Photo d'archive : Opération Mare Notrum 2015. Plongeur sur un filet fantôme.

Sea Shepherd lance l´Opération "Dolphin ByCatch" pour alerter sur le sort des dauphins le long des côtes françaises.

En France, sur les seules côtes de Vendée et Charente Maritime sur la seule période de Janvier à Mars, c'est une moyenne de 6000 dauphins (et jusqu'à 10 000 d'après les estimations de Pelagis) qui sont tués par les chalutiers pélagiques pêchant en bœuf (filet traîné par deux chalutiers) mais aussi par les grands chalutiers industriels à grande ouverture verticale. C'est bien plus que les massacres des îles Féroé et de la baie de Taiji (Japon) combinés.

Ces navires pêchent principalement le bar, sur les zones de frayère et en pleine période de reproduction. Si l'espèce du bar est-elle même menacée de ce fait, les dauphins en font également les frais. Le Bob Barker, navire de Sea Shepherd, en patrouille sur le plateau de Rochebonne le week-end dernier a pu filmer, les chalutiers Jérémi Simon et Prométhée en train de remonter leur filet avec à l'intérieur deux dauphins pris au piège. L'un des dauphins semblait déjà mort noyé mais l'autre, encore vivant émettait des sifflements de détresse que l'on peut entendre sur la vidéo. Les deux dauphins ont été montés à bord d'un des deux navires et n'ont pas été rejetés à la mer devant notre équipage. Cette scène macabre se reproduit toutes les nuits, toute l'année le long de la côte, avec un pic entre janvier et mars.

Vers une disparition des dauphins le long de nos côtes ?

L'observatoire Pelagis basé à La Rochelle lance des bouteilles à la mer depuis plusieurs années sans être entendu. Dans un rapport de 2016 signé par le CNRS, Pélagis et l'université de la Rochelle, il est clairement stipulé que la mortalité infligée aux dauphins par les bateaux de pêche met en péril la survie de la population à moyen terme. Les mammifères marins sont particulièrement vulnérables, avec une faible fécondité et une grande sensibilité à la pollution chimique et plastique, ils doivent aussi affronter la raréfaction de leur nourriture en raison de la surpêche. Si nous voulons encore voir des dauphins en France demain, il est donc urgent de prendre des mesures drastiques de protection dès aujourd'hui. Pour l'instant, l'Etat fait la sourde oreille à toutes les alertes des scientifiques sur le sujet et les pêcheurs impliqués profitent de l'ignorance du grand public.

Le calvaire des dauphins capturés

Les dauphins qui évoluent souvent avec les bars sont capturés dans les filets qui ne sont pas suffisamment sélectifs. De là s'en suit une mort agonique dans le filet (par noyade). Les dauphins qui sont remontés vivants meurent des blessures infligées par les pêcheurs à bord des navires. Les cadavres échoués montrent des fractures du rostre, la queue et les nageoires sectionnées, des entailles profondes dues au filet...

Une opacité volontaire sur des captures qui n'ont plus rien d´« accessoire »

Sous le pudique terme de "captures accessoires", c'est une véritable hécatombe de dauphins qui a lieu le long de nos côtes dans une opacité totale et entretenue.

En effet, si la loi oblige en théorie les pêcheurs à déclarer leurs captures de dauphins, dans les faits, l'État n'a habilité aucun organisme à recevoir ces données. Un vide bien pratique pour empêcher tout suivi de la mortalité infligée aux mammifères marins par les chalutiers. L'Observatoire Pélagis de La Rochelle est pourtant tout à fait apte et légitime à recueillir ces données mais n'a pas obtenu l'autorisation de le faire.

Quelles solutions pour sauver les dauphins?

CE QUE DOIT FAIRE L'ETAT :

1/ Interdire la pêche au chalut sur les zones de frayères du bar. La France donne des autorisations pour une pêche particulièrement destructrice sur des zones fragiles mais ne met pas en parallèle les mesures de surveillance adéquates.

2/ Mettre en place une meilleure surveillance des pêcheries et empêcher concrètement la vente de poissons juvéniles. La France a déjà écopé de plusieurs millions d'euros d'amende pour sa grande tolérance à la vente de poissons sous tailles, interdits par l'Union Européenne, dans un but évident de préserver les populations.

3/ Désigner enfin un organisme (Pélagis par exemple) pour recevoir les données liées aux captures de dauphins par les engins de pêche.

CE QUE PEUT FAIRE LE GRAND PUBLIC :

1/ Manger moins de poisson

2/ Boycotter systématiquement les poissons de petite taille.

3/ Boycotter les poissons issus de la pêche au chalut et s'en tenir exclusivement aux poissons pêchés à la ligne.

Soutenez l'opération Dolphin Bycatch en signant et en partageant notre pétition en ligne :