société de Polynésie s’évanouit sur Mangareva en raison de la surpopulation et de la limite des ressources. En d’autres mots, la loi écologique des ressources finies causa leur déclin de la même manière que ce qui arriva sur Rapa Nui (l’île de Pâques). Trop de monde et de la nourriture en quantité insuffisante… Mangareva glissa dans le chaos de la guerre, la famine et du cannibalisme.

Les premiers Européens mirent le pied sur l’île en 1606. Le navire Espagnol trouva l’île vierge de toute habitation humaine. Cette découverte fut rapportée par Pedro Fernandez de Quiros. Il la baptisa San Juan Bautista et déclara que seuls des oiseaux y habitaient.

Henderson est peut être inhabitée mais les Britanniques l’ont officiellement réclamée en 1819. En 1937, Henderson reçut la visite du croiseur H.M.S. Leander, et de nouveaux panneaux furent érigés afin de réaffirmer la souveraineté Britannique. On peut y lire : Cette île appartient à son Altesse Sérénissime le Roi George VI. Elle fut visitée par HMS Leander le 6 août 1937. Signé J.W Rivers-Carnac, Capitaine R.N

Directement en lien avec la visite du Leander, le lieutenant R.A.R Rae prit des photographies aériennes de chaque île depuis un avion Walrus. Un mât où flottait l’Union Jack fut installé et répertorié sur l’île. En décembre 1940, la Royal Navy découvrit que le drapeau avait été remplacé par la Swastika Nazi. Le groupe envoyé à terre découvrit aussi cette note : avec toutes nos excuses au Roi George VI, cette île appartient désormais au Grand Reich Allemand.

Ainsi même ici à l’autre bout du monde, les querelles ridicules des nations Européennes furent ressenties puisque l’humanité s’entretuait dans le seul but de posséder autant de « poussière » que possible, et cela même si la « poussière » n’avait d’autre utilité que le simple fait d’être « possédée ».

Quand je contemple ces terres désolées, je pense à ces premiers habitants, ces Polynésiens qui furent bloqués ici il y a si longtemps. Il est difficile d’imaginer le stress que les insulaires ressentirent quand ils réalisèrent que plus un seul canoë ne leur rendrait visite. Ils ont du s’interroger sur ce qu’il allait advenir. Ils n’allaient plus avoir accès à aucun outil de pierre ni canoë. Et de façon tout aussi stressante, il n’y aurait plus la possibilité de se marier avec d’autres populations, ce qui les condamnait à des relations incestueuses sources d’accentuation des défauts génétiques.

A un certain moment, le dernier survivant de Henderson a dû regarder au-delà des mers. Sans contact depuis des générations avec le monde extérieur, un tel monde a dû devenir un mythe et faire partie de la mémoire ancienne. Henderson ou quelque soit le nom qu’ils aient pu donner à l’île, aura été le monde dans sa globalité et leur monde s’est révélé tout simplement incapable de subvenir à leurs besoins pour leur permettre de survivre.

Mais tandis que leur nombre déclinait et que leur société était en perdition et disparaissait, ils ont voracement détruit grand nombre d’espèces et laissé des détritus au sein de leur petit écosystème fragile.

Il est impressionnant de voir combien les événements sont connectés à travers l’histoire. Ici nous sommes au large de l’île alors que nous sommes en route pour la campagne dans le but de protéger les baleines dans les eaux autour de l’Antarctique.

Presque deux cents ans auparavant, en 1819, un gigantesque cachalot enragé enfonça et coula le baleinier Yankee Essex dans la zone près des Marquises. C’est cet incident qui inspira à Herman Melville, l’histoire de Moby Dick.

Les survivants de l’Essex restèrent uniquement avec des embarcations. Ils parvinrent à atteindre le rivage de Henderson et repartir encore le 20 décembre 1820. Trois des bateaux se dirigèrent vers l’Amérique du Sud, lointaine de 4300 milles (7900 km) et furent secourus sur le chemin, mais pas sans avoir échappé au cannibalisme pour survivre.

