22/06/2009 - La Loufoque Commission Baleinière Internationale se met en route à Madère
Rapport du Capitaine Paul Watson

Paul

Le Capitaine Paul Watson aterrit au Portugal où il est détenu pendant quatre heures par les Douanes

Le voyage vers la 61ème réunion annuelle de la Commission Baleinière Internationale a tourné à l'aventure aussitôt que l'avion de la TAP a atterri  à l'aéroport de Funchal et que Deborah Bassett et moi avons posé le pied sur le tarmac pour nous diriger vers le hall d'arrivée.

Je n'avais aucune raison d'être inquiet en me dirigeant vers le Contrôle de l'Immigration et en leur tendant mon passeport. L'officier a pris le passeport, a passé la bande magnétique dans la machine et j'ai vu son visage s'assombrir.

"Excusez moi Monsieur, il semble y avoir un problème" m' a-t-il dit  "Je pense que quelqu'un d'autre doit avoir un nom semblable au vôtre. Voudriez vous attendre jusqu'à ce que j'en ai terminé avec les autres passagers ? "

Deborah et moi sommes alors passés à la fin de la queue. Quand nous sommes arrivés devant l'officier, il nous a demandé de le suivre jusqu'à une petite pièce où nous nous sommes assis et nous sommes restés là quatre heures pendant que l'on fouillait nos valises.

A un moment  l'officier est entré dans la pièce et m'a demandé si j'avais déjà eu des problèmes au Portugal en ajoutant ensuite "quelque chose à propos d'un bateau Hollandais il y a à peu près dix ans ? "

"Hmmm ... je ne suis pas au courant d'un bateau hollandais il y a dix ans " lui ai-je répondu.

Un moment plus tard, il est revenu et m'a dit "Excusez moi , avez vous fait quelque chose d'illégal dans les années 70 au Portugal ? "

"Je ne pense pas, non. Je fais appliquer les lois, je ne les enfreins pas" lui ai-je répondu.

"Hé bien il semble que vous ayez fait quelque chose dans le Nord du Portugal dans les années 70" me dit-il.

"Oh ils se réfèrent sûrement à la fois où j'ai pourchassé le baleinier pirate le Sierra jusque dans le port de Lexington et où je l'ai éperonné deux fois. Je ne pense pas que c'était illégal, on ne m'a jamais informé d'une action en justice. Le Capitaine du Port allait porter plainte pour imprudence aggravée mais je lui ai dit qu'il n'avait jamais été question d'imprudence, j'avais heurté le navire exactement où j'avais prévu de le faire. Il m'a dit alors qu'il ne pouvait trouver qui était  le propriétaire du Sierra et que j'étais libre de repartir."

L'officier m'a  regardé d'un air incrédule et  m'a dit  alors : " Il semble y avoir un mandat en cours en relation avec un incident au Nord du Portugal, pouvez vous attendre s'il vous plait que j'ai plus de renseignements?"

Je n'avais pas trop le choix et j'ai donc repris un siège. Deborah m'a demandé ce qui allait se passer  à mon avis.

"Eh bien, " lui ai-je dit  "je vois trois options. On m'arrête et  les journaux en parlent, on m'expulse et les journaux en parlent, ou ils nous laissent entrer à Madère et les journaux en parlent. Les trois options sont prometteuses."

Finalement l'officier est revenu et nous a dit que nous avions le droit d'entrer à Madère. Apparemment  il y avait effectivement un mandat demandant mon arrestation et il avait été émis en 1980. Le mandat était en rapport avec la destruction totale du baleinier pirate le Sierra  que nous avions éperonné en 1979. Le 6 février 1980 après plus d'un million de dollars de réparations, le Sierra avait été coulé à quai dans le port de Lisbonne.

Le mandat cependant avait expiré en 2008.

J'ai passé la douane avec Deborah où deux officiers sympathiques qui étaient des fans de Whale Wars ont inspecté nos bagages  et ensuite ce fut le trajet en taxi pour rejoindre l'hôtel et s'inscrire à la Conférence.  Nous avions loué des chambres un an à l'avance et en tant qu'hôtes enregistrés nous ne pouvions pas être expulsés de l'hôtel.

Le gouvernement portugais avait délibérément décidé d'accueillir la rencontre à Madère pour que les manifestants aient plus de mal à venir d'Europe continentale.  La police avait aussi pour instruction d'empêcher qui que ce soit portant les logos Sea Shepherd d'entrer à l'hôtel.

