Commentary and Editorial

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Vendredi, 01 Avril 2011 00:00

Le grand Nord sanglant

Les massacres de phoques au Canada et mon sentiment réel à ce sujet!

Commentaire par le Capitaine Paul Watson

“M. le présentateur, j’aimerais voir ces 6 millions de phoques, ou peu importe combien ils sont, tués et vendus, ou éliminés et brûlés. Je me moque de ce qui peut leur arriver (...) plus ils en tueront et plus j’adorerai ça."

- John Efford, ancien ministre des Pêches de Terre-Neuve et ministre fédéral des Ressources naturelles

The hunter readies to take the life of a defenseless sealUn chasseur sur le point d'ôter la vie à un phoque sans défense

Il n’y a qu’un mot pour qualifier le quota d’abattage de phoques fixé par le gouvernement canadien pour 2011: “dément”. C’est aussi très stupide et très immature.

Dans le souci d’apaiser les pêcheurs ignorants de l’écologie qui ont été appauvris à cause de l’incompétence crasse du ministère canadien des Pêches et des Océans (MPO) en matière de gestion, le gouvernement a fixé le quota d’abattage le plus élevé jamais infligé aux phoques en autorisant l’abattage de 468 200 phoques du Groenland, phoques gris et phoques à capuchon. Cela représente une augmentation de 148 200 par rapport au quota déjà ridiculement élevé de 330 000 phoques pour 2010.

Curieusement, le gouvernement fixe chaque année des quotas plus élevés, bien que le nombre réel des abattages soit en diminution d’année en année. En 2007, le quota d’abattage du MPO était de 275 000 phoques et il en a été tué 82 800. En 2008, le MPO a relevé le quota à 280 000, ce qui a permis aux chasseurs, dans un effort ultime, de tuer 217 800 phoques grâce à un encouragement considérable sous forme de subventions et d’aide gouvernementale de la part du ministre des Pêches d’alors, Loyola Hearn. Cependant, en 2009, malgré un quota d’abattage de 280 000, le nombre de phoques effectivement tués a chuté à 72 400. L’année dernière, le MPO a porté le quota à 330 000, un record jamais atteint dans l’Histoire, et les chasseurs ont atteint leur plus faible nombre de prises avec 67 000 phoques tués.

L’actuelle ministre des pêches Gail Shea aurait pu tout aussi bien, selon sa fantaisie, fixer à un million le nombre de phoques qu’elle aimerait voir abattre, mais une fois de plus, faute de réelle incitation financière, les chasseurs ne dépasseront probablement pas 100 000 morts infligées.

Mais alors, pourquoi augmenter les quotas gouvernementaux alors que le nombre de phoques tués reste inférieur de très loin à ces quotas ? Et pourquoi un tel écart entre ces deux chiffres ? En tant que Canadien, je vais vous en expliquer la raison.

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Captain Paul Watson debates Céline Hervieux-Payette on March 22, 2006

Il existe un véritable décalage entre les tueurs en série armés de gourdins et les larves primaires qui rôdent dans les couloirs du parlement canadien. Les chasseurs ont un certain sens pratique, ils connaissent la réalité de leur environnement économique, tandis que les politiciens et les bureaucrates vivent dans un monde imaginaire où l’important est la posture et la pose et où les prix des carburants, le prix des peaux, les dangers de la glace et les réalités du climat ne comptent pas.

Les hommes politiques, et plus particulièrement les bureaucrates incompétents du ministère canadien, sont une bande de gens mesquins, vindicatifs et superficiels. Ils ont décidé que le massacre des phoques était une tradition culturelle du Canada et qu’armer des voyous avec des gourdins était un acte de patriotisme, ou plus exactement, ils espèrent obtenir leurs voix aux prochaines élections fédérales.

Aux États-Unis, les mamans confectionnent des gâteaux aux pommes et les hommes politiques embrassent des bébés. Au Canada, des gens condamnent des bébés et font des gâteaux aux nageoires de phoques, et des chasseurs tuent les bébés phoques. Cela fait près de 40 ans que les Terre-Neuviens contrôlent ce ministère à la noix qu’on appelle le MPO. Les Terre-Neuviens représentent la majorité des bureaucrates du MPO et la plupart des ministres des pêches sont originaires de l’île de Terre-Neuve.

