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07/03/2008
Par David Page
A bord du Steve Irwin de Sea Shepherd
La chronique du Steve Irwin
A peine avais-je fini d’écrire un journal sur ma vie ennuyeuse, que le Capitaine Paul Watson décida de titiller une dernière fois le Nisshin Maru. Il voulait ensuite partir vers le Sud où la flotte se trouvait probablement, pour les éparpiller. Une fois hors de la zone de détection du radar du Nisshin Maru, nous laisserions les navires spéculer sur notre position, et retournerions vers Melbourne. Nous avions averti le Nisshin Maru plus tôt qu’ils avaient quitté les eaux australiennes et avaient pénétré dans les eaux françaises. Ils ont répondu en faisant demi-tour. Ils savent que le gouvernement australien est un ramassis de pousse papiers, le gouvernement français, moins.
A 14.00, le Steve Irwin a frôlé le Nisshin Maru, et a jeté deux bombes puantes au beurre ranci et quelques enveloppes en papier remplies de méthylcellulose pour rendre le pont glissant. Ils nous ont dit qu’ils allaient répliquer avec des grenades à concussion et du gaz lacrymogène ci nous retentions l’expérience. Nous l’avons tout de même fait, et l’équipage a jeté plus de beurre ranci et de méthylcellulose.
Cette fois, ils ont essayé de nous emboutir par l’arrière après avoir tiré une demi douzaine de grenades à concussion vers nos lanceurs et l’équipe de journalistes.
Nos projectiles ne furent pas jetés près de personnes. Au troisième passage, il y eut plus d’échange de grenades contre des enveloppes de méthylcellulose, et notre capitaine prit une balle de plomb sur la poitrine gauche.
Paul a porté la main à sa poitrine et est entré dans la timonerie où je lui ai ôté son équipement de survie et ai sorti une balle de sa veste en Kevlar au niveau de son cœur. Sa salopette en dessous avait un badge métallique fortement déformé par la balle. Le tissu sub-cutané a été abondamment mâché.
Ceci constitue une escalade de la violence par le gouvernement japonais. Nous avons des vidéos du Nisshin Maru sous différents angles pour chaque rencontre. Les pistolets dans des holsters avaient été remarqués sur les gardes côtes japonais. Une caméra statique à déclenchement rapide déclenchée par un photographe professionnel montre ce qui semble être l’éclair d’un coup de feu depuis un espace sombre du pont. L’équipe de journaliste tente de corréler sa vidéo en ce moment. Il a été observé que l’un des gardes côtes était absent du pont par rapport à notre dernière approche.
Depuis le tir, le gouvernement japonais a confirmé que leur navire a tiré des coups d’avertissement, non spécifiés. Nous avons une équipe de journalistes indépendants à bord. Il sera intéressant de savoir comment tout cela se termine. Nous les suivons toujours, vers l’Ouest.
J’ai vu une baleine franche australe cet après midi, et trois Mégaptères. Qu’elles vivent longtemps.
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05/03/2008 - La poursuite continue - Jour treize
Commentaire par le Capitaine Paul Watson
Depuis le Steve Irwin de Sea Shepherd
Ouest puis Est, puis Ouest puis Est nous allons,
Le Steve Irwin est rapide, le Nisshin Maru est lent,
Cinq cent baleines restent à prendre
Valant toute la météo et les baleiniers que nous avons combattu.
- Pensées d’un berger des mers -
Alors que le Steve Irwin reste collé comme de la super glue au navire usine japonais Nisshin Maru les deux navires sont de retour dans la zone où tout à commencé il y a cinq jours.
Que fait la flotte baleinière japonaise ?
D’abord ils partent à pleine vitesse pendant 750 miles nautiques vers l’Ouest, puis ils font demi-tour et repartent à pleine vitesse vers l’endroit où ils ont commencé de fuir. Pendant ce temps, ils ont utilisé plus de 100 tonnes de carburant à un coût de près de 70.000 €, et ils n’ont pas tué une seule baleine.
Les vaisseaux harponneurs ne font rien d’autre qu’attendre le retour de leur vaisseau mère. La saison de chasse approche de sa fin, et une énorme tempête approche par l’Ouest, suffisamment grosse pour empêcher les baleiniers de chasser pendant des jours.
Le Steve Irwin, beaucoup plus rapide, a fait des cercles autour du Nisshin Maru pendant plus de 1.500 miles.
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04/03/08 - La poursuite continue - Jour Douze
Commentaire par le Capitaine Paul Watson
Depuis le Steve Irwin de Sea Shepherd
Vers l’Ouest, puis vers l’Est, puis vers l’Ouest, puis vers l’Est à nouveau
Des baleines partout, et pas une à tuer.
Les baleiniers fuient comme des écolières farouches.
-Berger des Mers-
Personne ne semble savoir ce que les baleiniers japonais font – y compris les baleiniers japonais eux mêmes.
La nuit dernière, après avoir mené le Steve Irwin pendant 750 miles vers l’Ouest, le Nisshin Maru navire usine de la flotte baleinière japonaise, a fait un 180° pour repartir vers l’Est à nouveau.
Le Yusshin Maru 2 est à des centaines de miles à l’Est avec le reste de la flotte baleinière. Mais sans le Nisshin Maru il ne peut pas y avoir de chasse à la baleine, ce qui nous amène au 12e jour sans qu’aucune baleine ait été tuée depuis notre retour dans le sanctuaire baleinier de l’Océan Austral.
Pendant ce temps, le gouvernement japonais est passé à la vitesse supérieure en ce qui concerne les relations publiques pour disséminer de fausses informations, y compris pour demander aux ambassadeurs des Pays Bas et d’Australie de condamner Sea Shepherd Conservation Society.
Ils peuvent mentir et dire tout ce qu’ils veulent, nous n’en avons cure, parce qu’in fine, cela signifie que Sea Shepherd réussit à empêcher les baleiniers japonais de tuer des baleines. Ils n’ont pas encore atteint la moitie de leur quota de mort, et ils leur restent près de 10 jours pour le faire.
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02/03/2008
Par Jeff Hansen
A bord du Steve Irwin de Sea Shepherd
Nous avons continué notre route à l’Est vers la position suspectée de la flotte. Les conditions empiraient tandis que l’Océan Austral nous ballottait tant qu’il pouvait. En regardant les cartes, la prochaine baie s’appelait Porpoise Bay (la baie des marsouins), un endroit tout à fait adéquat pour tuer des baleines.
Nous continuâmes vers l’Est, prévoyant d’entrer dans Porpoise Bay directement au dessus de la flotte. En arrivant par là, le Fukuyoshi Maru 68 et la flotte seraient surpris puisqu’ils devaient s’attendre à ce que nous arrivions par l’Ouest.