La 61ème réunion de  la Commission Baleinière Internationale a commencé de la même manière ennuyeuse que les rencontres des années précédentes. Le Dr Roger Payne a fait remarquer sarcastiquement que  les mêmes communications et les mêmes discussions qu'en 1971 auraient parfaitement convenu à l'agenda de cette année.

Du côté plus animé, la délégation australienne parlait vraiment fermement pour la première fois depuis que le Sénateur Ian Campbell est son porte-parole officiel à la Commission. Les Japonais parlent tout bas de remettre les baleines à bosses sur leur liste de proies. Le Groenland veut tuer des baleines à bosses.  L'Islande veut  tuer des  rorquals communs. La Corée veut maintenant se mettre à  tuer la baleine, la Norvège veut tuer encore plus de petits rorquals et le Japon veut tuer tout ce qui nage et respire de l’air.

Parce que Sea Shepherd n'a pas le droit d'assister à la réunion de la CBI, ses membres d'équipage qui viennent d'Australie, du Canada, de  Grande Bretagne, des Pays Bas, de Nouvelle Zélande et des Etats Unis traînent autour de l'entrée de l'hôtel et intimident les baleiniers, ce qui est toujours amusant .

Une douzaine de membres de la délégation japonaise allaient entrer dans le restaurant de la piscine découverte  quand ils m'ont vu assis à une table.  Ce fut comique de les voir s'arrêter, bouches grandes ouvertes et mâchoires tombantes, pour ensuite tourner les talons prestement et courir à la recherche d'un autre restaurant.

Et  lorsque le Dr Sydney Holt , une des autorités mondiales les plus distinguées au sujet  des baleines et de la chasse à la baleine et de la CBI, s'est approché de moi pour me dire qu'il était un fervent supporter de Sea Shepherd et qu'il acceptait mon invitation pour devenir membre du conseil de surveillance de Sea Shepherd   ce fut pour moi le meilleur moment de la journée!!

A la fin de la journée les délégués, les ONG approuvées et les medias sont partis en bus à la réception donnée par les  autorités portugaise. Nous n'étions pas invités bien entendu, mais nous étions à la porte et nous les avons  accompagnés vers la sortie en souriant à la délégation japonaise dont un membre a même pris une photo de moi en douce.

Le commissaire américain Bill Hogarth s'est arrêté et m'a serré la main en public, à la grande horreur des délégués japonais qui regardaient.

Et ainsi s'est terminé le premier jour. Ma prédiction est qu'une fois encore, rien ne sera résolu et rien ne sera décidé. Le Japon produira une autre motion pour condamner Sea Shepherd, les baleiniers pleurnicheront pour avoir plus de victimes, les nations qui défendent les baleines gesticuleront et prendront la pose et les baleiniers hors la loi continueront à tuer des baleines sans aucune autre opposition que celle des équipages de Sea Shepherd.

C'est à la fois ironique et absurde que la seule organisation qui sauve vraiment la vie des baleines, qui intervient vraiment contre la chasse illégale, soit la seule organisation qui ne soit pas officiellement autorisée à participer aux réunions de la CBI.

Ce soir alors que les baleiniers et leurs adversaires étaient coude à coude et buvaient du vin portugais et du Porto et critiquaient mutuellement Sea Shepherd et ses tactiques excessives, l'équipage de Sea Shepherd était réuni pour organiser l'annonce dans les deux prochains jours de notre 6ème campagne de défense des baleines dans l'Océan Austral.

C'est une grande chose d'être les Dames de la Nuit de ce mouvement . Il y a beaucoup de délégués du côté de la conservation qui sont d'accord avec nous mais ne veulent pas être vus avec nous en plein jour.  Mais le véritable grand avantage d'être bannis de la CBI c'est que nous n'avons pas à assister à ces réunions ennuyeuses. Il nous incombe juste de surveiller les règlements et  puis redescendre plein sud dans l'Océan Austral en Décembre pour une fois de plus botter le cul des baleiniers japonais.

photos par Deborah Bassett.

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Le Capitaine Paul Watson accueille la délégation Japonaise

Paul
La Capitaine Paul Watson est interviewé par la Presse portugaise

Bill Hogart & Paul
Le Capitaine Paul Watson serra la main de William Hogarth,
Délgégué américain à la CBI

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