En réalité, quatre provinces du Canada participent à ce massacre. La Nouvelle-Écosse et ma province natale, le Nouveau-Brunswick, en font partie, et les tueurs les plus mesquins et les plus barbares sont les habitants des îles ‘Maganderthal’, dans le golfe du Saint-Laurent. Mais la plus grande bande de barbares geignards et balanceurs de gourdins, ce sont les Terre-Neuviens. Bien sûr, tous les Terre-Neuviens ne sont pas des voyous ni des persécuteurs de bébés phoques, mais nombreux sont les Terre-Neuviens qui ont défendu les massacres au nom de l’idée fumeuse selon laquelle tuer des bébés phoques serait le fondement même de leur identité. Les Américains ont le baseball, les Australiens ont le cricket, les Japonais ont les combats de sumos, et les Terre-Neuviens ont le massacre de bébés phoques.

En tant que Canadien, il est gênant d’être associé à ce spectacle d’horreur éhonté, surtout si l’on pense que les ‘Maganderthals’ boivent du sang de phoque et se peignent un crucifix sur la tête en guise de rite de passage à l’âge adulte. Pour en rajouter encore en matière de stupidité, un gouverneur général a affiché son soutien à la barbarie au XXIe siècle en mangeant un cœur de phoque tout cru sur les chaînes de télévision internationales, les couleurs du vrai Nord, fort et libre, étant portées avec dévouement par Son Excellence Michaëlle Jean, représentante officielle de la reine Elizabeth II, du sang de phoque dégoulinant de ses lèvres quand elle sourit. Ah, qu’est-ce que j’étais fier d’être canadien ce jour-là, vraiment!

Comment cette orgie de sang sur la côte Est peut-elle être d’une manière ou d’une autre représentative du Canada, ce serait un mystère si ce n’était que le gouvernement fédéral a toujours rejeté la moitié ouest du Canada. C’est ce que reflète de façon criante le drapeau canadien qui représente une feuille d’érable, un arbre qu’on ne rencontre à l’origine nulle part à l’ouest de l’Ontario.

Le Capitaine Watson pose avec un phoqueLe Capitaine Watson pose avec un phoque

Je suis un canadien des Maritimes et j’ai grandi à St. Andrews-by-the-Sea, un village de pêcheurs de la baie de Passamaquoddy, dans le Nouveau-Brunswick. Nous autres natifs du Nouveau-Brunswick, on nous appelle les herring chokers (étouffeurs de harengs), tandis que les habitants de Nouvelle-Écosse sont appelés les Bluenosers,ceux de l’île Prince Edward les Spud Islanders et ceux de Terre-Neuve les Nufies ou Newfies. Des gens qui ne viennent pas du tout des Maritimes, ou ils auraient été mieux inspirés, m’ont même traité de raciste pour avoir utilisé ces surnoms. C’est évidemment ridicule, puisque cela fait bien plus d’un siècle que les habitants des Maritimes se surnomment ainsi les uns les autres.

Certes, “herring choker” n’est pas le terme par lequel j’aimerais qu’on me connaisse, mais cela ne me dérange pas plus que cela ne dérange les Canadiens que je connais d’être appelés des “Canucks”, du moins tant que ce ne sont pas des fans du hockey qui ne soutiennent pas les Canucks de Vancouver. Enfin, en tant que herring choker et ayant grandi dans un village de pêcheurs, j’ai été le témoin direct de l’épuisement progressif des populations de poissons à l’est du Canada à cause de la gestion extrêmement mauvaise de cette légion légendaire de menteurs et de feignants, au sein du gouvernement canadien, qu’est le MPO.

C’est ce même gouvernement qui a supervisé la destruction totale de la plus grande population de poissons du monde: celle des morues des Grands Bancs de Terre-Neuve. Leur capitulation devant l’insatiable avidité de l’industrie des pêches a eu pour conséquence l’élimination complète d’une espèce et la ruine totale de tout l’écosystème océanique de l’est du Canada.

