Commentary and Editorial

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Mardi, 11 Mai 2010 00:01

Auto-empoisonnement

Commentaire du Capitaine Watson

''Tant que le mercure que vous ingérez ne vous rend pas malade, je ne me sens pas concerné.''
Un baleinier féroïen

On se préoccupe toujours du taux de mercure anormalement élevé chez les populations de Taiji, Japon, et des Îles Féroé, Danemark. Le fait est que les personnes qui consomment des mammifères marins ont dans le sang une proportion de mercure extrêmement élevée. Il ne semble pas y avoir de débat à ce sujet. La question est de savoir si nous devons nous en préoccuper ou pas. Le fait d’observer ces populations s'empoisonner sans agir indique que nous ne souhaitons pas nous en soucier.

Même pour les responsables de la santé des Îles Féroé et du Japon, le mercure est un poison. Pourtant, les habitants de ces deux pays restent relativement indifférents à ce problème: ils considèrent que l’ingestion de mercure est semblable aux goudrons et aux produits chimiques inhalés par les fumeurs de cigarette. Ils peuvent souffrir de maladies et en mourir mais leur attitude est de se dire ''ça n'arrive qu'aux autres'' ou ''je verrai ça plus tard''.

 

09.05.2010 .:. Associated Press
Des taux de mercure élevés dans la ville qui chasse les dauphins

Selon un scientifique du gouvernement japonais, les habitants de Taiji ont un taux de mercure dangereusement élevé, probablement à cause de leur consommation de viande de baleine et de dauphin.

Les niveaux de mercure relevés sont supérieurs à la moyenne nationale mais les tests de suivi n’ont soi-disant révélé aucun effet indésirable. Ces recherches ont été réalisées sur des échantillons de cheveux de 1 137 volontaires pour une population totale de 3 500 habitants.
''Les résultats suggèrent qu’un lien existe entre le niveau de mercure mesuré dans les cheveux de la population et la consommation de cétacés'' a déclaré Koji Okamoto, le directeur de l'Institut National des Maladies de Minamata.

Le mercure s’accumule dans la chaîne alimentaire des océans: les grands prédateurs possèdent les taux de concentration les plus élevés. Les dernières études publiées par le gouvernement japonais montrent que la teneur en mercure de la viande de dauphin est mille fois supérieure à celle de sardine. Les fœtus et les jeunes enfants sont particulièrement vulnérables. Le mercure affecte le développement du système nerveux. Le Ministère de la Santé recommande aux femmes enceintes de ne pas consommer plus de quatre-vingts grammes de viande de dauphin tous les deux mois.

Les écologistes protestent depuis toujours contre le massacre de dauphins et de baleines. Ils ont donc adopté la question du mercure dans leur combat. ''Si vous mangez de la viande de dauphin, vous ingérez du poison. Si vous mangez beaucoup de viande de dauphin, vous ingérez beaucoup de poison'' a déclaré Louis Psihoyos, le réalisateur du documentaire The Cove.

L'admnistration de Taiji a admis avoir ajouté un test de mercure aux contrôles de santé de sa population. L’année dernière, les dirigeants de la ville ont contacté l’Institut National des Maladies de Minamata qui a accepté de faire des recherches sur le mercure. Différents tests ont été réalisés de juin à février.

Dimanche, une réunion s’est tenue à l’hôtel de ville de Taiji. Une centaine d'habitants a été informée qu’il n’était pas utile de changer de régime alimentaire mais que des tests complémentaires étaient nécessaires. Les personnes ayant les plus hauts niveaux de mercure ont été invitées à réduire leur consommation de gros poissons et de mammifères marins.

Bien qu’il puisse endommager le système nerveux, le mercure disparait naturellement de l’organisme au fil du temps et se réduit de moitié tous les soixante-dix jours. Il est possible de l’éliminer complètement de son organisme en arrêtant sa consommation pendant un an.

Juste après la réunion, Katsutoshi Mihara, le conseiller en chef de la ville, s’est délecté de quelques tranches crues de dauphin blanc et bleu trempées dans une sauce soja. ''Cela peut paraître désinvolte mais je n’ai absolument aucune inquiétude et je veux pouvoir garder mon style de vie'' a-t-il déclaré après son déjeuner.

Les scientifiques expliquent que les tests neurologiques effectués sur cent-quatre-vingt-deux citoyens volontaires n’ont révélé aucune anomalie. Des tests de suivi sont planifiés pour mars 2011 avec la possibilité d’inviter des experts indépendants. Une étude alternative est en cours pour déceler les niveaux de mercure sur les prises locales.

Lors d’une conférence de presse, plusieurs journalistes se sont demandé comment il était possible que de tels niveaux de mercure n’aient aucune incidence sur la santé. Certains ont même remis en cause les compétences du laboratoire de recherche.

Joanna Tempowski, une scientifique de l’Organisation Mondiale de la Santé, a indiqué que l’Institut Minamata était une institution respectée. Sans avoir consulté les résultats de Taiji, elle a déclaré que les dommages causés par le mercure pouvaient ne pas apparaitre immédiatement en précisant toutefois que ''dans l'avenir, ils pourraient commencer à occasionner des problèmes de santé''.

