Commentary and Editorial

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Mardi, 14 Décembre 2010 21:31

Tergiversations des bio-instituts pour les escrocs du saumon

Commentaire par le Capitaine Paul Watson

L’ennui avec la biologie marine aujourd’hui, c’est qu’elle nécessite tellement de subventions et de financements qu’elle diverge de l’objectivité scientifique et devient la prostituée des entreprises, ou, comme j’aime les appeler des "bio-instituts". Le Canada en a sa part, essentiellement employés par le Ministère Canadien des affaires de la pêche, autrement connu comme le Ministère Fédéral pour les Pêches et Océans.

Nous avons maintenant cette récente publication qui est à l’élevage du saumon ce que les détracteurs du réchauffement climatique sont au changement de climat. En d’autres termes, avec la majorité des publications d’un côté de l’échelle démontrant les dommages environnementaux par le pou de mer, et de l’autre, une seule étude de l’industrie, et des médias qui disent "voyez que nous avons maintenant des ‘preuves scientifiques’ que le pou du saumon ne menace pas le saumon sauvage".

Ce rapport, par Gary Marty de l’Université de Californie à Davis, Sonja Saskida du Centre de la Colombie Britannique pour les Sciences de la Santé Aquatique, et Terrance Quinn, spécialiste de la gestion des ressources de l’Université de l’Alaska, établit avec autorité qu’il n’y a pas de corrélation directe entre le nombre de poux de mer infestant les fermes à saumons et le déclin de la population de saumons sauvages.

En d’autres termes, les poux de mer des fermes à saumons de la côte de Colombie Britannique ne sont pas à blâmer pour un effondrement dramatique des populations de saumons sauvages sur la côte Ouest. Comment arrivent-ils à cette conclusion profonde ? Ils ont eu accès à des "données industrielles" précédemment non accessibles aux scientifiques.

C’est ainsi…dirons-nous, stupéfiant, commode ! Naturellement, l’industrie de l’élevage du saumon est ravie, c’est compréhensible, que ces "découvertes" aient été publiées via un article de l’Académie Nationale des Sciences.

Cette étude, au contraire de nombreuses autres, représente une dramatique rupture avec le nombre croissant de recherches qui ont pointé les poux de mer des fermes à poissons comme premiers suspects contribuant au déclin du saumon sauvage du Pacifique en Colombie Britannique.

Les représentants de l’industrie chantent victoire : ce papier changera l’attitude montrée par le public quant à l’intérêt porté à l’impact des fermes à saumons sur le saumon sauvage. Le principal auteur, le docteur Marty, dit que les chercheurs ont eu un accès sans précédent aux détails de la santé du poisson et des enregistrements sur la productivité des 26 fermes de l’Archipel Broughton , au large de l’épaulement nord-est de l’Ile de Vancouver.

Les données, que l’industrie avait précédemment refusées aux chercheurs, couvrent dix ans sur l’information concernant la santé et vingt ans sur la productivité, et étaient comparées à 60 années de relevés montrant le retour du saumon dans les rivières environnantes. Je me demande où étaient ces données pendant toutes ces années et si c’est tellement bon pour les arguments de l’industrie, et pourquoi elles étaient tenues secrètes des vrais chercheurs autres que ceux chéris par l’industrie du saumon ? Comment ces données n’ont-elles jamais été montrées au Dr. Alexandra Morton, par exemple ?

"Les données des populations de saumons roses de l’Archipel Broughton et des expériences sur le pou de mer arrivent à la conclusion que la majorité des morts de saumons sont causées par autre chose que le pou de mer. Les données de notre ferme soutiennent la conclusion que le pou de mer n’a pas provoqué une chute significative de la productivité durant la dernière décennie", établit le papier, édité par Carl Walters, un chercheur sur les pêcheries, de l’Université de Colombie Britannique.

Le Dr Walters prétend être un conseiller pour les directeurs de la ressource et ses propres mots sont les suivants, "je travaille principalement sur la dynamique des populations de poissons, l’évaluation des pêcheries et la gestion durable". Il a dit aussi que le cœur des pêcheries est de savoir comment gérer la récolte: "La principale idée de ma recherche est de calculer comment dessiner des systèmes de gestion qui soient solides dans une zone de haute incertitude".

Bien, nous pouvons voir où il veut en venir, jetons maintenant un coup d’œil à ce qu’il y a dans l’étude. Je ne suis pas un scientifique, mais quelqu’un qui écrit et je jongle souvent avec les mots et quelques-uns d’entre eux se remarquent comme des pavillons rouges. Tel que « quelque chose d’autre » sans définition de ce qu’est ce "quelque chose d’autre"  et, "ne provoque pas une chute significative de la productivité du saumon rose" ; que veut dire exactement "significatif" ? Il ne dit pas que le pou du saumon ne menace pas le saumon sauvage. En fait, il suggère qu’il le fait mais pas "significativement". C’est comme dire que des balles tirées dans une salle de classe "ne détruisent pas significativement l’ensemble des étudiants, mais en tuent juste quelques uns".

Bien sûr, le Dr. Marty, qui a travaillé pour l’industrie de l’élevage du poisson aux Etats-Unis (quelle surprise !), dit que les demandes des environnementalistes pour que l’on déplace les fermes à poisson en dehors des routes migratoires des saumons ne sont pas justifiées. Mais il a oublié clairement de mentionner la pollution chimique, hormonale et fécale apportées par ces fermes, ou l’évasion de saumons exotiques dans l’écosystème et une petite douzaine d’autres questions conduisant le lecteur à penser que le pou du saumon n’est pas à prendre en compte et que celles qui le sont s’avèrent insignifiantes. Ainsi, le problème est résolu et le Dr. Morton peut dégager.