Cependant, alors que nous nous approchions de Porpoise Bay, nous avons regardé la carte des glaces qui montrait beaucoup de glace en plein cœur de Porpoise Bay. En conséquences nous continuâmes vers l’Est. En examinant les cartes des glaces, j’ai constaté que la baie suivante (à l’opposé de Cap Keltie) était couverte de 10 à 30 % de glace, ce qui était un ratio identique à celui de la Mer de Davis près de la croûte de glace de Shackleton où ils abattaient des baleines la semaine précédente.
Cela semblait être l’endroit où nous trouverions la flotte. J’ai demandé au premier officier Peter Brown de venir en discuter, et je lui ai expliqué la situation. Il fut entièrement d’accord avec moi. Je ne pouvais voir q’un endroit où la flotte serait : dans la baie opposée à Cap Keltie.
Comme il faisait nuit, et que nous ne voulions pas naviguer dans la glace de nuit, nous décidâmes de nous positionner au Nord de la baie et d’attendre le matin pour leur sauter dessus.
Après mon quart, je suis descendu au Mess où le Capitaine Watson, Willie et Lawrence jouaient aux cartes. Lawrence fut vite mis hors de course, et je pris la suite. J’avais dit que j’aurais vraiment aimé jouer une nuit, et Lawrence m’avait proposé de prendre mon quart. J’ai commencé de prendre la main tandis que Willie tentait de revenir au jeu et prendre le Capitaine et tous les gains.
J’étais parfaitement conscient que le lendemain serait un grand jour, mais je suis resté jusqu’à 2 heures avec le Capitaine et Willie.
03/03/2008
Je me suis réveillé tard et me suis précipité vers la cabine de pilotage. Nous avions décidé qu’ils étaient en haut de Porpoise Bay. Peter Hammarstedt et Peter Brown décidèrent d’aller droit dans la baie. Nous avions passé Porpoise Bay et étions juste au dessus du Cap Keltie, donc nous décidâmes de partir vers le Sud Ouest pour intercepter la flotte. Quelque chose n’allait pas selon moi. Mes tripes me disaient toujours qu’ils étaient au Sud de notre position. J’étais de plus en plus angoissé que nous allions dans la mauvaise direction. Après une heure, j’ai appelé Peter Brown et lui ai annoncé qu’il fallait que je lui dise quelque chose, et lui ai expliqué mes raisons pour aller vers le Sud.
Il a été d’accord nous avons pris la direction du Sud ! Eh bien en trente minutes nous avions un vaisseau sur notre radar. Il avançait à 14 nœuds puis quand il prit conscience de notre présence, il partit vers l’Est à 17 nœuds. Cela pouvait être le Fukuyoshi ou un navire de chasse. Il y avait beaucoup de brouillard qui allait et venait. A la fin, le Capitaine prit la décision. Il a pris une photo avec son appareil photo, puis a fait un zoom sur l’objet. C’était un vaissean harponneur, un Yusshin Maru.
Nous essayâmes de lancer le deuxième moteur, mais il surchauffa et nous dûmes l’arrêter. Comme nous ne pouvions poursuivre ce vaisseau, Peter Brown me demanda où je pensais trouver le Nisshin Maru. J’ai marqué une croix sur la carte où je pensais que je Nisshin Maru se trouvait, dans la baie de glace, et ai pris le relèvement. C’était Sud-Sud Est.
C’était la deuxième fois que je prenais une décision, c’était dur, mais je devais prendre sur moi et croire que ce que je faisais était la bonne attitude. Nous savions que le Nisshin Maru était toujours très proche des Yusshin Maru 2 et 3. Cela pouvait être ça. Nous avons pris une trajectoire pour intercepter la cible.
Il était approximativement à 11 miles, et nous ne pouvions pas le déceler sur notre radar, ni en connaître la direction et la vitesse. Nous l’avons suivit vers l’Est sur une route parallèle vers le Sud pour nous. Sur la carte, il semblait qu’il allait finir par se montrer, ou alors, il serait piégé. Naviguer dans ces champs de glace était majestueux, de magnifiques sculptures de glace bleue et blanche, certaines nous surplombant comme des murs géants avec des bâtiments et des grottes sculptées par la mer et le vent. Nous vîmes aussi un cachalot, mon premier. Cet endroit devrait être laissé tranquille; je n’arrive pas à croire les atrocités que l’Homme est autorisé à faire ici !
Nous étions arrivés et avions dispersé la flotte, cet endroit magnifique était à nouveau protégé, il n’y aurait pas de chasse à la baleine ici tant que nous continuerions à les poursuivre.
Tandis que le vaisseau partait vers le Nord pour éviter de la glace, nous commençâmes à nous approcher. Nous essayâmes de lancer le deuxième moteur, mais à nouveau il surchauffa et nous dûmes l’arrêter tandis que la cible s’éloignait. Nous avions perdu la cible du radar et attendions des nouvelles de la salle des machines lorsqu’elle apparût à nouveau sur le radar.
Le vaisseau avait dû éviter d’autres icebergs et ainsi avait réapparu sur notre radar. Alors qu’il nous échappait lentement, Charles remonta de la salle des machines en annonçant qu’il pensait savoir d’où venait le problème et que nous devions retenter le coup.
Nous montâmes la cadence du moteur doucement, et avions toujours notre cible sur le radar. Elle était à environ 14 miles. Nous réussîmes à le garder sur notre radar tandis que nous avons lentement augmenté la cadence jusqu’à 75 %. Alors que nous nous rapprochions du navire, il prit la direction du Nord et nous prîmes un cap d’interception ce qui nous donna encore plus l’avantage. A moins de 9 miles, je pus faire un point sur la vitesse et le cap de la cible. Le navire continuait vers le Nord à 13-14 nœuds et aux alentours de 8.00 heures, le début de ma surveillance (même si je n’avais pas quitté la cabine de pilotage depuis le matin) nous avons pu l’identifier. Noah avait pris une photo avec un téléobjectif très puissant, sur laquelle nous avons zoomé. Dans le brouillard à 6.3 miles se trouvait la mère de tous les massacreurs de baleines en mer, le navire usine lui-même, le Nisshin Maru !!!!
Nous gagnâmes graduellement sur lui, à près d’un tiers de mile par heure, mais pendant la dernière heure, ils ont pris la direction de l’Ouest vers une tempête possible. 8 fois plus gros que nous, ils peuvent naviguer facilement dans une mer démontée, et nous échapper. Cependant, alors qu’ils viraient de bord, nous réussîmes à les rattraper un peu plus.
Quand j’ai quitté la cabine de pilotage pour la nuit, je pouvais voir les lanternes de bord au loin. Le Nisshin Maru se trouvait à moins de 3 miles et nous nous rapprochions. J’étais épuisé par cette longue journée, mais je devais me reposer en vue du lendemain.
Merci beaucoup Peter Brown pour avoir écouté mon raisonnement et avoir pris la bonne décision qui nous a permis d’atteindre notre prix en or !! |
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01/03/2008 - La poursuite continue - Jour huit
Commentaire par le Capitaine Paul Watson
Depuis le Steve Irwin de Sea Shepherd
Pénétrant en profondeur dans l'océan Austral, nous avons passé 65 degrés de latitude sud et continué. Tous les officiers et membres d'équipage du navire étaient très conscients du danger qui approchait.
