Commentary and Editorial

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Jeudi, 29 Décembre 2016 08:46

La Cour Suprême d’Espagne laisse quartier libre aux braconniers de légine dans l’Océan Austral

Par le Capitaine Peter Hammarstedt

Peter Hammarstedt tenant la notice d’InterpolPeter Hammarstedt tenant la notice d’InterpolTandis que les trois navires de braconnage de légine australe appartenant au syndicat du crime espagnol Vidal Armadores sont toujours détenus au Cap-Vert et au Sénégal, la Cour Suprême d’Espagne a jugé que leurs propriétaires, accusés de falsification de documents, de blanchiment d’argent, de crimes contre l’environnement et d’association de malfaiteurs, ne pourraient faire l’objet de poursuites en raison d’un défaut de compétence. Les caïds de la légine s’en sortent donc sans poursuites pénales.

En 2015, les bateaux de Sea Shepherd avaient pris en chasse le fameux Thunder pendant 110 jours et confisqué 72 kilomètres de filets maillants illégaux dans le cadre de l’Opération Icefish. Les navires de Vidal avaient été interceptés et stoppés en pleine mer, avant d’être localisés et détenus par les forces de l’ordre dans des ports d’Afrique de l’ouest.

Le ministère de l’agriculture espagnol, la Guardia Civil (la police fédérale espagnole) et INTERPOL ont lancé des raids éclairs sur des propriétés appartenant à des criminels notoires de Galice. Des milliers de documents et de fichiers informatiques ont été saisis, six personnes ont été arrêtées, et le ministère de l’agriculture a réussi à instaurer un procès civil. Les accusés se sont vus infliger une peine totale de 17,8 millions d’euros d’amendes ainsi qu’une interdiction de pêcher pendant 25 ans. En outre, Vidal Armadores ne recevra plus aucune aide financière de la part de l’État pour ses activités de pêche.

Parallèlement au procès civil, l’enquête de la Guardia Civil (menée de façon professionnelle avec l’aide du Project Scale d’INTERPOL, et basée sur des informations fournies par les services de la répression d’Australie et de Nouvelle-Zélande ainsi que par Sea Shepherd) a mis à jour un réseau criminel complexe ayant, selon les estimations, engrangé des profits illicites à hauteur de 100 millions d’euros depuis 2006.

Des années durant, l’Espagne a été contrôlée et critiquée par la communauté internationale pour son manque d’action pour stopper le braconnage de la légine de l’Antarctique et de Patagonie. Deux navires de braconnage de légine, tous deux appartenant à des personnes de nationalité espagnole, avaient fait l’objet de notices mauves de la part d’INTERPOL pendant plus d’un an avant que l’un d’entre eux soit intercepté par Sea Shepherd au large des côtes de l’Antarctique, évènement annonçant le début de la fin pour ce qui a été appelé la mafia de Galice.

L’opération SPARROW, menée par le ministère de l’agriculture, et l’opération YUYUS, menée par la Guardia Civil, ont permis de faire en sorte que l’Espagne ne soit plus considérée, au niveau international, comme un havre pour les pêcheurs pirates.

Cette réputation risque d’être à nouveau entachée, la Cour Suprême espagnole ayant jugé, quoiqu’avec l’opinion dissidente d’un juge, qu’elle n’avait pas la compétence pour juger les affaires de pêche illicite, non déclarée et non réglementée(INN) dans les zones de haute mer, comme l’Antarctique. Il en résulte qu’il serait impossible de mettre en place des poursuites pour des crimes en lien avec des activités de pêche INN, le blanchiment d’argent ne représentant pas, d’après la Cour Suprême, le profit d’un crime selon la législation espagnole.

Le navire braconnier Kunlun croise la route d’un bateau de Sea ShepherdLe navire braconnier Kunlun croise la route d’un bateau de Sea ShepherdLe juge dissident a conclu que la décision risquait de transformer l’océan en un patchwork de "zones anarchiques". Ce problème avait déjà été reconnu par la législature espagnole lorsque de nouvelles lois, entrées en vigueur le 1er janvier 2015, stipulaient que le fait, pour un ressortissant espagnol, d’être impliqué dans des activités de pêche INN constituait une infraction pénale, et ce quel que soit l’État du pavillon du navire à bord duquel la personne travaille. Sea Shepherd ne comprend pas que cela ne s’applique pas aux ressortissants espagnols détenant et finançant ces navires de pêche et les utilisant pour violer la loi et en tirer profit.

Hélas, la mafia de Galice, affaiblie par la saisie de ses navires et l’amende conséquente de 17,8 millions d’euros, a réussi à passer par les mailles d’un filet qui aurait dû mettre un terme à ses activités.

La décision de la Cour Suprême espagnole est tout aussi décevante que le travail acharné d’INTERPOL et des forces de l’ordre espagnoles est inspirant. Ce jugement crée malheureusement un précédent faisant de l’Espagne un endroit sûr où les criminels peuvent organiser et blanchir la capture illégale de poissons, dont les profits se chiffrent par millions.

Le monstre qu’est la mafia de Galice est tout de même sévèrement touché, et, tout en léchant ses plaies, l’organisation cogite désormais sur le fait qu’en cas de reprise de ses activités de braconnage de légine, les forces de l’ordre, qui connaissent maintenant bien mieux son mode opératoire, l’auront bien à l’œil, et tout en sachant que Sea Shepherd s’est officiellement engagée à stopper ses activités dans les eaux que la Cour Suprême espagnole a abandonné aux braconniers.

La première offensive contre le syndicat du crime Vidal Armadores a été lancée et Sea Shepherd ainsi que les forces de répression internationales réajustent d’ores et déjà leurs cibles pour continuer à les harceler. Tout comme le gangster américain Al Capone, finalement arrêté après une longue liste de crimes, le temps est compté pour Vidal Armadores.

 

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