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Jeudi, 06 Juin 2013 00:00

Dossier de Presse Sea Shepherd France   

Surfeurs :

ce qu’il se passe VRAIMENT à la Réunion

Jeudi 6 juin 2013

Dossier réalisé par Lamya Essemlali, Présidente Sea Shepherd France et Stéphane Girard, référent Sea Shepherd Réunion. Mise en page: Christelle Mot.

Pour commencer, nous adressons nos plus sincères condoléances aux familles des victimes d’accidents avec des requins et des victimes de la mer en général. L’océan est un milieu sauvage et indomptable qui peut s’avérer dangereux, parfois fatal. Chaque vie perdue est un drame pour les proches, c’est là un fait universel qu’il n’est nullement en notre intention de minimiser.

logo baleine 70pxlCeci étant dit, il est inexact et injuste d’affirmer, comme certains ont pu le faire - que s’opposer aux mesures de sécurisation des usagers de la mer impliquant la mise à mort de requins, relève de l’anti-humanisme ou pire comme l’avance la Fédération Française de Surf, de la non assistance à personne en danger.

Nous y reviendrons.

LES FAITS

Les requins évoluent dans les océans depuis 450 millions d’années (contre à peine 200 000 ans pour l’Homo Sapiens). Ils ont survécu à l’ère glacière et aux cinq précédentes phases d’extinction massive dont la dernière a emporté les dinosaures (nous sommes entrés dans la 6ème : l’Anthropocène). Ils sont de fait, des « recordman » de l’Evolution. La Nature ne faisant pas de cadeau, si les requins se maintiennent depuis si longtemps c’est qu’ils sont à la fois extrêmement bien adaptés à leur milieu et qu’ils y remplissent une fonction primordiale. Ils sont les grands architectes de la spéciation et la pierre angulaire de la biodiversité dans les océans. Pendant des centaines de millions d’années, l’ensemble de l’écosystème marin a évolué par et en fonction d’eux. Aujourd’hui, nous les massacrons par dizaines de millions chaque année, alors même que la Nature les avait taillés pour être des prédateurs - non des proies. Leurs populations sont en chute libre et les effets en cascade de leur disparition seront catastrophiques et irréversibles. C’est ce qui fait dire au Docteur Erich Ritter, grand spécialiste des requins que l’extermination de ces grands prédateurs est la plus grosse bombe écologique à retardement enclenchée par l’Humanité…

LES FAITS A LA REUNION

Les accidents impliquant surfeurs et requins, sur l’ouest réunionnais, se succèdent à un rythme inquiétant depuis février 2011. A ce jour 4 décès, 2 mutilés et quelques grosses frayeurs. Cette série de drames s’est jouée sur une côte ouest (de Saint Leu à St Paul) jusque là peu touchée par ce type d’accidents à répétition (notons des accidents non mortels en 2006 et 2007).

De mémoire d’homme les requins de grande taille comme le bouledogue et le tigre ont toujours été présents sur ces secteurs, les plongeurs, chasseurs et pêcheurs que nous avons rencontrés en témoignent. Par ailleurs dans les années 1980 et 1990 des accidents graves et/ou mortels ont eu lieu sur cette zone ouest. Ainsi, même si les faits actuels interpellent, ils ne peuvent être considérés comme "surréalistes", la zone ouest représentant 30% des accidents selon les statistiques (lien 1).

Les derniers accidents ont tous eu lieu dans des conditions qui sont connues (fait confirmé depuis par le programme CHARC) comme étant propices à la présence de requins en chasse près de la côte. Des conditions qui rendent l’eau trouble (pour des raisons qui peuvent varier) avec très peu ou pas de visibilité et qui sont donc potentiellement génératrices d’accidents, particulièrement avec des requins bouledogue.

Il faut cependant noter que les « usagers de la mer » ont surfé dans ces mêmes conditions sur cette même côte depuis l’émergence du surf à la Réunion, sans qu’une telle fréquence d’accidents ne soit relevée.

Alors pourquoi maintenant ?

