Commentary and Editorial

rss_icon_14Get RSS for this page now!  Sign up via My Sea Shepherd

Imprimer
Samedi, 17 Décembre 2011 17:51

Justice d’un autre temps pour un des défenseurs des dauphins de la Baie de Taiji.

Edwin VermeulenLe 13 juillet 1699, Felicity Comon, une veuve anglaise, fut accusée de sorcellerie par un de ses voisins. Les autorités judiciaires anglaises de l’époque la jetèrent dans la rivière de la Tamise pour statuer, en partant du principe que Dieu l’a rejetterait si elle était coupable, l’obligeant à nager pour ne pas se noyer, et au contraire Il lui viendrait en aide spontanément pour la sauver si elle était innocente. Raisonnement tout à fait imparable pour l’époque. Évidemment la pauvre femme fût obligée de nager pour ne pas se noyer. Toutefois, les tribunaux anglais étant très équitables, la pauvre veuve Comon pût faire "appel". Elle fût donc de nouveau jetée dans la Tamise le 19 juillet. "Malheureusement", elle évita de nouveau la noyade. Afin d’être bien sûrs de leur jugement et pour effacer toute trace de doute, ses "bourreaux" la rejetèrent dans la rivière une fois de plus. Entêtée, la femme rejoignit le rivage à la nage pour être accueillie par ses geôliers qui l’attendaient à bras ouverts. Elle fut reconduite à la Tour de Londres et y resta enfermée jusqu’au 27 décembre, où elle fut condamnée pour sorcellerie et enterrée vivante.

Cette semaine à Taiji, Erwin Vermeulen, citoyen néerlandais, a été placé en détention par la préfecture de police Wakyama de Taiji. Selon les allégations d’un employé du Dolphin Resort Hotel, il est accusé d’agression pour l’avoir prétendument poussé. Erwin nie cette accusation et à ce jour il n’y a aucun témoin qui pourrait corroborer l’histoire de l’accusateur.

Par contre, lorsque Rosie Kunneke, Gardienne de la Baie d’origine d’Afrique du Sud, a été agressée par un pêcheur de Taiji devant témoins, c’est à peine si l’homme a été questionné avant d’être relâché. Apparemment au Japon il y deux poids deux mesures selon l'origine et la citoyenneté des protagonistes.

Selon la loi japonaise, Erwin peut rester détenu jusqu’à 23 jours sans être autorisé à contacter un avocat. Il est interdit de visite et on ne lui a même pas encore donné l’opportunité de contacter son ambassade.

La police a toutefois déclaré qu’elle le relâcherait dans les deux jours s’il plaidait coupable.

Erwin VermuelenAu Japon, une personne est considérée comme coupable jusqu’à preuve du contraire. Et dans la plupart des cas, 98% des procès qui ont lieu devant les tribunaux japonais se soldent par une condamnation, basée sur des aveux obtenus pendant les 23 jours de détention. Le choix qui s’offre à l’accusé est donc assez restreint. Si le prévenu souhaite contacter un avocat il lui faut rester en détention pendant 23 jours, avant d’être officiellement accusé, dans l’attente de son procès où il aura 98% de risques d’être condamné. Par conséquent, la logique veut qu’il soit préférable de plaider coupable et de montrer des signes de remords pour le "crime" commis plutôt que de prouver son innocence.

Il semblerait également qu’en tant que citoyen hollandais, Erwin ait été repéré du fait de l’immatriculation de deux des navires de Sea Shepherd aux Pays-Bas. Cette arrestation constitue indubitablement un "message" adressé au gouvernement néerlandais, pour lui faire comprendre qu’il se doit de "collaborer" avec le Japon afin de mettre fin à tout action de la part de Sea Shepherd pour lutter contre les activités baleinières illégales du Japon dans l’océan Austral.

La situation d’Erwin n’est heureusement pas aussi catastrophique que celle de Mme Comon, au point qu’il soit obligé de se noyer pour démontrer son innocence, mais c’est ici le même genre de logique autoritaire qui prédomine. Autrement dit, indépendamment des preuves ou devrions nous dire de l’absence de preuves, et en se basant sur l’accusation d’une seule personne, Erwin peut espérer que "justice" soit rendue uniquement s’il décide de plaider coupable.

Ce qui fournirait aux autorités japonaises la preuve qu’elles essaient désespérément d’obtenir pour qualifier les Gardiens de la Baie en tant qu’organisation violente et criminelle.

C’est donc ainsi qu’Erwin voit récompensées sa compassion pour les dauphins, et son opposition non violente, en parfait respect de la loi japonaise, au massacre horrible des dauphins à Taiji. La police japonaise a décidé qu’il était temps de passer à une justice "moyenâgeuse" avec les Gardiens de la Baie.

Étant donné la barbarie horrible et cruelle des massacres des dauphins sans défense à Taiji, cela n’a hélas rien de surprenant.

 

Sea Shepherd welcomes your support. To support our
conservation work, please visit our donation page.


Sea Shepherd France
22 rue Boulard, 75014 PARIS

All contents copyright ©2012 Sea Shepherd Conservation Society
Hosting and other web services donated by EStreet

Accueil     |     Déclaration de Confidentialité     |     Copyright     |     Contact