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Jeudi 11 février 2010
A la poursuite du Nisshin Maru
Andrea Gordon
Matelot, Bob Barker
La première fois que j'ai vu des baleines, c'était en Septembre
dernier à bord du Bob Barker. Avec neuf autres bénévoles, je venais
juste de rejoindre le nouveau navire de l'association, en Afrique.
Seulement quelques jours après mon arrivée, nous sommes partis pour le
voyage inaugural du Bob Barker, accompagnés par de nombreuses
baleines. Elles nous ont tenu compagnie, voyageant avec nous dans les
eaux chaudes, le long des côtes.
Dès la tombée de la première nuit, le voyage a commencé à se corser.
Une nuée d'embarcation de pêcheurs locaux est apparue de nulle part.
Bien que les pêcheries locales soient moins destructrices que les
chalutiers industriels, leur nombre inconsidéré a créé un vrai mur de
filets pour les baleines en migration. Malgré notre radar et nos
jumelles, nous avons littéralement dû batailler pour éviter tous ces
petits bateaux de pêche. Si c'est si difficile pour nous, comment les
baleines peuvent-elles éviter tous ces filets ?
Les baleines, comme nous, ont encore des centaines de miles à
parcourir avant d'atteindre l'Océan Austral. Je ne sais pas si elles
vont toutes le faire, mais pour celles qui le feront, elles ne doivent
pas rester sans défense face aux harpons tueurs. Nous devons être là
pour les protéger.
Au moment où j'écris ces mots, assis sur le pont du Bob Barker, je
regarde le Nisshin Maru filer devant nous. Les harpons ont été
discrètement couverts de bâches vertes. Pour l'instant les baleines
ont leur sanctuaire et peuvent se reposer avant le long voyage de
retour qui les attend.
Article traduit bénévolement
par Catherine.
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Jeudi 11 février 2010
Dans la tempête
Fiona McCuaig
Matelot, Bob Barker
Le mal de mer est bientôt de retour.
Nous sommes en train de suivre sans relâche
le navire-usine de la flotte baleinière, et il nous conduit en plein coeur
d'une énorme tempête. Je suis sûre qu'ils espèrent que le trou
qu'ils ont fait dans la coque de notre navire, lors de leur violente
attaque il y a quelques jours, va nous faire sombrer dans ces vagues
de dix mètres. Mais nous l'avons réparé... A bord, l'ambiance devrait
être léthargique à l'idée que nous soyons ballotés pendant 24
heures (sans l'avoir mérité), les objets volant de tous côtés
et les estomacs nauséeux, mais nous ne pouvons être plus heureux.
Nous entrons dans la deuxième semaine
consécutive où notre stratégie de la campagne Waltzing Matilda
est mise à exécution. Coller au train du navire-usine pendant une
semaine signifie sept jours de tranquillité pour les baleines, qui
n'auront pas à agoniser pendant vingt minutes sous les harpons de
la mort. Voici cinq jours que nous sommes dans le Sanctuaire Baleinier
et voici cinq jours que les ouvriers du navire-usine sont au chômage
dans leur cabine, avec la machine à emballer la viande éteinte. Nous
sommes en train de rendre la situation économique non viable pour eux,
alors qu'ils rentrent chez eux au Japon et qu'ils y restent!
Le Steve Irwin est maintenant
avec nous et nous sommes fiers d'avoir les deux navires enfin réunis.
C'eut été super d'avoir l'Ady Gil
à nos côtés, si les braconniers ne l'avait pas coupé en deux lors
de l'attaque agressive du mois dernier. Sur le pont des navires, l'enthousiasme
est à son comble. Cette scène de guerre peut paraître légèrement
comique à la vue de ces six navires nippons parfaitement disposés en
triangle. Devant nous, le Nisshin Maru s'éloigne, à pleine
vitesse, suivi par le Bob Barker et le Steve Irwin de
chaque côté de sa poupe. Derrière nous, se trouvent les harponneurs
et les navires de sécurité.
Alors je me demande: Où allons-nous et
jusqu'où nous emmènent-ils?
Article traduit bénévolement
par Catherine.
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Jeudi 11 février 2010
Tenir Parole
Matt Kimura
Maître d'équipage, bob barker
Mon nom est Matt Kimura et
je suis honoré de servir à bord du bob barker en
tant que maître d'équipage.
En tant que tel, je suis responsable
du pont, des zodiacs et des huit membres du personnel de pont.
J'ai passé 16 ans à
travailler sur des navires et remorqueurs. J'ai une expérience étendue
en navigation de haute mer sur des petits bateaux et il y a 10 ans,
je suis devenu professeur de lycée.
Quand j'ai dit à mes
étudiants comment la flotte baleinière japonaise avait l'intention
de descendre en Antarctique pour abattre 950 baleines, ils ont tous
laissé paraître leur indignation. Je n'avais pas besoin de leur parler
des traités, des espèces menacées, des quotas de recherche ou du
Sanctuaire. Les enfants savaient au plus profond de leur coeur qu'il
est mal de massacrer des baleines. C'est à ce moment-là que cette campagne
prit une nouvelle signification pour moi.
J'ai alors promis à mes
élèves que j'irai en Antarctique avec Sea Shepherd et ferai tout
ce qui est en mon pouvoir pour qu'ils grandissent dans un monde où
les baleines seront respectées et protégées au lieu d'être pourchassées
et abattues. J'ai l'intention de tenir cette promesse.
Il y a trois jours, nous avons
engagé une lutte avec le Nisshin Maru. Alors que nous nous rapprochions
de la poupe du navire-usine, trois harponneurs et le navire de sécurité,
le Shonan Maru, nous entouraient à l'arrière. Ils ont ensuite
commencé à nous encercler comme une meute de loups. Ils passèrent
à près de 50 mètres de nos flancs et coupèrent dangereusement notre
trajectoire.
Lorsque le Yushin Maru 3
se rapprocha à moins de 40 mètres, ce qui était suffisamment proche, il
vira tout droit sur notre flanc. J'ai crié pour que le personnel de
pont descende, alors que l'on entendait le bruit du métal hurlant
et que notre navire gîtait dangereusement.
Une inspection rapide de notre
bateau révéla une déchirure d'un mètre au-dessus de la ligne de
flottaison. Le Yushin Maru 3 se retrouva à l'arrêt; il n'a
plus été aperçu depuis.
Article traduit
bénévolement par Christophe.
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Mardi 9 février 2010
Stopper la chasse illégale
Andrea Gordon
Matelot, bob barker
Alors que nous débutions la
traque du Nisshin Maru, la flotte baleinière a démontré sa
volonté de poursuivre ses opérations criminelles de chasse à la baleine. Douze
heures venaient à peine de s'écouler depuis notre début de filature
du Nisshin Maru et déjà les navires harpons prenaient des mesures
agressives pour essayer de nous déstabiliser. J'étais à l'extérieur,
debout sur la proue du bob barker lorsque j'ai vu leurs navires,
faciles à manoeuvrer, se rapprocher de nous.
Ils ont formé un cercle
autour de notre bateau coupant notre route à moins de 20 mètres
de notre proue. Ensuite, le Yushin Maru 3 vira vers l'endroit
où certains d'entre nous étaient debout sur la proue. Je pu presque
toucher les rails du navire alors qu'il nous heurtait. Notre équipage
s'accrocha fermement.
Malgré cette collision
sur notre bateau, âgé de 60 ans, les dégâts furent relativement
mineurs.
Le trou qu'ils firent sur
le flanc de notre navire fut réparé et, depuis cet incident,
nous n'avons plus revu le Yushin Maru 3.
La flotte baleinière japonaise
est une organisation criminelle de plusieurs millions de dollars financièrement
et politiquement soutenue par le gouvernement japonais. Il y a peu de
choses qu'ils ne feraient pas pour atteindre leurs profits. Les baleiniers
abattent impitoyablement les derniers de ces géants, douces créatures,
et de plus dans un Sanctuaire de baleines. Ils ont failli tuer les six
membres d'équipage de l'Ady Gil. Et ils percutèrent notre
navire dans les heures qui suivirent l'arrêt de leurs opérations
illégales grâce à nos efforts.
Cela fait maintenant plusieurs
jours qu'aucune baleine n'a été tuée dans le Sanctuaire de l'Océan
Austral, les navires harpons chassant toujours le bob barker et
non les baleines. Celles-ci sont sauves et nous ferons tout notre possible
pour que cela dure.
Article traduit
bénévolement par Christophe.
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Mardi 2 février 2010
Nouvelles des Cuisines - 3ème Etape
Nicola Paris
Cuistot, Steve Irwin
Jusqu'à hier, nous
n'avions pas l'autorisation de communiquer notre position afin de
ne pas en avertir la flotte baleinière - nous avons atteint prudemment
les Iles Kerguelen pour y rencontrer notre navire jumeau et ensuite
retourner tranquillement en Australie. Voici un bref récapitulatif
des dernières semaines...
Îles Kerguelen
C'est notre première
vue de la Terre depuis des semaines et la montagne perce le brouillard
comme si nous voulions visiter une île habitée par des créatures
fantastiques.... ou du moins par des scientifiques fous.
En fait, cette île est
utilisée comme base militaire française et station de recherche. Nous
sommes là-bas pour rencontrer notre second navire, le Bob Barker...
pour prendre l'équipage de l'Ady Gil avec nous et donner quelques
provisions au Bob Barker. Il a été décidé que ce serait notre navire
qui ramènerait cet équipage en Australie; nous en profiterons pour
effectuer des réparations sur l'hélicoptère.
Alors que le brouillard
se levait au fur et à mesure que nous entrions doucement dans
la baie protégée de l'île, nous fûmes escortés par quelques dauphins
de Commerson... des créatures surprenantes noires et blanches...,
rejoints ensuite par une foule d'autres, sautant d'une manière
taquine, faisant des tours en roulant sur leur flanc pour nous regarder.
Rencontre avec le
Bob
L'atmosphère est calme
lorsque le Bob Barker, tout de noir vêtu, se présente devant nous.
Dans la brume épaisse, les bateaux pirates font connaissance l'un avec
l'autre, avec leurs équipages respectifs en attente des retrouvailles.
Nous avons beaucoup de
nourriture à leur transmettre et sommes tous impatients d'explorer
le nouveau navire.
Et ce n'est pas décevant
! Revoir de vieux amis des campagnes précédentes et explorer l'énorme
lapin de garenne, mascotte de notre nouveau bateau. Nous nous séparons
quelques heures plus tard, après avoir travaillé toute la nuit pour
transférer le nécessaire et dire au revoir. Alors que nous nous dirigeons
tout droit vers Fremantle, nous espérons avoir semé le navire-espion
de la flotte japonaise.
Escale
à Fremantle
J'ai la chance que
notre ravitaillement se passe dans ma ville natale. Je devais m'occuper
de prendre suffisamment de marchandises pour la seconde partie de la
campagne, tout en voyant ma famille et mes amis le soir, ce qui était
super. Avec le Jolly Roger flottant sur les bâtiments officiels, on
peut dire que l'accueil à Fremantle fut exceptionnel !
Samedi 30 Janvier
Nous voilà repartis,
les cales du navire pleines de provisions, grâce à notre extraordinaire
ami John Mercer qui, en quelques jours seulement, a collecté pas
moins de quatre palettes de produits frais, en provenance de chez lui
et des marchés de Canningvale.
Nous avons également
reçu des produits Envirocare, cent kilos de farine Manildra et de la
nourriture de la part du maire de Fremantle et des partisans Verts locaux.
