Commentary and Editorial

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Samedi, 01 Janvier 2011 21:10

Poésie, émotion en mer et mouvements

Commentaire par le Capitaine Paul Watson

O, pardon me, thou bleeding piece of earth, that I am meek and gentle with these butchers! Thou art the ruins of the noblest species that has ever lived, in and beyond the tides. Woe to the hand that shed this costly blood! Over thy wounds now do I prophecy - the disgrace of your cruel death has cloaked my species with shame everlasting, and there will be retribution!
spacer- Taking some liberties with Shakespeare

Le Capitaine Paul Watson sur le pont du Steve Irwin pendant l'opération No CompromiseLe Capitaine Paul Watson sur le pont du Steve Irwin pendant l'opération No CompromiseOn me demande souvent comment je peux vouloir que des gens risquent leur vie pour défendre les baleines contre l’ignominie des horribles fusils à harpon. On ne s’est pas posé cette question quand des capitaines ont demandé un jour à leurs hommes de risquer leur vie pour tuer ces magnifiques mammifères géants, très intelligents et sensibles. Combien de marins sont morts en poursuivant ou en tuant des baleines ? Des milliers ! Combien de personnes sont mortes en défendant les baleines contre leurs assassins ? Pas une seule !

Les humains se font la guerre et s’entretuent pour défendre une religion, une propriété, des profits ou un prestige. Je pense qu’il est bien plus noble de risquer sa vie pour défendre quelque chose de bien plus grand : la survie d’une espèce, et en fin de compte notre propre survie. Il y a ceux qui voient les baleines comme des animaux à exploiter, au même titre que les poulets et les vaches. Il y a aussi ceux qui croient que toute vie non humaine a été créée pour être exploitée par l’homme, pour son profit ou pour son plaisir, sans considération ni compassion pour une vie qui existe dans un corps non humain.

Sean Hannity, présentateur de l’émission droitiste de Fox Network, m’a demandé un jour quelle était la différence entre une baleine et un poulet. Après lui avoir demandé s’il avait déjà mis les pieds dans une ferme, je lui ai expliqué qu’au-delà des apparences, il existait un certain nombre de différences. Une poule est un animal domestiqué, ce qui n’est pas le cas d’une baleine. Il y a des milliards de poulets, mais pas autant de baleines. Aucun abattoir au monde n’accepterait ni n’obtiendrait l’autorisation d’abattre les poulets ou les vaches en utilisant des méthodes qui impliqueraient des souffrances prolongées, et les tribunaux feraient immanquablement fermer un abattoir dans lequel on passerait une demi-heure à tuer un poulet ou une vache.

Il existe une différence plus grande, quelque chose d’impalpable, mystérieux même, qui nous relie aux baleines et aux dauphins de façon inconsciente au niveau le plus primaire. C’est un lien profondément émotionnel, et de l’avis de nombre d’entre nous, il s’agit de quelque chose de profondément enraciné dans une spiritualité antique. Vis-à-vis des baleines et des dauphins, les gens n’ont pas la même attitude que vis-à-vis de pratiquement n’importe quelle autre espèce, et il en a toujours été ainsi comme en attestent les écrits et les œuvres d’art les plus anciens. Il n’existe aucune autre sorte d’animaux pour lesquels une industrie est entièrement consacrée à simplement les observer au lieu de les chasser. Les gens aiment voir des baleines ou des dauphins. Ils ressentent pour eux une affection et une affinité particulières, et ils se sentent liés à ces animaux d’une façon que la plupart du temps ils ne peuvent pas expliquer.

C’est pour cette raison que je viens de terminer d’écrire un poème épique dans lequel j’essaie de décrire ce lien inconnu entre les baleines et les hommes. J’ai intitulé mon livre Planet of Whales [La Planète des Baleines] et il comporte trois parties : (1) The Evolution of Sedna, sur les baleines même, (2) Primate Monsters of the Deepe, sur la chasse à la baleine, et (3) Whale Wars, sur la préservation des baleines. Chaque partie se compose de 64 versets de 6 lignes, soit au total 192 versets. L’extrait ci-dessous provient de la première partie, The Evolution of Sedna.

The Evolution of Sedna
(excerpt) 

Whales! How do we describe such unique sentience?
How does one describe such amazing creatures?
Musical, marvelous, mystical,
Monstrous mysterious, magnificence,
Beings with a diversity of features,
Intelligent, aware, sociable, whimsical.


They are the deep salty ocean breath of the sea,
Great whales are the awesome conscience of the sea,
They are the self aware minds in the sea.
They are the philosophers of the sea,
The great whales are the protectors of the sea,
The greatest noble minds that we will ever see.
 

When and why did the great whales first emerge?
What are these great creatures to us?
Why do they hold for us a special place?
With them one day maybe we will converge,
And someday we will earn their trust,
With humility to the human race.

Whales, where art thou?
 

Un certain nombre de poèmes ont déjà été écrits sur les baleines. Le plus célèbre est Whales Weep Not, de D.H. Lawrence. C’est ce poème que nous avions donné à William Shatner en 1976 et dont il s’est inspiré dans son script pour Star Trek IV dans lequel un vaisseau intergalactique Klingon intercepte un baleinier norvégien.

Whales Weep Not!

They say the sea is cold, but the sea contains
the hottest blood of all, and the wildest, the most urgent.

All the whales in the wider deeps, hot are they, as they urge
on and on, and dive beneath the icebergs.
The right whales, the sperm-whales, the hammer-heads, the killers
there they blow, there they blow, hot wild white breath out of the sea!