Les ministres des Pêches Romeo LeBlanc, John Crosbie, Brian Tobin, Loyola Hearn et Gail Shea auront été les pires de tous les ministres stupides, ignorants et arrogants ayant supervisé ce crime écologique contre l’humanité de 1976 à aujourd’hui, et ils ne font que devenir de plus en plus sourds, cette troglodyte de Gail Shea, destructrice de la nature et des phoques, étant la plus cruelle et la plus incompétente de tous.

Il y a quelques années, alors que j’affrontais la sénatrice Céline Hervieux-Payette dans un débat au cours de l’émission de Mike Duffy sur CBC, je l’ai entendue articuler cette absurdité: “La chasse aux phoques est la plus humaine et la mieux réglementée de toutes les chasses d’animaux sauvages au monde.” Or, toute personne ayant déjà vu comment cela se passe sait que c’est une pure horreur. Cette sénatrice a reconnu qu’elle n’avait jamais rien vu mais qu’elle avait “entendu dire”, de la bouche des fonctionnaires des Pêches, que c’était une chasse “humaine et bien réglementée, et cela m’a suffi”.

Naturellement, le métier de sénateur au Canada n’exige ni intelligence ni compétence particulière. Les sénateurs canadiens sont nommés à vie par le Premier ministre en échange de services rendus. Il peut s’agir aussi bien d’avoir patronné un événement que d’avoir été un partenaire de golf ou d’avoir couché avec la bonne personne, par exemple avec un ancien Premier ministre.

J’avais 10 ans quand j’ai vu pour la première fois un phoque tué. Ce jour là, j’ai trouvé, comme je continue de trouver aujourd’hui, que ce massacre insensé, cette atroce obscénité sanglante, était la tache la plus honteuse de toute l’Histoire sur le blason du Canada. J’ai été témoin de ce massacre de masse dans toute son horreur sanglante, d’abord en 1976, et à nouveau un certain nombre de fois depuis. J’ai arraché des gourdins des mains des chasseurs, je me suis battu avec eux sur la glace et sur terre. J’ai envoyé mes bateaux sur les glaces, j’ai bloqué leurs ports et j’ai repoussé leurs bateaux. J’ai reçu des coups, et pour me défendre j’en ai mis quelques-uns par terre. J’ai été toute ma vie témoin de la cruauté et de la stupidité incroyables de ces monstres tueurs de bébés et j’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour faire cesser cette horreur qui est la honte du Canada à travers l’Histoire, une Histoire sanglante qui a commencé avec le génocide de nos indigènes, qui s’est poursuivie par le massacre des castors et par l’extinction du vison du littoral, du grand pingouin, du loup de Terre-Neuve, du canard du Labrador et de tant d’autres espèces.

Je n’ai aucun respect pour la soi-disant culture de la pêche traditionnelle des Provinces de l’Atlantique. Quand j’étais enfant, je les ai vus pomper par-dessus bord du pétrole du fond de leurs cales, jeter leurs déchets en plastique et leurs filets usagés dans la mer et tirer sur tout ce qui bougeait dans l’eau et sur tout ce qui volait, rien que pour le plaisir. Les citadins peuvent admirer ces pêcheurs s’ils le veulent, mais moi, j’ai grandi parmi eux, je les ai vu faire, j’ai vu leurs prises quotidiennes et je me suis rendu compte très tôt que je ne voulais pas devenir comme eux.

Quand on me critique en disant que je devrais les respecter, je ne peux que demander pourquoi. Leur conduite est bien décrite dans des ouvrages comme Sea of Heartbreak et Over the Side Micky de l’écrivain terre-neuvien Michael Dwyer, The Living Ice de Pol Chartraine, écrivain des Îles-de-la-Madeleine, ou Vikings of the Ice d’Arthur England, écrivain de Nouvelle-Angleterre. Enfin, toute l’histoire de cette destruction des équilibres naturels est bien expliquée dans Sea of Slaughter de Farley Mowat.