Merci à tous pour cette générosité et ce soutien sans
faille!
Nous nous dirigeons droit
dans le gros temps et les nouveaux venus n'ont pas encore vraiment
le pied marin. Après un nouveau remaniement du bateau, je partage maintenant
ma cabine avec la nouvelle photographe, Anna, qui vient de Pologne.
Actuellement, elle est pliée en deux dans sa couchette et ne semble
pas au meilleur de sa forme...
Il est assez difficile
de décrire la vie à bord du navire. De nombreux membres d'équipage
craignent le mal de mer. En fait, je pense qu'ils se mettent eux-mêmes
dans cet état, en s'imaginant déjà malades et incapables de travailler
alors que la tempête n'est pas encore là. J'ignore si ma décision
de ne pas être malade a quelque chose à voir avec ça, mais je n'ai
pas le mal de mer sur ce bateau et j'en suis plutôt heureuse! Ce
à quoi je ne m'attendais pas, en revanche, c'est d'être si fatiguée.
Certaines personnes arrivent à dormir en mer, d'autres non. Je suis
l'une de ceux pour qui ce n'est pas le cas. Certains rampent sur
le bateau, en vomissant comme le petit enfant dans le film l'Exorciste,
moi, je ne suis qu'un zombie, au bout du rouleau, qui baille à s'en
décrocher la mâchoire.
Dimanche 31 Janvier
Sandwiches, salade, champignons,
tomates rôties au four, pain blanc et une foule d'autres choses à
déguster. Pour le dessert, nous avons transformé le surplus de café
en cake.
Cet après-midi, Simeon,
un membre de l'équipe vidéo, est notre invité en cuisine et nous
fait quelques délicieux pains aux fruits. Il a plutôt bien récupéré
de sa blessure aux côtes. Avec Pete, de l'équipage de l'Ady
Gil, ils vont rejoindre notre équipe dans les prochains jours.
Pour cette troisième
étape de la campagne, on m'a demandé d'en apprendre un peu plus
sur le travail effectué sur le pont. Désormais, je dois être flexible:
disponible en cuisine afin de faire des gâteaux, des pâtisseries et
autres plats qui pourraient être congelés en prévision des jours
d'action et disponible également sur le pont pour apprendre la manipulation
des zodiacs et les différents principes de navigation.
Lundi 1er
février
Déjeuner: salade de
pommes de terre, pâtes... J'ai fait des cookies au beurre de cacahuètes
du Brésil, suffisamment pour aujourd'hui et un jour pluvieux...
Je passe l'après-midi
sur le pont du navire à apprendre les noeuds et à enfiler une combinaison
étanche.
Mardi 2
février
Grosses vagues = grosses
cernes
Au menu du dîner: légumes
méditerranéens, foccacia et sauce à la betterave. Ma contribution
de la journée se résume à quelques gâteaux au chocolat et du
tofu mariné à la fêta. Je passe ensuite le reste de la
journée avec l'équipage sur le pont à apprendre la mise à l'eau
des bateaux, les gestes de premier secours et l'utilisation des bons
gants au bon moment pour manoeuvrer les bateaux.
Article traduit bénévolement
par David
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Jeudi 14 janvier 2010
Icebergs et carnet de bord
Nicola Paris
Cuistot, Steve Irwin
Dimanche 9 Janvier
Aujourd'hui, j'ai préparé
un gâteau au citron et aux graines de pavot, qui s'est retrouvé
ballotté dans le four au rythme des vagues... résultat: un gâteau
un peu asymétrique mais encore assez savoureux.
Pour le Dîner: spaghetti,
sauce tomate; "boulettes de viandes" et une salade César
végétalienne.
Nous venons de passer à
côté d'un magnifique iceberg... la couleur de l'eau, à la rencontre
de la glace, devient turquoise et donne l'impression d'être celle
d'une île tropicale.
Lundi 10 Janvier
De bonnes nouvelles du pays:
une action improvisée a été organisée hier au consulat japonais
de Melbourne par notre chère amie et ancien membre d'équipage du
Sea Shepherd, Zin. Aidée par des supporters de l'association, elle
a permis d'avoir un bon impact et une très bonne couverture médiatique.
C'est formidable d'entendre
parler des actions de soutien qui se multiplient partout dans le monde.
Tout cela nous donne l'envie de continuer le combat... Nous avons
hâte de passer à l'action et nous nous demandons quand aura lieu
la prochaine confrontation avec les chasseurs japonais...
Nous profitons des conditions
météorologiques relativement clémentes (ah... je rêve d'une vraie
nuit de sommeil ... plusieurs nuits même... mais c'est impossible
!)... J'en profite donc pour trier toutes les réserves de nourriture
dans le garde-manger.
Les baleines à bosse... les
icebergs.... beaucoup de baleines viennent prendre leur respiration
à côté du navire, s'exhibant et jouant - La beauté de la scène
est fantastique, à couper le souffle et je remercie à nouveau les
baleines de nous offrir ce spectacle qui nous rappelle sans cesse l'objet
de notre venue ici.
Mardi 12 Janvier
Laura regardait un DVD ce matin
sur le thème de l'alimentation saine qui a inspiré le déjeuner:
un délicieux riz brun, du tofu et des légumes en abondance: "Un
régime sain et équilibré pour le nouveau Steve Irwin"
Dîner: champignons, poivrons
farcis, sauce tomate et sauce au vin blanc.
Et pour le dessert ? Puis-je
avoir une crème glacée au soja?
Mercredi 13 Janvier
Déjeuner: Soupe de pois
cassés, petits pains aux herbes fraîches et à l'ail, et une salade
dont j'ai le secret (jus d'orange et moutarde à l'ancienne).
Certains membres d'équipage
ont relevé le défi de l'ail: ils ont passé toute l'après-midi
à discuter tout en l'épluchant. Ils n'ont fait aucune pause !
Un message a retenti des hauts
parleurs du bateau: "Un iceberg vient de s'effondrer au large à
bâbord; montez sur le pont jeter un oeil." Je suis arrivée juste
à temps pour voir ces gros morceaux de glace s'effondrer dans la
mer. C'est une sensation étrange et triste à la fois car ces phénomènes,
aussi beaux soient-ils, nous montrent l'étendue des ravages du changement
climatique.
Nous avons vu des icebergs
beaucoup trop proches de l'Australie. Notre gouvernement australien
est une source de problèmes à tous les niveaux: les responsables politiques
ont été élus sur des promesses d'actions contre le réchauffement
climatique, contre la chasse à la baleine, contre les discriminations
des peuples indigènes, pour garantir les droits de l'homme..., mais
tout ce que nous avons, c'est l'inertie de Peter Garrett et la docilité
de PM Rudd... des comportements révoltants au possible.
La destruction de l'environnement
se déroule à l'instant même, et, dans la réalité, nous sommes en
train de disparaître à petit feu, ce feu étant attisé par une armée
de gens méprisables.
Jeudi 14 Janvier
Chère Sandy Holloway et cher
gouvernement australien,
En tant que bénévole à
temps plein au sein de Sea Shepherd, le fait que le Ministre Penny Wong
souligne le "Coût de la diplomatie'' me fait doucement rigoler,
elle qui est entrée au gouvernement avec un revenu de 1800 $ par jour.
J'ai renoncé en tant que
volontaire à temps plein à toute forme de revenu, et ce depuis plus
de 12 mois. Sea Shepherd a sauvé plus de 1.000 baleines, ce qui me
semble être je crois plus qu'admirable !
À titre de comparaison, une
seule journée de vos rémunérations pourrait couvrir l'ensemble
de mes dépenses de santé sur l'année, nous pourrions acheter suffisamment
de farine pour la cuisson du pain pour plusieurs années et, avec l'argent
restant, nous pourrions nous faire plaisir en préparant de la vegemite
et des confitures.
La somme de 1800 $ nous permettrait
d'investir dans de nouveaux équipements nécessaires à la cuisine,
du pétrole et des outils. Encore mieux, vous pourriez même sponsoriser
quelques boules puantes que l'on appellerait "Eau de la diplomatie''.
120 000 $ de rémunération
pour 57 jours de travail, c'est plutôt confortable surtout lorsque
l'on ne traite pas les problèmes et que l'on n'obtient aucun
résultat !
C'est du bon boulot ! Vous
le méritez ! Vive la diplomatie ! La prochaine fois que je ferai une
journée de 12 heures sans dormir à cause des vagues qui sont tellement
énormes que je suis littéralement projetée sur ma couchette, je penserai
à vous !
Sans parler du travail sur
le pont dans le froid glacial, la cuisine et le nettoyage de la vaisselle
pour 40 personnes.
Mon dos me fait terriblement
souffrir à cause des chasseurs de baleines et de leurs capitaines psychotiques
qui nous percutent sans cesse... C'est difficile d'être loin de mes
amis, de ma famille et de ne pas passer une fois de plus Noël auprès
d'eux... Tout cela parce que nous faisons le travail du gouvernement
australien... J'ai une pensée pour lui et le remercie pour tous ses
"efforts'' diplomatiques.
J'aimerais vous payer une bière
et vous féliciter mais je n'ai pas d'argent. bien que si vous souhaitiez
dépenser l'équivalent de 2 minutes de travail pour m'en offrir une,
je serais ravie de parler avec vous de la diplomatie; d'une manière
diplomatique bien sûr...
Cordialement,
Nicola
Article traduit
bénévolement par Sacha.
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Jeudi 14 janvier 2010
Leur monde, leur territoire sauvage
Wietse Van Der Werf
Menuisier / 5éme Ingénieur, Steve Irwin
Votre attention à tout
l'équipage: baleines en vue, baleines en vue...
L'annonce a immédiatement
fait sortir tout le monde. "baleines ! Vite, vite !" Nous
sommes tous montés sur le pont. À environ 50 mètres du navire, deux
baleines à bosse sautèrent en dehors de l'eau, élançant leurs énormes
corps dans les airs pour retomber ensuite en causant de gros bouillonnements
à la surface. Nous étions tous immobiles et admiratifs. Jusqu'à maintenant,
nous avions vu si peu de baleines ce qui est assez décourageant lorsqu'on
considère les effets de l'industrie baleinière japonaise sur leurs
populations. Mais elles sont là aujourd'hui et heureuses de nous faire
une démonstration de ce qu'elles savent faire. Sous un tonnerre
d'applaudissements et d'encouragements provenant d'uns foule toujours
grossissante sur le pont, les baleines continuèrent leurs sauts. Quand
vous voyez ces animaux libérés dans l'océan, leur territoire sauvage,
leur monde, ça vous donne la force de continuer.
C'est l'inspiration dont nous
avons besoin pour poursuivre notre but.
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Vendredi 10 janvier 2010
baleines à bosse et pétrels
Andrew Perry
Quartier-maître, Steve Irwin
Un cadeau rare, très rare,
aujourd'hui.
Aujourd'hui, j'ai passé
la plupart du temps (de 12h à 16h) à naviguer au ralenti autour d'un
iceberg, en compagnie de milliers de pétrels des neiges reposant sur
les eaux alentour, et de nombreuses baleines à bosse.
Tandis que nous manoeuvrions
doucement, les oiseaux se sont soudainement envolés, tournoyant au-dessus
du navire et de l'iceberg, mi-cyclone, mi-ballet. Et tout ça sous
le regard attentif des baleines à bosse.
