Refus de permis de chasse en Islande : une victoire pour les cétacés

Samedi 8 juin 2019

Cette année, plus de 150 rorquals communs seront sauvés du massacre.

Reykjavik, Islande – 8 juin 2019 – Le gouvernement islandais n’a pas délivré de permis de chasse à l’entreprise de pêche Hvalur Hf, évitant ainsi un massacre de 150 rorquals communs. Le ministère de la Pêche islandais a en effet publié les quotas de chasse au mois de février dernier sans pour autant remettre de permis à Hvalur.

En 2018, Sea Shepherd a surveillé étroitement les activités de Hvalur et a pu répertorier la mort d’au moins 146 cétacés, dont deux spécimens rares hybrides rorqual bleu/commun et 21 rorquals en gestation. Au cours de la saison 2018 comme dans les années précédentes, l’entreprise de pêche a enfreint de nombreuses réglementations. Le gouvernement islandais a été averti de chaque infraction observée.

Il a également été informé de la publication d’une nouvelle étude qui révèle que les quotas de chasse islandais reposent sur des évaluations de populations extrêmement surestimées.

Lors de la journée mondiale des océans, Paul Watson, capitaine et fondateur de Sea Shepherd, a déclaré à New York : "L’engagement de Sea Shepherd en matière de protection des cétacés est indéfectible. Notre principal objectif est l’éradication totale de cette pratique barbare qu’est la chasse baleinière, peu importe les acteurs ou les motifs."

Photo

Des enquêtes sont en cours sur les infractions de Hvalur Hf en matière de bien-être animal et d’hygiène, entre autres, ainsi que sur le refus de l’entreprise de remettre ses registres de chasse aux autorités de pêche islandaises contrairement aux réglementations en vigueur.

Malheureusement, le gouvernement islandais tarde à examiner et à sanctionner la société Hvalur pour ses transgressions, ce qui pousse des groupes de pression à soumettre une pétition au Althing Ombudsman, un organisme de surveillance des instances islandaises, afin que celui-ci ouvre une enquête sur les manquements administratifs du gouvernement islandais relatifs à l’instauration d’une politique de chasse baleinière adaptée.

Le gouvernement islandais ne peut délivrer de permis de quelconque nature à l’entreprise Hvalur Hf tant que les affaires juridiques en cours sur les activités de chasse de cette dernière ne sont pas closes.

"Compte tenu de la longue expérience de Hvalur en matière d’infraction à la législation, de l’aspect à la fois inhumain et archaïque de la chasse aux cétacés à laquelle la majorité des Islandais s’oppose, mais aussi de la protection apportée aux rorquals communs par la convention CITES sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, il serait à la fois déraisonnable et irréfléchi que le gouvernement islandais délivre un jour un autre permis de chasse au rorqual commun" , a déclaré le capitaine Lockhart Maclean, directeur des Opérations Marines de Sea Shepherd.

Sea Shepherd s’oppose activement aux activités de chasse baleinière en Islande depuis plus de 30 ans. Cette lutte a notamment permis d’interrompre pendant 17 ans les activités illégales de chasse aux cétacés de Hvalur après que la moitié de sa flotte a été coulée en 1986.

Cette semaine, le M/V Brigitte Bardot, navire intercepteur de Sea Shepherd, partira d’Halifax au Canada à destination de l’Islande afin de surveiller les activités de chasse à la baleine de Minke du baleinier Hrafnerydur programmées pour la fin du mois de juin. L’été dernier, le bâtiment, qui n’appartient pas à l’entreprise Hvalur, avait massacré six baleines de Minke.