The aftermath of a bloody seal slaughter

Les tueurs de phoques canadiens sont des criminels de la mer et les hommes politiques qui ont permis ces massacres sont pires encore. Les premiers sont cruels et massacrent pour de l’argent et par plaisir sadique, les derniers rendent ces massacres possibles pour des raisons de pouvoir et de contrôle. Écouter ces cancres de l’écologie rendre les phoques responsables de l’épuisement des réserves de morues, c’est être témoin d’un déni flagrant de la réalité et de l’Histoire.

Il n’y avait pas de pénuries de poisson quand l’explorateur français Jacques Cartier a posé le pied pour la première fois sur la côte est du Canada. Or, il y avait bien plus de phoques à l’époque qu’il y en a aujourd’hui, et il y avait aussi des morses, alors qu’il n’y en a plus sur la côte est. Trois cents ans de pêche par les Canadiens, les Américains et les Européens n’ont pratiquement pas réduit la population des morues. C’était avant les années cinquante et l’apparition des énormes chalutiers ! C’est avec ces techniques qu’ont commencé le viol et le pillage des Grands Bancs, une pratique approuvée et encouragée par les gouvernements du Canada et de Terre-Neuve.

Et pour poursuivre leurs ignobles desseins, ils ont fait appel à des spécialistes gouvernementaux en biologie marine qui sont devenus de véritables prostitués de la biologie et qui ont toujours justifié les décisions gouvernementales jusqu’au jour de l’effondrement des stocks de morues en 1992. Mais cela ne leur posait pas de problème, parce qu’ils devaient garder leurs emplois, tout comme les bureaucrates, pendant que les compagnies de pêches faisaient un carnage. Les seules victimes humaines ont été les pêcheurs qui ont perdu leur emploi mais qu’on a pu facilement apaiser en rendant les phoques responsables de la disparition des bancs de poissons.

Les pêcheurs canadiens, qui ne sont pas réputés pour leur grande intelligence ni pour leur profonde sagacité, ont mordu à l’hameçon, et ils ont réclamé la peau des phoques, comme si tuer les phoques pouvait faire revenir les morues. Au XVIe siècle, il n’y avait aucune pénurie de poisson et la population des phoques avoisinait les 40 millions d’individus. Et aujourd’hui, quelques millions de phoques seraient une menace pour la vie aquatique ? De qui se moque-t-on?

N’importe quel spécialiste de la biologie marine sait que dans tout écosystème marin, la chaîne alimentaire est un mécanisme complexe dans lequel interviennent plusieurs centaines d’espèces en interaction les unes avec les autres. Pourtant, au Canada, les prostitués de la biologie ne connaissent que trois espèces, le phoque, la morue et l’être humain, et croient que si l’on élimine une espèce, il y aura davantage de poisson pour l’autre.

En dehors des humains, les plus grands prédateurs de jeunes morues sont les autres poissons, notamment les harengs, les maquereaux et les capelans, des espèces qui se trouvent constituer la principale nourriture des phoques. Par conséquent, en diminuant les populations de phoques, on accroît les populations de poissons prédateurs, si bien que davantage de jeunes morues sont mangées. En d’autres termes, les morues ont besoin des phoques et les phoques ont besoin des morues. Ce dont les morues et les phoques n’ont pas besoin, c’est d’êtres humains qui se prennent pour des dieux et qui tentent de corriger la nature à l’aide d’un gourdin et d’un fusil.

Et maintenant, alors que les phoques du Groenland, en raison du changement climatique et du réchauffement planétaire, sont menacés par le rétrécissement de la banquise dont ils dépendent pour mettre bas leurs petits, le ministère canadien des industries de pêche en queue de poisson décide de relever le quota de phoques à abattre à un niveau encore jamais atteint. Et les phoques qui ont péri à cause de la disparition des glaces ne sont absolument pas pris en compte dans ce quota. Or, à mon avis, c’est en raison de cette disparition de son habitat indispensable que le phoque du Groenland est menacé.

En outre, la majorité des Canadiens sont opposés à l’abattage commercial des phoques, mais les autorités canadiennes n’ont jamais laissé l’opinion majoritaire faire obstacle à la politique gouvernementale.

