Commentary and Editorial

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Jeudi, 28 Avril 2011 11:56

La dépravation morale du gouvernement japonais

Commentaire par le Capitaine Paul Watson

Au Japon, Eisako Sato, 71 ans, a été gouverneur de la préfecture de Fukushima de 1988 à 2006. Aujourd’hui, il est considéré comme un "ennemi de l’État". Il est devenu un "ennemi de l’État" en 2006, lorsqu’il a été contraint de démissionner en raison d’une accusation de corruption commodément découverte après qu’il ait remis en cause les conditions de sécurité de la centrale de Fukushima.

M. Sato a riposté en écrivant un livre intitulé Annihilation d’un gouverneur. mais ce livre est resté ignoré par les médias et le public... jusqu’au 11 mars 2011. Il arrive désormais en tête des ventes au Japon, un pays qui commence à se rendre compte que son gouvernement n’est pas digne de confiance. "Malheureusement, il a fallu qu’arrive cette tragédie pour que mon livre devienne un best-seller", a déclaré Sato en montrant des signes de frustration. Malgré le succès du livre, les plus grands médias du pays (journaux, télévisions) continuent à faire comme s’il n’existait pas. "Ceux qui, comme moi, disent que l'énergie nucléaire est dangereuse, sont traités comme des ennemis de l’État. Il s'agit véritablement d'une logique terrifiante, n'est-ce pas? Personne jusqu’ici, pas même un membre de la Chambre ni un gouverneur, n'a été en mesure de lutter contre une telle logique."

Sato compare la politique nationale à un "absolutisme nucléaire". La semaine dernière, il a déclaré au Club des correspondants étrangers de Tokyo qu'il avait été un partisan enthousiaste de l'énergie nucléaire et que, comme ses prédécesseurs, il avait aussi soutenu le nucléaire après que le gouvernement et le géant Tokyo Electric Power Co. (TEPCO) aient apporté à sa préfecture des emplois, des subventions et la croissance. En 1998, il a accepté sous certaines conditions que la centrale utilise le controversé combustible à oxyde mixte d'uranium et de plutonium, mais il est revenu sur sa décision après avoir découvert que des dysfonctionnements du réacteur et des fissures avaient été occultées, à la suite de quoi il a commencé à émettre des doutes. "Entre 2002 et 2006, 21 problèmes à la centrale de Fukushima m’ont été signalés, a déclaré Sato. Des lanceurs d’alertes, y compris parmi les employés de la centrale, sont venus me voir directement en court-circuitant TEPCO et l’Agence de sécurité industrielle et nucléaire du Japon (NISA) car ils craignaient que leurs informations aillent directement à TEPCO.”

Sato est devenu de plus en plus critique à l’égard de la centrale nucléaire de Fukushima et de la politique énergétique du Japon, dirigée par le puissant responsable de la NISA, le ministère de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie. Mais en 2006, le gouvernement a écarté ce gouverneur "irritant et ennuyeux" en l’accusant de corruption passive. Il a été obligé de démissionner et condamné. Selon lui, ces accusations avaient une motivation politique, mais dans un pays où les accusations de délit aboutissent à une condamnation dans 98 % des cas, ses chances de succès étaient faibles. TEPCO et la NISA voulaient le départ de Sato et ils ont obtenu ce qu'ils voulaient: il a été remplacé par un autre gouverneur qu’ils peuvent mieux contrôler.

Sato n'a pas été surpris par la catastrophe: "Avant la catastrophe du 11 mars, il y avait déjà eu un gros incident le 17 juin 2010, les pompes ayant cessé d’alimenter en eau le réacteur n°2 en raison d’une panne de courant. Nous avions demandé à TEPCO à plusieurs reprises ce qui se passerait si les générateurs de secours tombaient en panne, mais la société avait balayé cette préoccupation d’un revers de la main.” La crise du mois dernier a été déclenchée par le tremblement de terre de magnitude 9 qui a mis la centrale hors-service et par le tsunami de 15 m de hauteur qui s’est déversé sur le bâtiment abritant les générateurs de secours, ce bâtiment étant conçu pour résister à une vague de 5,7 m seulement. Sato a réfuté la déclaration que TEPCO avait faite immédiatement après le tsunami selon laquelle il s'agirait d'une "catastrophe au-delà de nos attentes". Il a rappelé que des tsunamis catastrophiques avaient déferlé sur la côte est du Japon depuis la nuit des temps et que les scientifiques avaient constamment averti du risque que survienne un événement sismique au-delà de la capacité de résistance de la centrale.

"C’était une catastrophe annoncée", a-t-il déclaré. Sato est convaincu que le gouvernement japonais et les médias ne feront rien pour contrarier le statut de puissance nucléaire du pays: "On veut faire croire que l’énergie nucléaire est absolument sûre. Dans dix ans, il y aura une autre catastrophe. C'est presque comme si nous étions dans un pays fasciste où l'information serait cachée au public. C'est le moment pour le Japon de se réveiller et voir la situation en face."

Ce n'est pas seulement la population japonaise qui paie le prix de la corruption morale des politiciens et des bureaucrates japonais, c’est le monde entier qui en subit les conséquences, y compris nos océans en péril. Des particules radioactives encerclent l'hémisphère Nord par voie aérienne et maritime et cela s’ajoute à la pression de la surpêche en constante augmentation et à l’écroulement de la productivité économique des pays qui sont dépendants de l’industrie japonaise: c’est le monde entier et ce sont toutes les espèces qui paient le prix de cette irresponsabilité flagrante. N’oublions pas que les bureaucrates corrompus qui continuent à soutenir et à couvrir le nucléaire sont les mêmes qui subventionnent la chasse illégale à la baleine au Japon.

 

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