Commentary and Editorial

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Mardi, 15 Février 2011 22:49

La propagande japonaise a encore frappé à Taiji

Commentaire par Libby Katsinis, Gardienne de la Baie de Sea Shepherd

Yajima watching the dolphin slaughter with amusement while her cameraman films. Photo: Libby KatsinisTaiji est connu pour être le lieu où est apparue la chasse aux cétacés au Japon, et son histoire est visible par tous les visiteurs, dans chaque fissure et dans chaque crevasse de ce tout petit village de pêcheurs. Toute nation, toute ville a le droit d’être fière de sa culture et d’honorer ses aïeux. Pour progresser, un pays ou une société doit changer et prendre des décisions éclairées. Bien que ces décisions ne soient pas toujours bonnes, nous devons les assumer et apprendre de nos erreurs, sachant qu’une culture est une chose dont une nation ne devrait jamais avoir honte.

Si ceux qui affirment que la chasse aux dauphins fait partie de la culture de Taiji depuis 400 ans ont raison dans une certaine mesure, il est cependant plus juste de dire que la chasse aux dauphins ne s’est développée que depuis 40 ans, avec l’invention d’une technique de rabattage à l’aide de bateaux et de tubes générateurs de bruit et avec l’apparition de l’industrie des dauphins en captivité. Cependant, il est absolument grotesque d’affirmer que ce massacre annuel de milliers d’êtres sensibles est une culture et une tradition. Quand l’activité dont il s’agit existe depuis moins longtemps que ceux qui la pratiquent, ce n’est pas une culture et ce n’est pas un héritage historique. Ayant été sur le terrain à Taiji pendant près de trois mois, et par la suite pendant encore trois semaines, j’ai pu voir de mes propres yeux jusqu’où ce village était capable d’aller pour cacher le sang et les viscères qui accompagnent un massacre à cette échelle. Si c’est là leur patrimoine culturel, pourquoi ont-ils honte au point de devoir le cacher ? S’il s’agit vraiment d’une tradition japonaise ancienne, alors comment se fait-il que seul un petit nombre de Japonais soit au courant de cette prétendue tradition culturelle?

La propagande des médias japonais sur ce massacre porte loin, et notre rôle d’information pour le faire cesser est présenté de façon déformée, pour ne pas dire plus. La Sea Shepherd Conservation Society et les Gardiens de la Baie sont présentés comme étant racistes et haineux. La population de ce pays insulaire, qui n’avait jamais eu connaissance de ce massacre de dauphins à Taiji, est délibérément induite en erreur par les autorités et les médias, qui lui font croire que les Gardiens de la Baie sont là pour semer le trouble afin d’accroître les dons pour Sea Shepherd, alors que c’est tout le contraire puisque cet effort, plutôt qu’un moyen d’obtenir des dons, représente surtout une dépense. Les Gardiens de la Baie sensibilisent peu à peu les gens et obtiennent un soutien croissant, mais maintenir un représentant officiel au Japon pendant six mois coûte cher et nous sommes très reconnaissants à ceux qui comprennent la nécessité de cette campagne et qui ont si généreusement soutenu nos Gardiens de la Baie. Nous dépendons des dons que nous recevons pour soutenir nos actions, mais toutes les campagnes de Sea Shepherd ne rapportent pas assez d’argent pour seulement couvrir les frais qu’elles occasionnent. Pour l’instant, compte tenu des circonstances, notre ligne de conduite à Taiji consiste à observer la situation. Ce n’est pas drôle, mais c’est une partie nécessaire de notre stratégie globale pour les dauphins.

Extrait vidéo d’une interview des Gardiens de la Baie de Sea Shepherd par TV Asahi

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Vidéo: Andreas Romanowski et Nicole McLachlan(3:38)

Que la chasse au dauphin au moyen de techniques de rabattage soit une chose honteuse que les autorités japonaises gardent secrète, ce n’est pas seulement mon opinion mais c’est aussi celle de nombreux Japonais qui se rendent dans la Baie pour chercher à savoir par eux-mêmes la vérité sur Sea Shepherd. Ce sont des gens qui font plusieurs heures voire plusieurs jours de voyage pour voir les fameux Gardiens de la Baie de leurs propres yeux. L’ironie de tout cela est que la plupart des Japonais qui se rendent à Taiji finissent par devenir des amis et des soutiens de Sea Shepherd, ce qui démontre la fausseté de la propagande des médias concoctée par les autorités du pays.