Sea Shepherd Conservation Society n’interviendra pas directement contre le massacre des phoques cette année, et elle ne le fera probablement plus à l’avenir. Pourquoi ? Parce qu’intervenir, c’est précisément ce que le gouvernement canadien attend de nous. En effet, la seule chose qui reste aux autorités canadiennes pour défendre la chasse, c’est la possibilité d’en appeler à la fierté nationaliste pour ne pas céder aux exigences des défenseurs des phoques. Les autorités ont besoin que nous contribuions à leur programme de distraction des masses. Mais nous n’avons pas l’intention de jouer leur jeu.

Sea Shepherd's Farley Mowat in the backgroundLa dernière fois que nous avons envoyé un bateau dans les glaces, en 2008, Hearn s’est servi de nous comme cri de ralliement pour inciter les chasseurs à tuer davantage de phoques, et le massacre s’est poursuivi de plus belle. L’incompétence de Hearn a entraîné la mort de quatre chasseurs cette année, quand il a autorisé la mise à l’eau des bateaux des chasseurs avec l’assistance d’un navire garde-côte alors qu’ils n’étaient pas protégés contre la glace. Par négligence, le navire garde-côte a envoyé un des bateaux qu’il remorquait droit sous la glace.

Hearn a détourné les critiques de son incompétence en accusant Sea Shepherd d’exploiter la chasse aux phoques pour le profit. Il a provoqué les chasseurs en me montrant du doigt pour avoir dit: “Si la mort des chasseurs à cause de l’incompétence du gouvernement canadien est une tragédie, le massacre de 280 000 phoques du Groenland est une tragédie plus grande encore.”

Quand un journaliste de la chaîne de télévision CBC m’a demandé de présenter des excuses aux chasseurs pour cette déclaration, j’ai fixé la caméra du regard et j’ai dit: “Je m’excuse d’être canadien et d’être associé à cette industrie barbare et sanglante qu’est le massacre des phoques.”

Un certain nombre de Canadiens sont toujours fâchés avec moi à cause de ces propos, mais je les maintiens. Ces quatre chasseurs ont choisi d’aller sur les glaces, et c’est en connaissance de cause qu’ils ont choisi de prendre la mer sur des navires inadaptés à leur mission. Ils ont choisi de remettre leur propre sort entre les mains des garde-côtes canadiens. Ils ont choisi d’être des tueurs de bébés phoques. Les bébés phoques, en revanche, n’ont pas choisi d’être leurs victimes, ils n’ont pas choisi de mourir et ils étaient innocents, c’est pourquoi le massacre de 217 800 phoques cette année-là a été à mon avis une tragédie bien plus grande. Il se trouve que la vie de 217 800 bébés phoques a pour moi plus de valeur que celle de quatre de leurs assassins, et je ne m’en excuse pas. Je ne m’en excuserai jamais.

Quand le capitaine Abraham Kean avait continué de tuer des phoques après la fameuse tragédie de Terre-Neuve au cours de laquelle 78 hommes étaient morts en 1914, il avait déclaré sans ambages que le massacre était plus important que la vie de ses propres hommes. Il avait alors été décoré de l’Ordre de l’Empire britannique pour avoir massacré un million de phoques. Il trouvait que la mort de 78 hommes comptait moins que ses profits, et moi, j’ai considéré que la mort de 217 800 phoques était une plus grande tragédie que la mort de quatre chasseurs.

Pour moi, pas de médaille de l’Ordre du Canada – mais pour ce que je m’en soucie...

En fixant un quota de phoques à abattre aussi ridiculement élevé, Gail Shea a dévoilé son jeu. La chasse aux phoques commerciale au Canada n’a plus aucun avenir, et elle le sait. Tout est une question d’économie, comme toujours. Des décennies de campagne ont annihilé le marché et la chasse aux phoques ne représente simplement plus assez d’argent pour pouvoir se justifier. Et cependant, comme pour toute industrie moribonde, l’aide gouvernementale va la prolonger pendant plusieurs années. Il me semble que si frapper un bébé phoque à la tête n’était pas déjà assez scandaleux, ils peuvent aussi vivre assistés, cela ne changera pas grand chose à leur fierté.