L'hélicoptère et le zodiac
Delta sont sortis avec les journalistes. Trois baleines à bosse
sont restées près de nous tout le temps, nous observant, tournant
autour du navire et jouant entre elles. À seulement quelques mètres
du bateau, ces trois baleines restaient calmes, malgré la présence
de notre hélicoptère en vol stationnaire en train de les filmer. C'était
presque comme si elles nous souhaitaient la bienvenue, aussi fascinées
par nous que nous l'étions par elles.
C'est là le grand drame
de leur nature : elles sont trop curieuses, trop confiantes, et les chasseurs
en profitent pour les abattre dans le Sanctuaire baleinier. Ce temps
passé avec nos clientes, les baleines, a redynamisé notre énergie
et notre engagement à les protéger et faire de cette campagne une
réussite.
Puis, nous reprenons notre
poursuite de la flotte baleinière, chacun à nos postes. Sur la
glace et les eaux calmes de l'Antarctique, nous filons maintenant
plus motivés que jamais par un but et une passion qui valent toutes
les fortunes du monde.
Article traduit
bénévolement par Catherine.
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Vendredi 8 janvier 2010
Cuisine d’action
Nicola Paris
Cuistot, Steve Irwin
Jeudi 7 janvier
En préparation des jours d’action,
nous préparons beaucoup de pain et de casse-croûtes : cake au chocolat
et à la menthe ; cake à la carotte ; barres au muesli : pain au sucre
et toutes sortes de festins et de repas légers que les gens peuvent
grignoter lorsque nous sommes en confrontation avec la flotte baleinière.
Cela signifie aussi que l'équipage de cuisine peut être sur le pont
pour participer aux actions.
Les choses semblent mal tourner
en cuisine quand vous vous y attendez le moins… Il est plus rare d’avoir
des accidents énormes quand le temps est vraiment mauvais parce que
nous sommes prêts à cela. Le pire semble arriver quand il fait relativement
beau, qu'un roulis inattendu se produit et là vous perdez un tas de
nourriture sur le plancher.
J’ai toujours été reconnaissante
que cela ne me soit jamais arrivé auparavant: pendant les nombreuses
années que Laura a passées à bord en cuisine, elle n'a jamais perdu
de repas avant le service. Il y a une première fois à tout dans la
vie.
Juste avant le dîner, nous
avions eu un peu de roulis. Laura a été poussée vers le four. Ensuite
lorsque le roulis a changé de direction, le four s'est ouvert et les
trois énormes plateaux de tartes se sont littéralement envolés sur
la tête de Laura, manquant presque de l'assommer et de l’aveugler,
puis ils sont tombés à terre. Personne ne veut être assommé et tué
par un hachis Parmentier en plein vol !
Cela ne semble pas aussi dur
que d’avoir notre bateau détruit par le Shonan Maru.
C'est arrivé à
17h55. Nous servons à 18h. Après avoir sauvé ce que nous pouvions
et avec un peu d'ingéniosité, nous avons servi à 18h15 en nous moquant
de nous-mêmes et en ajoutant quelques restes. Repas franchement assez
bien rattrapé.
Vendredi 8 janvier
La vie continue, même dans
la frénésie médiatique internationale qui entoure le bateau à l'heure
actuelle. Le capitaine reste fermement fixé au téléphone satellite
sur le pont réunissant des appels du monde entier.
Aujourd’hui, Laura a montré
comment faire du pain à quelques-uns de nos matelots. Les garçons
semblaient très attrayants dans leurs tabliers, mais n'ont en réalité
fait que la moitié d’un travail convenable. Chacun a essayé ses
différentes inventions de pain pour le dîner avec un ragoût réchauffé.
Notre autre cuisinière, Vera,
est chargée de l'antenne hongroise de Sea Shepherd et comme elle parle
plusieurs langues, elle est actuellement occupée à donner
des interviews; aussi, Laura et moi sommes de corvée de cuisine aujourd’hui.
La nouveauté de notre
flotte, l’Ady Gil, gît dans les abysses de l'Océan Antarctique.
Il a été envoyé là par la flotte baleinière dans une attaque sans
précédent et délibérée. Il est resté à flot pendant quelque temps,
mais il a finalement coulé alors qu’il était en train d'être remorqué
par un autre de nos bateaux, le bob barker. Nous avons tout juste
eu l’occasion d’observer la vidéo que le reste du monde a probablement
vue à ce jour. C’est absolument affligeant de regarder un autre navire
beaucoup plus gros foncer sur un petit bateau vulnérable à bord duquel
se trouvent vos amis. La vidéo est claire ; ils voulaient faire couler
ce bateau et assassiner notre équipage. Il n’y a aucun doute. Et
il nous traitent d’extrémistes !
Nous risquons nos vies pour
protéger les baleines et le gouvernement australien, ainsi que d'autres,
refuse qu'on le dérange. Si les gouvernements ne se soucient aucunement
des baleines, ils pourraient au moins nous laisser continuer le travail
que l'on effectue à leur place… et feindre de se préoccuper des
êtres humains avant que la folie de la flotte baleinière ne tue l'un
d'entre nous ?
Article traduit
bénévolement par bérangère.
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Vendredi 1er Janvier 2010
De bien plus hautes aspirations
Andrew Perry,
Quartier-maître, Steve Irwin
Ainsi nous voilà repartis,
quittant Storm bay pour l’Antarctique. Pendant trois jours et deux
nuits, nous avons effectué un ravitaillement de marchandises et de
carburant à Hobart, en Tasmanie. Cette halte était importante et valait
vraiment la peine.
Nous avons rejoint Hobart à
une époque où les activités nautiques battent leur plein : les
yachts, participant à la fameuse course Sydney - Hobart, arrivaient
à destination (de même que ceux qui participaient aux courses moins
connues telles que Melbourne - Hobart ou Launceston - Hobart). L’Astrolabe,
brise-glace français basé à Hobart, était arrivé juste avant nous
et mouillait au poste d’amarrage voisin du nôtre. Un immense paquebot
de croisière était également à quai. Le bord de mer du quartier
des affaires était animé par tous ces bateaux, voiliers, marins, autochtones
et touristes. La plupart des membres d’équipage a pris un peu de
temps pour profiter de cette atmosphère, se relaxer, et se préparer pour la prochaine étape
de la campagne. J’ai moi-même pu savourer une journée et deux nuits
avec ma superbe épouse.
Une fois de plus, Hobart nous
a ouvert ses portes et son coeur. Grâce à des supporters sympathiques
et accommodants, nous avons pu nous réapprovisionner et faire quelques
réparations. La majorité de la marchandise nous fut donnée ou vendue
avec un rabais important. De nombreux individus et sociétés nous offrirent
leur temps et leur expérience. Grâce au soutien de sociétés d’informatique
locales et de leurs professionnels, nous repartons en mer avec une salle
équipée sans-fil, une infrastructure pour la passerelle et les communications
sensiblement améliorées, ce qui est particulièrement important et
réconfortant étant donné l'endroit où nous allons et ce que nous
devons y faire.
Toutefois, toutes agréables
que soient la ville d'Hobart et son hospitalité, au sommet de sa gloire
estivale, c’est le froid de l’Antarctique et l’éloignement qui
nous attirent maintenant. Chacun de nous désire ardemment que le jour
de l’an à Hobart laisse place aux eaux du Sanctuaire baleinier Austral
et à ses habitants. À tout instant, même lorsque nous dégustions
une bière dans un bon fauteuil en compagnie d’amis, d’êtres chers
ou simplement de compagnons de route, dans un environnement confortable,
nous gardions à l’esprit les baleines et le destin sauvagement cruel
et illégal qui serait sans aucun doute le leur si nous n’étions
pas là pour en témoigner et les défendre. Et justement à l’instant,
nous n’y sommes pas. Alors avec ardeur et empressement, nous reprenons
notre campagne pour les baleines et pour la fragilité extrême de la
biosphère de l’Antarctique.
Il y a quelques jours, un cameraman
d’Animal Planet m’a demandé si j’avais un message pour les chasseurs
japonais. Ma réponse fut que rien ne saurait nous arrêter dans notre
quête pour ruiner financièrement leurs activités et que nous finirions
à coup sûr par atteindre nos objectifs. J’en suis persuadé parce
que si eux sont là simplement pour faire leur travail, nous sommes
ici suivant des aspirations et un dévouement bien plus élevées…
et la passion l’emporte toujours sur un salaire !
Antarctique, nous voilà. Gare
à vous, chasseurs de baleine !
Article traduit
bénévolement par Jérémie.
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Jeudi 31 décembre 2009
Feux d’artifice du Nouvel An
Andrew Perry
Quartier-maître, Steve Irwin
Presque comme si Dame Nature
ne voulait pas que nous rations le feu d’artifice du Nouvel An que
nous avons laissé derrière nous à Hobart, elle nous offrit un spectacle
de sa composition. À environ 21h30, alors que nous nous éloignions
de Storm bay, nous fûmes témoins de l’un des plus magnifiques levers
de soleil à tribord, d’une lune bleue à bâbord, et tout autour
de nous, d’un orage électrique spectaculaire et étrangement long.
La sauvagerie, les combinaisons des lumières et des couleurs dans les
cieux et sur la mer étaient époustouflantes.
Cette fanfare naturelle est
sans aucun doute de bon augure pour nos voyages et campagnes futures.
Article traduit
bénévolement par Jérémie.
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Lundi 28 Décembre 2009
Le solitaire
Pete bethune - skipper, Ady Gil
« Oh il y a un léopard de mer! » crie Laurens tout excité. L'équipage est sur le toit de l'Ady Gil pendant que nous tournons autour du plus étonnant des icebergs. bien que je n'ai vu beaucoup d'icebergs pour comparer. Mais celui-là a bel et bien l'air méchant. Nous l'avons repéré à environ 10 miles nautiques et depuis, nous n'avons pas arrêté de nous émerveiller. En fait, pendant un temps on aurait dit plusieurs icebergs, mais de plus près il s'est avéré que c'était un seul morceau qui s'était érodé en trois tours massives, l'eau grignotant la base.
Le phoque de Laurens nous a bien regardé pendant une minute et ensuite est retourné jouer sur la surface. Nous avons fait plusieurs fois le tour de l'iceberg, revenant chaque fois au phoque solitaire. Ce n'est pas un léopard de mer mais nous ne sommes pas sûrs de quelle espèce exactement. A la fin, nous sommes justes capables de conclure que c'est un gros phoque.
Il a l'air complètement inconscient de sa situation. Et en fait beaucoup de pingouins et de phoques meurent de cette façon. Ils vivent sur un iceberg qui dérive vers le Nord et les emmène finalement si loin de l'Antarctique qu'ils ne peuvent pas revenir. Ils continuent à vivre sur ces icebergs, mais la glace s'amenuise tout comme leur existence. Finalement l'iceberg disparaît complètement et ils périssent, devenant un autre morceau de la chaîne alimentaire dans ce rude environnement.
En ce moment ce phoque solitaire a des tonnes de nourriture. Comme les nombreux habitants de cet écosystème, je suppose. Des centaines d'oiseaux volètent à la surface. Il y a un effronté qui se pose à un mètre du caméraman d'Animal Planet, qui est perché sur l'écoutille avant. Il tourne sa caméra et filme son nouvel ami qui semble déterminé à lui piauler après. Les oiseaux ont peu de prédateurs ici et ils deviennent vite très familiers. Ou du moins ils n'ont pas peur. Finalement l'oiseau se fatigue du cameraman et part rejoindre ses amis.