Trois des membres d’équipage de l’Essex décidèrent de rester sur Henderson et furent secourus par le navire britannique le Surrey le 18 avril 1921, après avoir passé 107 jours sur l’île.

Henderson a bénéficié de centaines d’années pour cicatriser elle-même depuis les premiers Polynésiens et ces Européens qui furent coincés brièvement, et malgré le fait que ces espèces d’oiseaux menées à l’extinction par les envahisseurs humains ont disparues à jamais, les tortues vertes viennent toujours et les oiseaux survivants continuent à se nicher. Les poulpes et les homards sont toujours dans les hauts-fonds et l’île survit tant bien que mal.

Pour moi, l’intérêt principal de cette île est qu’elle n’est plus habitée par les humains. Il y a si peu d’endroits que les humains n’ont pas occupés.

Mais cette vertu n’est pas faute d’avoir essayé. En 1881, une compagnie Australienne prospecta l’île à la recherche de guano mais fut heureusement délogée par sa relative pénurie comparée aux autres îles. L’idée fut abandonnée.

La compagnie de Phosphate du Pacifique n’ayant pas connaissance de cette prospection, fit à nouveau des investigations pour l’exploitation de guano en 1907 et en vint aux mêmes conclusions : le projet n’était pas commercialement viable.

L’ultime tentative pour abîmer l’île arriva au début des années 1980, quand le millionnaire Américain Arthur M. "Smiley" Ratliff tenta d’acheter l’île dans un premier temps puis de la louer. Ratliff proposa de passer toute la végétation au bulldozer dans le but de construire un ranch de bétail, un hôtel et un petit hameau, enfin aménager une piste d’atterrissage. Ratliff visita Pitcairn en 1981 et le comité insulaire de Pitcairn approuva ses projets. Grâce aux efforts des lobbies de la Société Royale d’Angleterre et de l’Institution de ferronnerie américaine, sa demande fut réduite à néant  par le Ministère du Commonwealth et des affaires étrangères britanniques. Cette décision de protéger l’environnement naturel de l’île fut renforcée plus tard par la signature de la Convention pour la Protection des Ressources Naturelles et de l’Environnement de la Région Pacifique Sud, le 16 juin 1988, par ces autorités. Ce fut une décision importante, garantissant la préservation de l’île dans son état naturel. Cela aurait été un désastre total pour l’écologie de l’île si Ratliff, ou n’importe qui d’autre, avait reçu l’autorisation de s’installer sur l’île.

De nos jours, l’île a été désignée comme un Site d’Héritage Mondial par l’UNESCO.

Nous, humains du Farley Mowat, l’avons visitée mais nous n’avons rien pris, enfin presque rien. Pas un poisson, pas un crustacé, pas une pierre ou un oiseau mais un de l’équipage a ramené une noix de coco et je suis heureux de raconter que c’était une des plus délicieuses que j’ai jamais goûté.

Notre objectif consistait uniquement à témoigner et rapporter ce que nous avons observé.

Malheureusement, nous avons remarqué quantité de matière plastique sur la plage. Nous avons récupéré quelques objets tels des balais en plastique, une cuvette de toilette cassée et une vieille bouée de sauvetage d’un navire nommé le Pan Venture, ainsi que quelques bouteilles or l’important ressac a rendu impossible leur récupération en dehors de quelques déchets. Nous avons été contraints de laisser derrière nous des milliers de bouteilles plastiques et de sacs, de gros morceaux de polystyrène expansé et d’autres camelotes variées. Nous avons également observé plusieurs filets de plastique avec des balises de flottaison.

Ce fut un débarquement dangereux tout comme le départ. Le ressac était vraiment trop fort pour débarquer en bateau alors le groupe dut nager entre les récifs dans ce grand ressac et revenir de la même manière. Le premier Officier Alex Cornelissen fut écrasé sur le corail mais s’en tira heureusement avec seulement des coupures mineures et quelques contusions.

