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Samedi, 28 Mars 2015 09:47

Tentative de suicide à bord du navire braconnier Thunder

Sea Shepherd demande aux marines nationales d’intercepter ce navire "négrier".

L’équipage du Thunder, suspecté d’être issu du trafic d’êtres humains dénoncé par la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée. Photo: Simon AgerL’équipage du Thunder, suspecté d’être issu du trafic d’êtres humains dénoncé par la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée.
Photo: Simon Ager
Dans une communication radio avec le Bob Barker et le Sam Simon, le capitaine du navire braconnier recherché par Interpol a rapporté qu'un des membres de son équipage, qui serait de nationalité indonésienne, a tenté de se suicider

La nouvelle arrive à la suite de la radiation de l’immatriculation du Thunder, le Nigéria lui ayant retiré son pavillon pour violation des conditions d’enregistrement, ce qui fait officiellement du Thunder un navire pirate apatride, comme le définit la Convention des Nations-Unies sur le droit de la mer* (UNCLOS).

Suite à cette tentative de suicide, le Bob Barker a envoyé un de ses petits bateaux pour essayer de passer des messages à l’équipage indonésien du Thunder dans des bouteilles en plastique. Les messages disaient que les bateaux de Sea Shepherd étaient prêts et équipés pour accueillir à leur bord non seulement le membre d’équipage blessé, mais aussi tout l’équipage du Thunder.

Les messages ont été interceptés par les officiers du Thunder, à priori d’origine espagnole, et jetés à l’eau.

Le capitaine du Thunder a alors envoyé un message radio au Bob Barker disant que l’équipage indonésien ne voulait plus aucune communication avec les navires de Sea Shepherd. Un autre homme, s'identifiant comme "chef de l’équipage indonésien", a lu ensuite un communiqué préparé en espagnol, déclarant que le capitaine était "une bonne personne" et qu’ils ne voulaient pas recevoir d’autres messages de Sea Shepherd.

Un équipier du Sam Simon parlant indonésien a répondu en Bahasa (une langue indonésienne locale) pour vérifier la véracité de cette déclaration. Le capitaine du Thunder a rétorqué que le chef de l’équipage indonésien était "parti se coucher" et que Sea Shepherd ne pouvait plus lui parler.

En dépit de demandes d’informations complémentaires, le capitaine du Thunder a refusé de donner le nom du chef de l’équipage indonésien, ou le nom de l’agence de recrutement de l’équipage. Il a aussi déclaré que le navire était équipé pour rester encore neuf mois en mer.

Peter Hammarstedt, capitaine du Bob Barker, a renouvelé la proposition de Sea Shepherd de prendre à son bord l’équipage du Thunder. Le capitaine du Thunder a décliné l’offre.

Le Bob Barker lors de sa confrontation en haute mer avec le Thunder, qui est maintenant radié des registres de son pays d’attache, le Nigéria. Photo: Giacomo GiorgiLe Bob Barker lors de sa confrontation en haute mer avec le Thunder, qui est maintenant radié des registres de son pays d’attache, le Nigéria. Photo: Giacomo GiorgiLe capitaine Hammarstedt a déclaré : "Je suis convaincu que l’équipage indonésien du Thunder est issu du trafic d’êtres humains tel que défini par la Convention des Nations-Unies contre la criminalité transnationale organisée*, en particulier le Protocole visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes (Résolution 55/25 de l'Assemblée générale) et le Protocole contre le trafic illicite de migrants par terre, air et mer (résolution 55/25 de l'Assemblée générale). Je pense également que l’équipage est retenu contre son gré et je sais qu’ils ne sont pas en mesure de communiquer librement - et ce à bord d’un navire suspecté de nombreux crimes liés à la pêche et qui a fait preuve de violence envers mon équipage. La tentative de suicide à bord du Thunder et l’intention manifeste du capitaine de rester en mer me donne de bonnes raisons de craindre qu’il n’y ait des blessés et des morts sur ce navire si aucun gouvernement n’intervient."

A la lumière de ces derniers évènements, Sea Shepherd a demandé l’appui des marines du monde entier pour intervenir et arrêter immédiatement le Thunder.

Le capitaine du Sam Simon, Sid Chakravarty, rappelle que "l'article 99 de la Convention des Nations-Unies sur le droit de la mer stipule que 'tout état doit prendre des mesures efficaces pour prévenir et réprimer le transport d’esclaves sur les navires autorisés à battre son pavillon et pour empêcher l'utilisation illégale de son pavillon à cette fin'. En outre, l'article 110 de la Convention autorise les marines nationales à arraisonner un navire rencontré en haute mer s’il y a de sérieuses raisons de soupçonner que le navire est sans nationalité ou qu’il se livre au transport d’esclaves. Le Thunder est maintenant à la fois sans nationalité et selon toute évaluation raisonnable, il doit être considéré comme se livrant au transport d’esclaves. Au nom de la dignité humaine, conformément au droit international, les gouvernements responsables doivent immédiatement envoyer leur marine pour intervenir et faire cesser cette prison flottante".

Le Bob Barker est engagé dans cette course poursuite du Thunder depuis 100 jours depuis qu’il l’a intercepté le 17 décembre 2014 sur le banc Banzare en Antarctique.

Ce navire braconnier est le plus connu d’une liste de six navires INN encore en activité, que Sea Shepherd a appelés "Bandit 6" - connus pour cibler les légines vulnérables de l’océan Austral.

Ces navires sont la cible de la 11ème campagne de Sea Shepherd dans l’océan Austral, l’opération Icefish. La campagne, qui a commencé en décembre 2014, est la plus longue campagne en mer sans interruption de toute l’histoire de Sea Shepherd.

*Convention des Nations-Unies sur le droit de la mer (UNCLOS)
*Convention des Nations-Unies contre la criminalité transnationale organisée

 


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