Des études ont montré qu’une majorité de la population japonaise n’était pas au courant de ce génocide qui se déroule dans son propre pays. Il est aussi prouvé que le gouvernement japonais trompe délibérément le public en vendant la viande des dauphins sous une information mensongère, en l’étiquetant comme viande de baleine. Pire encore, la viande de dauphin contient des niveaux extrêmement élevés de mercure, si bien qu’elle est un vrai poison pour les gens qui la consomment, notamment des enfants et des femmes enceintes. Nous savons tous que chaque gouvernement a ses lacunes et ses secrets honteux, mais les Japonais ont le droit de savoir ce que l’on sert à leurs enfants dans les cantines des écoles, et ils ont le droit de savoir que leur nourriture les empoisonne et risque de provoquer des malformations chez les générations futures.

Une nouvelle émission de la chaîne TV Asahi 5, diffusée le 5 février, aura été le parfait exemple de la propagande qui est servie sans vergogne au public japonais. Les paroles prononcées par les Gardiens de la Baie ont été utilisées contre eux et en faveur du massacre et sorties de leur contexte. La journaliste, une femme d’Osaka nommée Yajima, s’était rendue dans la Baie après avoir entendu parler du massacre parce qu’elle voulait goûter la viande de dauphin. Elle était partisane de la chasse depuis le début, et son souci était de dépeindre les Gardiens de la Baie comme des extrémistes qui nagent dans la Baie, harcèlent les pêcheurs et troublent la tranquillité des lieux pour gagner de l’argent.

Yajima nous a suivis partout où nous allions, et des membres de Save Japan Dolphins l’ont même trouvée cachée derrière des arbustes, du côté interdit d’une barricade, en train de les filmer pendant qu’ils filmaient le massacre. Elle a même essayé de nous faire peur en affirmant nous avoir filmés en train de franchir la barricade, ce qui était mensonger car nous agissons dans le respect des lois, et elle a déclaré qu’elle allait montrer les images à la police, ce qu’elle n’a évidemment jamais fait. Mais quand nous lui avons dit que nous l’avions filmée en train de franchir la barricade, elle a paniqué et a vite changé de sujet. Yajima a prouvé maintes fois qu’elle était une journaliste partiale et manipulatrice prête à faire n’importe quoi, y compris mentir et faire du chantage, pour pouvoir tromper son public et lui faire croire à une histoire racontée de façon mensongère. Ce n’est là qu’un exemple parmi d’autres de la propagande des médias dans sa forme la plus caractéristique.

L’émission de Yajima sur TV Asahi était intitulée “Des racistes à Taiji”, mais elle n’y a apporté aucun fait justifiant un tel titre. Cette émission ne présentait pas les Gardiens de la Baie de façon correcte ni sous un jour positif, et elle occultait certaines informations comme le fait que nous nous soyons mis à apprendre le japonais et même à le pratiquer avec les agents de police dans la Baie, le fait que nous ayons beaucoup d’amis japonais et qu’un certain nombre d’habitants de la région nous adorent et nous accueillent, et le fait que dans mes notes sur les Gardiens de la Baie, j’aie souvent déclaré combien j’aimais le Japon et sa population hospitalière.

En privé, Yajima a reconnu devant nous qu’elle avait fait de la recherche sur des animaux et que voir des dauphins mourir à Taiji l’attristait, même si elle croit que les pêcheurs ont tout à fait le droit de se livrer à cette activité sans que personne ne leur mette des bâtons dans les roues. Si j’étais à sa place et si j’étais dans une situation dans laquelle je serais obligée de faire abstraction de mes propres sentiments pour faire connaître la vérité à mon pays et au reste du monde, tout en étant ambivalente à propos d’une chose qui m’attristerait, j’aurais honte et je me sentirais coupable, et je ne pourrais plus me regarder dans une glace. Comment cette femme peut-elle dormir la nuit, cela me dépasse. Comment peut-elle avaler sa tristesse, son devoir de raconter la vérité sans la déformer, et se faire filmer en train de manger de la viande de dauphin crue, voilà une chose que je suis incapable de comprendre.

Sachant que cette propagande circule dans tout le Japon, je me demande quelle serait la meilleure solution, et même s’il existe une solution. Les médias peuvent être un puissant allié, et un ennemi plus puissant encore. Je pense que la vérité finira par prévaloir. Et si les Gardiens de la Baie de Sea Shepherd continuent de respecter les lois japonaises tout en révélant ce qui se passe dans la Baie, alors quelque chose finira par se produire, et cette pratique inhumaine et atroce, qui nuit non seulement à des êtres sensibles d’une autre espèce mais aussi à une population qui est empoisonnée à son insu, finira par cesser.

 

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