Une Maman en deuil

Jeudi, 09 août 2018

Une Maman en deuil - crédit photo : Ken Balcomb, Center for Whale ResearchUne Maman en deuil - crédit photo : Ken Balcomb, Center for Whale Research

L'orque J35 d'un pod de Colombie Britannique au Canada, porte depuis plus de 15 jours son nouveau-né décédé. Cette maman refuse de laisser son petit partir et le porte sur sa tête au risque de s'affaiblir par manque de nourriture et d'une respiration devenue plus difficile. Depuis quelques jours elle reçoit désormais l'aide des autres membres du clan qui se relaient également pour porter le petit corps défunt.

Sea Shepherd mène justement une opération à visée scientifique en Colombie Britannique pour mesurer l'impact des fermes à saumons norvégiens sur l'écosystème local. Le The RV Martin Sheen embarque une équipe de bénévoles et de scientifiques sous la direction de la chercheuse Alexandra Morton.

Ces fermes à saumons, associées aux barrages, sont un véritable fléau pour la faune marine autochtone. Leur concentration et le caractère intensif de l'élevage font apparaître chez ces saumons norvégiens des maladies et des virus contre lesquels les saumons sauvages autochtones, les saumons royaux ne peuvent se défendre.

Les populations de saumons sauvages en Colombie Britannique sont en train de s'effondrer et tout l'écosystème est mis en péril par ces virus artificiellement importés par l'homme.

Les orques sont les premières impactées par cette raréfaction de leur nourriture. Elles ne sont plus que 75 à vivre dans cette zone infestée de dizaines de fermes d'élevage de saumons norvégiens.

Il est possible que la maman orque J35 veuille ainsi faire passer un message à l'attention des hommes en portant son deuil de façon si visible et inhabituelle. Les orques sont des mammifères hautement intelligents et sensibles qui comprennent leur environnement et les interactions qui s'y déroulent. Elles sont aujourd'hui menacées par toutes les activités humaines (pollution chimique, pollution sonore, barrages, fermes à saumons norvégiens) et il serait plus que temps d'apprendre à écouter leur cri d'alarme.