La météo empire chaque jour un peu plus. La banquise qui couvre Porpoise Bay est rapide, solide, et envoie des assauts d’icebergs et de glaçons. A la vitesse que nous devons maintenir pour poursuivre les baleiniers, si l’on heurte l’un de ces morceaux de glace bleu cobalt, nous pourrions avoir une avarie sérieuse dans notre coque en acier. C’est arrivé à un navire de tourisme il y a quelques mois, et les eaux étaient moins dangereuses que celle-ci. C’est comme un champ de mines d’horreurs glacées avec ces glaçons à demi submergés, parfois visibles, et parfois non, surtout maintenant que la nuit revient.
Non pas que les jours soient meilleurs. La brouillard, le grésil, la pluie verglaçante, et les embruns rendent les observations très difficiles, et les morceaux de glace sont partout, mais invisible cette fois. Nos années d’expériences à la navigation au cœur des glaces flottantes du Canada Oriental pour protéger les phoques nous sont utiles dans nos voyages dans l’Océan Austral. Mais l’entrée de Porpoise Bay était difficile et tous les signes nous criaient de rester à l’écart.
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29/02/2008 - La poursuite continue - Jour sept
Commentaire par le Capitaine Paul Watson
Depuis le Steve Irwin de Sea Shepherd
Depuis une semaine, le grand chalutier japonais Fukuyoshi Maru 68 nous suit, sans jamais rien dire, juste derrière nous, relayant notre position constamment à la flotte baleinière japonaise.
Le Steve Irwin a pu se maintenir sur les talons des baleiniers mais nous n'avons pas été en mesure de les rejoindre en raison des mises à jour en temps réel du Fukuyoshi Maru 68 (NDT: sur notre position) .
Cependant ils n'ont pas été capables de tuer des baleines, car ils sont continuellement en mouvement. S’ils s’arrêtent, nous pouvons les rattraper.
Aujourd'hui, néanmoins, notre travail est devenu beaucoup plus facile. Nous nous sommes ébranlés et les gardes-côtes japonais sur le Fukuyoshi Maru 68 ne savent pas où nous sommes.
Grâce à une forte tempête dans une mer d'icebergs, nous avons réussi semer les lâches. Ils nous ont perdu sur leur radar. Nous les avons perdu sur le nôtrer. J'ai alors décidé d'arrêter la dérive dans le brouillard entre les icebergs.
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28/02/2008 – La chasse continue – 6e jour
Commentaire par le capitaine Paul Watson
Depuis le Steve Irwin de Sea Shepherd
Du 23 au 29 février
L’année bissextile nous a donné un jour supplémentaire ce mois-ci, mais malgré ceci, il semble que nous ayons empêché que des baleines soient tuées jusqu’à cette fin février.
Nous poursuivons les japonais en cercles, et il ne semble y avoir aucune espèce de plan quant à ce que les baleiniers japonais sont en train de faire. Ce que nous savons, c’est qu’ils gaspillent du carburant, et qu’ils n’attrapent pas de baleines.
Deux baleines à bosse ont soufflé près du navire aujourd’hui.
La météo devient plus froide, et nous avons plusieurs heures d’obscurité maintenant. L’hiver antarctique rampe sur nous. Les mers deviennent plus fortes, et les blizzards plus fréquents. Les baleiniers japonais vont manquer de temps.
Au Japon, l’Industrie baleinière s’excite. Le mois dernier, l’Institut pour la recherche sur les Cétacés (ICR) a donné 10 tonnes d’invendus de viande de baleine à une école primaire, selon un récent article du Daily Telegraph (en Anglais) australien. Le gouvernement japonais tente de pousser les enfants à aimer la viande et la graisse de baleine malgré les concentrations élevées de mercure dans la viande de baleine.
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27/02/2008 - La chasse continue – 5e jour
Commentaire par le capitaine Paul Watson
Depuis le Steve Irwin de Sea Shepherd
Du 23 au 28 février
Le navire de Sea Shepherd le Steve Irwin a presque rattrapé la flotte japonaise dans la baie de Vincennes où ils tentaient de chasser des baleines. Ils n’ont pas fait beaucoup de progrès. Nous étions presque sur eux lorsqu’ils repartirent – cette fois-ci vers le Nord, et après une centaine de miles, vers l’Est à nouveau.
La météo est devenue mauvaise, et un brouillard épais nous a entouré pendant des heures. Nous passons des icebergs monstrueux que nous ne voyons que comme des tâches sur notre radar. L’écume s’écrasant sur notre proue et les hublots de la timonerie se transforme instantanément en glace. L’hiver arrive, et cela signifie que les japonais n’ont plus que quelques semaines pour tuer des baleines et l’équipage de Sea Shepherd entend rendre ces quelques semaines très difficiles pour les baleiniers.
Le Fukuyoshi Maru68 avec sont contingent clé de gardes-côtes japonais continue de nous suivre et continue de relayer notre position à la flotte, nous empêchant de les rattraper. Mais ce n’est pas grave – tant qu’ils bougent, ils ne tuent pas de baleines.
Aujourd’hui, le Fukuyoshi Maru 68 s’est rapproché de nous dans le brouillard. Ils étaient à près d’un demi mile quand le Premier Officier Peter Brown a fait un « Ivan le Fou » en faisant demi tour et allant droit sur eux – proue contre proue. Le Fukuyoshi Maru 68 a immédiatement fait demi tour et est reparti d’où il venait. Le Steve Irwin a repris sa course, et le Fukuyoshi Maru 68 est resté derrière nous à une respectable distance de 6,2 miles pour le restant de la journée.
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26/02/2008 - La chasse continue – 4e jour
Commentaire par le Capitaine Paul Watson
Depuis le Steve Irwin Sea Shepherd ship
“Attention, danger, danger, baleiniers, les Bergers arrivent”
- Ce que Steve aurait dit s’il avait été avec nous -
Nous talonnons la flotte baleinière japonaise depuis 96 heures, depuis que nous les avons trouvés près du glacier de Shackleton sur la côte de la reine Mary de la Terre de Wilkes.
Tandis que nous poursuivons les baleiniers japonais, les gardes-côtes japonais sur le Fukuyoshi Maru 68 continuent de suivre notre navire le Steve Irwin.
La météo s’est calmée temporairement, et nous a donné des cieux cléments et des eaux calmes mais une autre tempête arrive à notre poupe, avec la promesse d’un enfer demain.
Les baleiniers japonais sont repartis vers le Sud vers la baie de Vincennes entre la côte Budd et Knox de la Terre de Wilkes.
