Commentary and Editorial

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Mardi, 14 Décembre 2010 16:33

Prendre trois bons bateaux pour braver le danger

Commentaire par le Capitaine Paul Watson

"Il semble qu’il y ait une loi de la nature, inflexible et inexorable, selon laquelle ceux qui ne prennent pas de risque ne peuvent pas gagner."
spacer-- Capitaine John Paul Jones, Fondateur de la marine américaine

Taking three fair ships into harm's wayNous avons reçu d’un journaliste au Japon l’information selon laquelle la flotte baleinière japonaise, durant cette saison, allait adopter une politique consistant non pas à nous fuir mais à essayer de tuer les baleines en présence des bateaux et des équipages de Sea Shepherd. En tout respect, je ne peux que fortement conseiller aux membres des équipages de la flotte japonaise de n’appliquer une telle stratégie qu’avec beaucoup de prudence. Nous considérons que le fait de tuer des baleines dans l’océan Austral est un crime et je peux leur promettre (trente ans de notre histoire sont là pour en témoigner) que nous mettrons nos vies en jeu pour défendre ces baleines.

Je n’accepterai pas qu’une baleine soit tuée en notre présence. Il y a deux ans, la baleine montrée dans Whale Wars avait été tuée à 20 km de mon bateau et filmée depuis notre hélicoptère. Je n’aurai aucune hésitation à placer mon bateau dans leur ligne de mire pour sauver la vie d’une baleine. On ne peut pas s’attendre à ce que nous restions inactifs quand on maltraite un enfant, quand on viole une femme ou quand on assassine quelqu’un. Quel genre de personne faudrait-il être pour se contenter d’assister à la scène en brandissant des calicots ou en prenant des photos, pendant que quelqu’un piétine un chiot ou un chaton ou le tue à coups de pied ? Ce n’est pas ainsi que nous nous conduirons face à une tentative évidente de massacrer une baleine de la part de ces infâmes braconniers.

Le 7 juin 1961, le Président John F. Kennedy s’adressait aux futurs diplômés de l’Académie navale d’Annapolis. Dans son discours, il citait le capitaine John Paul Jones qui aurait dit un jour : “Donnez-moi un bon bateau pour que je puisse braver le danger." Mais Kennedy déformait les propos de Jones, qui avait dit en réalité : “Je ne veux pas entendre parler d’un bateau qui n’irait pas vite, car j’ai l’intention de braver le danger.”

Quoi qu’il en soit, ces citations sont appropriées à Sea Shepherd. Nous avons trois bons bateaux, le Steve Irwin, le Bob Barker et le Gojira, et nous avons l’intention de nous en servir pour “braver le danger”. Notre stratégie fondamentale consistera à bloquer l’accès au navire-usine, le Nisshin Maru, afin d’empêcher le chargement des baleines. Il s’agit de placer le Bob Barker ou le Steve Irwin de manière à ne pas permettre le transfert d’une baleine depuis l’un des navires de chasse.

Les chasseurs ont déjà tenté cette tactique pour nous mettre en échec il y a deux ans. Ils avaient déjà une expérience de cette situation avec Greenpeace, qui avait essayé de faire précisément la même chose, et ils ont constaté que lorsqu’ils s’avançaient de façon menaçante, Greenpeace battait en retraite pour éviter toute collision. Ils ont été étonnés de découvrir que Sea Shepherd ne reculait pas. Leurs tentatives ont eu pour résultat trois collisions différentes, jusqu’à ce que ce soient les baleiniers qui battent en retraite plutôt que nous; ils n’ont plus jamais essayé de transférer des baleines en notre présence.

Durant la saison qui arrive, s’ils essaient par la force de prendre position pour transférer les baleines tuées, ils se rendront compte que Sea Shepherd est encore plus déterminée qu’eux. S’ils essayent, ils provoqueront des collisions. Sea Shepherd sait parfaitement que les baleiniers japonais seront plus hostiles, plus agressifs et plus menaçants car ils sont plus frustrés que jamais. Nous leur avons coûté leurs prises et leurs profits des cinq dernières années. Ils ont aussi reçu le feu vert pour agir plus violemment, sachant que le capitaine japonais qui a coupé en deux l’Ady Gil et failli tuer les six membres de son équipage n’a même pas eu à rendre compte de ce qu’il a fait.