Pour comprendre, on doit nécessairement prendre le recul suffisant et accepter de se remettre en question. C’est un préalable indispensable à l’élaboration de solutions responsables et efficaces, seules à même de réellement réduire les risques d’accidents et donc de sauver des vies humaines, tout en préservant un biotope local qui est à l’agonie. Or, "comprendre", c’est précisément le chemin qu’a pris l’Etat lorsqu’il a entamé et financé le programme de recherche sur l’habitat et l’éthologie des requins sur cette zone (CHARC lien 2). Mais comprendre prend du temps, mettre en place des mesures pérennes qui impliquent un profond réaménagement du territoire, de l’urbanisation et des systèmes d’évacuation, aussi. Repenser son rapport à l’océan, encore davantage…

Ce temps là, certains crient qu’ils ne l’ont pas. Des "usagers de la mer" s’impatientent et veulent que "tout redevienne comme avant", tout de suite, maintenant. Et le "tout de suite, maintenant" c’est, entre autres, la mise à mort de requins. Et c’est là que la scission s’opère. Le terme de battue n’est bien sur jamais employé tel quel. On lui préférera "prélèvements" ou "pêche raisonnée" ou comble de l’hypocrisie "recherche et évaluation de risques ciguatériques". L’usage vicié de la sémantique peut tenter - peu sont dupes - de faire passer une pêche motivée par l’ignorance, la peur, l’égoïsme ou la démagogie politicienne pour une opération "de retour à l’équilibre" réfléchie et raisonnée… pour la sécurité des personnes et le tout "au nom de l’amour des océans". En fait, tuer ces requins serait un service rendu à l’Homme et à la Nature…

Dave RastovichDave Rastovich, l’un des meilleurs surfeurs mondiaux et membre du Conseil de Sea Shepherd, s’incline respectueusement devant la vague… - Photo de Mick Waters, extraite du film Little Black Wheels

CE QUE VEULENT LES « SURFEURS » :

Depuis les débuts de cette crise, la Fédération Française de Surf n’a eu de cesse de réclamer des battues de requins (lien 3). Rappelons pour commencer que dans cette affaire, la Fédération Française de Surf (FFS) ne représente qu’une minorité de surfeurs et qu’elle n’a aucune légitimité pour s’ériger en porte parole de la communauté du surf, tout juste peut être de l’industrie du surf. Industrie dont les valeurs s’inscrivent à des années lumière de l’esprit originel du He’ enalu qui veut que celui qui surfe la vague s’adapte à l’océan – et non le contraire. Loin de constituer "un terrain de jeu" pour reprendre les termes d’un Jean Luc Arrasus, président de la FFS "en colère" qui exige "l’élimination des requins en surnombre", l’esprit originel du surf considère l’océan tel qu’il est: un milieu sauvage, indomptable qui enseigne l’humilité et le partage. Très loin donc de l’approche hédoniste et consumériste d’une "industrie de la vague", qui se voit soudainement privée d’un de ses lieux favoris de compétitions et qui ne peut de fait, considérer les requins potentiellement dangereux que comme des gêneurs, des squatteurs illégitimes "d’un terrain de jeu" qui est leur chasse gardée.

Immédiatement après le premier accident de février 2011 des individus ont conduit, de leur propre chef, une opération de pêche sur un requin qu’il avaient jugé "potentiellement coupable"; mettant à exécution une théorie qu’ils ne cessent de distiller depuis: la pêche "préventive et/ou punitive" des requins est une mesure essentielle pour une solution rapide et efficace (lien 4). Tout comme la FFS, ces individus ont aussi immédiatement pris pour cible la réserve marine nationale, l’accusant d’être responsable de "l’infestation de requins" qu’ils fantasment.

Précisons qu’aujourd’hui, absolument rien ne permet de valider leur discours, bien au contraire. Aucun élément scientifique tangible ne corrobore les deux thèses affabulatrices que sont: la "surpopulation" effective de requins d’une part et la "responsabilité" de la réserve marine nationale d’autre part (liens 2 et 7).

Pire encore, les pêches "privées" qui ont été menées n’ont pas fait baisser les risques d’accidents, contrairement à leurs prédictions. Par contre les méta-analyses et les études globales à long terme au sujet de ces pêches pseudo préventives ont toutes démontré l’absolue inefficacité de la pratique (liens 5 et 6).