A midi le 26 février, ils étaient à 65°10’ de latitude Sud, et 109° 25’ de longitude Est. Ils entrent dans une zone où ils peuvent tuer des baleines, et s’ils s’arrêtent pour les harponner, nous les rattraperons.
Nous imaginons que les baleiniers du Yushin Maru 2 ont mis leur navire sens dessus dessous pour trouver nos balises. Ils ne les trouveront pas, leurs piles sont bonnes pour plus d’un an. Nous pourrions même les réutiliser l’an prochain si la flotte japonaise redescend
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25/02/2008 - La Chasse Continue – 3e jour
Commentaire par le Capitaine Paul Watson
Depuis le Steve Irwin de Sea Shepherd
Aujourd’hui nous avançons à travers les mers les plus agitées dont j’ai pu faire l’expérience depuis les presque trois mois que nous sommes dans l’Océan Austral. La météo va empirer tandis que le continent Antarctique se prépare pour l’hiver long, sombre, et amèrement froid.
Tandis que la tempête souffle au dessus de nos têtes, une autre rampe derrière nous depuis l’Ouest.
Nous aimons cette météo ! Une combinaison de ces mers agitées et notre poursuite de la flotte baleinière japonaise se traduit par aucune baleine tuée. Cela fait trois jours que l’horreur sanglante des harpons japonais a été épargnée aux baleines.
Tandis que la proue du Steve Irwin remonte le haut de la vague avant de retomber lourdement dans son creux, l’eau froide éclate en écume furieuse sur les ponts, et arrose les fenêtres de la cabine de pilotage. Le navire vibre et tremble, roule et tangue, et continue d’avancer.
Devant nous, cachée par le grésil, la neige, et le brouillard, se trouve la flotte baleinière japonaise qui se dirige vers l’Est. La météo au Nord est pire. Une monstrueuse tempête est à nos trousses. Au Sud il y a les eaux territoriales australiennes antarctiques, et il semble que les Japonais n’aient pas envie d’entrer dans ces eaux tant que nous sommes derrière eux. La seule route qu’ils peuvent prendre est vers l’Est est nous allons aussi dans cette direction, les harcelant, les épiant, et traquant toute tentative de tuer des baleines.
C’est notre troisième jour de poursuite et le troisième jour sans qu’aucune baleine n’ait été tuée par un harpon japonais. Mon équipage manifeste sa joie dès que nous passons à côté d’une baleine nageant libre, sachant qu’une autre a été épargnée par les assauts sans pitié des tueurs vicieux qui fuient devant nous comme les misérables couards qu’ils sont.
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24/02/2008 -
La grande poursuite de l’Océan Austral - 2e jour
Commentaire du Capitaine Paul Watson
Depuis le Steve Irwin de Sea Shepherd
Il est difficile de tuer des baleines quand vous fuyez, la queue entre les jambes, et la flotte baleinière japonaise est en fuite, vers le nord puis l’ouest, puis à l'est, puis vers l'ouest, puis à l'est à nouveau, essayant de semer le Steve Irwin de Sea Shepherd.
Mais nos dents électroniques mordent fermement dans leur arrière-train, et ils ne sont pas près de nous faire lâcher. Quand ils se tournent, nous nous tournons, et où ils fuient, nous les poursuivons. S’ils s'arrêtent, nous serons sur leur dos comme les puces sur un chien.
Les mers d’ici changent constamment, du calme aux fortes houles et la visibilité évolue, de limpide à brumeuse d’un instant à l’autre. Le soleil brille et puis sans avertissement arrive un fouet de grésil et de neige sur le navire et une heure plus tard, le soleil brille à nouveau. Le ciel se fane du bleu au gris, puis du blanc au bleu.
La mer est pleine de dangereux icebergs à demi submergés. Les icebergs sont d’uniques et dangereusement belles sculptures sur glace, allant de l'albâtre blanc au bleu de cobalt vert émeraude.
Dans la mer, il y a les baleines et les pingouins et dans l'air glacial, de majestueux albatros et des pétrels. Nous ne sommes pas les seuls ici. Nous avons vu des baleines à bosse, des rorquals nains, des rorquals communs, des baleines bleues, des Cachalots et des orques.
Et les oiseaux! Tous les jours on voit tant d'espèces, dont des albatros hurleurs, des albatros royaux, des albatros à front noir, des albatros blancs, des albatros à nez jaune, des albatros à tête grise, des albatros fuligineux à dos clair, des pétrels géants d’Australie, des pétrels géants du Nord, des Fulmars d’Antarctique, des pétrels du Cap, des pétrels d’Antarctique, des pétrels des neiges , des pétrels des îles Kerguelen, des pétrels bleus, des pétrels gris, des pétrels de Wilson, des pétrels tempête au ventre voir.
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19/02/2008 - En descendant vers la côte Antarctique
Commentaire du Capitaine Paul Watson
Depuis le Steve Irwin de Sea Shepherd
Le Steve Irwin de Sea Shepherd Conservation Society progresse bien alors que nous descendons vers la côte antarctique.
Depuis que nous avons quitté Melbourne le 14 février, la météo a été extrêmement clémente. En regardant les cartes météo, il apparaît que la Divine Providence a écarté les tempêtes lorsque nous sommes passés par les 40e rugissants et les 50e hurlants.
Des mers calmes avec la compagnie constante des albatros et des pétrels, ainsi que les visite occasionnelles des baleines, rendent mon équipage heureux, motivé et inspiré. De nos trois voyages vers le Sud cette saison, cet équipage est le plus dévoué et le plus courageux, tous pressés d’en découdre avec les baleiniers pirates, et prêts à prendre tous les risques que je leur demande.
Le navire australien des douanes et des pêches, l’Oceanic Viking, a quitté la flotte japonaise pour repartir vers Fremantle. Cela laisse l’équipage de Sea Shepherd seul avec la flotte japonaise, à 8 navires contre un. Ils ont des bras, des harpons explosifs, et le caractère impitoyable que seuls les couards tueurs de baleines peuvent posséder.
Nous avons notre amour des baleines et des océans, et le courage né de cet amour.
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19 février 2008
par Nicola Paris, 3e cuisinière
Je ne peux pas dormir alors je sors regarder les lumières de l’Australie progressivement disparaître. C’est très calme, mais alors que nous quittons la baie, je commence à ressentir un peu des vagues de l’Océan. Alors que je repars vers le pont, je vois le navire du pilote se mettre à flanc pour le ramener au port. Après nous avoir guidé hors de la baie, il saute souplement sur le bateau, son costume et sa cravate impeccables.
C’est magnifique de pouvoir enfin bouger – Après une paire de nuits claustrophobes au port dans ma couchette du haut, je suis soulagée d’avoir un peu de courant d’air dans la cabine. Premier obstacle passé le prochain est d’apprendre à mon corps de dormir sur un bateau. Et le mal de mer… rien… YOUPI. J’ai décidé que je n’allais pas être malade et ça a marché, ou j’ai de la chance… Plus de chance que d’autres en tous cas.