Les membres de mon équipage ont dû répondre à une question très directe : êtes-vous prêt à risquer votre vie pour sauver une baleine ? Seuls ceux qui ont répondu par l’affirmative ont été sélectionnés pour l’opération No Compromise : 88 hommes et femmes provenant de 21 pays représentent cet engagement cette année dans les mers du Sud. Les Japonais vont peut-être les appeler “les 88 fous”, mais il n’en demeure pas moins que chacun d’eux représente plusieurs millions de gens qui détestent la chasse à la baleine. Leurs aventures seront diffusées auprès de plusieurs millions de gens grâce à Whale Wars et l’on parlera de leurs efforts dans des magazines, dans des journaux et dans les livres. Si l’un d’entre nous devait être tué par un baleinier japonais, la honte retomberait sur le Japon tout entier et le gouvernement japonais serait vilipendé.

Les autorités japonaises ont une décision à prendre. Sont-elles prêtes à autoriser leurs chasseurs enragés à se blesser, à se tuer ou à nous blesser ou à nous tuer pour défendre leurs activités illégales, meurtrières et universellement impopulaires dans l’océan Austral ? Sont-elles prêtes à risquer la vie de leurs propres citoyens en leur permettant de provoquer délibérément des collisions en haute mer dans les mers les plus hostiles, les plus isolées et les plus impitoyables du monde ? Sont-elles prêtes à voir des gens mourir pour défendre leur industrie illégale, cruelle, archaïque, déficitaire, lâche et misérable ?

Sea Shepherd ne provoquera aucune collision, mais nos bateaux seront là pour empêcher le chargement des baleines sur la rampe menant au pont de dépeçage du Nisshin Maru. Nous nous interposerons, quelles que puissent être les tentatives des bateaux meurtriers de fracasser la coque de nos navires.

Il serait souhaitable que l’Australie et la Nouvelle-Zélande envoient un navire dans l’océan Austral pour maintenir la paix, pour surveiller la situation et pour être en mesure de jouer les médiateurs et de secourir des membres de l’équipage le cas échéant. Ces deux pays, ainsi que les États-Unis et les Pays-Bas, appellent à la retenue, mais que faut-il entendre par là exactement ? Pensent-ils que les Japonais vont s’abstenir de tuer les baleines ? Croient-ils que Sea Shepherd va renoncer à protéger les baleines ? De qui attendent-ils cette retenue et de quelle manière envisagent-ils qu’elle puisse s’exercer ?

Les Australiens et les Néo-Zélandais n’enverront pas de bateaux, mais les autorités japonaises ont entrepris de placer des militaires sur les baleiniers comme si l’océan Austral leur appartenait. Il est vrai que dans les faits, tout se passe comme si c’était le cas.

Ce que l’Australie et la Nouvelle-Zélande devraient faire, c’est exercer leur souveraineté sur l’étendue de l’Antarctique Australien et sur la Dépendance de Ross. Leur attitude est tout simplement lâche. Sous prétexte de ménager les intérêts commerciaux des grandes compagnies, ces pays considèrent que leur responsabilité est essentiellement de vendre au Japon des copeaux de bois, de la laine, de l’uranium et d’autres matières premières au lieu d’agir dans l’intérêt des baleines qui se trouvent à l’intérieur de leurs propres zones territoriales et de leurs propres populations qui aimeraient que leurs gouvernements fassent vraiment quelque chose pour protéger les baleines.

Le 17 novembre, la Nouvelle-Zélande a émis une série spéciale de timbres, en édition limitée, sur le thème de la dépendance de Ross et de cinq espèces de cétacés : la baleine de Minke, la baleine de Sei, le cachalot, la baleine à bosse et l’orque. La Nouvelle-Zélande revendique la région de la mer de Ross, dans les mers du Sud. Elle en revendique les baleines. Une question demeure, pourquoi se laisse-t-elle intimider par ces pilleurs sans remords que sont les chasseurs de baleines venus du Japon ?

Operation No Compromise

Opération
No Compromise

 

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