Nous ne sommes pas restés longtemps. Nous avons quitté Henderson à notre poupe, sans lumière pour gâcher son rivage et l’avons regardée tandis que sa silhouette sombre se mélangeait à l’obscurité du jour finissant. C’est avec joie que je l’ai vue disparaître tout en sachant que la vie a survécu sur ses haut-fonds et sur ses rochers ainsi que sur ses plages de sable. Mais c’était aussi avec une pointe de tristesse, à savoir que même ici dans cette immensité lointaine du milieu du Pacifique Sud, les déchets en plastique de notre société moderne détruisent les plages et les eaux environnantes.

Nous nous arrêterons demain à une centaine de milles de l’île de Pitcairn afin de se procurer quelques provisions fraîches et pour poster quelques lettres avant de continuer à traverser en direction de Melbourne en Australie.


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23 Octobre 2005

Rapport du Capitaine depuis le navire Farley Mowat  de Sea Shepherd Conservation Society.

Sea Shepherd découvre une flotte de navires japonais pillant les mers de la Polynésie du Sud-Est.

Alors que le soleil se couchait sur ce dimanche 23 octobre, l’équipage du Farley Mowat repéra la coque blanche d’un navire. Le Farley Mowat changea de course pour l’intercepter tandis que celui-ci entendait éviter de se faire coincer. Le Farley Mowat s’approcha du navire et l’identifia comme le Kotoshiro Maru N27 répondant à l’appel JRYG.

Le bateau ne déployait pas de lignes dérivantes et ne semblait pas posséder l’attirail pour le faire. Il paraissait plutôt être un conditionneur, chargé de collecter le poisson d’autres navires et de le livrer à un bateau mère. Le vaisseau japonais se trouvait à 15 degrés 7 minutes Sud et 119 degrés 32 minutes Ouest à la zone extrême Sud-Est de l’archipel Polynésien. La position se trouve environ à 740 milles (1360 km) au Nord-Est de l’île de Henderson et à 840 milles (1540 km) au Nord-Est de l’île de Pitcairn. Ce navire indique la présence d’une flotte de pêche Japonaise dans ces eaux et l’équipage du Farley Mowat aura continuellement l’oeil à la recherche de lignes dérivantes illégalement en place tandis que nous passons dans cette partie de l’océan.

 Il est prévu que le Farley Mowat passe l’île de Henderson le 27 octobre sur son chemin vers Melbourne en Australie.


21 Octobre 2005

Rapport du Capitaine depuis le navire Farley Mowat  de Sea Shepherd Conservation Society.

J’ai été informé qu’il n’y avait pas de gazole disponible à Tahiti, j’ai changé ma trajectoire et tracé une grande route circulaire en direction de Wellington, Nouvelle Zélande. Nous devrions y être dans 19 jours. La distance est de 4 183 milles (7700 km). Cela nous fera passer près de l’île de Pitcairn, où nous nous arrêterons peut-être pour des produits frais et visiter les descendants des insurgés.


20 Octobre 2005

Rapport du Capitaine depuis le navire Farley Mowat  de Sea Shepherd Conservation Society.

Cela fait 7 jours que nous avons quitté les îles enchanteresses des Galapagos. Aujourd’hui nous voguons le long des mers tropicales, avec des milliers de poissons volants argentés continuellement devant notre proue. La beauté du soleil qui miroite sur leurs ailes est fantastique. Nous avons aperçu un rorqual commun ce matin et nous sommes escortés par un couple de Puffins. Nous avons installé un appareil photo et un trépied sur le pont et le but du jour est de voir si nous parvenons à capturer l’image d’une de ces créatures remarquables tandis qu’elles se propulsent dans l’air et planent sur la surface de la mer.