J’aime regarder les vagues à travers le hublot du mess… Je n’ai jamais fait de mer, c’est donc une nouvelle expérience pour moi de regarder et de ne voir aucune terre. Assez libérateur en fait. Je n’imagine pas être ailleurs en ce moment.
Le Mess est une nouvelle gageure – beaucoup de changements dans ce voyage… Minimiser l’utilisation de l’eau, utiliser la nourriture disponible de façon optimale avant que cela ne se gâte ; s’assurer que tout soit bien rangé et attaché pour ne pas être assommé par des condiments ou des couteaux dès que la mer se creusera d’avantage. Mourir par collision avec de la sauce soja serait vraiment embarrassant.
Le premier exercice d’urgence s’est produit aujourd’hui… Les combinaisons d’immersion sont assez encombrantes… c’est comme porter un costume du bonhomme Michelin attaché à un sac de couchage et des bottes d’exploration lunaire intégrées, et des mains de poulpe… C’est mignon.
Il fait plus froid, et jour pendant plus longtemps – ça change tous les jours… nous ne sommes pas loin des jours de 24 h apparemment. J’ai fait mon premier petit déjeuner… des frittes de maïs… c’est assez agréable de se lever tôt et faire mon petit train train dans la cuisine au petit matin… et de nourrir les gens avant qu’ils ne commencent leur journée.
Nous sommes à quelques jours de la zone que nous visons, pour y faire ce pourquoi nous sommes partis. J’espère avoir dormi et que je n’aurai pas été blessée par des condimants pirates d’ici là. |
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20 janv. 2008, 01:00
Par le 2e officier Peter Hammarstedt
Le disque rayé de Greenpeace - réponse à Karli à bord de l’Esperanza.
Il y a à peine un jour, Karli Thomas depuis l’Esperanza accepta un nouvel appel de moi et une nouvelle tentative de tendre la branche d’olivier de la coopération fut repoussée. A travers le grésillement de la bureaucratie, on pouvait entendre son disque rayé qui continue à jouer le même son – « nous ne sommes pas d’accord sur vos politiques d’action directe non-violente ». J’ai demandé à Karli si elle connaissait notre historique de trente ans sans blessure ni décès de chaque côte des guerres baleinières. Elle le savait. Mais le disque rayé continua de tourner – bien que nous ayons envoyé les coordonnées de la flotte baleinière à Jonah Fisher à bord de l’Esperanza pendant toute la semaine.
Depuis quand viser un objet utilisé pour tuer, surtout lorsque c’est un objet illégal, est un acte violent ? Si quelqu’un a un fusil et est prêt à tirer sur un autre, un être humain ou non, et que je lui arrache ce fusil des mains et le brise sur mon genou, c’est un acte de non-violence. Permettre à cette personne de tirer la gâchette serait violent, ce serait être complice de cet acte de violence. Depuis le jour où j’ai rejoint Sea Shepherd, je refuse de tolérer tout acte de violence en étant passif.
Si je passais à côté d’une personne en train de battre un chien dans ma ville natale de Stockholm, je l’arrêterais – et ferais en sorte que cette personne ne touche plus jamais un animal. Si je savais qu’un cas de violence domestique se produisait dans le complexe où j’ai mon appartement, je casserai la porte de ces personnes et m’impliquerais (l’équipage du Steve Irwin m’appelle ‘le Marteau’, et bien que mes petits 77 kg me font douter de ma capacité à le faire, je me casserai l’épaule en essayant). Donc pourquoi ma réaction à la chasse illégale à la baleine serait elle différente ?
Un navire baleinier est incapable de souffrir, mais une baleine sent la douleur de façon aussi intense que vous et moi, surtout si un harpon à tête explosive entre dans sa tendre chair blanche, déchiquetant ses organes gargantuesques avant de l‘étouffer dans son propre sang. Je ne comprendrai jamais comment faire tout ce qui est son pouvoir, sans blesser quiconque, pour faire cesser ce massacre cruel, peut être qualifié de violent.
Pour moi, sauver les baleines n’est pas un message que l’on peut porter sur sa manche. Ce n’est pas une maxime ou un slogan peint sur une banderole ou imprimé sur un bouton – c’est une façon de vivre, une croyance que vous montrez par vos actions. Lorsque John Frizel, ancien activiste de Greenpeace, approcha le Capitaine Paul Watson qui venait de couler la moitié de la flotte Islandaise dans le port de Reykjavik en 1986, il lui dit que l’action qui mena finalement à l’arrêt de la chasse illégale à la baleine par les islandais pendant 15 ans était un ‘acte impardonnable et honteux’. Le Capitaine Paul Watson se tourna vers lui et lui dit, « John, je n’ai pas coulé ces bateaux pour vous ou pour Greenpeace. Je les ai coulés pour les baleines. Trouvez-moi une baleine qui désapprouve et nous arrêterons. » depuis ce jour, notre premier souci continue à être de représenter nos clients : les baleines, les phoques, les dauphins, les tortues de mer, et les poissons des océans du monde, du mieux que nous pouvons. Les baleines viennent en premier, trouver des fonds vient en deuxième.
Dans l’Australian aujourd’hui, Sara Holden de Greenpeace a qualifié la montée de deux de nos hommes à bord d’un navire baleinier illégal, de rien d’autre qu’une ‘distraction’. Depuis quand la plus grosse histoire à avoir jamais attiré l’œil des media sur la chasse à la baleine par les Japonais, est-elle une ‘distraction’ ? Seulement quand cela entre en conflit avec les programmes de récolte de fond d’une autre organisation écologiste. |
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17/01/2008
La guerre froide au bout du Monde pour sauver les baleines
Commentaire du Capitaine Paul Watson depuis le Steve Irwin de Sea Shepherd
Il se peut que la Marine Australienne doive intervenir pour maintenir la paix.
Il se peut que les eaux sombres de l’Océan Antarctique soient glaciales, mais les tensions montent sous des pressions de plus en plus fortes, tandis que les navires de la flotte japonaise de chasse à la baleine éprouvent de plus en plus l'agacement des groupes de défense des baleines, Greenpeace et Sea Shepherd Conservation Society.
Au matin du 17 janvier 2008, le Steve Irwin de Sea Shepherd était à la poursuite de 5 vaisseaux de la flotte japonaise de chasse à la baleine. En face du navire de Sea Shepherd se trouvait le navire ravitailleur, l'Oriental Bluebird, escorté des baleiniers Kaiko Maru, Kuoshin Maru 2 et Yusin Maru. Les quatre navires allaient vers l’Est.
Au Sud du Steve Irwin, allant vers l’Est sur une trajectoire parallèle, se trouve un cinquième navire japonais, le Yushin Maru 2, avec deux otages de Sea Shepherd à bord.
Le Steve Irwin surveille les mouvements des baleiniers japonais des environs par radar et surveillance hélicoptère régulière. Tous ces navires sont aux environs du 60e degré de latitude Sud, et 80° de longitude Est, c’est-à-dire à peu près à 2130 miles nautiques au Sud Ouest de Fremantle, dans l'ouest australien.
