Commentary and Editorial

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Dimanche, 29 Janvier 2012 14:37

La chasse au phoque est morte! Longue vie aux phoques!

Commentaire par le Capitaine Paul Watson

«J’aimerais que ces six millions de phoques – je ne sais pas combien ils sont, au juste – soient tués, et vendus, ou détruits ou incinérés. Je me moque de ce qui leur arrive. S’il y avait un véritable marché pour les phoques, les chasseurs pourraient les abattre à échelle industrielle – et pas de façon artisanale, comme aujourd’hui. Aujourd’hui, les chasseurs ne peuvent les vendre parce qu’il n’y a pas de véritable marché, pas plus qu’il n’existe de droit de chasser librement les phoques. Plus ils en tuent, et plus je serai heureux. »

John Efford, ancien Ministre fédéral canadien des ressources naturelles et ancien Ministre des Pêches de la province de Terre-Neuve.

Photo d’archive : Paul Watson avec un bébé phoque du GroenlandPhoto d’archive: Paul Watson avec un bébé phoque du Groenland

Je lutte contre la chasse au phoque au Canada depuis 1974. C’est un combat long et acharné qui dure depuis près de quarante ans, au cours duquel j’ai emmené des navires dans les glaces six fois, en 1979, 1981, 1983, 1998, 2005 et 2008. J’ai dirigé trois campagnes en hélicoptère en 1976, 1977 et en 1995. Pendant quarante ans, nous avons expulsé les chasseurs de la banquise, nous avons bloqué leurs navires au port, nous avons arpenté la glace et ses dangers sur des kilomètres, nous avons affronté les agents des Pêches canadiennes, la police royale montée, nous avons débattu avec des sénateurs, des députés, des Ministres de Terre-Neuve, des Ministres des Pêches et des Premiers Ministres. Nous avons emmené des stars comme Brigitte Bardot, Richard Dean Anderson ou Martin Sheen sur la banquise, et nous avons œuvré à l’interdiction internationale des produits dérivés des phoques. Nous avons été arrêtés, nous avons subi la violence de la police et des chasseurs de phoques, nous avons perdu un navire et à peu près tout le monde au Canada nous a accusés d’être des éco-terroristes, des extrémistes ou des traîtres.

Nous avons même imaginé un moyen de récolter la fourrure des bébés phoques après la mue, au moment où elle a les mêmes propriétés que le duvet d’oie. Il s’agissait d’une méthode qui n’est pas cruelle et qui ne tue pas les animaux. Le gouvernement a refusé: il voulait leur mort, purement et simplement.

Mais à la fin des fins, nous avons gagné!

La chasse au phoque telle qu’elle se pratique au Canada n’a aucun avenir commercial, et elle n’aura plus de raison d’être au 21ème siècle. Il s’agit d’une entreprise arriérée et barbare, et elle prend le chemin de la poubelle de l’histoire, la place qui lui revient. Après une vie à la combattre, je vois cette chasse obscène, cette source de honte, en train de mourir, tout simplement et complètement.

J’avais dix ans, il y a un demi-siècle, lorsque j’ai vu un phoque tué à coups de gourdin sur la grève de mon Nouveau- Brunswick natal, dans le Golfe du Saint-Laurent. Mon rêve de gosse d’alors, celui de mettre un terme à cette hécatombe, est en passe de devenir réalité aujourd’hui.

L’année dernière, sur un coup de tête, la Ministre fédérale canadienne des Pêches Gail Shea a fixé le quota de chasse au phoque à 400 000 têtes; elle savait pourtant bien qu’il n’y a pas de marché viable pour ce produit cruel et écologiquement néfaste. Avec 38 000 bébés phoques abattus, moins de 10% du quota a été atteint.

Les chasseurs, de leur côté, peuvent bien vouloir tuer les phoques, mais il leur reste assez de bon sens pour se rendre compte que cet abattage n’a de sens que s’il existe un marché pour les fourrures. L’année dernière, le commerce de ces peaux a rapporté un malheureux petit million de dollars; en revanche, il a coûté bien plus que cela au contribuable canadien en subventions, frais de communication et utilisation de brise-glaces pour aider les chasseurs.

Ces dernières années, la chasse commerciale au phoque a été portée à bout de bras par des responsables politiques qui en ont fait un modèle d’économie subventionnée. C’est ainsi qu’ils ont accepté des coups de pub grotesques pour en assurer la promotion, depuis la viande de phoque servie à la cantine du Parlement jusqu’à la Gouverneur Général qui mord à pleines dents dans un cœur de phoque cru, le menton ruisselant de sang.

Aujourd’hui, grâce à l’interdiction de produits dérivés des phoques aux Etats-Unis, en Europe et en Russie, le marché mondial s’est effondré.

La bataille a été longue et acharnée, et elle doit son issue à un grand nombre d’organisations et de personnes qui ont lutté si longtemps et avec passion pour remporter cette victoire au nom de ces magnifiques animaux.

Saluons notamment: Cleveland Amory (aujourd’hui décédé) et le Fund for Animals; Brian Davies du International Fund for Animal Welfare; Rebecca Aldworth et la Humane Society aux Etats-Unis; Brigitte Bardot et la Fondation Bardot; PETA; la Royal Society for the Prevention of Cruelty to Animals; Harp Seals.org, et les équipages dévoués qui m’ont accompagné sur la banquise, d’abord avec Greenpeace en 1976 et en 1977, et ensuite avec la Sea Shepherd Conservation Society.

C’est un combat qui avait débuté dans les années soixante; aujourd’hui, la page de l’abattage commercial des phoques est tournée. Quelques années encore et les tueries auront cessé tout à fait – à l’exception, peut-être, des chasses qu’organisent les barbares sauvages des Îles de la Madeleine et de quelques endroits reculés de Terre-Neuve à des fins récréatives.

Nous nous sommes attaqués au Gouvernement canadien, aux Gouvernements des provinces du Québec, de l’Île du Prince Edouard, de Nouvelle-Ecosse et de Terre-Neuve. Nous avons bataillé contre l’industrie de la fourrure au Canada et en Norvège. Nous avons lutté contre l’Association Canadienne de la Chasse au phoque. Nous avons mené le combat avec une détermination sans faille, avec obstination et patience. Nous avons tenu bon face aux chasseurs et nous les avons eus à l’usure, année après année, en utilisant l’arme la plus puissante dont l’homme se soit doté: la caméra.

Avec des images choc, avec des histoires marquantes, avec l’aide des médias, nous avons fait prendre conscience au monde des atrocités commises contre les mammifères marins. Nous avons maintenu la pression; l’opinion internationale s’est rendu compte que notre passion était toujours intacte. Année après année, nous nous sommes opposés aux chasseurs; année après année, nous sommes devenus plus forts à mesure qu’ils faiblissaient.

Le mois prochain, une fois de plus, le Gouvernement canadien sortira un quota de chasse ridiculement élevé de son chapeau. Cette annonce sera suivie de propositions de subventions (lire: d’aides directes), indispensables dans ce combat d’arrière-garde pour assurer la survie des massacres de phoques en dépit de leur condamnation quasi-universelle.

C’est sans conséquence. Ils échoueront. La messe est dite désormais, et la chasse au phoque ne tardera pas à disparaître.

Nous avons gagné. Les phoques ont gagné. La chasse au phoque au Canada est morte!

Longue vie aux phoques.

Prochaine victoire qu’il nous faut remporter: l’interdiction du massacre des otaries à fourrure du Cap en Namibie.

 

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