Néanmoins, ces mêmes individus sont aujourd’hui à la tête de deux associations locales, Océan Prévention Réunion (OPR) et Prévention Requin Réunion (PRR) qui n’ont eu de cesse de propager des discours alarmistes et erronés sur la réalité de cette crise. Ces personnes appuient leurs propos sur ce qu’ils appellent "leur expertise" de terrain en tant que chasseurs et pêcheurs (qui sont par ailleurs nombreux dans les rangs de leurs dirigeants). Il faut comprendre qu’il s’agit là des mêmes pêcheurs et chasseurs de loisirs qui ont été expulsés de "leur terrain de jeu" lors de la création de la réserve marine instaurée en 2007. Ce conflit d’intérêt flagrant devrait anéantir d’office leur crédibilité d’expert improvisé. Un détail qui n’empêche pourtant pas la fédération française de surf (FFS) de relayer et d’appuyer leurs thèses (liens 11 et 12), poussant jusqu’au grotesque avec son entraîneur national (lien 13).

Aujourd’hui, ces personnes continuent de propager les idées suivantes:

  • La côte ouest est infestée par de "gros requins mangeurs d’homme" qu’il faut éliminer de manière "raisonnée".
  • La Réserve Marine en est responsable, il faut donc la déréglementer et permettre le retour de la pêche et de la chasse – garantes d’un "retour à l’équilibre".
  • Les requins bouledogues ont mangé les petits requins de récifs provoquant un dérèglement de l’écosystème.
  • Les scientifiques sont d’illustres incompétents corrompus, chasseurs de subventions qui n’ont aucune légitimité face à leurs "expertises" de terrain (lien 7).
  • La chute de la fréquentation touristique est le résultat de ces accidents.
  • Seuls trouvent grâce à leurs yeux, les "écologistes modérés". Comprendre: ceux qui ne s’opposent pas frontalement à leurs revendications de pêche. Il y aurait donc d’un côté les écologistes "raisonnables et humanistes" qui n’iront pas au feu pour sauver "quelques requins" et de l’autre, les extrémistes radicaux, qualifiés de "néo nazis" qui font passer le "Dieu requin" avant l’humain (lien 14).

Pourquoi une « infestation » de requins est BIOLOGIQUEMENT impossible :

A-t-on jamais entendu parler d’une savane "infestée" de guépards ou de lions? Cela n’est écologiquement pas possible car les grands prédateurs, au sommet de la chaîne alimentaire sont impitoyablement régulés par la disponibilité de leurs proies. Dès que leur nombre augmente de manière trop conséquente par rapport à la capacité de charge du milieu dans lequel ils évoluent, les proies viennent à manquer et leur nombre chute. L’équilibre est constant et se fait d’autant plus rapidement et efficacement que l’espèce considérée se trouve à un échelon élevé de la chaîne alimentaire. Les requins ont donc cette double limitation qui est d’avoir une reproduction lente et peu importante (quelques dizaines de petits par femelle contre des millions pour d’autres espèces de poissons) et d’être extrêmement proies-dépendants.Pendant des centaines de millions d’années, ces animaux ont été taillés par l’Evolution pour être des prédateurs et non des proies. La Nature n’a donc pas prévu d’échappatoire pour eux, elle ne compense pas l’impact de la prédation par le nombre. Ce qui rend les requins extrêmement vulnérables à la prédation humaine.

Les requins sont donc très dépendants de la quantité de nourriture qu’ils ont à disposition, or nul ne peut raisonnablement affirmer que le biotope de l’île de la Réunion représente un garde manger naturel conséquent pour ces grands prédateurs. Il suffit de voir l’état de dégradation du récif, duquel découle la santé de la biosphère marine locale. C’est donc que les stimulis viennent d’ailleurs; et dans ce cas on le sait, ils sont d’origine humaine. C’est d’autant plus évident dans le cas du requin bouledogue qui affectionne les eaux sales et polluées…

NOUS, SEA SHEPHERD FRANCE, CONSIDERONS QUE :

- La réserve marine n’est en rien responsable de ces accidents (lien 7).

- Aucune conclusion du programme CHARC ne mentionne une surpopulation des animaux (lien 2 et 18). Par ailleurs ce programme n’a pas pour vocation de chiffrer la population de requins mais seulement d’étudier leur habitat et leurs comportements au sein de cet habitat.