Derrière cette petite flottille de navires, à une distance de près de 600 miles, il y a le navire usine Nishin Maru poursuivi par l’Esperanza de Greenpeace. Ces deux navires se dirigent vers le Steve Irwin et tous les navires de la flotte japonaise.
D'ici 2/3 jours, tous ces navires seront au même endroit dans une zone hors des limites de la zone de chasse à la baleine, au beau milieu des eaux internationales où les lois sont plus glissantes que les poissons en dessous.
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10 janvier 2008
Par Kim McCoy (Directrive Exécutive)
Être à bord du Steve Irwin pendant ce moment crucial sur notre planète, pourchassant les tueurs de baleines innocents dans un sanctuaire baleinier internationalement reconnu est l’expérience d’une vie. Alors que nous nous préparons à la rencontre imminente avec la flotte japonaise, je tire une immense inspiration de la direction passionnée du Capitaine Watson, et du dévouement et courage de notre équipage de volontaires. Nous passons les jours à nous occuper en faisant des exercices de sécurité, révisant les protocoles d’urgence, discutant de tactiques, et envisageant différents scénarios. Nous nous entraînons à larguer les zodiacs, nous faisons des reconnaissances régulières par hélicoptère, et nous attendons, retenant notre respiration dans la perspective de ce qui nous attend.
En tant que Quartier-maître, je travaille à la cabine de pilotage, et passe la plupart de mon temps à scanner à la fois l’horizon et le radar pour des icebergs, des navires, et tout ce avec quoi nous voulons éviter une collision. Mais je cherche aussi les baleines, les vraies donneuses d’espoir. Les mots ne peuvent tout simplement pas décrire la puissance de ces rencontres pour invoquer la passion et la motivation dans notre équipage. Ces baleines nous servent de guides et nous gardent concentrés sur notre mission. Sans elles nous serions perdus. Et en ce qui me concerne, je ne peux imaginer un monde sans baleines.
C’est enrageant de penser qu’alors que je suis de vigie, responsable à la fois de la sécurité de l’équipage, mais aussi de la sécurité de ces baleines, quelqu’un comme moi tient aussi la vigie dans la cabine de pilotage d’un navire japonais, scannant le même océan, cherchant les mêmes choses que moi, s’étonnant de la curieuse absence d’obscurité à minuit, et peut être même pensant les mêmes choses dans cette vaste étendue bleue infinie.
Sommes-nous vraiment si différents ? Nous changerions tous deux de trajectoire pour éviter un iceberg. Nous écoutons tous deux quotidiennement les prévisions météo, et consignons notre route sur des cartes. Nous apprécions certainement tous deux de nous réchauffer les doigts autour d’une bonne tasse de thé chaud, et avons de la famille à la maison qui nous manque alors que nous sommes en mer. Et nous nous réjouirions tous deux de voir un troupeau de baleines et prendrions alors le téléphone pour avertir les autres membres d’équipage.
La différence, c’est que lorsque mon équipage court à la proue du navire pour voir les baleines, nous prenons seulement des photos, n’infligeant aucune blessure, et nous délectant de la magie du moment, alors que les baleiniers tireront une charge explosive qui broiera les organes internes, ce qui entraînera une mort violente et atroce, les baleines se débattant furieusement dans une douleur infernale et finalement se noyant dans leur propre sang. La différence, c’est que nous nous réjouissons d’avoir vu une baleine pour la simple raison d’avoir pu partager ce moment si intense avec un animal si magnifique, tandis que les baleiniers voient des ¥, inspirés par l’avidité, et se réjouissent de l’argent qui va remplir leurs poches.
Que le Monde puisse ignorer pareille atrocité va au-delà de ma compréhension. Parce que les gouvernements de nombreuses nations ont échoué à faire leur travail, faire appliquer ce qui est juste, mais aussi ce qui a été formellement écrit dans la Loi Internationale à travers de multiples traités et conventions, a échu entre nos mains, les mains de quelques douzaines de volontaires sans entraînement. C’est une honte inouïe et cela ne fait que démontrer les priorités mal placées de notre espèce, mais nous sommes prêts pour ce défi.
Alors que nous approchons de la flotte baleinière, l’excitation est palpable, et nous nous sentons d’autant plus responsables. Je crois qu’alors que nous naviguons seuls au bout du monde, sans avoir vu d’autre navire depuis que nous sommes partis de Melbourne, que nous soyons quelques uns parmi des millions sur cette planète, à vouloir nous mettre en danger pour protéger les baleines dans cet endroit, pèse sur tous les esprits. C’est un lourd fardeau à porter, mais savoir que nous sommes autant soutenus par des gens mus par la compassion tout autour du monde, nous aide énormément. Nous portons avec nous les espoirs et les bons vœux de beaucoup, et puisons beaucoup de courage et de conviction dans votre soutien.
A mes amis et ma famille à la maison, et à tous ceux qui nous soutiennent dans cette épreuve, sachez que nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour réussir notre mission, et lorsque nous arrêterons la flotte baleinière cette année, nous sourirons et penserons à vous et aux baleines. |
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8 janvier 2008
Depuis le Steve Irwin de Sea Shepherd Conservation Society
Rapport du Capitaine Paul Watson
Aux confins déchiquetés du monde j’errerai Et le foyer de la baleine sera mon foyer Et sauver des phoques sur les glaces et les neiges éloignées La fin de mon voyage… Qui sait, qui sait ?
Sea Shepherd Conservation Society est au milieu de ce qui est rapidement en train de devenir une mission impossible.
Le Steve Irwin de Sea Shepherd est en ce moment au large des côtes antarctiques à la recherche de la flotte baleinière japonaise.
Les vents sont contre nous dans cette poursuite, mais nous continuerons aussi longtemps que notre carburant nous le permettra. Lire l'entrée complète |
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26 décembre 2007
Depuis le Steve Irwin de Sea Shepherd Conservation Society
Par Brad Axiak (Techhnicien hélicoptère) et Carly McDermott (Quartier-Maître)
Un revers…. Comme vous le savez probablement maintenant, nous sommes tous de retour à Melbourne. Bien que cela soit frustrant, cela signifie aussi que le navire marchera au maximum de ses capacités quand nous redescendrons en Antarctique pour atteindre notre but. Le sentiment général au sein de l’équipage est positif, et ne nous a rendu que plus déterminés.
Lorsqu’on réfléchit à notre voyage et sa préparation, beaucoup de gens nous ont aidé et soutenus pour parvenir là où nous sommes aujourd’hui. Bien que nous, l’équipage, soyons à la pointe de l’action, les gens qui oeuvrent à l’arrière passent souvent inaperçus, leur rôle est tout aussi important pour le succès de l’opération.