Il y a soudain un grand craquement et un énorme morceau de glace se sépare de la seconde tour, s'écrasant dans le bleu clair de l'eau en envoyant des embruns partout. Quelques secondes plus tard, un second fragment tombe. Nous restons là, assis à nous émerveiller devant ce spectacle mais nous savons trop bien ce que nous voyons. Cet iceberg fait partie de l'Antarctique depuis des milliers et peut être des millions d'années. Et ce dont nous sommes témoins, c'est un des effets du changement climatique. De petites élévations de température envoient de plus en plus d'icebergs dériver et fondre vers le Nord.
« Qu'est ce que tu penses que c'est ? » dit Jimmy en désignant du doigt une ligne noire qui traverse l'iceberg. En fait la ligne traverse les trois tours, à environ 30 degrés.
« Ce pourrait être les incendies en Australie » dit Jason plein d'espoir.
« Nan. Les quarantièmes rugissants et les cinquantièmes hurlants ne laisseraient pas cette poussière aller si loin mec. Ce doit être quelque chose de sacrément plus grand. »
« Le mont Pinatubo alors » suggère-t-il.
« Oh allez mec. ça a dû se passer il y a des milliers d'années. et il fallait que ce soit énorme »
« Mmmmm… alors l'éruption du Taupo ou le Krakatoa ? »
« Ouais là c'est déjà mieux »
Nous passons devant le phoque solitaire une dernière fois. La nature peut être brutale, me dis-je en moi-même, me sentant brusquement désolé pour ce pauvre phoque.
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27 décembre
Noël est venu en noir.
Andrew Perry
Quartier-maître. Steve Irwin
Il y a quelques jours Noël est arrivé tôt pour le Steve Irwin. Et il est arrivé en noir. Et vite. L'Ady Gil était enfin avec nous dans l'Océan austral. C'est une vision menaçante: mince, noir, avec un air d'insecte - un trimaran furtif super rapide. Furtif parce qu'il est rapide mais aussi parce qu'il est invisible par les radars. Ce qui en fait le navire parfait pour la reconnaissance.
Ce n'est qu'une partie de sa valeur opérationnelle. Il nous donne le moral aussi. Deux navires, cela signifie que l'on peut couvrir deux zones d'océan en même temps. Cela signifie aussi soutien et sauvegarde pour les deux navires. Cela veut dire que cette année nous, sur le Steve Irwin, ne sommes pas seuls, là en bas, pour nous opposer à la flotte baleinière Japonaise et faire obstruction à ses activités illégales. L'an dernier on se sentait bien seuls tout là-bas après que GreenPeace et le gouvernement australien ait abandonné la fragile solidarité qui nous liait. C'est un vaste espace sauvage. Et d'autant plus vaste et sauvage que vous êtes à un contre huit.
Oui, cette arrivée fut pour nous une vision bienvenue et pleine de joie. Mais pour les braconniers du Sanctuaire baleiniers des mers australes, le pressentiment du destin en marche pour les rattraper quand ils verront l'Ady Gil sera une occasion de réfléchir - parce que nous ne serons pas loin avec le Steve Irwin. Pour citer l'agent Smith dans le film Matrix : « c'est le son de l'inévitable. »
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Dimanche 27 décembre
Zen en Antarctique
Laurens de Groot
Equipage, Ady Gil
Un épais brouillard nous entoure, laissant l’Ady Gil disparaître dans les eaux de l’océan antarctique. Notre vision se limite à 50 mètres et la seule chose qui reste à faire c’est de regarder par les minuscules hublots et d’attendre les bruits alentour. De temps en temps, de gros cubes de glace surgissent devant notre fragile embarcation. Jusqu’à présent nous sommes parvenus à les éviter. Et nous devons, plus que jamais, être vigilants par rapport aux campagnes précédentes ; je me rends compte du danger de la glace. Percuter la glace serait la fin de l’histoire pour notre campagne. Point.
C’est la troisième année que je viens dans les eaux australes pour sauver des baleines. L’année dernière, j’étais matelot de pont et j’ai fait partie de l’équipage de petites embarcations. Cette année, j’ai la chance de contrer les baleiniers dans le nouveau vaisseau de Sea Shepherd, l’Ady Gil, une embarcation d’une rapidité incroyable au look à faire trembler de peur batman. Enfin, un bateau plus rapide que les harponneurs! Maintenant, nous pouvons trouver les navires tueurs, aller à la même allure qu’eux et faire cesser les harpons de la mort. C’est un gros atout pour Sea Shepherd et je me sens honoré de faire partie de l’équipage. Mais assurément, ce n’est pas une promenade de santé. bien au contraire. Jusqu’à présent c’est le plus grand défit de ma vie : diriger un bateau en fibre de carbone dans les eaux impitoyables des quarantièmes rugissants et des cinquantièmes hurlants en Antarctique. Hmmm…ce que je pense le plus à ce sujet : c’est l’expédition la plus dingue que je n’ai jamais faite. Cependant, je crois pleinement que ce vaisseau peut faire avancer les choses dans le combat contre les baleiniers. Une guerre pour la préservation de l’environnement dans laquelle des bénévoles des quatre coins du monde consacrent leur vie à la protection des mammifères marins menacés. Un combat qui ne devrait pas avoir lieu d’être si les gouvernements de ce monde, respectaient les accords et mettaient en application les lois de préservation. Mais en attendant….nous ferons tout ce qui est à faire.
Retour sur la journée : les vagues des quarantièmes nous ont livré bataille. On était comme dans une grande machine à laver rotation ‘grand noir’, qui était dans une grande machine à laver, à l’intérieur d’une machine à laver….je pense que vous avez compris.
Et une fois que nous avons atteint l’océan antarctique nous sommes allés directement livrer bataille contre le Shonan Maru 2. Une première expérience pour quatre de mes compagnons d’équipage qui sont nouveaux dans les campagnes de Sea Shepherd. Mis à part le skipper Pete bethune, nous avons 3 autres Néo-Zélandais à bord : le pompier Mike, l’ex-flic Jason, et l’ex-marin Jimmy.
Tout ne s’est pas bien passé lorsque nous tenions tête au Shonan Maru 2 , malheureusement nous n’avons pas pu retarder assez longtemps le harponneur jusqu’à l’arrivée du Steve Irwin avant de le perdre. Cependant ce fut un bon exercice et nous sommes maintenant confiants pour se charger des navires tueurs entourant le ravitailleur du mal le Nissin Maru.
Il est intéressant de voir comment, après une opération intense comme celle là (et oui, tenir bon à 10 mètres d’un navire harponneur c’est intense !) tout redevient normal. En fait, pas si normal que ça. Pour survivre et rester sain d’esprit sur un petit bateau, avec cinq autres personnes dans un espace confiné pendant une longue période vous devez trouver un style de vie. La création d’une existence zen comme celle qui rythme ma vie. Vous créez des habitudes que vous essayez d’effectuer de mieux en mieux chaque jour. Qu’il s’agisse de nettoyage, de cuisine ou d’un peu d’exercice : vous le faites avec le plus d’attention possible dans un état méditatif pour que le temps passe vite. C’est ma façon de rester concentré sur notre mission. Car, ici ce n’est pas que du bon temps. Au contraire, être en campagne, c’est beaucoup de patience. Comme le tigre rampant patiemment pour s’approcher de sa proie, chaque jour nous rampons patiemment pour stopper la flotte barbare espérant mettre un terme à la chasse à la baleine en océan austral. Et quand cette opportunité se présente à vous, vous voulez être sûr que vous êtes à cent pour cent préparé mentalement afin d’écrire le dernier chapitre de la chasse baleinière japonaise en antarctique : La création, une bonne fois pour toutes d’un vrai sanctuaire pour les baleines.
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Samedi 26 décembre 2009
Cuisine de Vacances
Nicola Paris
Cuistot, Steve Irwin
24 décembre 2009
Quand vous manquez d’inspiration pour un dîner, préparez plutôt un petit-déjeuner. C’est vrai : le dîner a été composé des restes fantasques d’un petit-déjeuner : tomates grillées, toast, faux bacon, saucisses de soja, pommes de terre rissolées, légumes frits et pancakes au dessert. Pourquoi ? C’est comme ça qu’on fonctionne.
25 décembre – Jour de Noël
Nous avons finalement persuadé la chef cuisinière Laura d’avoir une matinée libre et j’ai pu ainsi préparer le petit-déjeuner de Noël et le déjeuner avec l’aide de Vera. Grâce à une météo fougueuse, une fournée de préparation pour pancakes et une purée de maïs grillé ont fini renversés sur le sol… hmmm… bon début. Quoi qu’il en soit, après avoir mis un classique des beastie boys, j’ai retrouvé mes esprits et nous avons dégusté des pommes de terre écrasées, des pancakes sucrées, des mousses aux myrtilles et à la banane et toutes les bonnes choses habituelles d’un bon petit-déjeuner. Au déjeuner, soupe de potiron, patates cuites, une foccacia fraîchement préparée – juste de quoi laisser assez de place pour l’épique festin de Noël.
Plus tôt dans la journée, j’ai essayé de joindre ma famille, par une extravagante façon d’utiliser le téléphone satellite, mais sans succès – ils ont rappelé à six heures du soir, juste au moment où nous étions dans les grands préparatifs de Noël. Du coup, j’ai à peine eu le temps de leur dire bonjour- au revoir… « Joyeux Noël à vous, ma jolie famille, spécialement à super Nana, et merci de me supporter bien que je sois absente encore une année. »
Le menu de Noël était composé de fausse viande de dinde, étonnamment bonne, légumes revenus, patates croustillantes, les fameux petits fourrés aux airelles, sauce menthe, de Laura. Vera a préparé un pain sucré traditionnel hongrois, j’ai cuisiné des boulettes suédoises à la delicotta (ou à ma douteuse manière australienne) et un cake aux fruits. Rien n’est tombé par terre. Un vrai miracle de Noël, quand on sait que les vents soufflaient à 50 nœuds.
Le secret du Père Noël (autrement connu comme le programme pirate d’échange de cadeaux) a été incroyable... je suis toujours surprise par le talent et la créativité de cet équipage… les vieux torchons de la salle des machines sont transformés en cadeaux ; des câbles usagés transformés en sculpture, des copeaux de bois en pièce d’art… Julie m’a donné deux magnifiques oreillers qu’elle a cousus avec des morceaux de vêtements utilisés contre les grands froids… avec le mot « warrior » (ndt : guerrier) brodé sur l’un d’eux ; ils sont parfaits pour me pelotonner dans ma couchette par gros temps. J’ai donné à brent un cahier de tickets-cadeaux à utiliser, entièrement illustré à la main, comprenant, en plus d’un lot de cookies de son choix, 5 minutes de communications sur le téléphone satellite payées, une protection contre le calamar tueur géant, un ticket gratuit à faire valoir auprès de moi pour que je fasse un de ses gros travaux (comme nettoyer les têtes), parmi d’autres choses. Chaque membre de l’équipe a aussi reçu un kit de soins de la part des Kerns, des supporters locaux, et le cuistot a reçu des dollars supplémentaires à dépenser en extra pour tout le monde : chips, lait de soja chocolaté et des bonbons.
Après quelques hésitations récalcitrantes, le capitaine a plutôt bien rempli son rôle de père Noël, et nous avions aussi des décorations de Noël toute simples, un sapin et même les terribles chants de Noël. Tout comme à la maison. Excepté le tangage dû au mauvais temps.
26 décembre - Jour de bagarre
beaucoup de restes de Noël.