- Les requins de récifs ont disparu suite à la dégradation du dit récif et à la pêche massive de leurs proies et de leur propre population (voir page 9).

- Il faut poursuivre les efforts de prévention, d’information, de recherches et surveillance de la pratique des activités nautiques.

- Les responsabilités, comme souvent dans ce type d’accidents à répétition sont à chercher du côté des pollutions humaines, notamment celles liées au port de Saint Gilles Les Bains, de ses effluents et des rejets de poissons quotidiens à quelques centaines de mètres de celui-ci jusqu’à récemment. La préfecture a d’ailleurs pris en compte ce paramètre en juillet 2012 (lien 10: AP 1022), pourtant la réglementation de la réserve marine interdisait déjà ces rejets (lien 8: article 6 du décret de 2007).

- A ce jour il n’existe aucune chaîne d’élimination des déchets issus de la pêche dans ce port qui jouxte la plage des roches noires et plusieurs spots de surf très fréquentés.

- Ces pollutions croissantes couplées à l’explosion du nombre de pratiquants dans l’eau par tous temps sont deux facteurs pouvant sans aucun doute expliquer en partie ce qui se passe (lien 2).

- Les surfeurs doivent adapter leur pratique et cesser de se mettre en danger en allant pratiquer dans des eaux sans visibilité.

- Les requins et la réserve marine ne doivent pas être les boucs émissaires et cibles faciles d’une crise qui menace les intérêts économiques et sociétaux d’un nombre très restreint de personnes.

- Attribuer aux requins la baisse de la fréquentation touristique à destination de la Réunion est une erreur. Cette baisse tient davantage de la crise économique actuelle que d’autre chose.

- Les requins bouledogue et tigre ne sont à l’origine d’aucune perturbation du milieu, ce serait du jamais vu et totalement incongru.

- Le programme de destruction des requins mené par l’Etat sous l’impulsion de ces lobbys n’est pas éthiquement recevable; pour ce faire, invoquer la réévaluation du risque ciguatérique qui est une vérité sanitaire et scientifique établie de longue date, n’est pas digne de notre république et Etat de droit (liens 9 et 17).

- Les manipulations sémantiques et conceptuelles visant à rendre acceptable par l’opinion une possible élimination "nécessaire et raisonnée" des populations de tigre et bouledogue sont indignes. Soit il faudra les éliminer tous pour éliminer le risque soit il faudra s’adapter; il n’y a pas de solution d’élimination compatible avec le développement durable malgré ce qu’affirme PRR à longueur de réunion, interview, prise de parole public dans les média…

- Les scientifiques engagés sur ce dossier sont des personnes intègres, compétentes et dignes d’être respectées. Les membres du Conseil scientifique de la réserve marine sont nommés par le préfet à titre d’experts et ont un rôle purement consultatif – rôle qu’ils exercent à titre bénévole.

- Contrairement à ce dont nous accusent nos détracteurs "pro pêche", Sea Shepherd n’est motivée ni par les subventions (nous n’en touchons aucune) ni par un quelconque buzz. Nous n’avons rien à gagner dans cette crise, si ça n’est éviter le sacrifice inutile de nombreux requins et enrayer la série noire en dénonçant les solutions placebo.

Apprendre des erreurs du passé et d’ailleurs :

La Réunion n’est pas le premier lieu a être confronté à une recrudescence d’accidents entre "usagers de la mer" et requins. Des situations similaires se sont produites ailleurs par le passé, notamment à Hawaï et en Australie. Les mesures de prévention létales à l’égard des requins ont donné lieu à des études dont celle menée à Hawaï échelonnée sur une trentaine d’années (lien 6). Les résultats sont sans appel.

Le cas de l’Australie :

Cette étude menée à Sydney, rapporte en données chiffrées qu’à la vue de l’augmentation de la fréquentation humaine des plages et des nouveaux loisirs nautiques (de 1900 à aujourd’hui), le nombre d’accidents avec des requins aurait dû augmenter de manière beaucoup plus importante que ça n’a été le cas. En se basant sur des données liées à l’augmentation démographique, le nombre moyen d’accidents aurait dû être multiplié par 5, or il n’a augmenté que de 30%. (Etude disponible en lien 5).