L’empoisonnement au mercure est un sujet sensible au Japon. Une pathologie appelée maladie de Minamata provient de l'île méridionale de Kyushu où, pendant des années, une compagnie de produits chimiques a déversé des tonnes de mercure. Cette maladie mortelle cause des spasmes, des pertes de sensibilité et des malformations congénitales. La maladie de Minamata est devenue un symbole international des dommages causés à l’environnement par les industries corrompues.

Taiji sea of red

 

Dans cette histoire, deux choses m'interpellent: la déclaration de Katsutoshi Mihara et celle de Joanna Tempowski. Nous avons constaté les déficiences génétiques, les retards mentaux et la dégénérescence des tissus cérébraux chez les Japonais de Minamata. Cependant, Mihara ne veut pas changer son ''style de vie''. Si ceci n’est pas une preuve de la folie humaine, j'ignore ce que c'est.

L’autodestruction est prédominante dans la psychologie de l’être humain. Nous le constatons chaque jour avec le tabac, la drogue, l'excès d'alcool, les mauvaises habitudes alimentaires, etc. Mais ce qui me frappe le plus, ce sont les conséquences sur la santé d'innocentes personnes. Les premières victimes sont les enfants qui sont gavés de viande contaminée à la cantine scolaire et à la maison. Les secondes victimes, non mentionnées, sont les dauphins et les baleines.

Il y a quelques années, j’ai tenté d'expliquer à Atli Dam, le Premier Ministre Féroïen, que forcer les enfants à consommer de la viande de globicéphale revenait à les empoisonner et qu’il s’agissait, par conséquent, de maltraitance. ''Ce que nous faisons avec nos enfants est notre affaire, pas la vôtre'' m'a-t-il dit, ce à quoi j'ai répondu: ''la maltraitance d'enfants est l’affaire de tous''. Il a ensuite marmonné quelque chose au sujet du grind (rituel de chasse au globicéphale) qui est un don de dieu et une part de leur culture. À nous de nous mêler de nos affaires car, après tout, nous mangeons bien des vaches et des poulets !

Certaines personnes seraient donc prêtes à tuer leurs enfants pour préserver leur culture... Les conséquences sont visibles mais les gens ont tendance à préférer traiter une maladie plutôt que de la prévenir.

Quoi qu'il en soit, il y a beaucoup d'organisations qui travaillent vaillamment à la tâche frustrante d'empêcher les gens de tuer leurs enfants dans des endroits comme Taiji et les Îles Féroé. Très peu d'organisations essayent d’empêcher ces mêmes cultures d’attenter à la santé et à la vie des dauphins et des baleines. C’est dans ce domaine que Sea Shepherd Conservation Society intervient. Nos clients ne sont pas les gens mais les mammifères, les oiseaux, les poissons, les reptiles et les invertébrés qui peuplent nos océans.

Ces espèces n’ont pas le choix. Nous déversons en permanence du mercure et d’autres produits chimiques dans les habitats océaniques; les espèces marines doivent vivre dans cette polution, l'ingérer, la faire passer au travers de leurs branchies, de leurs pores et dans leurs systèmes digestifs. Très peu d’importance est accordée à ces victimes non humaines et très peu de recherches sont faites sur l’impact du mercure, ainsi que d’autres produits chimiques, sur ces êtres vivants. Nous continuons donc à empoisonner les océans. Le poison peut agir lentement ou rapidement mais les conséquences sont prévisibles: faiblesses, dommages permanents, déficiences moteur, défauts génétiques, mutations et mort.

 

28.11.2008 .:. The New Scientist
Empoisonnement au mercure aux Îles Féroé

Les Professeurs Pal Weihe et Debes Joensen ont annoncé dans un communiqué de presse que la viande et la graisse de globicéphale contenait trop de mercure, de PCB et de DDT pour être consommables. ''C’est avec une grande tristesse que nous vous donnons ces résultats puisque les globicéphales ont permis à notre population de survivre à travers les siècles.''

Ils ont également déclaré que l’impact des polluants, en particulier celui du mercure, causait des dommages durables. Leurs recherches révèlent que ces produits provoquent une hausse de la pression artérielle, des anomalies de développement du foetus, une baisse de l'immunité chez les enfants, des taux accrus de la maladie de Parkinson, des troubles circulatoires et des possibilités d'infertilité chez les adultes.

Dans leur rapport, les médecins précisent que les Féroïens ne sont pas à l'origine de la pollution mais ''ces résultats ont déjà conduit à des restrictions de mercure dans le monde. Nous devons donc nous aussi en tirer des conséquences''.

boy with dead whale Faroes

 

Nos océans sont un habitat vivant dépendant de la biodiversité et de l’interdépendance entre les espèces. Le risque est clair: empoisonner la vie des océans revient à réduire la biodiversité. Lorsque des espèces sont menées à l’extinction, l’interdépendance entre elles diminue et nos océans meurent.

Et si les océans meurent, nous mourons !

''C’est ainsi que le monde disparaît. Pas avec un grand bang, mais dans un gémissement.''
Thomas Eliot

 

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