Je me suis réfugié dans la cuisine, avec un début de refroidissement, et je commence à préparer l’inventaire des provisions et des dons de nourriture à Hobart. Nous devrions arriver le 29 et nous avons besoin de renouveler nos produits frais pour traverser la seconde partie de la campagne qui devrait être plus longue, et ravitailler aussi l’Ady Gil.
bien que l’équipage espère un jour ou deux sur la terre ferme, avec un peu de soleil, nous sommes motivés pour retourner, retrouver la flotte et reprendre le travail.
Dan, notre maître d’équipage, était l’invité du jour de notre cuisine et il a préparé le dîner : un plat paysan traditionnel égyptien, avec des lentilles et des oignons revenus, « Kosherill. » C’était succulent !
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Vendredi 25 décembre 2009
Noël blanc
Pete bethune
Capitaine à bord de l’Ady Gil
La nourriture récupérée à bord du Steve Irwin il y a quelques jours n’était pas très abondante, mais il y avait quelques trucs végétariens. Je les ai enveloppés dans du papier d'aluminium et placés tant bien que mal dans le collecteur d'échappement et les turbocompresseurs sur nos deux moteurs Cummins. Il y a même deux dindes rôties végétaliennes là-dedans aussi. Pas tout à fait sûr de ce qu’il y a dedans. Elles ressemblent davantage à du fromage qu’à de la dinde. Mais nous le saurons dans quelques heures, au moment de notre banquet de Noël.
Je me promène de nouveau dans la cuisine où Laurens est occupé à travailler sur ses accessoires pour le rôti. « Que dirais-tu d’une sauce aux champignons », dit-il avec espoir.
« Ouais, si nous avions quelques champignons. Ils sont finis depuis longtemps ». Il se remet à fouiller dans les différentes boîtes de denrées alimentaires.
« Oh, j'ai préparé ça! », dit-il exhibant fièrement un bac vert d'eau. Son sourire ne disparaît jamais, seulement il est désormais encore plus grand que d'habitude.
« Tu as un bol d'eau Laurens, tu es incroyable » lui dis-je, de manière un peu sarcastique, mais je suis un peu curieux de savoir ce que Laurens pense avoir accompli.
« Mais c'est de l'eau de neige. J'ai rassemblé toute la neige sur le pont arrière et on peut faire du thé de l'Antarctique. Ce qui, je dois dire, est plutôt cool. Il a commencé à neiger tôt ce matin et cela n’a pas cessé. Nous sommes partis pour un Noël blanc. Et pour du thé de l'Antarctique on dirait. Je préfèrerais du ciel bleu, une plage de sable blanc et du rhum.
Il semble que ça fait des siècles que le Steve Irwin est parti pour l'île Macquarie. En fait, il n’y a même pas deux jours. Le temps passe si vite ici. On a appris aujourd'hui qu'il se dirige en fait vers Hobart pour y faire le plein. C'est un lieu vaste et isolé, surtout dans une petite barque minuscule. Ca donne aussi une idée de ce que nous faisons ici. Nous devrions être à la maison avec nos familles. Au lieu de cela, nous oscillons autour des icebergs et essayons de mettre un terme à la chasse illégale à la baleine.
J’ai passé quelques coups de fils à la famille un peu plus tôt aujourd’hui. Parler à Sharyn et aux filles m’a réellement donné encore plus le mal du pays. Mais c'était génial d'avoir une petite causette. C’est sûr, ça sera un Noël insolite.
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Mercredi 23 Décembre 2009
Antarctique: La Dernière Véritable Région Sauvage
Andrew Perry
Timonier, Steve Irwin
Me voici donc une fois de plus à bord du Steve Irwin dans les eaux du Sanctuaire baleinier antarctique. Ici nous sommes de tout : un mélange d'anciens et nouveaux membres d’équipage, tous commis, préparés, confiants et compétents, même si certains cherchent toujours leurs pied marin (et l'estomac).
L'année dernière, j'étais matelot sur le pont du bateau (barreur Delta), mais cette année je suis venu à bord en tant que quartier-maître sur la passerelle. Tous réunis, nous avons 33 membres d’équipage répartis dans quatre départements à bord: la plate forme, la salle des machines, la cuisine et le pont – sans compter les huit autres personnes d’Animal Planet qui documentent chacun de nos mouvements pour la série télévisée documentaire « Whale Wars. »
Cette année, je me trouve un tas de sentiments contradictoires. La saison dernière était ma première campagne Sea Shepherd et elle fut consécutive à six mois de travail et de préparatifs sur le navire au port. J'étais avec ma fiancée Molly, qui est maintenant ma femme, et, j'ai honte de le dire, si la saison de chasse japonaise à la baleine en Antarctique avait été annulée cette année, une partie de moi aurait été déçue de ne pas venir ici m’engager dans une action directe contre la flotte baleinière.
Mais cette année, je ne suis pas ici parce que je veux y être. Cette année, je suis là parce qu'il y a une lutte à accomplir. Et je le réalise maintenant avec certitude. Ça se passe dans les eaux australiennes de l'Antarctique et, en tant qu’australien, je ressens une contrainte morale et la responsabilité particulière d'être ici à défendre la souveraineté, le droit et la vie de ces animaux magnifiques et intelligents et leur environnement fragile dans lequel ils se nourrissent, grandissent (les baleineaux) et viennent se reposer (une fois adultes) chaque été – L’Antarctique: dernier grand espace vierge et véritablement sauvage de notre monde. En particulier, car mon gouvernement ne fait rien.
Aussi, cette année, je suis ici sans ma femme. Aussi, cette année, je comprends pleinement ce que c’est de sacrifier tout ce que vous aimez afin d’être présent ici. L’absence de vos proches lors de journées spéciales comme Noël et le Nouvel An et, dans mon cas, mon premier anniversaire de mariage, l'anniversaire du jour où j'ai rencontré ma femme et son 30ème anniversaire. Joyeux anniversaires mon amour ! Et vient avec cela une nouvelle forme de respect pour l'ensemble des vétérans de l'équipage qui accomplissent, année après année, les campagnes de Sea Shepherd, certains depuis dix, voire vingt ans ! Et, bien sûr, pour le capitaine Paul Watson, qui a accompli ce travail d’une manière désintéressée et seul toute sa vie.
Alors, s'il vous plaît, suivez ce blog et permettez nous de vous donner une perspective interne sur la vie à bord du Steve Irwin. Pourquoi nous faisons les choses que nous faisons et pourquoi elles ont besoin d'être faites.
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Mercredi, 23 Décembre 2009
Préparation du Curry et de Noël
Nicola Paris second de Cuisine, Steve Irwin
22 décembre 2009
Ce fut une journée du genre épicée... et un peu mouvementée - le Shonan Maru devient de plus en plus agressif et nous avons reçu un appel de la passerelle avisant la salle de cuisine d’une collision imminente possible. Le Shonan Maru s’était auparavant rapproché très près de nous, et semblait prendre une autre trajectoire vers nous. J'ai éteint toutes les plaques de cuisson et les appareils dans le bazard de la cuisine et me suis dirigée vers la passerelle en direction du son émit par un dispositif acoustique à longue portée (DALP) utilisé à bout portant. Jj’ai aidé à préparer une ligne de poupe en vue de son déploiement. Nous utilisons une ligne avec une bouée attachée, à la traine de notre poupe, afin de les dissuader de s'approcher trop près. Ils ont foncé droit dessus et ont détruit la ligne. Après plusieurs courses poursuites, ils se sont retirés. Et j’ai pu redescendre dans la cuisine pour préparer des biscuits pour le thé de l'après-midi.
Deux semaines écoulées depuis notre départ du port et nous commençons doucement à être limités en produits frais pouvant être utilisés. C'est un dosage subtil de préparations des aliments afin d’assurer que nous ne perdions pas de produits dès le début et d’encouragements pour que l’équipage mange les fruits et légumes que nous avons trop provisionnés... nous rationnons donc actuellement certains légumes tout en inondant les gens de melons avant qu’ils ne périment, ainsi que beaucoup de salades de fruits. Ah oui, et nous avons encore des avocats !
Une crise d'insomnie plus tard donna lieu à des petits pains anglais et gâteaux au chocolat, ainsi que du chocolat chaud à la cannelle pour l'équipage de la passerelle qui devait travailler tard.
Mercredi 23
Le déjeuner aujourd'hui était composé de samoussas et du curry de la veille ... Le dîner est actuellement en cours de discussion - Laura et moi venons d'avoir une conversation dépitée sur la façon d'utiliser les fleurs de courgettes... Il y a des jours où nous sommes plus inspirées que d’autres.
Les préparatifs de Noël sont en cours. Nous avons organisé un Père Noël secret, autrement qualifié de « programme d’échange de cadeaux pirates du 25 décembre pour ceux qui n’ont pas l’esprit de Noël ». L'idée est d’échanger un cadeau fait-maison ou recyclé après avoir tiré un nom d'un chapeau... Des menuisiers de talent, des artistes, des ouvriers métallurgistes, des couturières et des bricoleurs imrpovisés semblent être au travail sur leurs présents alors que mon esprit peu créatif se bat... un cours de cuisine ? Un maxi-bol de guacamole ? Les droits sur ma biographie dois-je me jeter par-dessus bord ? Un bon-cadeau à échanger contre une corvée particulièrement minable ? Restez à l’écoute ! Une mise à jour plus passionnante dans ma quête d'acceptation par mes pairs pirates sera disponible sous peu.
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Mardi 22 Décembre 2009
Le blog du Capitaine: les icebergs
Pethe bethune
Capitaine de l’ Ady Gil
« Eh les gars – y a un iceberg droit devant nous ! »
Mike est du premier quart du matin, et sa voix chaude me réveille d'un sommeil profond. L'équipage était épuisé après les dernières 24 heures sans sommeil et les fortes escarmouches avec les baleiniers, et aucun autre membre d’équipage ne doit être dérangé dans son repos, donc je me sors de ma couchette et je grimpe sur le siège du navigateur à côté de Mike.
"C'est là-bas", dit-il, en indiquant un iceberg à quelques miles devant nous. L’iceberg mesure quelques centaines de mètres de long, et quand nous nous rapprochons de lui, beaucoup de petits icebergs apparaissent dans l'eau. J'ai répété plus de 20 fois à l'équipage d’être super prudent lorsqu’on est de veille de quart. Si nous heurtions un seul iceberg, même petit, notre campagne dans l’Antarctique serait probablement terminée. Je ne peux m'empêcher de me le dire à nouveau.
On glisse silencieusement devant ce grand iceberg. Des oiseaux cerclent autour de la montagne de glace, plongeant et recueillant des petits morceaux d'aliments dans les eaux glaciales. Les icebergs fonctionnent un peu comme des dispositifs de concentration de poissons, à la façon des récifs flottants. Seulement ici le récif se désintègre peu à peu. Petits poissons, gros poissons, oiseaux et même les manchots partagent tous cet écosystème qui rétrécit malheureusement, en même temps que les iceberg fondent.
« Vous savez, beaucoup de gens parlent des couleurs incroyables à voir par ici », déclare Mike pensif. "Mais je ne les ai pas encore vues."
Je regarde l'iceberg, avec des grosses vagues s'écrasant sur sa face septentrionale. Il est simplement blanc, et l'eau est verte. « Vous savez, je trouve que la véritable beauté ici-bas est dans la nudité de cet environnement. Nous avons été en mer pendant près d'une semaine, et la seule chose que nous ayons vu au-dessus de l’océan est une paire d’icebergs se réduisant petit à petit. Romantique, et les photos des magazines montrent le ciel bleu et les icebergs, afin d’attirer les touristes par ici pour faire de l'argent. A certains égards, c’est comme les Japonais qui viennent aussi ici pour faire de l'argent. Mais la réalité est qu'il n'y a rien ici, au-dessus de l'eau en tous cas. C'est la façon qu’a la nature pour nous dire que nous ne devrions pas être ici. La nature a fait de cet endroit un des plus inhospitaliers de la terre ».