Les auteurs de l’étude expliquent cette faible augmentation par une liste non exhaustive de facteurs parmi lesquels:

  • une amélioration de la gestion des déchets et des rejets en mer qui sont soupçonnés d’avoir causé un nombre anormalement élevé d’accidents avec les requins dans la région de Sydney dans les années 1920 et 1930 (Etude de Paxton, 2006).
  • un changement dans les habitudes de baignade / conscientisation des situations à risque.

A noter aussi qu’en Australie, 63% des accidents ont eu lieu sur des plages censées être protégées par des filets piégeant les animaux de manière indiscriminée (requins, dauphins, tortues...).

Le cas d’Hawaï :

Non seulement il n’y a eu aucune différence entre la moyenne d’accidents avant et après les pêches de requin (sur une période de 31 ans !) mais une corrélation positive est démontrée non pas avec la population des requins (qui a chuté) mais avec la fréquentation humaine des côtes (qui a explosé).

Est aussi donné l’exemple des populations de requins de Floride qui ont dégringolé du fait de la surpêche... avec dans le même temps une augmentation des accidents avec requins. Observation semblable à celle faite à Hawaï et qui invalide la thèse de "l’espèce invasive de requin".

Le cas de l’Afrique du Sud :

Une fois pris à l’hameçon, les requins constituent des proies faciles… Drum line sur laquelle un premier requin de récif a été capturé et dévoré par un requin bouledogue qui a lui même été victime d'un requin encore plus gros qui, lui se balade toujours...Une fois pris à l’hameçon, les requins constituent des proies faciles… Drum line sur laquelle un premier requin de récif a été capturé et dévoré par un requin bouledogue qui a lui même été victime d'un requin encore plus gros qui, lui se balade toujours...En Afrique du Sud, les plages réservées aux non - blancs du temps de l’Apartheid sont restées non "protégées" par des filets. Elles n’enregistrent pas plus d’accidents que les plages munies de filets et dont les requins sont souvent piégés du côté plage, c’est à dire en voulant ressortir de la zone "sécurisée".

La « drum line » telle qu’elle est sur le point d’être expérimentée dans la baie de Saint Paul :

L’engin de pêche appelé drum line qui est en passe d’être "expérimenté" à Saint Paul est déjà bien connu. Il s’agit d’une palangre verticale encrée, munie d’un ou plusieurs hameçons appâtés. Elle est installée sur les zones de présence des requins afin de les éliminer d’un secteur sur lequel des activités ludiques et de loisirs se sentent menacées par leur présence. Cette technique n’empêche pas les accidents, pire elle est susceptible d’attirer de gros requins sur la zone qu’elle est sensée protéger (voir photo). En plus d’avoir un effet pervers, cette solution n’est bien sur absolument pas écologique car elle fait payer un lourd tribu à de nombreuses espèces de requins (non visées) mais aussi à des cétacés piscivores comme le dauphin. Donnant une fausse impression de sécurité renforcée, elle risque de rendre les usagers moins prudents tout en attirant sur la zone des requins bien plus gros et en tuant au passage de très nombreux animaux.

Rappel à ceux qui accusent Sea Shepherd d’être une organisation anti-surfeurs

"Les surfeurs sont les meilleurs ambassadeurs des mers qui soient au monde et ces trois athlètes de classe mondiale sont chacun une voix puissante pour la conservation des océans. Ensemble, ils représentent une immense vague de soutien à nos efforts de défense de la vie dans nos océans". Capitaine Paul Watson- Fondateur de Sea Shepherd Conservation Society.

Dave Rastovich, Kelly Slater et Stéphanie Gilmore, la trinité des meilleurs surfeurs mondiaux, dans les rangs de Sea Shepherd.

Dave Rastovich, Kelly Slater et Stéphanie Gilmore, la trinité des meilleurs surfeurs mondiaux, dans les rangs de Sea Shepherd

1- Dave Rastovich. Photo : Hilton Dawe.

2- Dave Rastovich et le Capitaine Paul Watson,

Fondateur de Sea Shepherd. Crédit photo (Surfexpo/Sean O Brien).

3- Kelly Slater, dix fois champion du monde de Surf membre du Conseil de Sea Shepherd.

4- Kelly Slater, en train de gagner le Billabong Pro à Tahiti. Photo : ASP/Robertson.

