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Ecologie sans Frontières
GRENELLE DE LA MER / ALLIANCE POUR LA MER
PROPOSITIONS SEA SHEPHERD
ET ECOLOGIE SANS FRONTIERE
Les ONG "Ecologie sans Frontière",
partie prenante du Grenelle de l'environnement, et "Sea Shepherd International" souhaitent s'associer aux
réflexions du Grenelle de la mer, et apporter des propositions fortes et innovantes à ce débat.
Voici donc quelques unes des propositions (telles la création d'une Police des Mers, un Grenelle africain de la mer,
la mise en place de sanctions financières pour lutter contre la pêche illégale ...) que nous avons transmises au
Ministre d'Etat Jean-Louis Borloo, afin qu'elles puissent être prises en compte dans cette grande réflexion nationale.
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La surpêche est la première menace qui pèse sur les océans, pêche industrielle en grande partie financée par l’Europe et pêche illégale sont les principaux responsables (plus de 40% de la pêche en Méditerranée est illégale !). 80% des pêcheries sont exploitées au maximum, en cours d’effondrement ou déjà effondrées (FAO). En sont victimes : la biodiversité marine et les écosystèmes marins mais aussi les pêcheurs artisanaux qui représentent 98% des pêcheurs dans le monde. 66 000 emplois de pêcheurs ont été perdus en Europe sur les dix dernières années, et 8000 disparaissent chaque année. Parallèlement, la pêche illégale génère un chiffre d’affaire évalué au niveau mondial à 10 milliards d’euros.
Méditerranée :
- Moratoire complet sur la pêche industrielle en Méditerranée pour une période de 20 ans afin de laisser aux populations le temps de se régénérer.
Interdiction effective des bateaux à senne tournante et chaluts de fond. Démantèlement des fermes d’élevage de thons implantées sans autorisation et gel des permis pour enrayer leur expansion.
- Création d’une Police des Mers
En Méditerranée, il règne une scandaleuse impunité en matière de pêche illégale, largement documentée par l’ONG Oceana. Il est urgent de mettre en place de véritables patrouilles anti braconnage, chargées de repérer et d’appréhender les bateaux pêchant illégalement (pêche hors saison, au sein de zones marines protégées, techniques de pêche illégales, ciblage d’espèces protégées, d’individus juvéniles, falsification de quotas, transbordement en mer, pavillons de complaisance ect…). D’anciens pêcheurs, évincés par la pêche industrielle et la pêche pirate pourraient ainsi être fonctionnarisés en tant que « gardiens des ressources marines ». Ils connaissent la mer, les lieux de pêche et sont les premières victimes humaines de la pêche industrielle et/ou illégale.
Alors que les filets dérivants sont interdits par l’ONU depuis 1992 et par l’UE depuis 2002, leur utilisation illégale reste la principale cause de mortalité de milliers de mammifères marins. Les pêcheurs utilisant les « rideaux de la mort » ont pourtant reçu des subventions pour financer leur reconversion vers des techniques moins aveuglément destructrices. Il est nécessaire d’identifier les contrevenants et de leur réclamer le remboursement des sommes perçues à cet effet. Sea Shepherd propose au gouvernement de travailler en partenariat (à l’instar de la coopération mise en place dans l’Archipel des Galápagos avec le gouvernement équatorien) pour lutter contre la pêche illégale notamment mais non exclusivement contre l’utilisation de filets dérivants en Méditerranée qui a déjà valu à la France plusieurs rappels à l’ordre par l’UE.
- Reconversion des pêcheurs en guides touristiques et ou fonctionnaires de surveillance. Les nombreux mammifères marins de Méditerranée représentent un potentiel de « Whale Watching » considérable et largement sous exploité. La reconversion et la création de postes de guides marins peut être financée grâce à une réorientation des subventions européennes qui subventionnent aujourd’hui des pêcheries destructrices et non responsables.
A l’échelle nationale :
- Campagnes Nationales de Récupération des pêcheries fantômes : il s’agit d’engins de pêches, de casiers, de filets ou de palangres perdus ou abandonnés en mer par les pêcheurs. Pendant de nombreuses années ils continuent de tuer par milliers poissons, tortues, oiseaux et mammifères marins. De nombreuses images sous marines en témoignent. On estime qu’à certains endroits, la pêche fantôme surpasse la pêche active et affecte de façon considérable la vie marine et représente un scandale éthique et écologique qui ne saurait être ignoré plus longtemps.
Sea Shepherd propose de mettre au service de l’Etat français son expérience, ses navires et ses équipages dans le cadre de campagnes visant à récupérer ces engins de carnage.
- Instituer en France et en Union Européenne l’équivalent américain du Lacey Act appliqué aux espèces marines afin d’enrayer efficacement la pêche illégale et hors quota. Le Lacey Act interdit l’import, l’export, le transport, la vente, la réception, l’acquisition ou l’achat à l’intérieur et à l’extérieur de l’Etat de toute espèce obtenue en contradiction avec les lois de protection de l’environnement.
- Etablir une liste noire publique des navires pêchant illégalement et leur interdire l’accès et le débarquement dans les ports français.
- Mise en place de sanctions financières à l’égard des flottes illégales suffisamment sévères pour être réellement dissuasives et efficaces.
- Mettre en place de toute urgence une loi de protection des requins. Ces grands prédateurs sont aujourd’hui massivement décimés sans aucun contrôle, ni aucun quota et ont diminué de près de 90%. La France est le deuxième pays européen qui pêche le plus de requins et le seul pays à encore cibler intentionnellement le requin taupe, pourtant en danger critique d’extinction (Flotte basée sur l’Ile d’Yeu).
- Etablissement de zones Marines Protégées (AMP) reconnues comme telles pour leur aspect vital pour la biodiversité et pour la vulnérabilité de leur écosystème. La désignation cruciale de ces AMP doit impérativement être couplée à la mise en œuvre de moyens effectifs de protection et de surveillance pour que ces zones soient davantage qu’une « protection sur papier » et deviennent un outil de conservation réel. Là encore, Sea Shepherd propose de mettre à profit sa longue expérience en la matière.
- Les territoires d’Outre Mer recèlent une biodiversité importante et fragile, ils ne doivent pas être oubliés du fait de leur éloignement géographique et les efforts de conservation entrepris aux abords de la métropole doivent s’étendre jusqu’à eux.
A l’international :
L’Union Européenne ne peut satisfaire que 50% de la demande de son marché intérieur en espèces marines à partir de ses propres ressources. L’autre moitié provient essentiellement des eaux territoriales africaines.
- Nécessité d’une gouvernance mondiale pour la haute mer qui reste encore aujourd’hui, une vaste zone de non droit, livrée au pillage.
- Grenelle africain de la mer : Le pillage des eaux territoriales africaines par les bateaux-usines européens (et le largage illégal de déchets toxiques et radioactifs en violation des lois internationales notamment au large des côtes somaliennes) révélés dans un rapport récent des Nations-Unies sont l’objet d’un scandale humanitaire et écologique qui doit être traité de toute urgence. Une rencontre dédiée à la résolution de cette question est prévue au ministère en présence de représentants de pays africains concernés et fera l’objet d’une série de propositions spécifiques pour remédier au problème. Cette réunion sans précédant au niveau mondial connaitra un très fort retentissement en Afrique, en France et en Europe. Notre pays se fera le porte voix des revendications africaines, au plus haut niveau des institutions européennes et mondiales.
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