- Aux membres et volontaires de Sea Shepherd, merci de toutes les heures de dur labeur, préparations logistiques et dévouement pour rendre l’impossible possible.
- A tous nos supporters et à ceux qui ont visité notre navire, merci pour vos dons et vœux de réussite pour la campagne. L’information du public est la pierre angulaire de notre lutte, et où toute mission commence.
- A nos amis et famille, merci pour votre soutien et votre amour inconditionnel. Vous êtes toujours dans nos cœurs, pour le pire et le meilleur.
- A nos partenaires (conjoints ?), merci pour votre amour, patience, et tous vos sacrifices. Que nous naviguions en eaux calmes ou par la pire des tempêtes, vous êtes le roc de notre croisade.
Nous voudrions vous faire part de nos sincères remerciements et de notre gratitude à tous. |
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25 décembre 2007
Depuis le Steve Irwin , navire de Sea Shepherd Conservation Society
Par le Capitaine Paul Watson
Noël sur le Steve Irwin
C’est le jour de Noël, et je ne suis pas là où je voudrais que nous soyons.
Je voudrais être 2000 kilomètres au Sud Ouest, là où la flotte japonaise de chasse à la baleine hors-la-loi est en train de massacrer des baleines –espèces menacées– dans le sanctuaire de l’Océan Austral.
Malheureusement, mon navire est mouillé au large de Williamstown, en Australie. Nous avons commandé les pièces depuis l’Ecosse, et elles sont en cours d’installation dans notre salle des machines bâbord. Le 26 décembre, le navire devrait être réparé et à 100% de ses moyens.
Le 27 décembre au matin, nous devrions accoster quelques heures à Melbourne pour refaire le plein de carburant et ainsi augmenter notre rayon d’action.
C’est un retard frustrant, mais au fil des ans, j’ai appris à attendre l’inattendu, et à avoir à traiter les déceptions et les urgences.
Notre mouillage près de Williamstown est fort à propos.
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19 décembre 2007
Depuis le Steve Irwin navire de Sea Shepherd Conservation Society
Par le Capitaine Paul Watson
L’Opération Migaloo est déjà un succès
Bien que le navire de Sea Shepherd Steve Irwin n’ait pas encore localisé la flotte baleinière japonaise, il est évident que l’Opération Migaloo est déjà un succès.
Le cas de la chasse à la baleine illégale par le Japon, est en train d’être porté à l’attention du monde entier. Mais plus important, pour la première fois, l’histoire est médiatisée au Japon, et le peuple japonais prend de plus en plus conscience des activités illégales de leur gouvernement.
Les média en Australie et Nouvelle-Zélande ne font pas que des annonces concernant le problème, ils écrivent aussi des éditoriaux assassins contre les activités baleinières japonaises.
Et la couverture médiatique se traduit par la prise de conscience du public, et la prise de conscience du public se traduit par une pression publique, et le nouveau gouvernement travailliste du Premier Ministre Kevin Rudd tient une position de plus en plus agressive contre la chasse à la baleine que le précédent gouvernement libéral de l’ancien Premier Ministre John Howard.
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16 décembre 2007
Par Mihirangi
Depuis le Steve Irwin 1500hrs dimanche 16 décembre 2007
Debout à 07:40, ma cabine est froide, de la glace entoure le bord de mon hublot, une couverture de brouillard entoure le navire et finalement, je me suis accoutumée aux vagues qui soit me bercent pour m’endormir, soit me projettent contre ma couchette comme le jouet de Poséidon. Ce matin, je tombe littéralement du lit et alors que nous tangons et roulons, je me concentre sur ma prétention d’avoir le pied marin… tangue, roule, tombe, tangue, roule, titube, titube et rampe juste pour mettre ma chemise de travail et mon bonnet. Ah c’est rigolo… Une toilette minimum faite avec le maximum d’efforts, je marche en travers et monte les escaliers pour une veille de quatre heures à la cabine de pilotage.
Nous avons depuis longtemps passé le brouillard sinistre de la convergence avec l’Antarctique, jusqu’à la partie la plus australe de cette belle Terre vers la côte glacée de l’Antarctique. Nous sommes 40 de 10 pays différentes à bord de ce noir navire de pirate de 180 pieds (NDT : environ 60 mètres), chaud à l’intérieur, froid comme l’acier à l’extérieur. Il fait si bon d’être vivant, de faire partie de ce voyage, et d’être ici avec ce groupe éclectique… quel magnifique équipage et capitaine, je ne peux pas m’empêcher d’être fière.
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15 décembre 2007
Depuis le Steve Irwin de Sea Shepherd Conservation Society Giles Lane (Salle des machines)
Salutations de Pirate à vous tous depuis le magnifique et sauvage Océan Austral ! C’est ma première fois en mer, ma première campagne Sea Shepherd, et ma première entrée dans ce journal.
J’ai commencé de m’habituer à la routine du navire, hier, j’ai pu réfléchir un peu au mois qui s’est écoulé depuis que j’ai quitté l’Angleterre pour me joindre à la campagne. J’ai rejoint le navire et l’équipage en Tasmanie, juste à temps pour le voyage vers le continent (NDT : Australien), où le soutien que nous a montré le peuple de Melbourne fut assez incroyable. Les jours avant notre départ virent un flot constant de visiteurs nous amenant de la nourriture, des outils, de l’argent, et leurs meilleurs vœux pour notre mission.
Après avoir quitté Melbourne, et sans expérience mécanique précédente, cette campagne débute pour moi par un travail intimidant à la salle des machines. Heureusement, j’ai rejoint une équipe fantastique et qui m’a soutenu dans le entrailles du navire, et nous n’avons eu aucune peine à garder tout en bonne marche là-dessous, et de façon efficace. N’ayant jamais pris la mer avant, j’avais un peu peur du mal de mer, mais j’ai échappé aux griffes de ce démon là, au moins pour l’instant !
L’équipage du navire est un groupe motivé et sans compromis ! Nos nationalités diffèrent, cependant, nous sommes tous unis dans notre détermination pour arrêter la chasse à la baleine ici par tous les moyens nécessaires.
Personnellement, je ne suis pas motivé par un souci abstrait ou réformateur de sauver des créatures innocentes ou intelligentes, mais par un désir écologique radical de faire cesser la destruction de la Terre qui est entreprise par les forces des sociétés financières et des Etats – et mettre fin à la chasse à la baleine ici est une bataille très importante et atteignable dans cette guerre.
Venir ici sur ce navire pour affronter les baleinier au point de la destruction est important – mais ce n’est pas tout ce qui doit être fait. Il n’est simplement pas physiquement possible pour tout le monde de descendre et rejoindre le combat ici, mais il est possible que vous jouiez un rôle important pour faire cesser cette destruction meurtrière. Faites des recherches sur les forces derrière la chasse, trouvez un point faible, une faille dans le système, mettez la pression de quelque manière que ce soit, et jouez un rôle dans leur destruction ! |
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13 décembre 2007
Depuis le Steve Irwin de Sea Shepherd Conservation Society Pourquoi je me bats
Peter Hammarstedt (Second)
Être en mer m’a toujours permis de réfléchir sur les tournants de ma vie qui m’ont mené à un point où je peux dire avec conviction que je risquerais ma vie pour sauver celle d’une baleine. Mon expédition en Antarctique a essentiellement commencé il y a 10 ans.