5- Stephanie Gilmore, quadruple chapionne mondiale et la meilleure surfeuse au monde a elle aussi, rejoint les rangs de Sea Shepherd en intégrant le Conseil de l’organisation. Photo : Kristin Scholtz/ASP.

6- Le Capitaine Paul Watson et Stephanie Gilmore.

AVERTISSEMENT à ceux qui accusent la Réserve Marine d’être un “garde manger qui n’a pas sa place à proximité d’une station balnéaire.”

“Une augmentation des populations de poissons suffisante, pour alimenter des gros prédateurs en à peine cinq ans d’existence fonctionnelle de la réserve, relèverait du miracle écologique (…) Il est reconnu dans le monde que là où les récifs coralliens sont en bonne santé, les requins bouledogue ne s’installent pas” – Florence Trentin, Présidente de Vie Océane, association réunionnaise de défense du milieu marin et membre du conseil consultatif de la Réserve marine.

9 mars 2012 - Coraux morts à Saint Leu, après les pluies diluviennes qui ont entraîné les eaux usées et non traitées en mer. La mort des coraux a été précédée par la mort de milliers de poissons. Crédit photo : Fred Bassemayousse de Longitude 181. Relayée par François Sarrano9 mars 2012 - Coraux morts à Saint Leu, après les pluies diluviennes qui ont entraîné les eaux usées et non traitées en mer. La mort des coraux a été précédée par la mort de milliers de poissons. Crédit photo : Fred Bassemayousse de Longitude 181. Relayée par François Sarrano

"Ne rien faire, ne pas réglementer les activités humaines autour des récifs coralliens, c’est voir disparaître rapidement les poissons, les coraux, la biodiversité et à terme la barrière elle-même. La création de la réserve naturelle marine en février 2007 est une réponse réglementaire de l’Etat face à la dégradation des récifs coralliens de la zone ouest de La Réunion. Cette dégradation amorcée dans les années 80 s’est poursuivie au cours des décennies suivantes amenant ce milieu à un niveau critique. Rappelons, que le recouvrement corallien est aujourd’hui bien faible 16% en moyenne alors qu’il devrait être aux alentours de 60%. Il faudra du temps pour que l’on retrouve un réseau trophique équilibré et un effet réserve abouti.

Nous appelons à soutenir la réserve naturelle marine et ses actions afin de donner l’opportunité à nos enfants de pouvoir contempler l’incroyable richesse des récifs coralliens, n’oublions pas qu’ils sont une chance pour l’avenir de La Réunion…" - Vie Océane.

La pêche sous marine, en partie responsable de la dégradation du biotope local - et de la présence des requins bouledogues si près de la côte.

Alors que les pêcheurs et chasseurs sous marins qui militent pour le démantèlement de la réserve marine crient à qui veut l’entendre qu’ils doivent être autorisés à réinvestir la zone pour "exercer une pression humaine nécessaire", Roland Troadec, premier vice président du Conseil scientifique de la réserve marine affirme lui que depuis les années 70 "les chasseurs, par leurs prélèvements ciblés et répétitifs ont déséquilibré la chaîne alimentaire du lagon et participé à sa mauvaise santé se rendant ainsi grandement responsables de la présence des bouledogues aujourd’hui". Il rappelle aussi que "les premières crises remontent précisément aux années 70, quand les pêcheurs en barque ont vu leurs prise diminuer en même temps que celles des pêcheurs sous marins augmentaient"(…) Les prises des chasseurs sous marins sont les espèces les plus intéressantes commercialement, ce sont des espèces carnivores telles que le mérous, vivaneaux, capitaines, gatherins.

conseil scientifique benevole

 

"Ces espèces n’existent quasiment plus dans le récif réunionnais tant elles ont été chassées" poursuit-il. Les requins de récif ont eux aussi disparu du fait de la prédation sur leurs proies et sur eux mêmes, or leur absence favorise la présence de poissons papillons qui se nourrissent de corail et autres poissons compétiteurs du corail.

Les poissons perroquet, également chassés, sont quand à eux herbivores et contrairement aux idées reçues, ne mangent pas le corail.

