Commentary and Editorial

rss_icon_14Get RSS for this page now!  Sign up via My Sea Shepherd

Imprimer
Dimanche, 04 Janvier 2015 16:17

Le monde de l’argent, le braconnage, les subventions et la loi

Par le capitaine Paul Watson

Captain Paul WatsonCe n’est pas une tâche facile que de travailler à la protection des océans. Sea Shepherd fait face à des forces économiques et politiques puissantes et subventionnées, et à la loi qui apporte son soutien aux activités illégales.

Aujourd’hui, la poursuite du braconnier nigérian Thunder par le Bob Barker et la confiscation par le Sam Simon de deux filets maillants illégaux posés par le Thunder ont fait l’objet d’un article d’Andrew Darby dans un journal australien, The Age*.

En dépit du fait que l’association des pêcheurs légaux de légine (COLTO – Coalition of Legal Toothfish Operators) a dit qu’elle soutenait l’intervention de Sea Shepherd, la CCAMLR (Commission pour la conservation de la faune et la flore marines de l'Antarctique) y est hostile, le secrétaire général Andrew Wright ayant déclaré qu’il souhaitait que la « légitimité » des opérations du Thunder et de Sea Shepherd fasse l’objet d’une discussion entre les 25 états membres de l’organisation.

Il est ironique de constater que les actions de Sea Shepherd reçoivent le soutien de pêcheurs, mais qu’elles sont critiquées par des conservationnistes.

Des « experts » ont discuté sérieusement dans les médias pour dire comment Sea Shepherd pourrait être accusé de pêche illégale pour avoir remonté les filets, ou comment Sea Shepherd pourrait être poursuivi pour avoir interféré dans les profits du braconnier Thunder.

Lorsque Sea Shepherd est intervenu contre la pêche illégale de thon rouge par une société de pêche maltaise au large des côtes libyennes en 2011, cette société a engagé une procédure judiciaire contre Sea Shepherd devant les tribunaux britanniques, qui n’ont pas encore rendu leur jugement. Un avocat de la compagnie a déclaré qu’ils vaincraient Sea Shepherd à coups de dollars dans leurs procédures jusqu’à ce que Sea Shepherd disparaisse. Sea Shepherd a gagné en première instance, mais la société appelée « Fish and Fish » a gagné en Cour d’appel, et maintenant on attend une décision de la Cour suprême britannique.

En 2012 les Japonais ont obtenu une injonction de la Cour fédérale américaine du 9ème circuit interdisant à Sea Shepherd de s’approcher à moins de 500 mètres de tout navire baleinier japonais. Sea Shepherd USA s’est pliée à cette injonction, et c’est Sea Shepherd Australie qui a pris la direction des campagnes dans l’océan Austral. Malgré tout, Sea Shepherd USA a été accusée de violer cette injonction faute de contrôler les activités de Sea Shepherd Australie, ce que Sea Shepherd USA n’a jamais eu le pouvoir de faire. L’injonction reste valable bien que la Cour internationale de justice ait jugé que la flotte baleinière japonaise était illégale. Les baleiniers japonais continuent leurs activités avec d’énormes subventions du gouvernement japonais, dont 30 millions de dollars venant du fonds de secours pour les victimes du tsunami, qui ont été donnés à l’industrie baleinière.

Et maintenant nous découvrons que certains braconniers de légine reçoivent des millions d’euros de subventions à travers des sociétés espagnoles de pêche basées en Galice.

Ce que nous avons découvert, c’est que ces opérations illégales sont protégées par de nombreux intermédiaires permettant de dissimuler la propriété et les profits, et qu’avec des bénéfices de dizaines de millions de dollars ou d’euros, ils se défendent facilement avec une petite armée de juristes qui produisent à tour de bras des procédures punitives devant les tribunaux.

L’an dernier, le Thunder a appartenu à une société malaisienne après une opération commune de l’Indonésie, de la Malaisie et de l’Australie. Il a été libéré avec ses prises après avoir payé une amende de 90000 dollars australiens, une fraction des 60 millions de dollars de poisson que le Thunder est supposé avoir volé à l’océan jusqu’à aujourd’hui.

Il y a des intérêts particuliers qui sont en train de s’agiter. Non seulement Sea Shepherd a privé le Thunder de ses prises illégales, mais en plus nous avons confisqué plus de vingt tonnes de filet maillant, et cela va coûter aux propriétaires du Thunder bien plus que l’amende dérisoire de 90000 dollars payée aux Malaisiens l’an dernier.

Le Thunder est toujours à la recherche d’un refuge. Ils faisaient route vers Maputo au Mozambique, mais Sea Shepherd a alerté les autorités mozambicaines et il semble que le Thunder a finalement décidé de ne pas aller au Mozambique. Le bateau ne va nulle part. Il avance à environ deux nœuds à quelques 1200 milles au sud de l’Afrique du Sud. La poursuite du Thunder par le Bob Barker entre dans son dix-huitième jour.

Pendant ce temps, plus au sud sur le banc Banzare, l’équipage du Sam Simon continue la tâche ardue de remonter le filet maillant illégal, kilomètre après kilomètre, par une météo glaciale à des milliers de milles du port le plus proche.

Et pendant qu’ils le font, ceux qui ont la responsabilité de protéger les ressources marines de l’Antarctique sont en train de discuter pour savoir si les actions de Sea Shepherd sont « légitimes ».

Mais pendant qu’ils continuent de parler, les équipages des deux navires Sea Shepherd, eux, continuent d’agir.


*Lien vers l'article d'Andrew Darby

 

Sea Shepherd welcomes your support. To support our
conservation work, please visit our donation page.


Sea Shepherd France
22 rue Boulard, 75014 PARIS

All contents copyright ©2012 Sea Shepherd Conservation Society
Hosting and other web services donated by EStreet

Accueil     |     Déclaration de Confidentialité     |     Copyright     |     Contact