And they rock, and they rock, through the sensual ageless ages
on the depths of the seven seas,
and through the salt they reel with drunk delight
and in the tropics tremble they with love
and roll with massive, strong desire, like gods.
Then the great bull lies up against his bride
in the blue deep bed of the sea,
as mountain pressing on mountain, in the zest of life:
and out of the inward roaring of the inner red ocean of whale-blood
the long tip reaches strong, intense, like the maelstrom-tip, and comes to rest
in the clasp and the soft, wild clutch of a she-whale's fathomless body.

And over the bridge of the whale's strong phallus, linking the wonder of whales
the burning archangels under the sea keep passing, back and forth,
keep passing, archangels of bliss from him to her, from her to him, great Cherubim
that wait on whales in mid-ocean, suspended in the waves of the sea
great heaven of whales in the waters, old hierarchies.

And enormous mother whales lie dreaming suckling their whale-tender young
and dreaming with strange whale eyes wide open in the waters of
the beginning and the end.

And bull-whales gather their women and whale-calves in a ring
when danger threatens, on the surface of the ceaseless flood
and range themselves like great fierce Seraphim facing the threat
encircling their huddled monsters of love.
And all this happens in the sea, in the salt
where God is also love, but without words:
and Aphrodite is the wife of whales most happy, happy she!
and Venus among the fishes skips and is a she-dolphin
she is the gay, delighted porpoise sporting with love and the sea
she is the female tunny-fish, round and happy among the males
and dense with happy blood, dark rainbow bliss in the sea.

- D.H. Lawrence

En 1988, Heathcote Williams a publié son poème épique Whale Nation, dont voici un verset :

Whale Nation 

The first sound a whale calf hears
Is Singing
The mother lifts her new-born calf to the surface,
And then rolls on her side,
Expressing her milk into its mouth with muscles deep inside her breasts:
Twice as rich in protein as human milk,
Richer than clotted cream.
The songs of their escorts
Filter through the water,
The element of baptism,
In which the whale calf is to be perennially immersed.
Should anything untimely happen to it,
Its mother will support her calf upon her back
Until it disintegrates.

-Heathcote Williams

À la demande de Heathcote Williams, j’ai écrit un petit texte pour Whale Nation mais finalement, 23 ans plus tard, j’ai terminé mon propre poème épique et il est maintenant prêt à être publié. J’ai déjà inclus l’extrait qui précède de la partie Evolution of Sedna. Voici maintenant deux extraits de la deuxième partie, Primate Monsters of the Deep, sur la chasse à la baleine :

Primate Monsters of the Deep
(excerpt) 

In ancient times Leviathan was a mystery
A mythic creature of wonder much revered
But humankind was seeking dominance
And thus began a bloody history
And mankind became a species to be feared,
With whales dying in pain for wealth and prominence

And

Intelligence willfully destroyed to read books
Moby Dick read by the light of burning whales,
Without a thought, blind to the connections
By death’s bright light, is read another book
Thou shalt not kill is one of the lying tales.
We define what is right by biased selections
 

Dans Planet of Whales, la troisième partie, intitulée Whale Wars, inclut les extraits qui suivent :

So much slaughter, cruelty, and so much blood
Sickened by such atrocities
My anger is a compassionate wrath
Strategy cools my enraged heated blood
Forever battling hypocrisies
Allowing me to focus on the path

The path led to the northern land of fire and ice
We took out half the Icelandic whaling fleet
Sending two ships to the cold harbour floor
The Icelanders paid a pretty high price
We destroyed the plant where they processed the meat
Striking successfully, creating great uproar
 

La cause des baleines est une cause noble et historique, et c’est pourquoi il me semble que la poésie est un merveilleux moyen de raconter l’histoire des baleines, de la chasse à la baleine et du mouvement de protection des baleines.

En vérité, c’est chez les baleines que se trouve la véritable poésie, la poésie de l’intelligence en mouvement dans les sombres et denses cathédrales des mers vivantes. Je peux m’imaginer que les baleines, avec un si grand cerveau et avec leur pouvoir de communication, sont aussi des poètes.

Des chants de baleines à bosse ont été envoyés hors du système solaire par l’engin spatial Voyager. Peut-être que quelque part, dans ce vaste vide, il y aura une intelligence pour reconnaître ce génie auquel nous restons délibérément aveugles.

The Voyager spacecraft carries the songs of whales
Whose song will extraterrestrials favour?
Earth creature of the land, or of the deep?
Whose strange alien song will best tell Earth’s tale?
What will be thought of our earthly behaviour?
And if aliens visit, which species will they greet?
 

Cela fait près de 40 ans que j’ai le très grand privilège de servir les baleines en les défendant et en militant pour leur cause. Au cours de ces quatre décennies, j’ai vu la superbe beauté enchanteresse des baleines mais j’ai vu aussi l’horreur sanglante de la chasse à la baleine et j’ai éprouvé la grande joie de sauver des baleines des mains de leurs bourreaux.

Ce poème résume les trois émotions que j’éprouve vis-à-vis des baleines, mon amour des baleines, ma colère et ma haine envers leurs assassins, et la joie de défendre la vie de ces êtres sensibles et magnifiques dont l’existence même nous rend humbles et nous édifie à la fois, pas seulement moi mais des millions de gens dans le monde qui se rendent compte que pour quelque raison mystérieuse et insondable, ces créatures grandioses, avec leur grâce et leur intelligence remarquables, sont importantes pour nous.

Elles sont même assez importantes pour que l’on meure pour elles !

Operation No Compromise

Opération
No Compromise

 

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