Ils limitent la prolifération des algues qui concurrencent le corail pour la lumière. De plus, ils raclent le corail mort et recrachent le calcaire qui profite au corail vivant. Tous ces poissons chassés à une taille adulte sont autant de reproducteurs en moins pour la régénération de l’espèce. (Lien 7)

 

Requin bouledogue, l’espèce de requin impliquée dans la majeure partie des accidents qui ont eu lieu à la Réunion.Requin bouledogue, l’espèce de requin impliquée dans la majeure partie des accidents quiont eu lieu à la Réunion.

THIERRY ROBERT : UN PREDATEUR URBAIN QUI

SURFE SUR LA CRISE

Depuis des décennies des réunionnais se battent pour protéger et conserver l’écosystème récifal de la Réunion qui est sévèrement menacé.

Menacé par la pression anthropique de manière générale mais aussi par des individus aux ambitions très personnelles. Il semblerait que M. T. Robert soit un de ces individus.

En sa qualité de Maire de la Commune de St Leu, ce Haut Magistrat devrait être le premier à s’engager dans la promotion et la défense de cette réserve nationale marine qui protège le récif longeant sa Municipalité. Malheureusement T. Robert a d’autres projets; projets qui ne sont pas étrangers à ses intérêts personnels et politiques.

Nul n’ignore aujourd’hui que ce maire a largement construit de façon anarchique sur sa commune; il résulte de ses propres déclarations qu’il a participé à la vague d’urbanisation massive qui s’est affranchie des contraintes environnementales. Le résultat est une aggravation fatale des phénomènes de ruissellement, qui ont conduit à une pollution majeure du lagon lors des coulées de boues début 2012 (lien 16). Depuis l’eau du lagon mais aussi du littoral est fortement chargée en matière organique chaque fois que la houle est un peu forte.

Le spot de surf mythique dit "la gauche de saint leu" est directement impacté par ce problème, tant on sait que ce type de pollution attire les requins comme le bouledogue.

En août 2012, un accident aura d’ailleurs lieu sur ce spot. L’occasion pour T. Robert d’accuser et de fragiliser encore un peu plus la réserve marine d’une part et de blâmer les requins d’autre part, en réclamant leur élimination. Pour ce faire, il prendra deux arrêtés municipaux aussi démagogiques qu’illégaux. Le dernier en date vient d’être attaqué au Tribunal Administratif par Sea Shepherd, l’ASPAS et Longitude 181.

Ainsi Thierry Robert rallie dans son girond les pêcheurs de sa commune qui réclament la fin de la réserve marine et certains "surfeurs" adeptes de solutions rapides et simplistes.

La mise à mort de la Réserve Marine Nationale permettra de :

  • Continuer les plans d’urbanisme sans être ennuyé par les problèmes que pose la réglementation de la réserve.
  • Différer la mise aux normes des systèmes de traitement des eaux usées et pluviales, très coûteux et sans intérêt économique direct.
  • Fidéliser l’électorat des pêcheurs qui réclament la fin de cette réserve sur St leu.
  • Séduire certains surfeurs en leur donnant le sentiment d’agir concrètement pour eux.
  • Faire diversion sur les responsabilités de la commune dans la pollution du littoral St Leusien et des conséquences de ces pollutions dans le risque requin.
  •  Permettre le projet d’un port de pêche et de plaisance qui remplacerait l’abri côtier actuel; permettant ainsi à la ville de prétendre au statut de station balnéaire avec les infrastructures qui vont avec. Ce projet restera impossible tant que la réglementation de la réserve marine existera.

Le maire de Saint Leu, s'il a pris l'habitude d'engager des arrêtés municipaux qu'il sait parfaitement illégaux et qui ne sont donc que de la poudre aux yeux, ne semble en revanche pas considérer un instant l'engagement de mesures qui relèvent elles, pleinement de sa compétence. A savoir, améliorer l'aménagement du territoire sur sa commune pour couper A LA SOURCE les stimuli connus pour attirer les requins bouledogue près des spots de surf. Monsieur T. Robert se rend ainsi en grande partie responsable de la situation explosive aux abords de sa commune et dans le même temps, tente habilement de récupérer à son compte les retombées de cette crise qui risque bien de faire encore des victimes, côté requins et côté surfeurs.  