Comme il n’y avait plus de marché en Europe, le Canada a annoncé avec tambours et trompettes que de nouveaux marchés s’ouvraient en Chine. Or, en mars 2011, l’Assemblée nationale populaire chinoise a accepté deux propositions de loi pour interdire le commerce de produits à base de phoque. Aux États-Unis, le plus grand partenaire économique du Canada, le commerce de produits à base de phoque est interdit depuis 1972, et le Mexique et la Croatie ont récemment fait de même. C’est une industrie barbare et archaïque moribonde. Elle ne peut pas survivre face aux lois qui interdisent les produits à base de phoque dans le monde entier.

Gail Shea a alors déclaré: “Je vais montrer à ces salauds de caresseurs de phoques que le Canada n’a pas l’intention de reculer.” Elle a donc fixé ce quota de 468 200 phoques en espérant ainsi nous inciter à revenir dans les glaces lui offrir une confrontation qu’elle exploiterait pour devenir l’héroïne des chasseurs, comme Hearn avait tenté de le faire en 2008.

The aftermath of a bloody seal slaughterJuste après un massacre de phoques

Cependant, la campagne de chasse aux phoques de 2011 est déjà commencée et seuls deux bateaux sont allés dans les glaces pour tuer les phoques. Gail Shea sera une Cruella frustrée, car elle n’aura pas la satisfaction de pouvoir éparpiller 468 200 âmes innocentes. Il se peut qu’elle ait besoin de torturer des bébés animaux pour satisfaire ses pulsions sadiques, ou bien elle pourrait se rendre aux Bahamas et demander conseil à la tueuse en série exilée Karla Homolka pour savoir comment continuer à vivre quand on n’a plus la possibilité de tuer des êtres innocents. Quoi qu’il en soit, c’est son problème, le nôtre étant de nous remettre de la honte d’être citoyen d’un pays ayant massacré des millions de bébés phoques.

Le prix d’un aller et retour pour tuer les phoques est plus élevé que les profits pouvant être réalisés, aussi seuls des gens vraiment primitifs et sadiques font route vers la banquise cette année pour boire du sang de phoque et se tracer des symboles religieux sur le front. Le temps est venu pour nous d’être subtils et de lâcher prise. Laissons ce stupide abattage de phoques disparaître de lui-même et ne leur donnons pas l’occasion de justifier leurs tueries par leur haine envers nous.

Gail Shea n’aura pas ses 468 200 phoques. La question que se posent la plupart des chasseurs est: “Où est l’argent ?” et l’argent n’est pas là.

Les efforts de Sea Shepherd, de l’IFAW, du Fund for Animals, de Friends of Animals, de HSUS, de PETA, de la Fondation Franz Weber, de la Fondation Brigitte Bardot et de Greenpeace, à ses débuts, ont payé.

Les marchés ont été démantelés et les tables des trafiquants de fourrure et des changeurs de monnaie ont été renversées. Le massacre des phoques au Canada est une industrie moribonde qui ne peut subsister que grâce à des subventions gouvernementales massives, ce qui signifie, bien sûr, que tous ces chasseurs ne sont que des assistés geignards qui vivent avec l’argent public. S’ils retrouvaient leurs marchés, nous reviendrions, mais il faut que nous réalisions que nous avons gagné la bataille et qu’en continuant de les affronter et en les contrariant, tout ce que nous pourrions faire maintenant, ce serait transformer une victoire en défaite.

Il y a tout de même une chose qui devrait satisfaire les chasseurs. Cela fait des années qu’ils accusent les opposants à la chasse d’être motivés par l’argent et de se servir des phoques simplement pour obtenir des dons. Eh bien, pas de chasse aux phoques, pas de dons, et je m’en réjouis car pour moi, le but de l’entreprise était que nous n’ayons plus rien à faire, et c’est exactement ce qui a été accompli en mettant ces cruels criminels destructeurs de la nature et tueurs de bébés au chômage.

 

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