Nous sommes assis en silence pendant un moment, une paire de mecs simples qui essayent de penser profondément. Mike réfléchit et fronce son front "Ouais, mais sous l'eau c’est une toute autre histoire."
En effet, c’est presque tout le contraire sous la surface de l’océan. Ces eaux sont parmi les plus riches de la planète. Au cours de l'été, d'énormes quantités de plancton sont avalées par le krill, qui servira à son tour de base d'un immense écosystème. Les baleines viennent ici durant les mois d’été pour manger a satiété et s’engraisser lors d’une frénésie alimentaire durant trois mois.
"Pensez-vous que les Japonais vont un jour cesser de chasser les baleines par ici?" Mike change subitement de sujet.
« Je l'espère. Je ne serais pas venu jusqu’ici si je ne pensais pas que nous avions une chance de les arrêter. Et j’espère qu’après cette année de campagne, les japonais abandonneront. Nous n’avons rien à faire ici, mon ami. Les Japonais ne sont pas à leur place ici. Personne n’a sa place ici. Nous devrions simplement laisser tel quel le seul endroit sur Terre que l'homme n'a pas encore abimé ».
Mike hoche la tête en signe d'accord.
Le blog de l’Ady Gil vous a été transmis par Acer
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Lundi 21 Décembre 2009
Le blog du réfectoire: nouvelles de la cuisine du Steve Irwin
par Nicola Paris, second de cuisine à bord du M/Y Steve Irwin
Vendredi 18 Décembre 2009 :
La nuit des pizza – miam, délicieux – l‘équipage est heureux ! C est tout pour ce jour.
Samedi 19 Décembre 2009
Une journée inoubliable. Durant toute cette journée de confrontation [avec le Shonan Maru 2], nous avons travaillé dans des conditions difficiles et avons participé à certaines confrontations, parfois éprouvantes pour les nerfs, faisant partie de nos efforts pour arrêter la chasse illégale.
Pourtant, nous avons aussi eu le privilège de voir des endroits parmi les plus spectaculaires au monde. Aujourd'hui, j'ai mis le pied sur le continent Antarctique au Cap Denison. Les mots ne peuvent décrire la beauté du paysage. Nous avons été autorisés à nous promener jusqu’à la cabane de Douglas Mawson, refuge qui a été construit par un des premiers explorateurs de l'Antarctique en 1910. Nous avons pu rencontrer les personnes en charge de la conservation de cet important site historique ... et nous avons aussi pu faire connaissance avec les manchots Adélie, si bizarres, et qui ont la chance de partager ce lieu dont la beauté est à couper le souffle. Quelques uns de ces adorables manchots ont même sauté sur notre bateau pneumatique jusqu'à ce qu'ils se rendent compte que finalement ils ne voulaient pas rester à bord avec nous.
Puis, de retour au travail - nous avions invité l'équipe de la base Douglas Mawson pour le dîner à bord du Steve Irwin, et donc il a fallu cuisiner pour près de 60 personnes. Un bon curry, des sushis végétaliens, de la soupe et des strudel aux pommes pour le dessert ... et quelle activité surprenante en cuisine !
Oh – j’oubliais - plus tôt dans la journée plus de 20 membres d'équipage ont sauté du navire dans l'eau, une eau à zéro degré, pour une occasion rituelle de Sea Shepherd que nous appellons « nage avec les manchots ». Nous ne restons pas assez longtemps dans l’eau glaciale pour laisser du temps aux manchots de nous rejoindre ; et comme j'étais plutôt mal coordonnée sur ma sortie, et que je suis restée immergée un peu trop longtemps, je pense que mes pieds sont encore en train de décongeler.
Dimanche 20 Décembre 2009
Profitant du bref répit nous démarrons des travaux de grand nettoyage et rangements.
Déjeuner: Sauté de tofu et nouilles frites.
Dîner: pâtes cuisinées selon le style alfredo - vegan et du délicieux pain à l’ail fraîchement cuit.
En quittant la cuisine sur le chemin de mon lit, je remarquai que la lumière solaire était réfléchie à travers la pièce par la danse de l'eau - et je me suis alors dirigée vers le pont pour jouir du soleil, mais aussi d’un petit vent frisquet vers 11 heures du soir.
Lundi 21 Décembre 2009
Nous quittons notre havre de temps calme et beau pour nous diriger vers une zone aux vagues bien marquées et donc vers des heures de sommeil limité. Au déjeuner de la quinoa et de la soupe aux lentilles. Cet après-midi j'ai fait fondre du chocolat en morceaux, cuisiné un chili chaud et goûteux, et enfin un gâteau aux carottes. La flotte baleinière perd encore de l'argent en maintenant le Shonan Maru à notre suite. Nous sommes impatients de trouver le reste de la flotte bientôt.
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Dimanche 20 Décembre 2009
blog de la passerelle : Visite de Dumont d’Urville
Locky Maclean
Premier Officier, M/Y Steve Irwin
Vendredi 18 décembre, notre Capitaine m’a demandé de visiter la base française à Dumont d’Urville. Notre pilote d’hélicoptère qualifié Chris Aultman a fait voler le Kookaburra au-dessus du paysage extra-terrestre qu’est la côte antarctique pendant à peu près 50 miles nautiques.
Les signes de vie humaine contrastent avec le paysage blanc et bleu en-dessous. Des bâtiments rouges et beiges s’amoncèlent sur un petit amas de rochers, des mâts de radio et de lourds équipements, une piste d’aviation et un réseau de passerelles en métal galvanisé délimitent la station antarctique française en-dessous.
Être envoyé à la Station Dumont d’Urville au cours de l’été austral est une surprise bienvenue, car la base est une ruche d’activité pendant ces longues journées.
L’équipe à la base, conduite par Marie-France Roy, nous a très chaleureusement accueillis en nous offrant le déjeuner et en nous laissant faire flotter le drapeau Sea Shepherd sur la Taverne comme soutien de notre présence pour arrêter la chasse à la baleine dans les eaux antarctiques.
Nous avons pu poster les courriers au bureau de poste entièrement fonctionnel et rapporter des timbres du Territoire Antarctique pour l’équipage.
Une lettre officielle du Chef de la base, proposant son assistance et déclarant le soutien des Territoires Antarctiques Français à nos actions pour faire respecter les Recommandations de la CbI (une fin à la recherche meurtrière sur les cétacés) nous a été présentée et, avant que nous le sachions, Chris et moi glissions sur les ombres infinies de bleu noir vers le bateau, que Chris a reconnu à une distance impressionnante.
L’invitation pour visiter la base australienne au Cape Denison le jour juste après renforça le sentiment que notre présence sous ces latitudes pour défendre les baleines était véritablement bienvenue, et que le Shonan Maru No. 2, tapi cinq miles en dehors de la baie, était bien l’intrus non désiré.
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Samedi 19 Décembre 2009
blog de la Salle des Machines : Deuxième fois sur le continent
Par David Nickarz
Le capitaine m’a charrié en disant que j’étais un dégonflé parce que je ne suis pas allé nager avec les manchots. Presque tout l’équipage a enfilé sa tenue de natation et sauté dans l’eau, qui affiche zéro degré. J’ai préféré rester au chaud et au sec à bord du bateau. Je ne crois pas que cela soit lâche, c’est juste futé.
Plus tard ce jour, nous sommes tous allés visiter le Cape Denison, où une équipe d’australiens est en train de déterrer le vieux site de la cabane de Monson. Monson était un scientifique qui voulait faire de la recherche sur la côte antarctique au début du 20ème siècle. Sa cabane, qui était très petite, a abrité 18 personnes à l’intérieur pendant près de deux années. Il y a toujours des livres, des journaux et des bouteilles de verre pleines de médicaments qui trônent encore sur les étagères. Les vieilles lampes à gaz acétylène sont toujours là et tout est recouvert de glace. Certaines choses comme le vieux poêle ont été déterrés. Vraiment incroyable.
Cela m’a fait penser aux difficultés que nous avons à gérer, qui commencent sur un bateau en partageant les cabines. Nous nous voyons tous chaque jour et à chaque repas. Parfois cela peut être stressant et certains peuvent devenir irritables. Après avoir vu cette cabane, je ne pouvais m’imaginer comment des gens ont pu vivre comme ça. Notre bateau n’est peut-être pas très gros, mais il est bien plus confortable que ce vieux Farley Mowat que nous avons utilisé pour beaucoup de campagnes.
Ceci est ma deuxième fois en Antarctique. J’étais allé visiter la base française (juste à quelques miles de la cabane de Monson) en décembre 2002. Il y avait des milliers de Manchots Adélie là-bas, tout comme au Cape Denison.
Ce sont vraiment des animaux curieux. Nous nous sommes arrêtés au meilleur rocher pour amarrer notre zodiac et nous avons rencontré quelques uns des scientifiques, ainsi que quelques manchots. C’était dur de rencontrer tout le monde et de serrer ces mains alors que ces créatures étonnantes étaient juste quelques mètres plus loin. Un tout petit peu plus loin, il y avait une demi-douzaine de très gros phoques Weddell qui dormaient sur la glace.
Plus tard ce jour, nous avons eu les gens de la base pour diner. Ils ont apprécié la visite puisqu’ils s’apprêtaient à ne rencontrer personne d’autre jusqu’au mois de janvier. La météo était probablement la meilleure que nous aurions pu espérer. Il faisait chaud (autour de zéro degré) et ensoleillé. La vitesse moyenne du vent au Cape Denison est de 50 km/h. Ils ont parlé aussi de vents à plus de 200 km/h. C’est un des endroits les plus venteux sur terre.
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Vendredi 18 Décembre 2009
blog de la Salle des Machines : Un jour ordinaire en Antarctique
Par David Nickarz
Juste une salle des machines éteinte à surveiller et tout est calme et ennuyeux ici bas. Il fait également plus froid. Nous avons dû allumer le chauffage dans la salle de surveillance et les mécaniciens ont enfilé plusieurs couches de vêtements. Verser quelques litres d’huile de moteur prend deux fois plus de temps.
Nous avons eu une confrontation avec le Shonan Maru No. 2, un baleinier plus ancien qui nous suit maintenant depuis que nous avons quitté Fremantle. Quand Chris volait près du bateau pour prendre des photos, ils ont pointé sur lui le Dispositif Acoustique à Longue Portée (DALP), ce qui est une violation de la loi internationale. Après qu’il se soit posé, ils sont arrivés et ont allumé leur canons à eau, menaçant l’hélicoptère avant qu’il n’ait pu être rangé dans le hangar.
Après une courte poursuite et des manœuvres rapprochées, le bateau a repris sa position habituelle, nous suivant quelques miles derrière.
Plus tard dans la journée nous avons envoyé Chris et Locky à la base antarctique française Dumont d’Urville.
J’ai également donné une interview en direct avec la radio CbC de Winnipeg, au Canada. Je leur ai parlé de la confrontation de la veille, lorsque le Shonan Maru No. 2 a utilisé le DALP sur Chris dans l’hélicoptère.
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16 décembre 2009
blog du pont
Locky Maclean
Premier officier, M/Y Steve Irwin>
Tandis que le Steve Irwin se dirige vers le Sud, les jours rallongent. C’est l’été austral, et bientôt ce sera le jour le plus long dans l’hémisphère Sud.
