Commentary and Editorial

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Lundi, 21 Juin 2010 09:12

Les couleurs de l'arc-en-ciel pâlissent à mesure que Greenpeace trahit les baleines

Commentaire du Capitaine Watson

''Ô masse de terre encore saignante, pardonne-moi si je parais doux et pacifique avec ces bouchers !''
William Shakespeare
Jules César

Retour en 1974 lorsque le Dr Paul Spong, Robert Hunter et moi-même organisions le premier voyage pour sauver les baleines. Nous étions tous d'accord sur une chose - le massacre des baleines était immoral, cruel, malsain et n’avait pas sa place dans le monde moderne. Notre position: la chasse à la baleine qui tenait purement et simplement du meurtre devait être abolie.

Ainsi en juin 1975, Bob Hunter, George Korotva, Fred Easton et moi-même nous trouvions face à un navire harpon soviétique pendant que huit magnifiques cachalots fuyaient devant nous dans une course désespérée pour sauver leur vie. Nous avions tous senti leur haleine chaude jaillissant en rafales rapides, leurs poumons gigantesques tendus à l’extrême tandis qu'ils tentaient de semer la machine mortelle qui les poursuivait.

C’est là-bas, dans cette forte houle, soixante milles nautiques au large des côtes Californiennes, que le mouvement anti-chasse à la baleine naissait quand le harponneur appuya sur la gâchette et envoya la pointe d’un harpon explosif au-dessus de nos têtes pour atteindre l’un des Léviathans en plein dos.

C’était une femelle et le choc de son cri de douleur lorsque son sang chaud jaillit de sa plaie béante en une fontaine pourpre dans la mer froide nous glaça le sang. Nous regardions la scène avec horreur quand la tête d’un grand mâle sortit de l’eau pour replonger dans la mer, sa queue sortit de la houle puis disparut.

Nous étions à bord de deux petites embarcations gonflables sur cette mer tâchée de sang, la femelle à l’agonie roulant à la surface en face de nous, les russes rechargèrent leur harpon et se préparaient à y attacher un câble quand soudain la surface de la mer explosa derrière nous. Nnous vîmes ce cachalot en colère  sortir de l’océan dans une tentative vaine et désespérée pour défendre son groupe contre ces tueurs. Mais ils étaient prêts à tirer et le harponneur pressa avec nonchalance sur la gâchette  et dans un coup de tonnerre le harpon entra en collision avec la tête du grand mâle et explosa dans une fontaine de sang alors que la baleine mourante retomba en poussant un cri, convulsant de douleur dans cette mer ensanglantée.

Nous étions assis là. J’étais sur le bateau avec Fred Easton qui venait de capturer le tir de harpon avec son appareil photo qu’il essayait de protéger de l’humidité quand nous avons vu la baleine mortellement blessée plonger en une traînée de sang et de bulles. La baleine sortait et rentrait dans l’eau, sa tête arriva rapidement près de notre embarcation. De l’eau froide et salée et de la vapeur de sang se déversaient sur nous quand j’ai vu son œil face à moi, si près que je pouvais y voir mon propre reflet.

A ce moment-là, j’ai su que quelque chose se passait et que ma vie serait changée à jamais.
Dans cet œil si particulier, j’ai aperçu l’intelligence et j’ai senti de la compréhension, la baleine comprenait ce que nous essayons de faire et j’ai vu soudain dans un effort incroyable  ses muscles se crisper pour stopper son attaque contre nous, l’angle de son corps a changé de sorte que le grand mâle commença à sombrer dans l’océan plutôt que de s’abattre sur notre bateau. J’ai vu son œil plonger et disparaître dans les profondeurs de l’océan et je savais que c’était la dernière chose qu’il avait vu avant de mourir.

Le soleil sombrait lentement quand les Russes commencèrent à tirer leur butin en faisant des gestes menaçants à notre égard. Je pouvais à peine parler, la vue de cet œil me hantait. Il savait, il était conscient, c’était si évident, ce qui me fit trembler c’est ce que j’avais vu dans ce regard: pitié ! Pas pour lui, mais pour nous. Comment pouvions-nous l’abattre sans remords et sans aucune empathie ou conscience de ce que nous faisions ? Alors que je regardais la flotte baleinière russe dispersée autour de ma petite embarcation, je me demandais quelle pouvait être leur motivation. Pourquoi tuaient-ils ces êtres à sang chaud sensibles, magnifiques, intelligents, socialement complexes ? Et j’ai compris qu’ils convoitaient l’huile de baleine, un lubrifiant résistant  aux hautes températures utilisé dans des machines sophistiquées incluant la production de missiles balistiques et la révélation m’ait apparue que nous tuions ces êtres  parfait dans cette folie meurtrière pour obtenir une huile utilisée dans la production d’armes visant à exterminer des populations entières d’êtres humains.

L’homme est il fou à ce point ?

À partir de ce jour, j’ai consacré ma vie à défendre les baleines contre les desseins meurtriers de mon espèce. Cette baleine avait choisi d’épargner ma vie, à mon tour je choisissais de consacrer ma vie à défendre cette espèce contre l’espèce humaine. Aujourd’hui les baleines sont mes clientes, pas les humains. Et c’est avec une immense tristesse et un sentiment de trahison que je vois l’organisation que j’ai co-fondée acceptant de faire des compromis sur la vie des baleines. Bien sûr, il y a eu du changement. Nombreux sont les membres fondateurs qui sont morts ou qui ont décidé de passer à autre chose, certains tout simplement épuisés.

D’autres, dont moi-même, avons été victimes de révisionnisme sur le site de Greenpeace et sommes passés de cofondateurs à simples ''membres d’honneur''.

Ce n’est pas important, je me fiche d’avoir été trahi par Greenpeace, ce qui me chagrine beaucoup plus, c’est que Greenpeace se mette à trahir les baleines et soutienne la reprise de la chasse commerciale sous certaines conditions. C’est comme si Greenpeace revendiquait sa domination  sur la vie des baleines et qu’elle les troquait dans ses négociations avec leurs assassins. Pourquoi ? Parce que c’est dans la nature des bureaucrates de négocier des compromis et que Greenpeace est désormais une corporation internationale dirigée par des bureaucrates carriéristes. Les baleines sont devenues des chiffres sans sensibilité et la Commissions Baleinière internationale n’est rien de plus qu’un marchandage annuel soumise aux pots de vins et à la politique, pas à la science ni à la conservation.

Je suis sûr d’une chose: ces conciliateurs n’ont jamais vu de baleine mourir. Ils n’ont jamais vu dans l’œil d’une baleine. Ils n’ont jamais été témoins de la beauté et de l’intelligence de ce qu’est réellement une baleine: pas un chiffre ou une pièce de sushi sur une assiette MAIS une réalité distincte de l’intelligence, de la culture et de la perception.

 

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