Quand j’avais 14 ans, j’ai rencontré un chien appelé Marlboro, à travers les barrières d’un refuge pour animaux. Aucun mot ne fut échangé, mais ces profonds yeux marron croisèrent les miens, et soudain, rien ne me fut plus important que de trouver à ce chien de berger un foyer aimant. Marlboro ne dit jamais rien, pas un aboiement ni un jappement n’échappa de ses lèvres pendant les deux mois de son séjour, mais il en disait beaucoup sur la façon dont notre société voit les animaux – pas en tant qu’individus uniques et avec des sentiments, mais en tant qu’objets jetables. Marlboro portait le nom d’une marque de tabac, je l’appelai mon meilleur ami.
Tout l’été, nous essayâmes de faire au mieux avec les cartes qui lui avaient été distribuées. Tous les matins pendant deux mois, le sol en béton devint de la boue et de l’herbe, et le grillage de fer s’effondrait sous le soleil qui nous permettait de jouer près d’un grand chêne marquant la limite de la propriété, pendant la plus grande partie de la journée. Depuis ce chêne, les chenils semblaient bien loin.
Un samedi matin, je trouvai la cage de Marlboro vide. Il avait été déplacé, pas dans le grand jardin d’une maison comme je l’avais rêvé pour lui, mais vers un ensemble de cages plus loin, dans un lieu auquel on se référait en l’appelant le couloir de la mort. Marlboro avait mordu un bénévole. Et à cause de cela, il était condamné à mort. La veille de sa sentence, Marlboro me parla enfin. Alors que je lui faisais mes adieux, et le quittai, mon ami silencieux émit un hurlement, et se jeta de tout son poids contre la porte de la cage. J’ai couru en rentrant chez moi, en pleurant et me sentant impuissant. Le lendemain, un Rottweiler appelé Holly avait pris la place de Marlboro. Elle fut adoptée un mois plus tard.
Marlboro m’a plus appris que n’importe quel autre individu que j’aie rencontré. Il initia le cours du reste de ma vie, et à cause de cela, je lui suis redevable pour toujours. Marlboro m’enseigna que tout animal, humain ou non, est un individu unique à part entière. Jusqu’à la fin des temps, il n’y aura jamais deux individus comme vous, ou comme moi, ou comme Marlboro. Un troupeau de baleines est une collection de personnalités distinctes et uniques. Pour moi, cela a toujours été l’un des arguments les plus forts pour le droit des animaux. Que nous avons plus en communs que ne sommes différents. C’est ce que mon meilleur ami à quatre pattes m’a appris il y a longtemps – que les animaux valent le coup que l’on se batte pour eux.
Le jour où je me suis enfuit des rangées de cages qui séparaient Marlboro du reste de la population canine, je me suis fait la promesse – que plus jamais, si j’étais dans la position de sauver une vie animale, je ne tournerai le dos. Sea Shepherd me permet de tenir cette promesse que j’ai fait il y a presque 10 ans, tous les jours de ma vie. Aujourd’hui je suis en Antarctique pour la troisième fois, espérant trouver la flotte baleinière japonaise aussitôt que possible cette saison ; pas seulement parce que 50 baleines à bosses sont maintenant menacées par les harpons, mais pour que Marlboro puisse comprendre qu’il n’y a pas un jour où je l’aie oublié. |
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10 décembre 2007
Depuis le Steve Irwin de Sea Shepherd Conservation Society
Joie Botkin (USA) Photographe
C'est notre cinquième jour en mer, et le temps s'est finalement calmé, permettant à une grande partie de l'équipage de se reposer du mal de mer et du tangage/roulis continuel. Notre départ de Melbourne fut extraordinaire, comme le fut le soutien généreux à travers les dons et l'implication des volontaires que nous reçûmes jusqu'à ce que nous appareillions. Etant nouveau à Sea Shepherd, j'ai été étonné du soutien et des encouragements de la communauté. Il semble vraiment que malgrè les critiques occasionnelles, nous sommes considérés comme la balise lumineuse du mouvement de protection de l'Environnement, et sommes vraiment soutenus par nos membres dévoués.
Et maintenant, nous sommes en mer et je m'apperçois qu'un navire au port et un navire au milieu de l'Océan Austral sont deux choses différentes. Je n'ai pas le mal de mer et suis parmis les quelques chanceux.
Mais quand le mauvais temps s'est estompé, le mal de mer aussi. Tout le monde est maintenant d'attaque, et le Steve Irwin est en train de redevenir une machine bien huilée. Sur le pont, des cours nous sont donnés par les vétérans qui ne manquent pas d'effrayer les bleus avec le mauvais temps (et les icebergs) à venir. A l'Office, les provisions ont enfin été rangées. Et bien sûr, nous nous rassemblons tous 2 ou 3 fois par jour pour partager un repas, rire, et feindre d'être sains d'esprit. Et nous conitnuons notre voyage vers le Sud, en espérant intercepter la flotte avant qu'elle n'entre dans le sanctuaire. Le moral est bon, et l'anticipation encore plus. Personne ne sait ce qui va se passe |
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9 décembre 2007
Depuis le Steve Irwin de Sea Shepherd Conservation Society
Heather Reid (Australie) Pont/Office et
Simon King (Australie) Pont/Pompier/Premiers soins
Coucou! C'est Heather et Simon
C'est le 9 décembre, 4e jour de mer. Simon sent qu'il a conquis le mal de mer, mais il est toujours en train d'apprivoiser le sommeil en mer! Moi, j'ai toujours le mal de mer, mais ça va assez bien pour que je puisse prendre le relais de gens qui sont encore vraiment mal en point. J'ai attendu 8 mois pour que ce navire descende en Antactique, et ai enduré les moments difficiles à quai à faire visiter le navire, et le préparer pour la campagne. Mis à part le mal de mer, je suis toujours capable de rigoler et de blaguer. Je suis tellement heureuse de pouvoir voguer vers le Sud avec un super équipage. Simon va passer ses vacances universitaires à bord du Steve Irwin. Le top jusqu'ici, a été de voir des troupeaux de dauphins nageant à la proue du navire. Simon en a vu "des centaines" mais il y en avait véritablement une quinzaine!! Simon et moi-même écriront ce blog lorsque nous ne participerons pas à des actions ou ne serons pas en train de faire nos tâches sur le navire, ou à nous interroger sur la Vie dans la salle d'exercices, ou nous régaler de cuisine végétalienne. Continuez de vérifier le site pour les mises à jour du blog. A bientôt ~ Reidy & Sim
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