Nous avons rencontré la glace rapidement sur le chemin du Sud à partir de Fremantle. En fait, nous étions encore dans les Quarantièmes Rugissants quand nous avons aperçu le premier iceberg. Plusieurs grands icebergs ont été signalés plus loin au Nord, cette année. Ce qu’il reste du dernier âge de glace se mélange aux eaux de l’Océan austral.
Durant notre confrontation avec le Shonan Maru II, le capitaine Paul Watson a piloté le Steve Irwin au beau milieu des grondements d’un iceberg escarpé tandis que nous jouions au chat et à la souris avec le bateau tueur. Nous étions poursuivis par le Shonan Maru II jusqu’au moment où nous avons disparu derrière l’iceberg. Là, le capitaine en a profité pour faire un demi-tour soudain et nous faire surgir du rideau de glace pour engager un face-à-face.
Le Shonan Maru II était pris par surprise, tandis qu’une épaisse fumée noire sortait de sa cheminée, conséquence de sa poursuite vers le Nord, nous talonnant de près.
Maintenant, c’était le Steve Irwin qui donnait la chasse.
Tandis que j’étais aux manœuvres et que je regardais alternativement les écrans de contrôle et ce qui se passait dehors par la fenêtre du pont, je ne pouvais m’empêcher d’être fier d’appartenir à cette grande équipe, depuis ceux qui nous ont aidé à préparer et mettre à l’eau notre bateau à Fremantle, jusqu’aux ingénieurs qui surveillent les jauges de température dans la salle des machines.
Nous avons eu un gros travail cette année, les braconniers se sont accordés un permis de chasse de 900 petits rorquals et rorquals communs ainsi que 50 baleines à bosse, mais grâce à toutes les aides et tous les soutiens, nous sommes ici, à l’approche du Sanctuaire des baleines de l’Antarctique, plus préparés et optimistes que jamais quant à l’issue de cette chasse illégale.
Encore un grand merci à tous ceux qui ont œuvré pour que le lancement de cette campagne devienne réalité. Ensemble, nous voguons droit devant pour mettre fin à ce braconnage illégal contre les baleines, dans leur vaste cimetière désolé.
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15 décembre 2009
Le blog Médical du Steve Irwin
par le Dr Merryn Redenbach
Nous sommes en mer depuis 7 jours maintenant, dans notre long voyage vers l'Antarctique et la vie s’est transformée en une routine, interrompue par des bouffées d'excitation lorsque le navire harponneur qui nous espionne et nous suit depuis que nous avons quitté les eaux australiennes, se rapproche soudainement tout près.
Les premiers jours ont été très occupés à l’infirmerie. Pour commencer, nous avions besoin de trier et de ranger une grande quantité de fournitures médicales essentielles offertes par nos merveilleux supporters en Australie occidentale, à Victoria, et au-delà. Les premiers jours de campagne sont aussi les plus actifs pour soigner les malades de la mer, le surmenage et les blessures causés par l'agitation du départ lorsque notre équipage à du faire un travail énorme pour nous préparer à partir à l'heure.
Cette année, nous avons une salle médicale dédiée et deux grands placards de rangement, un chariot d'urgence, des couchettes, et un bureau avec deux étagères pour les livres de références médicales.
Grace aux dons et au travail acharné de nos bénévoles médicaux, nous sommes mieux préparés que jamais pour offrir des soins et une assistance d'urgence pour nos équipages. Nous avons l'équipement de surveillance, de l'oxygène et des capacités d'aspiration, le matériel d'évacuation, une large gamme de médicaments essentiels, un défibrillateur externe automatique, ainsi qu'une grande variété de livres médicaux et DVD importants car nous ne pouvons pas accéder à Internet.
Notre équipe médicale cette année se compose de talents multiples tel que Race brian, un pompier volontaire américain et sauveteur médical d'urgence, et de James brook, un Australien, chirurgien et musicien, et de moi-même, une stagiaire médecin pédiatrique Australienne. James et brian ont travaillé dur pour recevoir des dons, commander des consommables médicaux, mettre en place le nouveau cabinet médical, et se familiariser avec notre nouvel équipement. L'organisation et la fonctionnalité de notre nouvelle salle médicale est un témoignage de leur travail acharné ainsi que de la générosité de nos donateurs.
Lors de notre première nuit agitée en mer, j'ai dormi dans la salle médicale pour m'assurer qu'aucun de notre matérie ne se soit desserré. Cela a assez bien résisté sauf pour une centaine de pages imprimées de l ‘« Australian Resuscitation Council » qui ont terminé un peu partout dans le bureau!
Hier, brian, James, et moi-même avons commencé une formation supplémentaire sur les procédures d'urgences qui enseignent à poser des lignes intraveineuses pour les scénarios plus que réels de réanimation. En l'absence de mannequins d'entraînement, ils ont testé sur moi, une bonne action en remboursement pour les nombreux patients qui m'ont aidé dans ma formation.
Quand notre petit bateau sortit pour la première fois hier, nous l'utilisâmes l’occasion pour mettre en place un scénario de victime potentielle d'hypothermie . Heureusement, tout le monde est rentré en toute sécurité, et dans la plage normale de température!, Mais étant ainsi préparé fera une différence critique en cas d'urgence.
Plus nous nous rapprochons de l'Antarctique, plus nos pensées reviennent toujours à notre mission: protéger la vie des magnifiques créatures qui partagent notre monde, que nous commençons seulement à comprendre. Leur existence, comme tant d'autres espèces, est tragiquement menacée par les actions humaines.
Nous savons que pendant que nous mettons notre vie en danger pour sauver un millier de baleines et préserver notre environnement marin fragile, beaucoup plus de gens sur la terre passent également leur travail et des heures supplémentaires ainsi luttant pour préserver nos océans, les habitats terrestres et, le plus urgent, notre atmosphère. Vous êtes aussi dans nos pensées!
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13 décembre 2009
Le bateau Espion
brent King
Matelot M / Y Steve Irwin
Le navire espion nous nargue. Parfois, il se glisse vers nous jusqu'à ce qu'il soit tout près, mais à quelques miles à l'arrière, on peut clairement voir le harpon sur la proue. Sa superstructure roule violemment dans ces mers rayonnantes comme si il était un chien enragé courant aveuglément parmi une foule de chevaux blancs. Il serait au-dessus de nous, si il était à côté, pourtant, il reste en arrière. Souvent, il suit juste au-delà de notre horizon de sorte que seul un bip sur notre radar indique sa présence.
Nos moteurs tournent. Les pistons font feu, les manivelles ronflent, et l’hélice tourne sur elle-même un millier de fois par minute. Quatre pales fortes comme du tire-bouchon en laiton nous poussent à travers l'eau sur les mers sauvages. Le vrombissement incessant des moteurs diesel envahit tous les espaces de notre navire. Quand je rêve, je rêve de monter un démon hurlant à la lisière du monde avec un autre, proche, poursuivant derrière. Quand je me réveille, les moteurs continuent à hurler et le navire espion est toujours la à mordiller nos talons.
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11 Décembre 2009
Le jour du grand départ
Nicola Paris
Second de cuisine, à bord du M/Y Steve Irwin
C'est un soulagement de prendre enfin le grand large. On a travaillé sur le navire pendant des mois pour arriver à ce point. Étonnant et presque surréaliste par moments. Un orchestre de tambours, avec Terri, bindi et bob Irwin, ainsi que plein de soutien et de fans criant « Irwin ». Quitter ma ville natale implique que j’avais plein de famille et d’amis à embrasser avant de prendre le large, ce qui a été un plaisir rare.
Le soutien que nous avons reçu à Perth a été extraordinaire. Nous avons reçu des centaines de kilos de produits frais et d’articles de mercerie ; il y a beaucoup trop de donateurs pour tous les énumérer ici, mais quant à la nourriture, un merci spécial pour John Mercer, Kakulas, Manna, Cruelty Free WA, et pour toutes les personnes qui ont fait de petits ou grands dons de nourriture et d'argent. Nous avons maintenant à disposition des stocks de la meilleure qualité, des produits frais à cuire, et de la nourriture végétalienne pour satisfaire plus de 40 personnes pendant plusieurs mois.
Et maintenant, les quais du port ont disparu de notre vision, et nous sommes bien partis pour faire notre travail. Nous sommes prêts à y aller. Nous sommes optimistes. Ce sera un peu difficile d’aller à l’épicerie du coin s’il manque quelque chose quand nous serons en Antarctique. J’écrirai ce blog à mes moments libres quand nous sommes en mer, et je vais donner quelques conseils et des recettes pour tous les cuisiniers, parler aussi de ce qu’est la cuisine dans une mer agitée, et discourir de la vie en général sur le navire.
Premier Jour
Quelques personnes semblent être absentes au début, et le navire est souvent particulièrement tranquille quand nous partons. Chacun essaie d’acquérir le pied marin, on voit des gens se promener dans le navire pour savoir qui est vraiment malade, qui a besoin de gingembre, et qui résiste mieux que ce qu'ils pensaient . Nous essayons de faire simple, les aliments sont peu épicés pour ne pas trop solliciter les estomacs.
L'un de nos photographes, barbara, nous a rejoint dans la cuisine pour nous aider à faire une sauce farofa pour les feijoadayuuuuuuuuum
Déjeuner – riz au four, salade verte, jus de fruits frais
Dîner - Feijoada: un plat brésilien de haricots, avec de la salsa et du guacamole pas du tout brésilien
Jour 2
Déjeuner: sandwiches aux légumes grillés, avec des petits pains cuits
Dîner: Un plat de fête thailandais : des nouilles à la noix de coco et des légumes frits à la poële
Nous sommes trois à la cuisine pour cette campagne: moi-même, notre chef cuisinier Laura, et Vera. Nous aurons à préparer la nourriture pour plus de 40 personnes par jour: petit-déjeuner, déjeuner, thé l'après-midi ainsi que le pain frais à réaliser nous-mêmes.
Nous avons le problème insolite d'une surabondance d’avocats et je m’essaye au plus grand nombre de variantes de guacamole je puisse imaginer. L'équipage pourrait bien verdir un peu prochainement, mais pour de multiples raisons.
Dormir est un défi dans cette météo agitée : je partage une cabine située dans la partie du navire qui est appelée « gravité zéro » parce c’est une des zones les plus stables. C’est toujours stressant d'être fatigué quand on est dans un environnement de travail entouré d’objets chauds, pointus, et coupants.
Les conseils du jour pour la cuisine : Quand les vagues viennent s’écraser contre les hublots comme dans une machine à laver, alors c’est pas une bonne idée de servir de la soupe.
Nous avons corrigé nos montres pour nous ajuster à l’heure australe ; ainsi je me lèverai à trois heures du matin pour préparer le petit-déjeuner.
Jour 3
C’est bon, j’ai réussi le petit déjeuner, y compris des avocats qu’il a fallu écraser durant quelques heures. Déjeuner avec des avocats, dîner avec des avocats, et maintenant je suis sur le point de faire un dessert supplémentaire avec d’autres avocats. Nous avons eu notre premier accident culinaire aujourd’hui lorsque la moitié de la sauce des pizza calzone s’est épandue au sol. Surement pas le dernier accident en cuisine, j‘en suis certaine.
Déjeuner: Un assortiment de salades, du couscous, et du faux poulet.
