Commentary and Editorial

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Jeudi, 03 Janvier 2013 13:43

Des requins sur le toit

Commentaire de Gary Stokes – Sea Shepherd Hong Kong

Après avoir provoqué un tollé général en couvrant les trottoirs d’ailerons de requins, les trafiquants se sont mis à faire sécher en secret les ailerons sur des toits d’immeubles.Après avoir provoqué un tollé général en couvrant les trottoirs d’ailerons de requins, les trafiquants se sont mis à faire sécher en secret les ailerons sur des toits d’immeubles.
Photo: Gary Stokes / Sea Shepherd

Ici, à Hong Kong, c’est une alerte qui a inauguré cette nouvelle année. Un citoyen responsable a aperçu un toit recouvert d’ailerons de requins dans le quartier tranquille de Kennedy Town, à Hong Kong. C’est ainsi qu’avec des appareils photos et seulement quelques heures de sommeil pour nous remettre des festivités de la veille, nous nous sommes mis en quête d’une des marchandises les plus horribles que Hong Kong puisse offrir: les ailerons de requins!

L’année dernière, j’avais reçu un appel similaire, m’invitant à venir découvrir une rue recouverte d’ailerons, et nos images avaient fait le tour du monde. C’est ce qui explique que cette fois, les trafiquants gagnent les toits des immeubles pour se cacher. À l’instar des cruels massacreurs de dauphins de Taiji, ces marchands de mort craignent les objectifs des caméras et font tous les efforts possibles pour cacher au monde entier leur sale business. Malheureusement pour eux, d’ici trois jours le monde entier sera témoin de leur activité barbare et ils ne pourront pas faire grand-chose, à part espérer notre départ!

Il n’aura pas fallu longtemps pour que deux autres amis photographes, Paul Hilton et Alex Hofford, nous rejoignent, et nous nous sommes fait tous trois un plaisir de révéler leurs méfaits. Les photos sont maintenant largement diffusées un peu partout, ce qui est une bonne chose, mais que va-t-il se passer par la suite?

Il est très important de sensibiliser le public et d’informer ceux qui ne savent rien. Le problème ici, c’est que l’industrie des ailerons massacre chaque année, de façon barbare, des millions de requins, profitant de l’absence de réglementation et de contrôle. Les chiffres concernant le nombre de prises sont manipulés, en réalité personne ne sait précisément combien de requins disparaissent ainsi. Nous savons seulement que ce nombre est colossal! Ce qui ne fait aucun doute, c’est que les requins sont des animaux qui se reproduisent lentement et qui, en tant que super-prédateurs, jouent un rôle essentiel dans l’équilibre des écosystèmes marins. Le fait que nous les retirions de ce milieu et que nous les fassions disparaître, simplement pour satisfaire l’avidité et la vanité que reflète un bol de soupe insipide, est la preuve absolue que notre espèce s’est complètement déconnectée de la nature, c’est-à-dire d’un monde dont nous faisons partie et dont dépend notre survie.

Les requins doivent être protégés... MAINTENANT! Il faut que la CITES [Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction] fasse le nécessaire et qu’elle base le statut de protection des espèces sur des faits scientifiques, plutôt que sur des considérations financières. L’année dernière, nous avons aidé la CITES à mettre de l’ordre dans ses affaires en faisant la lumière sur quelques-uns de ses nombreux problèmes ainsi qu’en exerçant une pression extérieure là où elle était nécessaire. Après avoir démasqué le Dr Giam et ses rôles conflictuels en tant que “représentant suppléant pour l’Asie au Comité pour les animaux de la CITES” et “représentant des négociants en ailerons de requins de Singapour et de Hong Kong," Sea Shepherd a aussi mis en évidence la nécessité d’une clause relative aux conflits d’intérêt pour que personne ne puisse plus jamais influencer les votes en faveur de ses propres intérêts personnels et financiers. Nous attendons le résultat d’un vote début mars concernant cette clause, juste avant la CoP16 (16e Conférence des parties à la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique et 6e réunion des parties au Protocole de Kyoto).

En mettant de l’ordre dans les affaires de la CITES, nous ne pouvons qu’espérer que la science aura son mot à dire à Bangkok cette année à la CoP16, et que les requins obtiendront la protection dont ils ont désespérément besoin. Ma seule crainte concerne la confiance massive que le mouvement pour la préservation des espèces a mis dans le classement des espèces en annexe II. Ce classement est certes un progrès, mais il constitue une très faible protection et ne fait que réguler et suivre le trafic, ce qui signifie qu’un pays exportateur n’a besoin de fournir qu’une licence d’exportation. Quant au pays importateur, il n’a aucune obligation et les animaux peuvent y être vendus à volonté. Je l’ai constaté avec stupéfaction quand j’ai découvert des ailerons de requin-baleine en vente dans un magasin à Hong Kong. Les autorités que j’ai contactées m’ont répondu que c’était parfaitement légal.

Ce qu’il faut, par conséquent, c’est qu’une espèce prisée soit classée en annexe I, tout comme l’ivoire. Ainsi, tout massacre et tout commerce deviendront illégaux. L’avantage pour les requins sera ce que l’on appelle une clause "de ressemblance". Tout aileron susceptible de provenir d’une espèce classé en annexe I devra subir un test d’ADN pour établir la preuve de l’espèce d’origine, et cette procédure sera longue et onéreuse.

Ce n’est que le jour où ces massacres et ce trafic seront devenus officiellement illégaux que nous ne verrons plus ces scènes horribles.

Un ouvrier au milieu d’un océan d’ailerons de requins en train de sécher.Un ouvrier au milieu d’un océan d’ailerons de requins en train de sécher.
Photo: Gary Stokes / Sea Shepherd

Plus de 10 000 ailerons de requins sèchent sur un toit à Hong Kong. Une fois les ailerons découpés, le requin est généralement rejeté dans l’eau, où il mourra noyé ou vidé de son sang.Plus de 10 000 ailerons de requins sèchent sur un toit à Hong Kong. Une fois les ailerons découpés, le requin est généralement rejeté dans l’eau, où il mourra noyé ou vidé de son sang.
Photo: Gary Stokes / Sea Shepherd

Hong Kong est considérée comme la capitale mondiale de l’industrie des ailerons de requins. Des millions de requins sont tués chaque année par cette industrie qui, pour l’essentiel, échappe à toute réglementation et à tout contrôle.Hong Kong est considérée comme la capitale mondiale de l’industrie des ailerons de requins. Des millions de requins sont tués chaque année par cette industrie qui, pour l’essentiel, échappe à toute réglementation et à tout contrôle.
Photo: Gary Stokes / Sea Shepherd

Vidéo: Des ailerons de requins dans les rues de Hong Kong

Vidéo: Pourquoi les requins ne sont-ils pas protégés

 

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