Au conditionnement par la terreur et l'irrationnel, il y a lieu de répondre par la mise en oeuvre de la responsabilité de chacun, à commencer par celle de tous ceux, qui, sous couvert de la représentation démocratique, détournent à leur avantage les Lois de la République.

Conclusion : une crise locale, un enjeu national

Dans son allocution en septembre dernier lors de la Conférence sur l’Environnement à Paris, le Président de la République François Hollande a clairement affirmé son ambition de faire de la France, un pays leader en matière d’environnement. Deuxième territoire maritime au monde par sa superficie et seule nation à être présente dans toutes les mers du globe, la France endosse une responsabilité colossale dans l’avenir de nos océans. Notre pays ne peut plus se permettre d’être à la traîne dans ce domaine sans ternir irrémédiablement l’image que nous renvoyons au monde et mettre en péril l’héritage naturel que nous laisserons aux générations futures.

Sea Shepherd France appelle la société française dans son ensemble à se mobiliser pour éloigner l’épée de Damoclès qui plane aujourd’hui sur la Réserve Nationale Marine de la Réunion et sur les requins côtiers (tigre et bouledogue). Cette "crise requin" ne doit pas anéantir les efforts de plusieurs décennies qui ont permis d’aboutir à la création de cette Réserve Marine Nationale – elle représente une chance et un espoir pour La Réunion, dans son ensemble. De même, les populations de requins côtiers ne doivent pas être sacrifiées sur l’autel des loisirs et de l’hédonisme égoïste d’une minorité bruyante. Les requins doivent être protégés non seulement parce qu’ils sont vulnérables, toutes espèces confondues mais aussi parce qu’ils sont des grands prédateurs essentiels au dernier grand espace naturel sauvage qui nous reste un tant soit peu inaccessible: l’Océan.

Sea Shepherd France / Réunion – contact@seashepherd.fr

photo-mihomme-mirequin

NB : des mesures essentielles de sécurité et conseils pratiques sont regroupés dans l’excellent "Guide de survie du surfeur à la Réunion" réalisé par Christophe Mattei, des Frères de la Côte. Ce guide complet et très bien fait sera un allié utile à "ceux qui pratiquent le He’Enalu"... il s’adresse aux vrais amoureux de l’Océan. Nous les invitons à en faire bon usage.(Lien 15)

Liens et références :

Lien 1.

http://www.feeld.fr/article-les-requins-a-la-reunion-mythes-et-realites-41077471.html

Lien 2.

http://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/communiques-et-dossiers-de-presse/l-ird-presente-les-resultats-de-la-premiere-phase-du-programme-charc

Lien 3.

http://www.zinfos974.com/Prelevements-de-requins-Le-monde-de-la-glisse-l-attendait-avec-impatience_a32313.html

Lien 4.

http://www.linfo.re/192103-Un-requin-bouledogue-capture-a-Roches-Noires?ps=286883

Lien 5.

http://www.dpi.nsw.gov.au/__data/assets/pdf_file/0008/276029/Report-into-the-NSW-Shark-Meshing-Program.pdf

Lien 6.

http://scholarspace.manoa.hawaii.edu/handle/10125/2202

Lien 7.

http://www.seashepherd.fr/images/stories/france/documents/pdf/2013/reunion/120903_Quot_Plaidoyer_reserve4.jpg

Lien 8.

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http://www.arvam.com/spip.php?article22

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http://www.reservemarinereunion.fr/009-arretes-prefectoraux-reglementant-la-peche-dans

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http://www.surfingreunion.com/website/reunion-risque-requin/feuille-route-ligue-reunion-risque-requin.html

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http://www.liberation.fr/societe/2013/05/10/reunion-probleme-de-surpopulation-des-requins-estime-le-president-du-surf-francais_902050

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http://data0.blogy.fr/internatcorporation/perso/guide_survie_surfeur_reunion.pdf

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http://blog.vie-oceane.org/post/2012/03/15/D’un-phénomène-météorologique-à-un-problème-anthropique

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http://www.seashepherd.fr/images/stories/france/documents/pdf/2013/reunion/CP_Pref_Cigua.pdf

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http://ile-reunion.pressecologie.com/actualite/Risque-requin-l-%C3%A9clairage-de-Vie-Oc%C3%A9ane#.UakfG5yr4ro

 


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