Actuellement, nous sommes à 7 degrés 46 minutes Sud et 109 degrés 45 minutes Ouest. Nous sommes à 1279 milles (2350 km) des Galapagos en direction de l’archipel des Tuamatu et de Papeete, Tahiti à environ 2500 milles de notre positionnement actuel. Nous nous arrêterons quelques heures pour prendre 5000 gallons (20 000 litres environ) de diesel et ensuite ce sont encore 3500 milles (6400 km environ) au Sud-Ouest vers la Mer de Tasmanie et le bas de l’Australie vers Melbourne. Nous devrions y parvenir aux alentours du 16 ou 17 novembre ce qui nous laisse deux semaines seulement pour faire tous les préparatifs pour parvenir en Antarctique et intercepter les baleiniers japonais.

Il n’y a aucun autre endroit au monde qui confère un si merveilleux sentiment de totale liberté tandis que l’on se trouve sur cette mer ondulante de la Grande Bleue. Nous sommes à plus d’un millier de milles (1800 km environ) de la terre la plus proche, de l’autorité centrale la plus proche, des points incarnant la folie des hominidés les plus proches. Pas de réception de télévision ici, pas de téléphones cellulaires, pas de shows radiophoniques irritants. Juste le ciel bleu, les mers bleues et une éruption de couleur deux fois par jour quand le soleil se lève et se couche et alors nous nous pressons tous avec impatience pour voir le bref rayon vert au moment où le Soleil embrasse l’horizon et disparaît jusqu’au jour suivant.

Comme j’aime cet endroit. Ce voile vivant tout de bleu, allant d’horizon en horizon dans toutes les directions. Quand je suis ici, je prends conscience de nos perceptions abusées qui nous ont fait appeler cette planète la Terre. Nous ne vivons pas sur une planète faite de terre. Nous sommes sur une planète composée d’Eau. Seuls nos préjugés liés à nos limites terriennes nous ont fait proclamer que l’Eau était la Terre mais depuis l’espace la vérité peut être vue car c’est une perle bleue vivante posée contre la noirceur esseulée de l’espace. Depuis l’espace, nous ne voyons pas le marron ou le vert, nous voyons le bleu des mers et le blanc des eaux brumeuses dans l’océan atmosphérique – les nuages. Nous habitons dans cette zone où les deux immenses océans de cette planète se rejoignent. L’océan superficiel qui recouvre la surface et la mer incroyablement profonde qui enveloppe le globe dans les brumes de cette substance magique que nous nommons eau.

Tout autour de nous vivent des milliards d’êtres vivants allant de la simple bactérie des réserves du phytoplancton aux gigantesques peuplades de poissons sur lesquels nous infligeons quotidiennement des pogroms sanglants d’extermination, mais aussi aux divins esprits de la mer – les baleines, créatures sensibles que nous comprenons à peine encore et que les plus barbares d’entre nous continuent à assassiner dans une quête passionnée du profit. Quand je pense à un de ces fabuleux Léviathans criant de douleur à cause de la blessure horrible infligée par un harpon, je me désespère pour mon espèce et je pleure pour les victimes.

Dans la grande majorité, nous, humains pensons très peu de choses de ces congénères, si d’aventure il nous arrive d’y penser tout court. Or ici, nous les voyons, nous nous en émerveillons, nous les ressentons. Des bancs de calmars se mouvant tels des engins spatiaux vivants dans la noirceur d’encre des eaux à l’aide d’un jet de propulsion organique, aux tortues de mer solitaires explorant sans fin les mers mais retournant toujours à la maison, sur la même plage afin de perpétuer leur espèce, comme elles l’ont fait depuis des centaines de millions d’années.

Comme nous les regretterons alors quand ils auront disparu.

Je pense que ma vie entière a été consacrée à exprimer uniquement combien la guerre menée par l’hominidé contre les océans m’a affecté. A l’intérieur de moi, couve la rage que j’ai maîtrisée pendant près d’un demi-siècle. J’ai tenté de la diriger positivement à l’encontre d’adversaires sélectionnés en fonction du degré de leur activité illégale. Mais tant de choses illégales sont également injustifiées et destructrices et cela engage toute ma volonté de mener à bien ce combat sans fin, sans merci pour la protection de la vie des océans.