Je ne fus pas choqué de découvrir que Sonja Saksida du Centre de La Colombie Britannique pour les Sciences de la Santé Aquatique travaille aussi pour l’industrie des fermes de saumons. Je suis sûr que c’est une simple coïncidence. "Basées sur un manque de preuve pour une relation négative entre l’élevage du saumon et la productivité du saumon rose, les données ne soutiennent pas l’hypothèse que la séparation de l’élevage par rapport au poisson sauvage augmenterait la survie du saumon rose sauvage" affirme-t-elle.

Je me demande quand les chèques arriveront dans leurs boîtes aux lettres.

Le papier trouve quand même que les fermes à poissons produisent beaucoup de poux de mer, avec deux fermes ayant une estimation de 18.7 millions de poux en un contrôle mensuel. Cela en fait beaucoup ! Je me sens particulièrement concerné parce que de jeunes saumons doivent nager près de ces horreurs de fermes où les poux peuvent les attaquer. Le Dr Marty admet qu’il existe un léger doute que les poux de mer puissent migrer des fermes vers le saumon sauvage au printemps, quand le saumon juvénile passe sur leur chemin en migrant vers le large.

Le papier ne mentionne pas l’impact du pou du saumon sur le saumon juvénile ni le fait que le jeune saumon peut mourir d’ être infesté par les poux (à la place, il incrimine les saumons sauvages de répandre les poux vers les fermes à saumons), ni encore la possibilité que les poux puissent être le vecteur de germes pathogènes qui tuent le saumon par des maladies, de la même façon que les poux sur les rats peuvent transmettre la peste noire aux humains.

Je me demande si les gens qui mangent ces poissons chimiquement traités, élevés aux hormones, réalisent que la chair de ces saumons est artificiellement colorée avec de la teinture alimentaire dans leurs granulés et qu’ils grandissent dans des conditions de surpeuplement horrible où ils sont infestés par les poux. Ce tableau est à peu près aussi appétissant que de trouver des asticots dans votre hamburger ou des vers dans vos saucisses.

Les « scientifiques » naturellement clament qu’ils n’ont aucune idée de la cause du déclin du saumon sauvage mais, à l’évidence, ce n’est pas leur problème. Tout ce dont leurs clients ont besoin est une sorte de "crédibilité scientifique", c’est sans importance qu’elle soit fragile pour leur industrie dommageable écologiquement.

Assez étrangement, le Dr Saskida se contredit dans son propre rapport. "Les poux de mer sont un des composants à considérer, mais nous devons regarder ce qui arrive d’une façon plus large". Personne n’a suggéré que le pou de mer est le seul responsable du déclin du saumon sauvage. Les environnementalistes ont toujours dit que le pou de mer est un facteur qui y contribue et nous avons ici des scientifiques de l’industrie qui disent la même chose, dans des mots différents de sorte à satisfaire une demande de l’industrie pour une sorte de validation scientifique.

Le Dr Alexandra Morton, une chercheuse et activiste environnementale qui a publié des articles dans des journaux scientifiques sur l’impact négatif du pou de mer sur le saumon sauvage, a déclaré qu’elle n’est pas convaincue par la recherche dont les conclusions vont tout à fait à l’encontre des siennes. "J’ai fait une vaste étude sur l’impact des poux de mer sur le saumon sauvage juvénile et j’ai observé que ces poissons mouraient. Vous ne pouvez me convaincre d’autre chose. Il y a quelque chose que j’ai observé" dit-elle. "Je pense que n’importe quel pathologiste de la faune marine qui observerait ces poissons (infestés de poux de mer) dirait qu’ils sont grandement compromis. Aussi, cet article nous donnerait quelque indice sur ce qui les tue, juste pour éliminer quelque chose d’autre et de non crédible" dit Mrs Morton.

Clare Backman, directeur de l’observation environnementale pour Marine Harvest Canada, la plus grande société d’aquaculture de Colombie Britannique, n’est pas décidé à laisser Mme Morton gâcher son triomphe et a déclaré "l’étude apporte de bonnes nouvelles pour l’industrie des fermes marines". Oh, nous parions là-dessus, Clare.

"Ce papier ne change pas les choses d’une façon significative", dit Mr Backman, dont la société est responsable pour plus de la moitié des 80 000 tonnes de saumon frais produit en Colombie Britannique chaque année. Ai-je entendu un refrain sur les conflits d’intérêts faire écho dans les couloirs de l’académie ? Oh oui, très clairement, comme une génuflexion mortuaire pour le saumon sauvage. "Ce rapport procure un contre argument aux déclarations simplistes affirmant que le pou de mer des fermes est la cause du déclin de quelques stocks du Pacifique" dit-il.

Maintenant monsieur Backman, répétez après moi, "personne ne dit que le pou du saumon est la SEULE cause du déclin du saumon sauvage. Nous disons que le pou du saumon en est un facteur majeur".

Mr. Backman ne fera rien de bon. Il doit répondre devant son conseil d'administration et ses actionnaires. Emettre quelques chèques pour terminer un travail bien fait par ce trio de "bio-instituts" qui, sans honte, se déclareront eux-mêmes comme "scientifiques".

 

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