Commentary and Editorial

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Mercredi, 27 Octobre 2010 21:13

Où sont passées les tortues ?

Commentaire par le Capitaine Paul Watson

TExploitation des œufs de tortues – file de ramasseurs - Costa RicaOù sont passées toutes les tortues ? On pourra commencer par poser la question aux pouvoirs publics du Costa Rica. Le Costa Rica a la réputation imméritée d’être un pays soucieux d’écologie. C’est une belle opération de relations publiques, mais tout cela est une invention et un mensonge.

Je m’occupe de problèmes de protection de la nature au Costa Rica depuis 1989, quand Sea Shepherd a chassé pour la première fois les braconniers hors des eaux du Parc national de l’île Cocos. Depuis, j’ai rencontré des dirigeants et des responsables politiques costaricains, j’ai fourni du matériel aux rangers de Cocos, j’ai fait cesser un petit nombre d’opérations de braconnage illégal des requins au Costa Rica et j’ai affronté les garde-côtes costaricains en haute mer.

Toujours est-il qu’en dépit des dénégations de ses dirigeants, le Costa Rica est de tous les pays d’Amérique centrale et du Sud celui qui pratique de la façon la plus notoire la chasse aux ailerons de requins. C’est un pays dans lequel la pulvérisation de pesticides sur les plantations de bananiers et de caféiers tue chaque année des centaines de milliers d’oiseaux. Et comme ces images le montrent de façon très dramatique, les Costaricains raflent les œufs des tortues de mer et contribuent ainsi grandement à la raréfaction de ces précieuses et magnifiques créatures.

Selon ceux qui défendent l’exploitation des œufs de tortues, il s’agirait de pauvres qui s’efforceraient simplement de faire vivre leurs familles. Or, ces tortues marines sont les pauvres génitrices d’une espèce qui s’efforce désespérément de survivre. Quand les tortues ne seront plus là, il ne faudra pas plus d’une dizaine d’années pour que ces “pauvres” n’aient plus rien à piller et la disparition des tortues aura rendu le monde bien plus pauvre.

La pauvreté ne saurait être une excuse ni une justification pour mener une espèce à l’extinction. Ce que font ces gens est mal. Je suis sûr que le gouvernement du Costa Rica ne resterait pas impassible en voyant des pauvres entrer dans les banques pour se servir à volonté. Piller les banques et dépouiller les tortues marines de leurs œufs sont des crimes, et pourquoi la pauvreté justifierait un crime mais pas l’autre ? Même s’il est légal selon la loi costaricaine, le pillage des tortues est un crime contre la nature et contre l’humanité, dont les conséquences sont bien plus significativement néfastes que le vol d’un peu de monnaie en papier dans une banque.

Nous ne pouvons pas sans arrêt montrer du doigt le réchauffement planétaire comme s’il était l’unique cause de la réduction de la biodiversité dans les océans du globe. Nous sommes en train de tuer nos océans de diverses manières et la surpêche est la première cause de cette réduction de la biodiversité.

Exploitation des œufs de tortues – ramassage à la main - Costa RicaLes œufs que ces gens ramassent ne leur serviront pas de nourriture. Ces œufs seront expédiés en Chine pour alimenter la “culture culinaire” chinoise. “Culture culinaire” est une nouvelle expression inventée pour justifier la consommation des espèces menacées, de telle sorte que toute critique soit assimilable à du racisme. Ainsi, de façon commode, toute accusation dirigée contre la consommation de viande de dauphin, de baleine ou de thon au Japon, ou d’ailerons de requins ou d’œufs de tortues en Chine, est désormais refusée comme étant raciste et signe d’intolérance contre la “culture culinaire” de ces pays.

Nous avons le choix entre courber l’échine devant cette manipulation, nous taire et ne rien faire, ou bien la refuser comme ridicule et déplacée et nous préoccuper du problème plus grave de la disparition de la biodiversité. Des mots comme “durable”, “vert” et “écologique” ne sont que des écrans de fumée pour masquer la destruction ininterrompue de la vie dans nos océans. Il n’y a tout simplement pas assez de poisson, de tortues, de dauphins, de baleines ni de phoques pour nourrir des populations humaines qui augmentent continuellement.

Ce que font ces gens sur les plages du Costa Rica est criminel. Chacune de ces personnes est un fantassin en guerre contre la nature et finalement contre nos intérêts et ceux de nos enfants.

L’Office de tourisme du Costa Rica (CRTB) a réagi à ces photos en affirmant que “ces images représentent en réalité un modèle de développement durable” et que la récolte des œufs de tortues marines a l’approbation du gouvernement costaricain. Selon le CRTB, un grand nombre de ces œufs seraient détruits par les tortues elles-mêmes au moment où elles retournent à la mer; par conséquent ces personnes ne font que récolter des œufs qui, autrement, seraient détruits par les mères tortues. Le CRTB prétend qu’il s’agit d’une utilisation “rationnelle” des œufs des tortues. Voilà une belle pirouette !

Nous n’aurions pas à nous inquiéter, car le gouvernement du Costa Rica nous a assuré que les œufs de tortues étaient emballés avec son tampon officiel d’approbation.

Donc les affaires continuent, sauf que les braconniers sont maintenant agréés par le gouvernement et que les Chinois reçoivent des œufs de tortues estampillés d’un label vert indiquant que ce sont des œufs de tortues écologiques et durables, puisque c’est le gouvernement costaricain qui le dit.

Pendant ce temps, les populations de tortues marines continuent de se réduire.

C’est la protection de la nature à la sauce costaricaine. Le Costa Rica n’est-il pas l’État le plus actif dans la protection de l’environnement de toute l’Amérique latine ? Puisque c’est ce que nous assure l’Office de tourisme du Costa Rica.

On ne doit pas toucher aux œufs pondus par les tortues femelles sur les plages du Costa Rica et il n’y a aucune raison que quiconque puisse les voler dans un but commercial. Les Chinois n’ont pas besoin de consommer des œufs de tortues et les Costaricains ne doivent pas les commercialiser.

Autrement dit : laissez donc ces pauvres tortues tranquilles et épargnez-nous vos expressions ridicules comme “durable” ou “utilisation rationnelle”. Il n’y a rien de durable dans le fait de voler des œufs et ces effrontés d’experts en relations publiques nous prennent pour des imbéciles.

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Ce que vous pouvez faire

Contactez l’ambassade de France au Costa Rica et l’ambassade du Costa Rica en France pour leur dire que vous vous opposez au commerce immoral d’œufs de tortues menacées de disparition que pratique le Costa Rica à destination de la Chine.

Ambassade du Costa Rica en France :

4, square Rapp
75007 Paris
Téléphone: 01 45 78 96 96
Télécopie: 01 45 78 99 66
E-mail: consulat.cr@gmail.com
Ambassadeur, S.E. Carlos Bonilla Sandoval

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Ambassade de France à San Jose, Costa Rica :
Écrivez à l’ambassadeur, S.E. Fabrice Delloye et (voir http://www.ambafrance-cr.org/spip.php?article7)
Adresse électronique : sjfrance@racsa.co.cr
Téléphone: (506) 22 34 41 67
Fax: (506) 22 34 41 95

 

Exploitation des œufs de tortues – tortues sans leurs œufs sur la plage - Costa Rica

 

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