Cependant il n’y a véritablement aucune autre alternative. Je fais ce que je dois faire, avec les ressources dont je dispose, au mieux de mes capacités et sur le long terme, c’est tout ce que chacun de nous peut véritablement faire.

Dans un monde où l’homme le plus puissant mondialement est un idiot écologique, où les peuples ont été harnachés à l’apathie par des trivialités matérielles, où des organisations environnementales d’envergure extraient la passion du mouvement pour en faire un business, les chances de succès sont faibles et nos victoires sont constamment temporaires.

Néanmoins, nous pouvons dire que nous avons essayé et vous tous qui vous lancez dans cette grande bataille, que ce soit pour sauver les forêts, sauver les animaux, sauver une rivière, un marais ou qui oeuvrez pour la réduction de la population humaine, je ne peux que dire que vous oeuvrez tel qu’un authentique habitant de la Terre devrait le faire – vous travaillez pour notre survie collective et c’est un héritage dont nous pouvons tous être fiers.

Alors que je termine ce message, je peux voir à travers mon hublot. Un autre banc de poissons volants vient de surgir de la mer et un Puffin plonge afin d’en capturer un, et il y arrive – quelle combinaison de vitesse et de précision, de voir ces deux espèces interagir en tant que proie et prédateur. Aucun pilote de combat ne pourrait égaler ce Puffin en matière de manoeuvrabilité et d’action décisive. Le Puffin plane à travers les vagues avec son repas et les poissons volants survivants poursuivent leur flirt en vol. Tous deux sont l’écho de la poésie de la vie en mer et c’est cette poésie qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue pour chacun d’entre nous.


14 Octobre 2005

Rapport du Capitaine depuis le navire Farley Mowat  de Sea Shepherd Conservation Society.

Position : Ile San Cristobal, Galapagos, Equateur.

Le Farley Mowat est parti de Puerto Ayora à midi le 13 octobre en compagnie d’un équipage volontaire de 21 personnes. Parmi les nationalités représentées se trouvent des citoyens du Canada, des USA, du Brésil, d’Allemagne, des Pays-Bas, de Grande Bretagne, de Nouvelle Zélande, d’Australie et des Bermudes.

Le navire s’est dirigé vers l’île de Baltra afin de prendre 55 tonnes de carburant diesel et a pris le départ à 22 h tout doucement en direction de San Cristobal afin de charger de l’eau.

Le Farley Mowat est entré dans le port de San Cristobal à 10 h le 14 octobre après avoir été retardé par un navire Equatorien de la marine qui avait des problèmes mécaniques. Tandis que nous entrions dans le port, un énorme thonier Equatorien nous dépassa en direction de la mer.

Nous avons jeté l’ancre dans le port et l’équipe fut choquée de découvrir que nous étions en plein milieu d’un déversement de diesel et des lions de mer nageaient dans la pâte épaisse et luisante à la surface de l’eau.

Il est prévu que le navire parte ce soir. Pendant nos premières 24 h, le bateau recherchera des navires à filets dérivants ainsi que des braconniers de requins avant de partir pour Melbourne.

Le jour où le Farley Mowat prit le départ depuis Puerto Ayora, le Capitaine Paul Watson renouvela le contrat entre Sea Shepherd Conservation Society et le Parc National des Galapagos. Avec la fin de notre collaboration de cinq ans, Sea Shepherd a donné son accord pour maintenir notre bateau rapide de patrouille le Sirenian, dans les Galapagos de façon permanente afin d’assister le Parc National des Galapagos dans ses interventions contre les braconniers.

La Sea Shepherd Conservation Society a également ouvert un bureau sur le terrain à Puerto Ayora juste à l’extérieur des portes du siège du Parc National des Galapagos et aux côtés du bureau de WildAld.

La distance entre les Galapagos et Melbourne en Australie est de 7300 milles (13400 km environ). Le Farley Mowat devrait arriver à Melbourne mi-novembre.


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