Dîner: Calzones, sauce aux champignons et des tranches de banane avec des flocons d’avoine
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09 Décembre 2009
Départ pour la bataille
James brook, d’Australie
Premier Matelot, à bord du M/Y Steve Irwin
Il est difficile de croire que nous avons finalement démarré cette campagne pour de vrai. Pour moi et les autres personnels de bord qui ont travaillé sur le bateau pendant les neuf derniers mois, cela a été un long chemin pour ce bel aboutissement. Comme la foule à Freemantle nous a chaudement encouragés, j ai eu le sentiment que nous étions une armée de citoyens, soutenus par la population locale pour rejeter un ennemi envahisseur. Et en fait c est exactement ce que nous sommes. Notre financement provient de la population du monde, notre équipe compte de nombreuses nationalités, et nous allons à la guerre. A la guerre pour lutter contre ceux qui transforment notre planète par le gaspillage et la vacuité. Une planète qui, depuis des temps immémoriaux, a abrité dans l'harmonie tant d'espèces différentes de plantes et d'animaux.
Après avoir quitté le port de Freemantle le lundi matin, nous jetons l'ancre au large et passons la nuit et le jour suivant à la complexe préparation du navire pour l'océan Austral. Deux d'entre nous ont plongé sous la coque pour l'inspecter, et pour contrôler la croissance des crustacés et autres algues sur l’hélice, et l'équipage de pont a travaillé jusqu'à minuit pour parvenir à amarrer tous les objets sur les ponts et dans les coursives, afin que tout reste à sa place par forte mer.
J'avais pitié pour certains membres d’équipage qui avaient déjà le mal de mer lors de l’exercice indispensable d’enfilage des combinaisons de survie en cas d’immersion. Pour certains d'entre nous, c'était la première fois que nous étions filmés par l'équipe de télévision d’Animal Planet, et c’est encore un peu perturbant d’avoir notre vie quotidienne enregistrée.
Grand merci aux milliers de personnes qui nous ont soutenus avec de l'argent, de la nourriture, du temps libre, et toutes sortes d’aides. L'équipage est très déterminé. Nous savons que c'est une grande chance de vraiment mettre fin à la chasse illégale cette année, et espérons-le, un exemple pour les peuples du monde que partout, nous devons nous battre pour protéger notre planète et ses créatures de l'extinction d'origine humaine. Amicalement à tous, et on y va !
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22 octobre 2009
Préparations
Stephen bennett
3ème ingénieur - M/Y Steve Irwin
Les océans représentent 99 % de l'espace vital de la planète. Si vous faites la somme de toute la surface terrestre et de la mince couche d'air qui permet aux créatures qui respirent l'air de respirer, c’est seulement 1 % de l’espace où la vie peut survivre sur la planète. Le reste est dans l'océan.
Mal de mer : la crise écologique cachée des océans.
Ce sera ma troisième campagne contre la chasse à la baleine en Antarctique, et pendant que les autres membres de l’équipage et moi-même entamons les préparations pour le prochain voyage, la phrase ci-dessus est juste l’un des nombreux faits similaires qui tournent dans ma tête. C’est l’une des forces directrices qui me poussent à agir et conforte ma résolution pour ces campagnes.
A la fin de cette année, une flotte de 7 navires de chasse à la baleine, soutenue par le gouvernement japonais et tolérée par le reste des gouvernements mondiaux, partira du Japon et fera cap vers le sud à destination des eaux glacées de l’Antarctique, avec pour objectif de détruire plus de 900 baleines. Nous ferons également route vers le sud, un groupe seul, pour intercepter et intervenir dans leur plan brutal.
Je sens que cette prochaine campagne pourrait être une fuite en avant, avec des chasseurs ayant subi de lourdes pertes économiques ces quelques dernières années à cause de nos actions et une escalade des confrontations. Je sens qu’elle pourrait être la goutte d’eau qui fait déborder leurs pertes économiques et que nous pourrions voir une issue à cette poursuite malsaine du profit au prix de tant de vies. Quand je pense à la détente que l’on presse sur un fusil-harpon et au moment où ce lourd morceau d’acier émoussé déchire le dos d’une baleine curieuse, je sais plus que jamais qu’il n’y a pas d’autre endroit où je voudrais plus être qu’ici, sur ce bateau, me préparant pour la campagne. En transformant mes sentiments en actes.
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30 septembre 2009
Une recette pour l’action
Wietse van der Werf
Menuisier - M/Y Steve Irwin
Loin des actions en haute mer et des projecteurs, le Steve Irwin est désormais un bateau assez différent de celui que j’ai laissé au milieu de notre dernière Campagne en Antarctique : l’Opération Musashi.
L’écaillage de la peinture, le vernissage, le ponçage et le nettoyage remplissent une grande partie de nos journées. bien que la préparation du bateau pour notre 6ème Campagne de Défense des baleines en Antarctique ne soit pas l’occupation la plus glamour, c’est certainement l’une des plus utiles. Nous travaillons pour remettre notre navire de 35 ans en pleine forme pour affronter non seulement les eaux hostiles de l’Océan Austral mais également une course poursuite potentiellement risquée avec une flotte de chasse à la baleine forte de 7 bateaux.
Mettre les voiles vers le Sud avec le bateau le plus équipé et le mieux entretenu possible, dans la limite de nos ressources, est essentiel pour que notre campagne –faire cesser le son des harpons pirates dans le Sanctuaire des baleines de l’Océan Austral une bonne fois pour toutes– réussisse.
Comme charpentier du bateau je m'occupe de la majeure partie de l’intérieur du bateau. La réparation, le remplacement ou la construction de bancs, de couchettes, de bureaux, d’étagères et de meubles remplissent la majorité de ma liste de tâches à réaliser. L'année dernière, nous avons réaménagé la cuisine, nous avons construit des bureaux et des couchettes pour recevoir l’équipe de télévision et travaillé sur l'armoire aux toiles cirées, afin que nos combinaisons de survie et nos vêtements ‘tous temps’ puissent être secs et rangés correctement. Cette année, nous sommes occupés à remettre le réfectoire de l'équipage en bon état et une nouvelle armoire médicale au cas où.
Une des choses les plus motivantes lorsque tu travailles avec Sea Shepherd, c'est de savoir que tu fais la différence. C’est savoir que chaque jour quand tu se lèves et que tu commences le travail de la journée, tu fais en sorte que notre mission, protéger les océans et leur faune des atrocités auxquelles ils sont soumis, puisse être menée à bien de la manière la plus professionnelle et efficace possible. Les deux principaux ingrédients de la recette pour une action de protection efficace sont le dévouement et l'engagement. Ajoutez à cela une grande part de passion et une cuillerée de travail acharné et bloquer ceux qui terrorisent les océans est un rêve qui peut devenir réalité.
Je ne me fais pas d’illusion sur le fait que la tâche qui nous attend est énorme, difficile et potentiellement dangereuse. De nombreux obstacles se mettront en travers de notre route, comme beaucoup l’ont été dans le passé. Toutefois, il ya cinq ans, l'idée selon laquelle une bande de pirates au bon cœur pourrait stopper les tueries dans l'océan Austral, mieux que toute la diplomatie internationale et la sorcellerie politique ne l’a fait au cours des 25 dernières années, aurait été tournée en ridicule. Alors, c’était un rêve. Désormais, avec le soutien de nombreuses personnes dans le monde, nous pouvons le rendre réel. Nous naviguerons dans les zones de chasse à la baleine et nous serons pris au sérieux. Et nous voulons être pris au sérieux, parce que si quelque chose doit être pris au sérieux, c'est le sort critique des baleines. Car si nous ne pouvons sauver ces belles créatures, magnifiques et intelligentes, qui jouissent d’une protection plus grande en termes de lois, accords et traités internationaux que n’importe quelle autre espèce, alors que pouvons-nous sauver ?
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27 Septembre 2009
Un Rêve devenu Réalité
Chad Halstead
Matelot – M/Y Steve Irwin
Je peux me rappeler étant enfant la première fois que je suis tombé sur un article de magazine sur les assauts du vaisseau baleinier pirate tristement célèbre, le Sierra, et sur le seul homme, Paul Watson, qui ait depuis fondé une des plus efficaces et fructueuses organisations d’action directe de conservation ces derniers temps. J’ai suivi au fil des années les campagnes et les événements, tout comme les tactiques et les stratégies, de Sea Shepherd et j’ai immédiatement réalisé que c’était là que je rêvais de me retrouver un jour. J’ai postulé comme membre de l’équipage dès que j’ai su que je pourrais consacrer des semaines, des mois et des années de mon temps sans aucun obstacle ou autre pour me retenir. Je voulais être l’une des 45 personnes suffisamment courageuses pour risquer ce qu’il fallait pour changer les choses, plutôt que de rester sur le rivage à discuter de la manière dont j’aurais souhaité que les choses se passent.
Depuis mon arrivée sur le Steve Irwin, j’ai appris beaucoup de choses sur ce qu’il faut pour entretenir un bateau et à quel point le travail au port est important pour mener une campagne en mer. En Travaillant sur un bateau qui a presque 35 ans, il faut constamment remettre en place, modifier et peindre d’un endroit à l’autre. Les journées d’un matelot sont longues et dures, mais hautement gratifiantes. Les gens demandent souvent ce que ça fait de travailler pour une organisation de volontaires non payés et ma réponse habituelle est :
« C’est mieux que n’importe lequel des emplois de salarié que j’ai eu. »
Je ne peux trouver une meilleure raison de travailler, sachant que chaque heure et chaque journée de labeur vont directement œuvrer pour changer quelque chose de si important pour moi : l’inutile, illégal et hors-la-loi massacre qui a lieu à travers les océans de notre planète. C’est un sentiment génial que de faire partie d’un petit groupe de gens si déterminés venant de tous les horizons, qui ont foi dans les actions plutôt que les paroles, dans le monde futur plutôt que le moment présent, et dans le respect de l’environnement plutôt que dans la destruction avide et égoïste de tout ce qui se trouve à leur portée ou, dans ce cas, tout ce qui se trouve à portée de harpon, d’hameçon, de filet ou de fusil. C’est hallucinant de voir jusqu’où cette organisation a pu aller en 30 ans et de penser jusqu’où nous irons d’ici 30 années de plus. Notre détermination est la clef de notre succès et s’il est une chose à laquelle il faut s’attendre, c’est à notre victoire dans cette bataille. Tu ne peux jamais perdre si tu ne renonces jamais et c’est exactement notre position.
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23 Septembre 2009
Prêts à naviguer
Par benjamin baldwin
Responsable du navire – M/Y Steve Irwin
Après de longs mois au port à réparer et à remettre en ordre le Steve Irwin, nous sommes finalement prêts à mettre les voiles.
Mon plus grand plaisir a été de travailler aux côtés d’un équipage si dévoué. Tout le monde a travaillé 24h/24 afin de garantir que ce navire soit l’outil le plus efficace pour arrêter le massacre dans l’Océan Austral. Nous avons fait de nombreuses améliorations tout au long de l’année et je voudrais remercier chaque membre de l’équipage pour son dur labeur, sa persévérance et son sacrifice.
Maintenant, nous attendons tous avec impatience notre tour d’Australie, au cours duquel nous visiterons différents ports pour remercier nous supporters et où nous ouvrirons nos portes à des visites gratuites afin que chacun ait l’opportunité d’en apprendre un peu plus sur Sea Shepherd.
Une fois que nous aurons terminé le tour promotionnel et les provisions de dernière minute, nous dirons au revoir à notre famille et à nos amis sur les docks et nous foncerons vers le Sud pour nous concentrer sur le plus grand objectif que nous ayons eu à affronter et nous sommes tous prêts.
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